Défendre le chiffrement avec l'Observatoire des libertés et du numérique

En août 2016, Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur, avait annoncé que la France voulait porter avec l'Allemagne une initiative européenne contre le chiffrement. Récemment, l'Observatoire des libertés et du numérique qui regroupe des associations et des organisations de défense des libertés a pris position pour le droit au chiffrement.

En août 2016, Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur, avait annoncé que la France voulait porter avec l'Allemagne une initiative européenne puis internationale contre le chiffrement. Il avait fait cette déclaration suite à l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray car les terroristes étaient des adeptes de la messagerie chiffrée Telegram.

Quelques jours plus tard, une tribune écrite respectivement par la présidente de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) et par le président du Conseil national du numérique alertait le gouvernement car si « un chiffrement robuste peut compliquer le travail des enquêteurs », il a aussi des avantages : «  chaque jour, le chiffrement protège des milliards d’individus contre des cybermenaces qui se font toujours plus redoutables » et grâce à lui « nous pouvons effectuer un virement bancaire en toute sécurité » et « stocker nos données de santé dans un dossier médical partagé (DMP) en ligne » expliquaient-ils.

Dans un récent communiqué, l'Observatoire des libertés et du numérique (OLN) - composé d'Amnesty International, du Cecil, de la Ligue des droits de l'Homme, de la Quadrature du Net, du Syndicat de la magistrature, du Syndicat des Avocats de France et du CREIS-Terminal – défend le droit au chiffrement. Pour l'OLN, il est un « outil indispensable à la protection des libertés à l'ère numérique » et un «  rempart aux intrusions arbitraires et illégales de nombreux acteurs, étatiques, privés, ou criminels ». Oui, le chiffrement est utilisé « par des personnes se livrant à des activités criminelles » reconnaît l'OLN mais « il est surtout utilisé chaque jour par chaque citoyen, dans chacune ou presque de ses activités numériques. Des criminels peuvent fomenter leurs activités dans une voiture fermée. Il ne viendrait à personne l’idée de supprimer les voitures, ou de les doter systématiquement d’un système d’écoutes intégré directement accessible aux services de l’État ».

Rappelons que le lanceur d'alerte américain Edward Snowden qui a dévoilé la surveillance massive d'Internet mise en place par l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) défend lui aussi le chiffrement.

Le 24 janvier dernier, le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux a dit vouloir «garantir la fiabilité » du chiffrement « en respectant l’équilibre entre le respect de la vie privée et les besoins des services d’enquête » rapporte Libération. Comment ? Affaire à suivre.

 

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