Demande d'ajout du Freudo-Lacanisme au DSM 6

Une proposition iconoclaste visant à faire inscrire le freudo-lacanisme dans la prochaine édition du manuel diagnostique des troubles mentaux (DSM-6). Des professionnels essaient de mettre à jour les données cliniques sur une pathologie assez répandue en France.

Freudo-lacanisme au DSM 6 Freudo-lacanisme au DSM 6

Note : tout rapport entre la publication de ce document et la série de fiction TV En thérapie - Au cœur de la psychanalyse sur ARTE est pure coïncidence et ne saurait faire l'objet d'une théorie du complot. La preuve : la page était prête avant l'arrivée dans la boîte à lettres du dernier numéro de Télérama.


Nous, collectif de professionnels de santé mentale, demandons que le freudo-lacanisme soit  ajouté dans la prochaine édition du manuel diagnostique des troubles mentaux (DSM-6). 

Principaux symptômes 

Le signe principal est la présence de délires systématisés et partant de la sexualité infantile  (développée ci-après). Considérant ces délires comme une vérité absolue que lui seul détient, le  malade interprète alors tous les comportements des personnes avec qui il interagit (gestes, attitudes,  propos, silence, écrits, lectures, couleur et forme des objets leur appartenant) et réorganise la réalité  par rapport à ces délires, souvent avec exaltation. La conviction du malade est absolue et  inébranlable malgré la présence de preuves évidentes de l’irréalité de ses idées. La systématisation  du délire lui confère un caractère extrêmement cohérent qui peut entraîner l’adhésion de tiers. Le malade est généralement bien inséré dans la société, appartenant à la classe moyenne supérieure  ou de classe aisée, exerçant souvent dans des structures publiques dans lesquelles il a une certaine  reconnaissance. On note une phobie de tout progrès scientifique et perspective d’évolution de la  société, associée à une pensée manichéenne et des idées délirantes de grandeur, le malade se  considérant comme un penseur révolutionnaire résistant à la science et aux structures de pouvoir  conventionnelles qui tenteraient d’uniformiser les humains ; il se considère également comme un  humaniste investi de la mission de « pénétrer les défenses de la pensée consciente » de l’être  humain. 

Le malade utilise diverses techniques de suggestion visant à : modifier l’image qu’une personne a  d’elle-même et de son entourage ; la faire douter de la réalité de tel évènement, ou au contraire la  convaincre de la réalité d’un traumatisme inexistant. 

  • Idées délirantes relativement stables : 

o concernant le développement psychologique de l’enfant et de l’adolescent autour  d’une théorie nommée : « complexe d’Œdipe » ; 

o concernant la mère et la familiale, considérant que toute mère et toute famille sont dysfonctionnelles ; 

o concernant la femme et la féminité, considérées que comme des « manques », des  « béances » et des « trous » (manque du « phallus ») ; fréquemment associées :  hallucinations et angoisses de morcellement 

o concernant l’homosexualité et la transidentité, considérées comme des  « perversions » ou des « psychoses ». 

  • Idées obsédantes et morbides concernant la sexualité infantile, la castration, les pulsions  sexuelles ; le malade ne fait aucun effort pour ignorer ou réprimer ces pensées, impulsions ou  représentations, qui sont source de jouissance ; affirmation du primat du désir qui peut souvent  les conduire à des actes ou des pensées pervers. 
  • Ruminations obsessionnelles centrées sur un pénis en érection, symbolisant pour le  malade la puissance, la complétude, l’intégrité physique, l’accès à la culture ; ces ruminations  sont accompagnées d’un déni du sexe féminin, considérant que toute femme vit une blessure  narcissique du fait de ne pas posséder de pénis. 
  • Déni de la réalité : le malade ne sait plus ce qui est réel et ce qui ne l’est pas ; sentiment de ne  pas être compris et conviction que lui seul connaît la vérité (mégalomanie). 
  • Incapacité à reconnaître la nature pathologique de ses troubles. 
  • Tendance à mettre la personne avec qui il interagit en état de sujétion psychologique afin  d’induire des « faux souvenirs », de la faire douter de ses ressentis et du caractère bienveillant  de son entourage (le malade tend à considérer de manière malveillante toute relation entre  individu).
  • Trouble de l’opposition, contredisant systématiquement tout point de vue, ressenti ;  remaniement profond du vécu des personnes avec qui il interagit. 
  • Altération marquée du fonctionnement : hypertrophie du moi, narcissisme ; le malade a un  sens grandiose de sa propre importance et s'attend à être reconnu comme supérieur ; cette  surestimation de soi entraîne l'orgueil ambitieux, la vanité, masqués parfois par une fausse  modestie superficielle ; fait preuve d'attitudes et de comportements arrogants et hautains ; affects dominés par la froideur, l’auto-suffisance. 
  • Singularités de bizarreries manifestes du comportement ; tendance à tourner le dos aux  personnes qui se confient à lui ; stéréotypie verbale (de type : « hum hum ») pour donner une  illusion d’écoute. 
  • Altération qualitative de la communication : mutisme sélectif, s’exprimant par des allusions,  langage comportant de nombreux mots inventés (néologismes) ; décomposition des mots,  inversement des syllabes, construction d’anagrammes, de jeux de mots, pour en tirer des  formules significatives ; tendance à répondre à une question par une question ; psittacisme ;  expression écrite constituée de phrases très longues et peu compréhensibles, comportant très  peu de ponctuation. 
  • Fausseté du jugement, secondaire à la pensée paralogique et se traduisant par des  interprétations fausses et un subjectivisme pathologique. L'autocritique ou le doute est  impossible. 
  • Recherche de l’immuabilité, résistance au changement. 
  • Phobie de la science, des neurosciences et des progrès scientifiques ; phobie spécifique  des médicaments commercialisés à partir des années 80 ; cette phobie est caractérisée par des  comportements d’évitement et des déclarations complotistes vis-à-vis des laboratoires  pharmaceutiques. 
  • Sentiment de persécution vis-à-vis des autorités de santé, comme, lors d’annonces de  suppressions de financement des approches n’ayant fait aucune preuve d’efficacité en matière  d’autisme
  • Très fréquemment associé : anti-américanisme et vision géopolitique dichotomique ; sentiment de persécution centré sur un « impérialisme américain », armé de recherche  scientifique, de médicaments et du manuel « DSM », voué à détruire la culture et la psychiatrie  française ; idées de grandeur caractérisées par le sentiment d’être un « résistant » face à  l’envahisseur capitaliste. 
  • Lorsque le malade est lui-même (pédo)psychiatre : comportement compulsif concernant  la prescription de neuroleptiques. Les molécules utilisées sont généralement anciennes et les  doses massives. 
  • Relation pathologique à l’argent, surtout pour l’argent liquide. 

Danger pour lui-même et pour autrui 

Les individus atteints de cette pathologie, qui se rapproche de la psychose et du trouble de la  personnalité paranoïaque, semblent avoir totalement perdu le sens du réel, et ont besoin vital de  soins psychiques et d’un traitement médicamenteux : en effet, s’ils représentent manifestement un  danger pour eux-mêmes, ils représentent également un danger pour les autres, du fait de leur vision  déformée du réel caractérisée entre autres par la conviction que toute mère est « psychogène par  nature », aboutissant à une interprétation délirante des comportements humains. 

Ce danger est très présent, car une bonne partie de ces personnes occupe des fonctions dans les  domaines médical, psychologique, social, éducatif, universitaire, judiciaire : ces individus sont donc  amenés à interagir très souvent avec des personnes vulnérables, à donner des avis qui seront pris en  compte dans diverses Institutions :

ils sont ainsi considérés, en tant que « psychiatres judiciaires », comme « experts » dans les  cours d’appel et un juge peut les mandater pour effectuer une expertise psychiatrique, dont le  rapport conditionnera la décision du juge ; 

nombre de travailleurs sociaux assurant les évaluations d’information préoccupante, ou bien  mandatés par un juge pour faire une enquête judiciaire, semblent atteints de ce trouble, alors qu’ils  ont à se positionner sur le comportement d’enfants et de leurs familles et que leur rapport  d’expertise conditionne la décision d’un juge des enfants, décision pouvant aller jusqu’au  placement de l’enfant aux services de l’Aide Sociale à l’Enfance, services contenant également un  certain nombre de professionnels atteints de ce trouble ; 

une partie des psychologues scolaires semble aussi atteinte de ce trouble, ce qui est  préoccupant vis-à vis des élèves sur lesquels ils rendent un avis dans les conseils de classe et  équipes de suivi de scolarisation, concernant les élèves handicapés ; 

sous le statut de « psychiatres », « pédopsychiatres », « psychologues » (liste non exhaustive), ils peuvent occuper les postes de chefs de service dans des centres et établissements sanitaires  et médico-sociaux : considérés comme des spécialistes, ils suivent les enfants, adolescents et  adultes fréquentant ces structures publiques, dans lesquelles ils sont automatiquement orientés  quand il y a trouble ou suspicion de trouble ; 

ils sont très présents dans les formations initiales et continues contenant des cours de  psychologie, que ce soit dans les facultés de psychologie, médecine, organismes de formation de  travailleurs sociaux, etc. ; leurs délires concernant le développement psychologique de l’enfant y  sont enseignés, souvent présentés comme la seule approche existante, ce qui laisse croire aux  étudiants que leurs délires sont fondés ; leurs délires sont également enseignés dès le lycée, en  tant que partie intégrante du programme de philosophie, à des adolescents qui apprennent cela  comme des vérités ultimes. 

À noter également leur forte présence au sein de l’audiovisuel ; bien perçus dans ce domaine, ils  sont régulièrement interviewés en tant que « spécialistes » pour se prononcer sur tel événement  ayant un rapport avec la psychologie, la sociologie, la philosophie. 

Caractéristiques de la pathologie chez un individu concerné 

Idées délirantes concernant la sexualité infantile 

Sexualise l’allaitement : la succion du sein maternel permettrait de satisfaire sexuellement le bébé. Le  suçotement du nourrisson est considéré comme de l’auto-érotisme, et la zone bucco-labiale comme  une zone érogène. Le malade nomme cette étape de développement « stade oral ». 

Sexualise la zone anale de l’enfant lorsqu’il a 2-3 ans, la considérant comme possibilité d’activité  sexuelle, car cette zone renvoie à des fonctions d’expulsion et de rétention. 

Sexualise le passage de l’enfant faisant ses selles dans un pot : dans ce fantasme sexuel, pour  l’enfant, les excréments ont la même signification affective que l’alimentation : la mère lui offre des  aliments, et en retour, l’enfant lui offre ses excréments ; en plus d’être auto-érotique, cette sexualité  de l’enfant serait hétéro-érotique, car la source de son plaisir (les excréments) ne fait pas partie de lui.  Le malade nomme cette étape de développement « stade anal ». 

Obsession pour une loi, qu’il appelle « Loi du père » : selon cette loi, le père permettrait de séparer  l’enfant du désir de sa mère, et donc que l’enfant et désire quelqu’un d’autre qu’elle car, selon le  malade, au début le bébé pense qu’il est le pénis de sa mère, donc son objet de jouissance, et qu’il  comble son manque (de posséder un pénis). L’enfant, en acceptant la Loi du père, abandonnerait le  fantasme de toute-puissance provoqué par le fait de combler et être comblé par sa mère. Il  renoncerait à posséder sa mère, par peur d’être castré par son père. 

Pour le malade, le couple mère/enfant vise toujours à la fusion.

Il considère que la paternité joue le rôle de l’autorité, représente les interdits, permet de structurer  l’enfant, lui donnant accès au langage. Le père permettrait à l’enfant de mieux maîtriser ses pulsions.  La mère, elle, n’en serait pas capable. 

Sexualise la relation de l’enfant avec ses parents, lorsqu’il a 3-5 ans. Le malade considère que  l’enfant pense qu’il n’existe qu’un seul sexe, le pénis, car c’est le seul qui est visible, et donc  désirable. L’enfant pense donc que les garçons ont un pénis et les petites filles n’en ont pas car elles  ont été castrées, donc punies. 

Le malade considère donc que les pensées de l’enfant seraient centrées sur l’envie d’un pénis, qu’il  assimilerait à de la puissance, lui permettant de désirer. Il considère alors qu’un petit garçon désire  sexuellement sa mère, considérant le père comme un rival à éliminer, et qu’une petite fille a envie  d’un pénis, et désire sexuellement son père. Le malade nomme cette étape de développement :  « stade phallique ». 

Selon cette personne atteinte de Freudo-Lacanisme, la « loi du Père » (si le père n’est pas, selon ses  termes, « forclos »), permettrait d’interdire l’inceste à l’enfant (« interdit de l’inceste »). 

Obsession sur la castration : selon lui, 

  • le garçon aurait peur d’être castré par son père, en guise de punition pour avoir désiré sa mère ; il  nomme cela : « angoisse de la castration »; 
  • la fille, se pensant castrée, souffrirait de son absence de pénis, le voyant comme une perte de sa  puissance désirante. Elle en voudrait à sa mère de ne pas lui avoir donné le pénis. Elle chercherait  ensuite, en grandissant, à nier ce préjudice (ce déni pouvant conduire à de l’homosexualité), ou à  le compenser. Tout ceci provoquerait une blessure narcissique, de la frustration, jalousie envers  les hommes, et son désir serait ensuite dominé par le manque et l’angoisse. 

Idées délirantes concernant la sexualité et rapports homme-femme Est convaincu qu’il ne peut pas y avoir de sexualité harmonieuse, qu’il y a un vainqueur et un  vaincu : considère les pulsions sexuelles comme de l’ordre de l’inceste, du meurtre. Il considère  que la femme doit se soumettre à l’homme, car plus la femme sera soumise, plus l’homme sera  fort. 

  • Associe le fait d’uriner debout à du pouvoir, et appartenant donc aux hommes, tandis que les  femmes doivent s’accroupir pour uriner et donc être dominées. 
  • Considère le phallus comme une sorte de « Dieu », symbole de puissance, car visible et donc  désirable, contrairement, selon lui, au sexe féminin, qui ne peut pas être désirable car non visible,  caché, secret, informe, comparable à un « trou », ne pouvant être dessiné, source d’effroi. 
  • Considère que les femmes sont en permanence dans la séduction pour être satisfaite  sexuellement, et que cela les empêche de s’ouvrir à un monde intellectuel. 
  • Considère la jouissance féminine comme clitoridienne, donc, selon lui, « phallique » ; le clitoris  étant plus court qu’un pénis, la femme en ressentirait un préjudice et une cause d’infériorité. Considère que la féminité n’est que du semblant, pour masquer l’absence de pénis
  • Considère que l’homosexualité masculine est due à une mère omniprésence et omnipotente, et  que l’homosexualité féminine est due à un déni de castration chez la petite fille, qui en  conséquence, continuerait de vouloir posséder un pénis. Considère qu’un homosexuel épanoui est  un psychotique qui s’ignore, bien portant en apparence mais susceptible à tout moment de  sombrer dans la démence. 

Idées délirantes concernant la maternité et l’inceste 

  • Considère que l’amour maternel est un danger pour l’enfant et qu’il risque de le rendre  psychotique, car la psychose serait liée à une impossibilité pour l’enfant de dégager son propre  moi de celui de sa mère. En effet, selon le malade, celle-ci serait en incapacité de concevoir la  séparation entre elle et l’enfant, parce que le père n’aurait pas réussi à s’interposer entre l’enfant et le « désir de la mère ». L’enfant ne reconnaîtrait pas la « loi du Père » et resterait assujetti au  désir de sa mère, et n’arriverait donc pas à refouler ses propres désirs incestueux. L’enfant  psychotique construirait alors sa réalité dans la fusion avec la mère. 
  • Sexualise les moments où la mère change l’enfant ; est persuadé que la mère prend du plaisir  sexuel à le changer. 
  • Considère que, s’il y a un inceste du père envers son enfant, c’est que le père a senti que cet  enfant, inconsciemment, le désirait sexuellement et n’a pas pu y résister. 
  • Considère que l’eczéma ou l’asthme sont le signe d’une relation étouffante avec la mère. Selon le  malade, « l’enveloppe psychique » de l’enfant ayant un eczéma ne remplirait pas ses fonctions de  « contenant » et de « conteneur », et le grattage lui permettrait d’avoir une sensation d’exister. 
  • Considère la phobie scolaire comme une angoisse de séparation d’avec la mère, étant vue  comme hyper-protectrice et avec des troubles anxio-dépressifs : elle utiliserait alors l’enfant pour  l’aider dans ses propres anxiétés. 
  • Considère que, lorsque « l’enfant souffre, il faut soigner les parents. » 

Idées délirantes sur les personnes « transgenres » 

Considère une personne transgenre comme étant psychotique : selon le malade, un petit garçon  désirerait être une fille car s’il est une fille, il n’a plus l’angoisse de la castration, puisqu’une fille sait  qu’elle a déjà été castrée. 

Idées délirantes sur les causes de l’autisme 

Considère l’autisme comme une psychose due à la « forclusion du Nom-du-père » : selon lui, lorsque  l’enfant naît, la mère le considère comme le pénis qu’on lui a coupé étant enfant. Elle serait donc  comblée par l’enfant, celui-ci constituant son « objet de jouissance », lui permettant d’assouvir ses  désirs. L’enfant serait assujettie à sa mère. Si l’homme, avec sa « puissance phallique », n’arrive pas  à s’interposer entre l’enfant et sa mère, l’enfant bascule dans la psychose et il peut devenir autiste. 

Déni, modification de la réalité 

Considère que la sexualité infantile a été refoulée, ce qui explique qu’on ne s’en souvienne pas, et  qu’une analyse avec le malade permet de s’en souvenir, mais permet aussi de se souvenir de choses  qui ne se sont pas produites. Considère qu’un traumatisme existe vraiment lorsqu’il ne laisse aucune  trace. Considère que « la vérité est ailleurs », en opposition avec le ressenti de la personne. 

Délire de persécution, inversion des rôles et victimisation 

Inverse les rôles : dénonce le refus de comprendre la psychanalyse, se présente comme une victime  que la société empêche de parler, de penser, alors même que ce mode de pensée imprègne tous les  niveaux de la société : l’audiovisuel, les centres et établissements sanitaires et médico-sociaux, les  lycées, les facultés de psychologie, les instituts de formation de travailleurs sociaux, dans lesquels la  psychologie du développement est traitée quasi-uniquement sous leur mode de pensée (invalidé par  les études scientifiques), sans mentionner les autres approches faisant l’objet permanent d’études  scientifiques. 

Concernant l’autisme, le malade s’indigne que le Gouvernement ne veuille plus attribuer de l’argent  public à des pratiques qui n’ont pas fait leur preuve d’efficacité ; il dénonce des « groupes de pression  qui ont obtenu par leur lobbying efficace des modifications radicales dans la politique en faveur de  l’autisme en France. ». Il accuse une « entreprise révisionniste » et une « course à la rentabilité » qui  n’encouragerait que des pratiques qui ont fait leurs preuves par des études scientifiques, en  éradiquant toute dimension créative. 

Il considère les approches scientifiques comme des pratiques dangereuses : donne le nom de  « scientiste » aux scientifiques, les accusant de dogmatisme ; exemple d’expression utilisée : « tyrans  du scientisme psychologique ».

En exemple, le malade est indigné que des étudiants demandent une actualisation des contenus de  cours dans les facultés de psychologie dans lesquelles la psychologie basée sur des preuves n’a pas  droit de cité : il compare cela à la situation du roman de Georges Orwell, 1984, ou au nazisme,  accusant ces personnes de « pensée totalitaire », « police de la pensée », revenant aux « heures  sombres de l’histoire », voulant uniformiser toute personne, l’enfermer dans une case. 

Considère que son mode de pensée permet de résister au capitalisme. 

Incapacité à reconnaître ses erreurs 

Le malade a une incapacité à reconnaître ses erreurs théoriques et pratiques : il considère que si son  mode de pensée est critiqué, c’est justement parce qu’il touche un point sensible chez des  personnes, difficile à admettre, et qu’il faut donc résister à ces critiques, pour le bien-être des  personnes, et que cela fait partie de sa mission.


Commentaire : J'ai pu vérifier que des professionnels de la santé mentale sont impliqués par cette "proposition".

Une des premières choses que j'ai appris avec le Centre de Ressources Autisme était qu'il n'était pas opportun de "pathologiser" les comportements. J'ai donc arrêté de traiter quelqu'un de "schizophrène" ... et j'essaie d'utiliser le moins possible le terme "paranoïaque".

Mais qu'il est bon de retourner à l'envoyeur, à l'image du texte sur le syndrome neurotypique.

Quelques exemples de pathologisation des comportements  :

"Les psychiatres qui ont de l’humour expliquent que l’autisme – qui se manifeste par une altération des interactions sociales, de la communication, et par des troubles du comportement – semble contaminer ceux qui s’y trouvent confrontés, parents et professionnels." (Mediapart - 14 septembre 2016) Sous ses airs œcuméniques, la journaliste de Mediapart ne vise que les parents et attribue un sens de l'humour à des psychiatres (pas tous, hein !) qui haïssent les associations de parents et de personnes autistes..

"La simple idée de l’intervention d’un psychanalyste auprès d’un enfant suscite des craintes. (...) Ce que recouvre peut-être cette crainte, c’est le fantasme d’un vol d’enfant. Il n’est pas aisé d’admettre, pour un parent quelconque, a fortiori pour le parent d’un enfant aussi énigmatique qu’un enfant autiste, qu’une partie du psychisme de l’enfant lui demeure celée. Quand un étranger s’avise de donner du sens à l’insensé ou un autre sens que le sens immédiat à des mots ou à des comportements, il paraît s’arroger une connaissance de l’enfant qui échappe aux parents. Si, de surcroît, cet enfant s’attache à cet étranger, semble souffrir de son absence, se réjouir de le retrouver, parle de lui quand il n’est pas là, sans rien dire ou très peu de chose de leur curieux commerce, les parents peuvent redouter une séduction, le détournement d’une affection dont ils s’estiment les légitimes destinataires et qui leur est mesurée chichement. La haine du psychanalyste, parfois renforcée par des maladresses objectives comme une hâte à interpréter, un interrogatoire trop serré sur les désirs ou l’histoire personnelle des parents, une absence de modestie dans la formulation des hypothèses, est alors, pourrait-on dire, une réaction normale. Le travail psychothérapique avec un enfant autiste s’accompagne donc nécessairement d’un travail sur les résistances des parents (...)" Jacques Hochmann La guerre de l'autisme et les résistances culturelles à la psychanalyse », Revue française de psychanalyse 1/2013 (Vol. 77), p. 119-125. Citation

"Les parents sont très souvent aux prises avec des difficultés psychopathologiques, soit parce que la maladie de leur enfant les rend malades dans leur parentalité, soit parce qu'ils sont eux-mêmes en difficultés psychopathologiques. (ce dernier point est toutefois de plus en plus difficile à aborder, voire même interdit!)" Pierre Delion - 9 mars 2013

Si vous (femme) n'êtes pas satisfaite de la procédure suivie par un Centre de Ressources Autisme, vous avez de bonnes chances de vous choper des diagnostics de trouble de la personnalité histrionique / hystérie ou de pathologie du narcissisme / trouble factice. (Thèse de médecine - Amiens 2018).

etouffer-la-revolte
Jonathan M. Metzl, psychiatre américain,  dans Etouffer la révolte. La psychiatrie contre les Civils Rights, une histoire du contrôle social (Autrement) (...) retrace l’évolution du diagnostic de la schizophrénie au sein du corps médical au XXe siècle – et de sa perception populaire.

"Il montre comment l’histoire raciale des Etats-Unis a fortement influencé l’institution médicale au point qu’elle a fait de la schizophrénie une maladie touchant tout particulièrement les hommes noirs au moment de la lutte pour les droits civiques.(...) Tout bascule dans les années 1960 (...), de prestigieuses revues médicales et de nombreux psychiatres, à l’instar de Walter Bromberg et Franck Simon, « décrivent la schizophrénie comme une “psychose de révolte” en vertu de laquelle les hommes noirs développent “des sentiments hostiles et agressifs” et “des délires anti-Blancs” après avoir entendu les discours de Malcolm X, rejoint les Frères musulmans ou rallié les groupes prêchant la résistance militante face à la société blanche. » A la fin des années 1960, plus de 60 % des patients de l’hôpital d’Ionia sont des « hommes noirs, schizophrènes, “dangereux et paranoïaques”, originaires pour la plupart des quartiers populaires de Detroit » contre à peine 12 % en moyenne entre 1920 et 1950. En fait, « certains patients, constate Jonathan Metzl, devenaient schizophrènes, non plus à cause de leurs symptômes cliniques mais parce que les critères de diagnostic avaient changé. » (Le Monde - 4/12/2020)

Voir La colère internée - En attendant Nadeau

Compte tenu de ses précédents, cette demande d'inscription du freudo-lacanisme au DSM 6, une demande à long terme, a au moins des fondements solides.

freud-et-lacan

Le fast checkind du freudo-lacanisme

La fin sans fin de l’illusion psychanalytique – à partir de l’ouvrage de Jacques Van Rillaer, Freud et Lacan, des charlatans ? Faits et légendes de la psychanalyse, Bruxelles, Mardaga, 2019, 276 p.

9 déc. 2020 - A partir du dernier ouvrage de Jacques Van Rillaer, une analyse du statut actuel de la psychanalyse.

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