INSAR 2020 : études sur le diagnostic des femmes autistes

Un ensemble de posters présentés à l'INSAR 2020 concernant les caractéristiques et les diagnostics des femmes en lien avec les troubles du spectre de l'autisme.

Cette année, l'INSAR (International Society for Autism Research) s'est déroulée à distance, du fait de la pandémie. Parmi les nombreux posters en ligne, j'ai sélectionné l'étude menée par Fabienne Cazalis et autres. J'ai ajouté la traduction des autres posters regroupés sur la même page.

Voir l'enquête annoncée dans ce post : Enquête sur les femmes autistes - Le sex-ratio de l’autisme.

Ci-dessous l'annonce qui demande des participants autistes masculins.

Étude en ligne sur les femmes autistes : premiers résultats et appel à participations masculines

Study III, color © Luna TMG Study III, color © Luna TMG
Nous recherchons des participants masculins avec diagnostic d'autisme pour compléter une étude scientifique sur les particularités de l’autisme chez les femmes. Cette étude est dirigée par Fabienne Cazalis pour la France et Laurent Mottron pour le Canada.

On peut participer à l'étude sur cette page : https://maca.huma-num.fr/femmes-autistes/

Cette étude est anonyme et dure entre 30 et 45 min. De nombreuses femmes ayant déjà contribué, nous recherchons en priorité des participants hommes afin de constituer un groupe de comparaison. Les femmes, avec ou sans diagnostic, restent toujours les bienvenues pour participer car un grand nombre de contributions améliorera la qualité des résultats.

En visitant la page https://www.maca.community/f-maca/, vous trouverez plus d'informations sur cette recherche, ainsi qu'un compte-rendu des premières analyses réalisées. Contact e-mail : Amélie Charles, assistante de recherches. <amelie.charles.cnmtl@ssss.gouv.qc.ca>

Do Self-Diagnosed Adult Women Differ from Those Having Received a Diagnosis from a Multidisciplinary Team?

F Cazalis École des hautes études en sciences sociales - CNRS, A Lacroix Université de Grenoble Alpes,J Cumin Université de Montréal, Autism Research Group, CIUSSS du Nord-de-l ’Île-de-MontréalG Radecki Auticonsult France, P Duret Université de Lyon 1,Autism Research Group, CIUSSS du Nord-de-l ’Île-de-Montréal,A Valren Autism Research Group, CIUSSS du Nord-de-l ’Île-de-Montréal,L Mottron, M.D. Autism Research Group, CIUSSS du Nord-de-l ’Île-de-Montréal,Université de Montréal

Les femmes adultes auto-diagnostiquées diffèrent-elles de celles qui ont reçu un diagnostic d'une équipe multidisciplinaire ?

Contexte : Certaines femmes autistes peuvent ne pasobtenir de diagnostic, sans doute en raison de biais de genre.Lors des procédures de diagnostic et/ou d'effets de camouflage. Cependant, les cliniciens signalent également une tendance au sur-diagnostic chez les femmes adultes, découlant d'un manque d'utilisation du diagnostic différentiel, de la crainte de pratiques discriminatoires ou de conséquences du refus d'un diagnostic d'autisme aux femmes présentant des troubles de la personnalité limite.

Objectifs : Déterminer sur quels éléments d'un questionnaire d'auto-évaluation les femmes auto-diagnostiquées ressemblent le plus à des femmes cliniquement diagnostiquées, en rendant ces éléments suffisamment sensibles pour dépister un "véritable" autisme.

Méthodes : Le questionnaire pour les troubles du spectre de l'autisme (Q-ASC, Attwood, Garnett, Rynkiewicz. Cf. https://mindsandhearts.net/gq-asc-girls-questionnaire-for-autism-spectrum-conditions/) a été adapté en un questionnaire auto-administré pour les adultes en dupliquant les questions aux formats passés et présents. Le questionnaire a ensuite été traduit en français, publié, et annoncé en ligne : https://maca.huma-num.fr/femmes-autistes/. Des personnes assignées de sexe féminin à la naissance, avec et sans diagnostic d'autisme, ont participé à l'étude. La comparaison entre les groupes pour chaque item du questionnaire a été effectuée à l'aide de tests t (p<0,01) afin de déterminer s'ils différenciaient (1) les femmes avec un diagnostic d'autisme validé par un centre multidisciplinaire, (2) les femmes sans diagnostic d'autisme mais s'identifiant comme autistes, et (3) les femmes sans diagnostic d'autisme et ne s'identifiant pas comme autistes.

Résultats : 506 femmes adultes ont été incluses (194 diagnostiquées cliniquement, 210 auto-diagnostiquées, 102 témoins). Les réponses à 98 questions ont été analysées. 35 questions ont donné lieu à des différences significatives entre les groupes. 25 d'entre elles étaient objectives (c'est-à-dire liées à des comportements observables) et pouvaient être étudiées par un tiers ; 10 étaient subjectives (liées à des états intérieurs ou à une expérience subjective) et pouvaient être étudiées dans le cadre d'entretiens cliniques. 13 questions ont donné des réponses similaires entre les femmes cliniquement diagnostiquées et celles qui se sont auto-diagnostiquées, mais différaient de celles du groupe contrôle, et pouvaient donc être utiles pour détecter les véritables cas d'autisme (par exemple : "Exprimez-vous une détresse lors de la toilette ou lorsque vous êtes touchée ?). 11 questions différenciaient le groupe cliniquement diagnostiqué du groupe de contrôle, mais pas le groupe cliniquement diagnostiqué du groupe auto-diagnostiqué. Ces questions peuvent être utiles pour distinguer les vrais et les faux cas d'autisme au sein de la population autodéclarée (par exemple : "Êtes-vous gênée par des lumières vives ou certains types de lumières (par exemple, fluorescentes) ?") ; 11 questions différenciaient le groupe autodéclaré du groupe de contrôle, mais aucune différence n'a été constatée entre le groupe cliniquement diagnostiqué et le groupe de contrôle. Ces questions portaient principalement sur les stratégies de camouflage (par exemple : "Copiez-vous ou " vous calquez-vous sur d'autres femmes ?") Ces questions peuvent être sensibles à des pensées et comportements atypiques non-autistes.

Conclusions : Les questionnaires de dépistage auto-administrés peuvent contribuer à faciliter l'orientation et le diagnostic différentiel précis, en particulier chez les personnes qui se sont déjà auto-diagnostiquées autistes. Le Q-ASC peut fournir des informations différenciant l'autodiagnostic fondé sur un phénotype autistique plausible (qui pourrait être corroboré par une évaluation multidisciplinaire), de l'identification erronée au spectre autistique.


Dans un éditorial récent, Eric Fombonne a analysé les limites des études sur le camouflage dans l'autisme, et critiqué la notion de phénotype féminin de l'autisme. Plus près de nous, Josef Schovanec a évoqué les "diagnostics abusifs", ce qui a provoqué une levée de boucliers dans l'autistosphère (sexiste, validiste, transphobe). Il lui était demandé des sources et des preuves. Ces quelques posters de l'INSAR montrent que cette question du surdiagnostic possible, notamment féminin, est bien discutée par les chercheur.es


443.022 - Exploring Retrospective Sensory School Experiences in Late-Diagnosed Autistic Women.

 E Jones Durham University, M Hanley Durham University, D RibyDurham University

Exploration des expériences sensorielles scolaires rétrospectives chez les femmes autistes diagnostiquées tardivement.

Contexte : De nombreuses personnes autistes présentent des atypies sensorielles qui ont un impact sur leur fonctionnement quotidien. En particulier, l'auto-évaluation a montré que les différences sensorielles peuvent avoir un impact profond à l'école en induisant de l'anxiété, en réduisant la concentration et en provoquant un malaise physique (Humphrey & Lewis, 2008 ; Howe & Stagg, 2016). Jusqu'à présent, l'accent a toutefois été mis sur les hommes. Cela représente une lacune dans la littérature car la présentation des TSA peut varier selon le sexe et le genre. Par exemple, des niveaux plus élevés de motivation sociale, de comportements d'internalisation et de scores sensoriels à vie ont été observés chez les femmes autistes (Sedgewick et al., 2017 ; Mandy et al., 2012). Les expériences scolaires des femmes autistes peuvent donc être qualitativement différentes de celles des hommes autistes. En outre, de nombreuses femmes autistes ne sont pas diagnostiquées à l'école (Mandy et al., 2012). Ce sont ces femmes diagnostiquées plus tard qui peuvent être les plus représentatives du phénotype féminin de l'autisme - qui passent souvent inaperçues en ne se conformant pas au modèle masculin des TSA (Bargiela et al., 2016)

Objectifs : La présente étude a donc exploré les expériences scolaires de femmes autistes diagnostiquées tardivement, en se concentrant spécifiquement sur l'impact des différences de traitement sensoriel.

Méthodes : Soixante femmes (âge moyen = 33,49 ans, écart-type = 9,85 ans) ayant reçu un diagnostic de trouble du spectre autistique après avoir terminé leurs études (âge moyen du diagnostic = 27,69 ans, écart-type = 13,85 ans) ont rempli un questionnaire en ligne. Soixante pour cent des participants avaient reçu un enseignement au Royaume-Uni et 26 % en Amérique du Nord. Les participantes avaient un niveau d'éducation élevé, 66 % d'entre elles ayant obtenu au moins une licence. Un questionnaire en ligne a été conçu qui mettait l'accent sur le type d'expériences sensorielles rencontrées à l'école, les impacts potentiels de ces expériences et les stratégies utilisées pour gérer les différences sensorielles. Les données ont été analysées à l'aide d'une analyse thématique basée sur les données.

Résultats : Nous avons constaté que les différences sensorielles interagissent et exacerbent de nombreux défis sociaux auxquels sont confrontées les femmes autistes à l'école. Les amitiés et l'intégration ont été les principales difficultés rencontrées par plusieurs participantes, 46 % d'entre elles ayant déclaré avoir été victimes de brimades à l'école. Les différences sensorielles pouvaient limiter les possibilités de socialisation, car la nature stimulante de la salle de classe et de la cour de récréation rendait souvent ces espaces inaccessibles aux participants. Au lieu de cela, des environnements tels que la bibliothèque (N=17) ont été recherchés, car cela permettait de réduire la stimulation sensorielle. La majorité des expériences sensorielles étaient cependant négatives et pouvaient entraîner des "effondrements" (N=12) et un malaise physique (N=10). De telles réponses ont été signalées comme entraînant des moqueries supplémentaires de la part des pairs (N=8). Enfin, les différences sensorielles ont été associées à une anxiété accrue à l'école (N=26), mais plusieurs participantes ont déclaré avoir masqué ces expériences jusqu'à leur arrivée à la maison (N=5).

Conclusions : Les différences de traitement sensoriel peuvent avoir un impact profond sur la vie scolaire. On a constaté que ces différences interagissent avec plusieurs des difficultés déjà rencontrées par les filles autistes à l'école et les exacerbent. Les résultats suggèrent qu'adapter l'environnement pour répondre aux besoins sensoriels des élèves, ou aider les individus à gérer leurs différences sensorielles, peut aussi améliorer les expériences sociales et la santé mentale à l'école. De manière critique, la compréhension de la présentation et de l'impact des différences sensorielles peut également aider à identifier les filles autistes non diagnostiquées à l'école et à remettre en question la conceptualisation masculine des TSA


415.085 - On Which Traits and Behaviours Do Clinicians Rely When Confirming or Excluding Autism in Adult Women?

J Cumin Université de Montréal, Autism Research Group, CIUSSS du Nord-de-l ’Île-de-Montréal, S Peláez Université de Montréal, N Cusson Université de Montréal,Autism Research Group, CIUSSS du Nord-de-l ’Île-de-Montréal, C Paquette-Houde CIUSSS de l'Est-de-l'Ile-de-Montréal , A Beauchamp Chatel Autism Research Group, CIUSSS du Nord-de-l ’Île-de-Montréal, CIUSSS de l'Est-de-l'Ile-de-Montréal,L Mottron, M.D.Autism Research Group, CIUSSS du Nord-de-l ’Île-de-Montréal ,Université de Montréal

Sur quelles caractéristiques et comportements les cliniciens se basent-ils pour confirmer ou exclure l'autisme chez les femmes adultes ?

Contexte : L'autisme sans retard de la parole ni déficience intellectuelle peut se manifester de manière particulière chez les femmes adultes, ce qui les rend vulnérables à un diagnostic erroné d'un problème de santé mentale (Bargiela, Steward et Mandy, 2016). Selon les critères actuels du DSM-5, les cliniciens doivent également décider si des difficultés supplémentaires aux traits autistiques constituent une comorbidité ou un autre diagnostic. Par exemple, la vérification des comportements pourrait être le résultat d'un trouble d'anxiété autonome, d'une anxiété comorbide à l'autisme ou d'un trait autistique en soi. Toutefois, l'augmentation de la prévalence de l'autisme qui a été signalée soulève la question d'un éventuel surdiagnostic dans les populations psychiatriques présentant des difficultés sociales (Rødgaard, Jensen, Vergnes, Soulières et Mottron, 2019). Il est urgent de mieux définir les alternatives aux diagnostics de comorbidité, en particulier chez les femmes. Étant donné que les cliniciens experts reconnaissent l'autisme de manière plus fiable que les critères du DSM-5, basés sur une expérience de longue date en matière d'un phénotype comportemental (de Marchena & Miller, 2017), l'étude de l'expertise clinique pourrait apporter un éclairage unique sur cette question.

Objectifs : L'objectif de cette étude était d'étudier le processus de décision en matière de diagnostic clinique des cliniciens experts qui évaluent les femmes adultes pour l'autisme.

Méthodes : Des entretiens semi-structurés sur l'évaluation de l'autisme chez les femmes adultes ont été réalisés avec des cliniciens experts (>100 évaluations de l'autisme au cours de la carrière) dans 5 pays (Canada, États-Unis, Royaume-Uni, France, Australie). 20 cliniciens seront inclus dans les analyses finales. Les sujets suivants ont été abordés : (1) traits spécifiques et diagnostics antérieurs qui interfèrent avec la procédure d'évaluation, (2) outils de diagnostic et sujets d'entretien utilisés pour obtenir des informations diagnostiques, (3) traits et comportements les plus importants lors de l'évaluation de l'autisme, qu'ils soient présents ou non dans le DSM-5, (4) comorbidités communes et diagnostics alternatifs, et (5) questions fermées sur le traitement des cas où le diagnostic n'est pas établi. Les entretiens ont été enregistrés, transcrits mot à mot, et les données qui en résultent ont été analysées à l'aide d'une analyse thématique dans le NVivo.

Résultats : Les résultats préliminaires (n=5) montrent (1) une tendance croissante à l'auto-diagnostic de l'autisme avant l'évaluation, renforcée par la disponibilité en ligne d'informations sur l'autisme, (2) un manque de spécificité des instruments tels que le QA [AQ, Quotient Autistique], sur laquelle la plupart des troubles psychiatriques se révèlent positifs, (3) en revanche, les comportements considérés comme spécifiques aux femmes adultes autistes incluent une incapacité à vulgariser des intérêts particuliers, une expérience négative des événements de la vie qui semblent banals, et des différences qualitatives dans la narration des récits de vie (associations temporelles sans contexte), (4) des troubles de l'humeur plus souvent considérés comme des comorbidités, alors que les troubles alimentaires et de la personnalité sont plus souvent considérés comme des alternatives, et (5) des proportions croissantes de patientes présentant une détresse lorsque le diagnostic d'autisme n'a pas été obtenu.

Conclusions : Les cliniciens ont un aperçu unique des comportements spécifiques qui différencient l'autisme des affections psychiatriques, et cette expertise pourrait être particulièrement pertinente dans les populations qui présentent fréquemment des formes complexes et sont les plus exposées à un mauvais diagnostic. L'étude du mécanisme de raisonnement des cliniciens suggère des mécanismes potentiels de surdiagnostic dans les populations adultes, et fournit des données cliniquement pertinentes pour la littérature sur le diagnostic différentiel chez les femmes adultes.


444.011 - Capturing the Autistic Experience: Self-Advocates Develop Self-Assessment Tools to Inform Autism Diagnosis across the Gender Spectrum

J Bascom Autistic Self Advocacy Network, S daVanportAutistic Women & Nonbinary Network, L Gutermuth Anthony University of Colorado, Denver, A Bassett Ratto Children's National Hospital, J F. Strang CNH, G WallaceThe George Washington UniversityS L. Bishop University of California San Francisco, A Verbalis CNH, C Jeppsen  CNH, L Saldana  CNH, M Troxel University of Colorado, Denver, C Elisabeth Pugliese  CNH, K Pelphrey University of Virginia, L Kenworthy CNH,

Saisir l'expérience autiste : Les auto-défenseurs développent des outils d'auto-évaluation pour éclairer le diagnostic de l'autisme sur l'ensemble du spectre des genres

Contexte : Les outils actuels de référence pour l'identification et l'étude de l'autisme sont critiqués pour leur manque de spécificité et de sensibilité, en particulier chez les personnes autistes qui sont plus âgées, ont un QI plus élevé et ne sont pas des garçons cisgenres (par exemple, Lai, Lombardo, Auyeung, Chakrabarti, & Baron-Cohen, 2015). Par exemple, une étude épidémiologique indique que les filles sont diagnostiquées plus tard que les garçons, en particulier les filles sans déficience intellectuelle (Shattuck et al., 2009). Les informations fournies par les personnes autistes sur leur propre expérience de l'autisme représentent une ressource inexploitée pour améliorer les outils cliniques et de recherche pour le diagnostic et le phénotypage. Toutefois, pour saisir pleinement l'expérience intérieure de l'autisme, les personnes autistes doivent définir les questions posées, ainsi que les réponses données.

Objectifs : Tirer parti d'une équipe collaborative d'auto-défenseurs autistes, de cliniciens et de chercheurs pour mettre au point un questionnaire de retour d'information des participants à l'ADOS-2, Module 4 et un questionnaire d'auto-évaluation des traits de l'autisme afin de saisir l'expérience intérieure des personnes autistes.

Méthodes : Dans le cadre d'une étude du réseau du centre d'excellence sur l'autisme du NIMH [USA] sur le genre dans l'autisme, et en utilisant des techniques de recherche participative, les auto-défenseurs autistes se sont associés à des chercheurs et des cliniciens spécialisés dans l'autisme pour élaborer et recueillir des mesures d'auto-évaluation sur deux outils d'évaluation de l'autisme. Ces outils sont les suivants

Un questionnaire de rétroaction des participants pour saisir l'expérience intérieure des personnes recevant le module 4 de l'ADOS-2, afin d'éclairer les conclusions de l'ADOS. Un retour d'information sera également recueilli après le rendez-vous de recherche sur l'expérience globale des participants à l'étude.

Un questionnaire d'auto-évaluation des traits de l'autisme construit à partir d'éléments identifiés par un processus itératif comprenant : une analyse de l'environnement des écrits des personnes autistes validés par la communauté autiste comme pierres de touche ; la condensation de ces descriptions en thèmes ; la génération d'une liste d'éléments à partir de ces thèmes ; et la révision des éléments par une procédure Delphi en deux étapes, adaptée au panel diversifié d'experts autistes (par exemple, parlant et non parlant, spectre complet des genres).

Résultats : L'élaboration du questionnaire de retour d'information d'ADOS a permis d'identifier des questions importantes telles que le niveau d'effort déployé pour participer à l'entretien ADOS et la question de savoir si certains des commentaires du participant avaient été répétés ou mis en pratique auparavant. Le questionnaire a également été élargi pour évaluer les expériences positives et négatives que les personnes autistes rencontrent dans le cadre de l'évaluation et de la recherche. Le questionnaire d'auto-évaluation des traits autistiques, basé sur l'analyse de l'environnement, aborde les aspects de l'expérience autistique qui ne sont pas saisis par les outils de diagnostic actuels, comme "l'inertie autistique" et les expériences de "camouflage". L'implication des experts Delphi et des principaux chercheurs sur l'autisme a été cruciale pour révéler le défi que représente l'élaboration de questionnaires d'auto-évaluation des traits autistiques non stigmatisants et permettant d'évaluer véritablement l'autisme sans faire de comparaisons avec une norme neurotypique implicite. Le processus a également révélé la difficulté de démêler les traits autistiques des traumatismes et des préjugés.

Conclusions : Les techniques de recherche participative, avec des chercheurs autistes comme co-investigateurs, qui dirigent les chercheurs et les cliniciens dans le développement de nouveaux outils d'évaluation, permettent d'obtenir des mesures qui introduisent des composantes de l'expérience autistique jusqu'alors non reconnues. Le développement de ces nouveaux outils prometteurs illustre la nécessité de permettre aux experts en autisme de diriger les efforts de recherche afin de dégager des pistes de recherche significatives et d'obtenir des résultats valables, importants et passionnants qui découlent de ces travaux.


415.010 - ADOS Characterization of a Broad Sample of Women with Autistic Traits

K Michaela Normansell,  M South , R Rebecca Lundwall, T P Gabrielsen, J C Cox , J Beck , H Vogeler  (Brigham Young University)

Caractérisation ADOS d'un large échantillon de femmes ayant des traits autistiques

Contexte : Le taux de diagnostics d'autisme est beaucoup plus faible chez les femmes que chez les hommes. On ne sait pas encore quelle est l'ampleur de cet écart, car les mesures diagnostiques standard ne reconnaissent pas les différentes présentations des traits chez les filles et les femmes. Cet écart peut être particulièrement prononcé pour les femmes présentant des traits autistiques, qui font souvent état de problèmes sociaux et de santé mentale importants, mais qui ont souvent été sous-diagnostiquées ou mal diagnostiquées et ne bénéficient donc pas de services appropriés.

Objectifs : Nous avons cherché à caractériser les profils sur les mesures diagnostiques standard dans un large échantillon de femmes entièrement verbales avec un QI moyen à supérieur à la moyenne, qui déclarent elles-mêmes que les situations sociales sont difficiles. Nous avons exploré les relations entre les mesures diagnostiques et les diagnostics antérieurs d'autisme et avons examiné l'algorithme standard par rapport à l'algorithme révisé pour le module 4 de l'ADOS-2.

Méthodes : Des femmes adultes ayant des difficultés sociales ont été recrutées dans des bases de données de recherche existantes et par l'affichage de dépliants demandant "Trouvez-vous que les situations sociales sont déroutantes ou épuisantes". Les participantes n'avaient pas besoin d'avoir un diagnostic établi d'autisme. Celles qui ont obtenu un score de 3,0 ou plus à la mesure de dépistage BAPQ administrée en ligne ont été invitées à se rendre en personne au laboratoire. Les participants à l'étude en personne comprenaient 66 femmes (âge moyen = 24,8 ans ; QI moyen estimé = 114,25). Le module 4 de la deuxième édition du programme d'observation diagnostique de l'autisme [ADOS] a été administré par des cliniciens qualifiés supervisés par des responsables fiables en matière de recherche. Nous avons calculé les scores ADOS-2 en utilisant à la fois les algorithmes standard et révisés (Hus et Lord, 2014). Nous avons également examiné l'ADOS-2 par rapport aux scores de camouflage CATQ pour un sous-ensemble de femmes (n=56) qui avaient les deux mesures.

Résultats : Un tiers (n=22) de l'échantillon avait déjà reçu un diagnostic d'autisme. Parmi elles, 12 avaient été diagnostiquées dans l'enfance, 4 à l'adolescence et 6 à l'âge adulte. Pour l'ensemble des participants, 20 des 66 femmes ont obtenu un score égal ou supérieur à la fourchette du spectre autistique sur l'algorithme révisé ADOS-2. Cela représente une augmentation de 30 % par rapport au nombre de femmes ayant obtenu des scores supérieurs à ceux de l'ancien algorithme (n=14). Les scores ADOS-2 n'étaient pas significativement corrélés avec les scores d'auto-évaluation des traits autistiques (QA, r=0,191 ; SRS-2 r=0,158) bien que ces scores soient fortement corrélés entre eux (r=0,556). Il n'y a pas eu de différences de groupe dans les scores de camouflage par rapport au CAT-Q, pour ceux qui sont supérieurs ou inférieurs aux scores de coupure ADOS (t=0,060) ou aux mesures des traits dimensionnels. Cependant, de nombreuses femmes ont obtenu des scores élevés pour ces mesures de traits, les scores moyens SRS-2 (92,02) et les scores moyens AQ (28,48) se situant bien dans la fourchette des préoccupations concernant les symptômes de l'autisme.

Conclusions : L'algorithme révisé pour le module 4 a identifié beaucoup plus de participants dans le spectre autistique ou la gamme d'autisme que l'algorithme précédent. Cependant, dans l'ensemble, il existe un écart important entre la détresse sociale auto-déclarée (sur le BAPQ, SRS-2, AQ) et la déficience fonctionnelle identifiée par l'ADOS. Cet écart pose de nombreuses questions. Laquelle est la plus correcte ? Ces femmes camouflent-elles leur détresse sociale et sont-elles capables de "passer" l'ADOS malgré la perturbation quotidienne de leur fonction sociale ? Ou bien les questionnaires dimensionnels exagèrent-ils ou mélangent-ils la détresse liée à l'anxiété et à d'autres préoccupations ? Il reste urgent de développer et de valider des mesures multimodales de la détresse sociale et de la dysfonction chez les personnes de sexe féminin et en particulier chez les femmes.

Dossier INSAR 2019 Montréal - Articles de "Spectrum News"

23 mai 2019 - 30 articles de "Spectrum News" sur l'INSAR 2019 à Montréal.

PS : adaptations de la traduction dans le premier poster.


 Présentations de Sébastien Mirault, neuropsychologue du CRA de Bretagne, au café-rencontre d'Asperansa, le 4 juillet 2020.

« TSA : particularités du phénotype féminin »

L’autisme au féminin - Pistes à l’accompagnement

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