Psychanalyse et infertilité : un remède de perlinpin remboursé par la sécu

Le remède à l'infertilité, un peu de psychanalyse !

Même si j'utilise de temps en temps le terme péjoratif de psykk, je ne crois pas rentrer en transe dès qu'il est question de psychanalyse.

Si vous avez comme sources Brigitte Chamak, Jacques Hochmann ou Pierre Delion, vous apprendrez que les associations de familles de personnes autistes - sectaires - sont infectées par l'autisme de leur enfant, qu'elles développent le fantasme du vol d'enfant (puisque la prise en charge dans les hôpitaux est tellement empathique et efficace), qu'elles sont un lobby de CSP++ laissant à leur misère les familles précaires de Seine Saint-Denis, qu'elles sont communautaristes [péché mortel] et qu'elles sont pathologiques (même si personne n'ose le dire en dehors des cercles fermés de professionnels) - sans même parler des propos de Charles Melman sur les non-personnes autistes traitées de Golem.

Je serais content d'apprendre qu'un seul professionnel partisan de la psychanalyse ait critiqué publiquement ces propos. Les propos du mini-pape lacanien sur le Golem n'ont été critiqués que par un étudiant rennais.

Voir extraits aussi dans Aux armes, citoyens ! No pasaran ! : les associations de parents d’autistes (...) d'extrême-droite, représentants des lobbys « fortunés », d les films antisémites des nazis et « Le Mur", pensée totalitaire,  régime nazi,  dictatures militaires,  lobotomie et camps

Les associations sont narcissiques, suivant AC Rolland, présidente de la section pédopsychiatrie du CNU. Voilà un trouble de la personnalité limite gaillardement diagnostiqué.

Ce n'est pas toujours aussi caricatural. Le Dr Jacques Constant, par exemple, a fait un travail utile en développant un SESSAD autisme (y compris compétent après l'âge de 20 ans) dans son département. Il a, certes stimulé par ses infirmières dans les années 1990, accepté d'utiliser des programmes comportementaux importés des USA. Son "Permis de conduire en pays autiste" est utile pour améliorer la prise en charge des personnes autistes dans un milieu pédopsychiatrique encore réfractaire aux recommandations de la HAS.

Cela ne l'empêche pas de produire, comme récemment dans l'Information Psychiatrique, des articles qui nous obligent à tout faire pour que les servies de pédopsychiatrie n'obtiennent pas des moyens supplémentaires s'ils ne sont pas utiles aux enfants autistes. Mais on peut discuter avec lui.

Cette introduction pour dire que je trouve scandaleux l'article paru dans "Ouest-France dimanche" du 6 juin 2021. Dans une interview, Monique Bydlowski, psychiatre, psychanalyste et directrice de recherches à l'INSERM prétend que "les causes de l’infertilité sont souvent psychiques" et qu'une bonne dose de psychanalyse par des médecins ou des psychologues suffit ! "lorsque la femme exprime un non-dit ou que l'on soulève un souvenir enfoui".

Quand on connaît de près une femme concernée par la PMA (procréation médicalement assistée), pour laquelle il n'y a aucun des facteurs imaginés, on ne peut trouver cela que comme insultant.

Du même tonneau que les anciens écrits de Françoise Dolto, suivant laquelle il suffisait qu'elle dévoile un secret de famille à un bébé autiste pour qu'il ne le soit plus ... Mais c'est bien sûr !

Et tout çà, c'est remboursé par la sécurité sociale !!!


« Les causes de l'infertilité sont souvent psychiques »

 © Ouest-France Dimanche 6/6/21 © Ouest-France Dimanche 6/6/21
Entretien : Monique Bydlowski, psychiatre, psychanalyste et directrice de recherches à l'lnserm (1)

Quelles sont les causes de l'infertilité dans un couple ?

Il existe bien sûr des causes biologiques. Certains couples, aussi, n'ont pas suffisamment de relations sexuelles.

Une fois ces causes écartées, l'infertilité peut être inexpliquée. Parfois, les gynécologues constatent chez l'un et l'autre des dysfonctionnements minimes, comme une ovulation tardive qui rencontre un trouble mineur de production des spermatozoïdes.

Cela crée une synergie négative pour la procréation.

À quoi est-ce dû ?

L'un d'eux, parfois les deux, a des raisons inconscientes de ne pas vouloir d'enfant, et ces facteurs psychiques se répercutent sur le corps.

Quels peuvent être ces facteurs psychiques ?

La fertilité d'une femme dépend beaucoup de la qualité du lien entretenu au commencement de la vie avec sa mère, de la façon dont elle aura franchi le cap de l'oedipe ; de sa relation avec le futur père ... De plus, chez l'être humain, les évènements traumatiques jouent un rôle important. Ceux qui ont perdu trop jeunes un être très significatif (un père, une mère, un frère) sont parfois toujours dans un processus de deuil. Cela consume l'énergie psychique nécessaire au désir d'enfant. D'autres ont vécu la mort de leur mère en couches, la perte d'un enfant, une IVG... Ils bloquent pour ne pas répéter le scénario.

Quelles sont les solutions ?

Avant de se précipiter dans un processus de procréation médicale assistée, on peut se tourner vers des médecins ou psychologues de formation psychanalytique. Parfois, quelques entretiens suffisent.

Beaucoup de situations se dénouent en peu de temps, lorsque la femme exprime un non-dit ou que l'on soulève un souvenir enfoui. Heureusement, moi qui ai commencé à travailler avec les pionniers, à Clamart, je constate que les bonnes équipes de PMA travaillent en binôme avec des psychologues.

Devenir mère, chez Odile Jacob, 272 pages, 22,90 €, E-Book : î 7,99 €. •

(1) Spécialiste de la procréation.


Directrice de la recherche à l'INSERM ? Attention : "émérite", c'est-à-dire en retraite. Je suis curieux de prendre connaissance des études publiées dans des revues scientifiques (avec revue par les pairs) qui prouveraient l'intérêt de la psychanalyse dans le traitement de l'infertilité.

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