Autisme - Ce qui est à retenir de l'INSAR 2019

Spectrum News.
De Claire Cameron / 6 Mai 2019

Le 18e congrès annuel de l'International Society for Autism Research est arrivé à son terme. Le congrès a rassemblé un ensemble varié de chercheurs dans le domaine de l'autisme, venus du monde entier pour partager leurs résultats, échanger des idées et susciter de nouvelles collaborations.

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Les reporters de Spectrum étaient présents, eux aussi, pour couvrir la plupart des conférences. Vous pouvez rattraper nos reportages sur le site.

Quelques thèmes sont ressortis de la profusion de séances, d'affiches et de tables rondes.La composante génétique de l'autisme va au-delà de gènes à risque clairement identifiés. Par exemple, les preuves s'accumulent selon lesquelles le terrain génétique de la personne est à même de modérer ou d'aggraver l'impact des mutations impliquées dans l'autisme. Les chercheurs ont également rapporté les toutes premiers éléments apportés par la génétique sur les problèmes de sommeil des personnes autistes.

« Ces présentations ont souligné à quel point les problèmes de sommeil sont fréquents chez les autistes, et altèrent la qualité de vie des personnes et des aidants, mais aussi combien nous sommes loin de connaître encore les mécanismes génétiques sous-jacents », déclare Lucia Peixoto, professeure assistante de sciences biomédicales à l'Université de Spokane, dans l'Etat de Washington.

Et pourtant, la génétique n'est pas toute-puissante. Une étude portant sur des jumeaux a démontré que la génétique ne peut pas rendre compte de la gravité des caractéristiques d'autisme chez l'enfant, et a indiqué que l'environnement des premiers temps de la vie y tient une grande part.

Un thème de plus centré sur l'évolution des caractéristiques d'autisme et des facteurs de risque au fil du temps. Les études sur le long terme concernant le trouble autistique ont révélé le moment où se produisaient les difficultés de communication précoces ainsi que l'évolution des comportements stéréotypés avec l'âge.

La santé et la sécurité

Des conclusions capitales sur le suicide et l'auto-mutilation ont également émergé de ces présentations. Le suicide est une des causes principales de décès parmi les personnes sur le spectre – ce qui fait de la reconnaissance de ses signes précurseurs une priorité absolue. Une étude signale même que 10 % environ des enfants autistes ont déjà pensé à se suicider. Une autre pointe le fait que l'auto-mutilation est un indicateur du risque de suicide chez les enfants autistes.

Sarah Cassidy, professeure assistante de psychologie à l'Université de Nottingham en Grande-Bretagne, a délivré en avant-première 10 questions pour une future recherche dans sa présentation de vendredi. La liste des 10 priorités pour prévenir le suicide chez les personnes autistes, en collaboration avec les personnes concernées.

Séance très intéressante aujourd'hui

Une table ronde de scientifiques et de militants mandatés par la revue The Lancet s'est réunie pour la première fois samedi après-midi, pour échanger sur les moyens d'améliorer les soins de santé pour les autistes. Elle a fourni un exemple opportun des efforts réalisés par les chercheurs sur l'autisme pour concrétiser leurs résultats par un usage clinique.

Cette année, les organisateurs du congrès ont fait un effort commun pour augmenter le nombre de séances dédiées à la science fondamentale. En définitive, il semble qu'il y ait eu à prendre pour tout le monde. Nous avons demandé à des scientifiques de nous parler des présentations qui avaient éveillé leur intérêt (« réactions sur l'INSAR 2019 »).

Nous serons de retour l'année prochaine à Seattle. D'ici-là, vous pouvez rester informés sur les dernières nouvelles de Spectrum en vous inscrivant à notre newsletter quotidienne ou hebdomadaire. Vous pouvez aussi nous suivre sur Facebook ou Twitter pour des mises à jour
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Dossier INSAR 2019

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