Conférence : les femmes en Iran toujours rebelles, jamais soumises

Une conférence sur le thème « Les Femmes dans la Résistance iranienne défient le régime misogyne et payent le prix de la liberté », s’est tenue le 14 juillet à Achraf-3, nouveau haut lieu de la Résistance iranienne en Albanie.

Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne
L’histoire Achraf-3 est celle des souffrances et des combats de milliers d’hommes et de femmes de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran et du CNRI, la coalition démocratique à laquelle elle appartient. Achraf-3 c'est aussi une belle victoire de la Résistance iranienne que les mollahs tentent de faire disparaitre, en vain, depuis 40 ans.  

Un mouvement en exil qui résiste à la dictature religieuse depuis 40 ans en Iran. Après avoir subi les attaques des milices gouvernementales en Irak, pays qui les hébergeait auparavant, ces opposants au régime de Téhéran se sont installés en Albanie avec l’aide de l’ONU et du gouvernement albanais. C’est là, qu’ils ont construit Achraf-3 leur nouveau refuge. 

Dirigé par une femme, Maryam Radjavi, le CNRI fonctionne à l'opposé du régime misogyne des mollahs, qui voit dans l'égalité des sexes une menace existentielle à son pouvoir. De fait, la participation égale des femmes à la direction politique est un des 10 points du plan de Madame Radjavi pour un Iran Libre.

Depuis quelques années déjà, les Iraniennes se posent en réelle force de changement.

On a pu le constater dans les manifestations à Bruxelles, Washington, Berlin et Stockholm récemment, mais c’est surtout dans les soulèvements populaires en Iran depuis fin 2017 que les Iraniennes sont actives. Le régime les a même désignées comme la force motrice du mouvement de contestation. 

C’est en soutien à toutes ces femmes et au combat qu’elle mène que c’est dans ce nouveau siège que la Résistance iranienne a décidé d’organiser cet événement. 

La conférence a rassemblé des militantes des droits des femmes et des dignitaires du monde entier. Chacune a exprimé son soutien aux Iraniennes qui mènent une lutte sans merci pour la liberté depuis une quarantaine d’années. Elles ont par ailleurs apporté leur soutien au plan en 10 points de Maryam Radjavi pour l’Iran de demain.   

On a pu compter sur une délégation française de poids dirigée par les députés Michèle de Vaucouleurs et Hervé Saulignac, à leur côtés Bernard Kouchner, ancien ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, ancienne ministre française des Affaires étrangères, de la Défense, de l'Intérieur et de la Justice, Rama Yade qui a dirigé le secrétariat d’Etat aux droits de l’homme, ou encore Ingrid de Betancourt, Jean-François Legaret maire de Paris 1, Yves Bonnet et plusieurs maires de France. 

L'ancienne sénatrice Ingrid Betancourt a déclaré à Maryam Radjavi : « Quand vous serez à Téhéran et cela arrivera bientôt, vous ferez face à un défi de taille. Vous êtes la seule véritable organisation où les femmes sont systématiquement au sommet. Vous serez confrontée au fait que prendre le pouvoir dans un pays comme l'Iran, avec ses 80 millions d'habitants, un grand pays du Moyen-Orient, n'est pas une mince affaire. En tant que femme dirigeante dans un pays qui aura été gouverné par un régime misogyne, votre impact fera l’effet d’une bombe atomique. C'est une très sérieuse responsabilité ». 

Conférence internationale sur les femmes iraniennes à Achraf-3 en Albanie Conférence internationale sur les femmes iraniennes à Achraf-3 en Albanie

Dans son allocution, Madame Radjavi a rappelé son soutien à toutes celles qui se battent à l'intérieur de l'Iran pour la liberté, la démocratie et les droits des femmes 

Elle a précisé que la discrimination à l'égard des femmes dans toute société iranienne a pour but de soumettre la population et de la dépouiller de ses droits politiques. 

Pour elle, la victoire est à porter de main. « Être une femme et ne pas se soumettre, être une femme et persévérer dans la lutte, être une femme et au lieu de penser à soi, penser à la libération de son peuple enchaîné, voilà quelque chose qui rend les mollahs fous. » 

Et d’ajouter « vous avez peut-être entendu dire que, si les mollahs étaient renversés, l'Iran sombrerait dans le chaos, les catastrophes et la misère. Mais les femmes en Iran ne vivent-elles pas dans des conditions encore pires que celles des pays déchirés par la guerre ? Ne souffrent-elles pas déjà de la pauvreté, du chômage ? » 

Il est vrai que la plupart des victimes de la pauvreté et de la misère en Iran sont des femmes. Plus de 62% des femmes sont cantonnées au foyer. La participation économique moyenne des femmes au Moyen-Orient est de 22%, mais seulement de 12% en Iran. 

On ne peut que se féliciter du choix de la thématique de cette conférence et l’on se doit à l’instar des propos tenus par les participantes, de féliciter le CNRI pour la construction d’Achraf-3 et l’organisation de cet événement. On se doit aussi de soutenir le désir ardent des Iraniens et des Iraniennes de renverser le régime cruel en Iran pour instaurer enfin la liberté, la démocratie et … l’égalité, la fameuse bombe atomique dont parlait Ingrid Betancourt.

 

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