«Femme» n’est pas le principal sujet du féminisme

Je vais essayer d’écrire sur une cartographie du sexisme, et du féminisme donc, car souvent on ne nous parle que des femmes et à dessein...

Je n’ai jamais été une femme. Je veux dire par là que j’ai été violée comme une femme, j’ai été harcelée comme une femme, j’ai été silenciée et remise à ma place comme une femme, j’ai gagné moins d’argent comme une femme, j’ai porté la charge mentale comme une femme. Mais très tôt, enfant garçon manqué/adjacent lesbienne j’ai aussi été fui par les femmes parce que je sentais le soufre, je les rendais suspectes aux yeux de ceux dont la main donne à manger. Soucieuses et suspectes de ne pas être, elles aussi, de vraies femmes, aimantes et dévouées. Peut-être alors ils ne leur feront pas de chèques. Peut-être ils ne leur donneront pas d’enfants. Parfois on pense qu’il vaut mieux avoir une position de merde que pas de position du tout. Je comprends. Je veux dire je comprends vraiment. Et c’est pas comme si plus tard je n’avais pas dû mettre mes talons et ma séduction, performer la cohérence de genre et d’hétérosexualité « être une femme » pour avoir du travail. Pour manger, comme les autres.

Nous avons grandi. Et peut-être pouvons-nous nous comprendre, peut-être aussi en parlant de nouveaux mots.

Je vais essayer d’écrire sur une cartographie du sexisme, et du féminisme donc. Car souvent on ne nous représente pas une carte, on nous représente un des groupes dominés : les femmes (et en miroir le groupe dominant comme « les hommes »). Ce qui revient à invisibiliser les autres groupes opprimés par le sexisme, ce qui revient à invisibiliser les violences cis et hétérosexuelles comme racines du sexisme y compris pour les femmes. Ce qui revient à oublier que le groupe dominant en la matière est celui des hommes cis hétérosexuels.

 

 I. Une cartographie du sexisme et du féminisme

Pour qu’un groupe en domine un autre il faut d’abord établir deux équipes. Il faut justifier une exploitation parce que l’autre est autre. Vous comprenez iels ne peuvent pas, iels ne savent pas, iels sont gentil.le.s mais un peu des bêtes, iels sont sales, iels sont dépravé.e.s, iels sont dépendant.e.s, iels ont un chromosome truc, iels ont un crâne machin…bref iels sont différent.e.s.

Il en va ainsi pour toutes les classes exploitées, de par leur race, leur genre, leur âge, leur classe, leurs capacités pas assez productives dans un système capitaliste.

Il y a des histoires nécessaires de ces constructions parfaitement documentées pour faire apparaître ces processus, pour les dénaturaliser, pour faire éclater au grand jour les supercheries et renverser les dominations. A ce titre et parmi d’autres ouvrages : pour l’âge « la domination des adultes » de Yves Bonnardel ; pour la race[1] « histoire des blancs » de Nell Irvin Painter et le documentaire de Fanny Glissant « Les Routes de l’Esclavage » (dispo en streaming sur Arte à partir du 7 juillet) ; pour la classe[2] «La culture du pauvre » de Richard Hoggart.

Malgré de nombreuses recherches l’histoire reste très lacunaire et nébuleuse en ce qui concerne les origines de « la construction des femmes ». Quand a-t-on commencé à percevoir et exploiter ce groupe en tant que différent ? Les racines sont si profondes et surtout si éloignées dans le temps qu’on a bien du mal à imaginer le jour où on ne discriminait pas les humains entre hommes et femmes. Que ce n’étaient pas des catégories pertinentes et que les sociétés ne s’organisaient pas autour d’elles. Les traces ont savamment été nettoyées, les colonisateurs ont également systématiquement imposé leur système blanc cis hétéro capitaliste+ pour effacer d’autres possibles[3].

Pourtant, même si on ne sait plus la date, ce jour a existé et il faut s’en rappeler car une histoire qui commence avec des hommes et des femmes finit avec des hommes et des femmes, et c’est une histoire bornée par le patriarcat. Tant de chercheureuses féministes montrent la construction : du genre (de comportements, de qualités dites « féminines » justifiant l’exploitation) et du « sexe » c’est-à-dire des corps : comment des différences pas plus signifiantes qu’entre deux groupes sanguins sont devenues significatives pour servir la domination – être reconnu.e dans la rue par ses supposées capacités reproductives n’est pas utile dans la vie quotidienne et la stratégie de reproduction systématique est manifestement un gros fail pour l’espèce. Elleux démontrent également comment les différences corporelles ont été accentuées (processus de binérisation) pour ciseler en deux catégories l’humanité[4] en sous-nourrissant les corps dits féminins[5], en les empêchant de bouger, en les corsetant, en les arrosant d’hormones dites féminines[6] en mutilant et massacrant les personnes intersexes , en assignant chaque « homme » avec chaque « femme » pour surveillance, menace et miroir inversé etc.

Ce processus de construction des personnes femmes peut se résumer également en trois mots : cis hétéro violences. Cis : faire correspondre aux forceps une geste de genre dite féminine avec un corps dit féminin (et vice versa) et hétéro en imposant systématiquement une mise en relation de domination par encouplage des-dits « hommes cis hétéro » avec les dites « femmes cis hétéro »[7]. Cette oppression des femmes dites cis hétéro par les hommes cis hétéro est effectivement l’une des expressions du sexisme avec ses modalités spécifiques encore modulées par la classe/race/validité.

MAIS ce n’est pas la seule expression du sexisme et l’utilisation du mot « femmes » à toutes les sauces comme une essence et comme une espèce d’équivalence au féminisme nous impose :

 1/ d’oublier que « femme » est une construction et pas une nature, et que nous devons  dater et lutter contre ce processus cishétéronormatif sexiste qui permet l’existence de deux groupes distincts et donc du sexisme.

2/ nous impose d’évincer et de silencier comme sujets, protagonistes et théoricien.ne.s majeur.e.s et premièr.e.s des féminismes, celleux qui contreviennent, démontrent par leur vie, en en payant le prix, que tout ça n’est qu’une construction sexiste : toutes les personnes non cis et non hétéro, toutes les personnes LGBTQI bien sûr et les imparfait.e.s dans leur genre et leur hétérosexualité (les travailleureuses du sexe, les polys, les vieilles, les aro, les asexuel.le.s, les célib…) et les personnes rejetées aux marges de ce statut de « femme » et d’ « homme » qui a également son agenda blanc capitaliste.

Pèse alors une quadruple charge sexiste : celle du harcèlement de la féminité, que connaissent aussi les femmes dites cis hétéro, celle de contrevenir à l’image de nature qu’on veut donner aux constructions « homme » et « femme » (y compris blanche/valide etc.), celle d’être nié.e.s dans nos vécus du sexisme et celle d’être évincé.e.s des endroits de pouvoir du féminisme.

A ce titre il n’y a pas « d’homophobie » ou de « transphobie » il y a encore du sexisme, du cis hétéro sexisme (pléonasme). C’est quoi ces mots qui nous font penser que ça n’a rien à voir, qui nous écartent des lieux de pouvoir féministes ? C’est quoi ces mots qui nous font penser que le problème c’est que les dominants ont peur de nous et pas qu’ils nous violentent ?

Exemple : les pédés sont harcelés à la fois parce qu’ils contreviennent à ce que devrait être un « homme » Et pour leur féminité. Les personnes trans sont écrasé.e.s à la fois parce qu’iels contreviennent au mythe de la nature à être homme ou femme Et pour leur féminité (présente et passé ; à l’intime et /ou à l’extérieur[8]).

Les mêmes arguments de la marque infamante du « masculin »[9] (en confondant perception de genre et privilège de classe) que ce soit pour les lesbiennes, les butchs, les transmasc, les PD, les femmes trans ont toujours été utilisés pour invisibiliser les réalités (différentes) du sexisme que nous vivons et nous éjecter du game.

3/ L’utilisation du mot « femmes » comme une essence nous impose d’oublier que « femme » (et « homme ») est un statut légal et moral et non un fait de nature qui permet d’accéder à des droits, des libertés, de la reconnaissance, des enfants, de l’habitat, du mieux-être dans une société cishétéronormée. La reconnaissance en tant que « femme »/ « homme » permet d’accéder à la citoyenneté légale en obtenant des papiers pour circuler, pour se loger, pour accéder aux soins, au travail etc. Les personnes trans qui ont trop dévié de leur genre assigné à la naissance doivent passer devant le juge, devant des psys, devant des médecins, être fiché.e.s pour obtenir de nouveaux papiers avec ces sacro-saintes mentions.  La reconnaissance en tant que « femme » (ou « homme ») permet d’accéder à la reproduction (et à la PMA un jour maybe pour les personnes qui ont trop dévié de leur genre /hétérosexualité) et aux logements conçus pour ce type de communauté appelée « famille ». Non pas parce qu’il n’existe pas d’autres manières d’organiser la production et la reproduction que ce type de famille mais parce que dans le cistème hétéro patriarcal l’encouplage sexiste permet de ne pas payer ou de sous-payer le travail de reproduction[10]

Il y a des enjeux stratégiques de vie et de survie matérielle qui s’expriment pour toustes dans le fait d’obtenir ces statuts. Qui nous place dans des positions ambivalentes : maintenir des principes de cohérence féminine/masculine cishétéronormées qui nous oppriment dans des stratégies nécessaires pour obtenir la citoyenneté légale, le droit de circuler, d’accéder à la reproduction/l’habitation, obtenir des chèques des hommes cis hetero blancs validés au travail et en conjugalité… Mais à quel prix ! Et pour qui ? Quelles personnes minorisées de par le sexisme peuvent accéder à ces récompenses ? D’abord les femmes cis hétéro blanches valides et aisées. Ces femmes qui gardent parfois alors jalousement cette catégorie comme un statut professionnel avec un numérus clausus en évinçant les putes, les noires, les trans, les lesbiennes, les celib, les sorcières etc. qui viendraient toquer à la porte. Cette phrase de Sojourner Truth «  « parce que je suis noire, ne suis-je pas une femme ? ». Il s’agit d’analyser, de reconnaitre, qu’il existe plusieurs groupes qui subissent le sexisme et qu’entre (et « à l’intérieur ») de ces groupes, il y a des rapports de pouvoir… Et encore du sexisme[11]. Cet article aurait pu s’appeler « le sexisme de ces femmes ». Mais encore, même pour elles, je crois qu’au final le jeu n’en vaut pas la chandelle.

4/ L’utilisation du mot « femmes » à toutes les sauces comme l’alpha et l’oméga du féminisme nous impose d’oublier ce qui nous relie toustes dans une stratégie de division et d’opposition des personnes minorisées entre iels par le patriarcat : la lutte contre le cishétéro sexisme. D’oublier que personne ou presque quelle que soit notre « orientation sexuelle » ou notre « cissitude » ne réalise parfaitement ni le corps ni le genre ni la sexualité dans ces « féminités » alignées. Qui d’entre nous est parfaitement hétérosexuel et qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Qui n’a jamais désiré en dehors de cette catégorie ? Qui n’a jamais calculé pour obtenir des bénéfices (enfants/argent/papiers/travail etc.) avec des hommes cis hétéro au-delà de ce que la « moralité » romantique qui naturalise la cishétérosexualité des dominants[12] nous impose ? Qui n’a jamais brigué ce statut de « femme »pour les mêmes raisons ? Qui est parfaitement cis en produisant la geste de genre qui est attendue de son sexe assigné ?

Si on ouvre bien l’œil, nous sommes l’écrasante majorité, nous sommes relié.e.s. Replacer une cartographie du sexisme ce n’est pas que mettre à jour les liens de pouvoir entre les différentes communautés qui le subissent et les reconnaitre. C’est un préalable de justice pour voir les porosités, nos potentiels transitionnels, nos potentielles alliances, nos communautés. C’est pouvoir envisager que les contrats cis et hétérosexuels nous oppressent toustes. Qu’on y fait face comme on peut avec des stratégies et des moyens/avantages différents en fonction de nos positions situées. Mais qu’ensemble on a les moyens matériels de vivre et de s’organiser différemment.

Parce que pour défaire le sexisme il n’y a pas d’autres choix que d’en arracher les racines et donc de prendre pleinement conscience de ses processus de construction,

Il n’est pas juste d’utiliser le mot « femme » comme un équivalent du féminisme, il n’est pas juste de dire « homme » au lieu d’ « homme cis hétéro » pour parler de la classe dominante à l’endroit du sexisme, il n’est pas soutenable d’invisibiliser les normes cis et hétéro comme profondément sexistes et oppressantes y compris pour les femmes et d’évincer du féminisme celleux qui les transgressent le plus. Il n’est pas juste de ne pas voir ce commun entre nous. Il n’est pas juste d’oublier ce que nous savons. Il n’est pas juste d’invisibiliser les rapports de pouvoir entre et « à l’intérieur » des groupes qui subissent le sexisme. Il n’est pas juste de ne pas décrypter la position des femmes les plus privilégiées qui pour garder une proximité avec le pouvoir de la classe dominante des hommes cis hétéro appuient sur la tête des autres pour se hisser en reproduisant du sexisme.

Autant dire que je n’ai aucune attente envers les hommes cis hétéro.

En revanche j’ai des attentes envers les femmes dites cis hétéro, notamment blanches valides aisées, qui mènent des luttes féministes avec plus de moyens et de visibilité pour arrêter de confondre « femmes »  et biologie, pour arrêter de superposer « femmes » et féminisme. Pour reconnaître et mettre fin au sexisme qu’elles produisent en leur sein et contre d’autres communautés qui le subissent. Parce que lutter contre le sexisme d’une main et le produire d’une autre aboutit à un bilan carbone féministe nul.

Mais autant dire que je compte d’abord sur les marginales et les marginaux des statuts « homme »/ « femme » de par leur classe/race/validité, je compte sur nous les militant.e.s queers, celleux qui ont déjà compris tout ça depuis belle lurette et qui se passent très bien des vocabulaires « homme » « femme »[13] pour du transpdgouine et c’est un acte politique des vies et du langage. Autant dire que pour obtenir des droits ou simplement ne pas se faire tabasser dans la rue on est également obligé.e.s consciemment ou non d’adopter des stratégies qui consistent à être reconnu.e.s en tant qu’ « homme » et « femme », c’est-à-dire reconnu.e.s  dans un monde cis hétéro sexiste – Ou du difficile équilibre entre idéal et pragmatisme, les stratégies militantes s’agencent et se cognent parfois. Mais c’est ce nous qui me permet de vivre.

 

 II. Pistes d’adaptation du langage

Si on parle spécifiquement des oppressions sexistes subies par les « femmes », il faudrait préciser :

« Les personnes femmes portent au sein de leur couple avec un homme cis hétéro la charge mentale, travail non-payé et invisibilisé»

Si on veut parler généralement des groupes de personnes structurellement opprimées par le sexisme :

« Les personnes intersexes,  trans, lesbiennes, gays, bi.e.s, femmes luttent depuis des lustres contre le patriarcat sans en voir le bout ».

Oui c’est long cette suite (et encore dans la nuance on pourrait l’allonger et les catégories nommées sont poreuses) et non, il n’y a aucune raison de placer « femmes » en premier ou de réduire par l’abréviation « LGBTQI » les autres comme des seconds couteaux.

Alors si c’est trop long pour parler généralement des groupes de personnes structurellement opprimées par le sexisme on peut également réfléchir à un terme parapluie qui inclurait toustes les personnes subissant du sexisme.

Une piste qui vaut ce qu’elle vaut :

Nous pourrions peut être nous inspirer du terme "racisé.e" qui, concernant le racisme permet de décrire un processus de construction de la race sans en nier pour autant son imposition ( suffixe -isé.e)/sa devenue réalité sociale pour les personnes non blanches. Ce mot permet à la fois en négatif de désigner le groupe qui exploite et tire privilèges : les blanc.he.s. Sans pour autant réduire les différences qui existent entre les groupes exploités.

A la lumière et au brio des militante.s antiracistes non blanc.he.s qui l'ont façonné/ancré/théorisé[14] et à l'apport de Colette Guillaumin avec le terme racialisation en 72,

nous pourrions par exemple proposer pour les personnes concernées par le sexisme, donc par la domination des hommes cis hétéro, d’employer le terme de : personnes sexisé.e.s[15].

Un terme qui lève le voile sur les processus de construction sociale de la différence des sexes (-isé.e) à la racine du sexisme et qui permet de ne pas invisibiliser les personnes LGBTQI. Sans pour autant empêcher d'utiliser les mots disponibles « trans », « lesbiennes », « femmes », « intersexes », « gays »,  « bi.e.s » pour décrire les spécificités des oppressions sexistes et de leurs mécanismes concernant les différentes communautés.

Exemple : « les personnes sexisé.e.s luttent depuis des lustres contre le patriarcat avec un peu d’espoir ».

 

 

Ceci n’est qu’une réflexion, ceci n’est qu’une piste.

Merci à la communauté Transpdgouine et à tou.te.s les militant.e.s anti-dominations qui me permettent d’habiter un monde avec rage qui est de l’amour.

Merci à Youssef Belghmaidi pour sa relecture et nos discussions.

Merci à Elise Thiébaut et Lauren Bastide pour leurs relectures et nos discussions.

Merci à Rokhaya Diallo et Maxime Cervulle pour les informations transmises sur l’emploi du mot racisé.e, pour leurs luttes et leurs réflexions.

 

[1] Voir aussi « Les routes de l’esclavage » documentaire de Fanny Glissant ; «How the Irish Became White » [Comment les Irlandais sont-ils devenus blancs] de Noel Ignatiev

[2] Voir aussi https://journals.openedition.org/chrhc/409#text  ou encore « Identités et cultures II » de Stuart Hall

[3]  Yuval Noah Harari dans « Sapiens, une brève histoire de l’humanité » parle par exemple de la Révolution néolithique qui pourrait être un tournant/accélération de ce point de vu de la construction des femmes. Avec l’agriculture et la domestication des animaux surviendrait la sédentarisation et la propriété. Y compris des corps et de leur mise au service de la production avec une augmentation du nombre d’enfants/femme, des grossesses de plus en plus rapprochées. Pour l’exploitation d’un utérus machine qu’il faut justifier il s’agirait de construire ou renforcer la construction de l’autre en tant qu’autre. En tant que femme.

Voir aussi https://www.wernative.org/articles/traditional-perspectives-on-being-gay-lesbian-bisexual-two-spirit-or-transgender

voir aussi Voir Les Amazones d’Adrienne Mayor https://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Les_Amazones-9782707194664.html?fbclid=IwAR1n-3cFQG_cdGxfAzoQfheLACwfdUnHJnJkq8oWdGyob2vxYsgpI4jXrAc

[4] https://blogs.mediapart.fr/juliet-drouar/blog/201219/la-testosterone-un-traitement-pour-lendometriose-et-un-antidouleur

[5] https://www.cairn.info/revue-journal-des-anthropologues-2015-1-page-19.htm

[6] Lire « Testo Junkie » de Paul B. Preciado

[7] https://blogs.mediapart.fr/juliet-drouar/blog/280120/une-meilleure-retraite-pour-sortir-de-lheterosexualite

[8]Il est déflagrant de violence de voir comment certaines femmes exigent dans un espace temps présent que l’ensemble des violences sexistes soient subies par les personnes trans pour les reconnaitre comme féministes/oppressées par le sexisme alors que personne ne cumule jamais toutes les violences et encore moins « en même temps » ce qui n’empêche évidemment pas leurs inscriptions traumatiques dans le corps, leur effectivité https://blogs.mediapart.fr/juliet-drouar/blog/080120/qui-suis-je-si-je-suis-nee-femme-et-percu-comme-un-homme-aujourd-hui

Voir aussi manifeste transpedeegouines.wordpress.com

[9] Ex : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lavender_Menace

[10] Lire “Le capitalisme patriarchal” de Silvia Federici

[11] Toute comparaison ayant ses limites mais les militant.e.s anti-racistes vont analyser par exemple le racisme envers les personnes noir.e.s produit par les personnes  arabes ou les personnes asiatiques et leurs expressions spécifiques. De la reconnaissance pleine de ces logiques nait la possibilité de les dépasser et de s’unir contre les classes dominantes.

[12] Article à venir « la morale des dominants » parlera de la manière dont les dominant.e.s bénéficient de la morale, d’être du côté du bien, du bon. De la morale comme une naturalisation des privilèges. Alors que les personnes qui ne bénéficient pas de ces privilèges sont dans l’obligation de « calculer », de « manipuler », sont assignées au mal ou aux mœurs dépravées quand il s’agit en réalité de survivre et de lutter. Que vive le calcul ! N’ayons plus honte.

[13] Monique Wittig « La pensée Straight » dit « Les lesbiennes ne sont pas des femmes »

[14] Je n’ai pas réussi à retracer précisément l’histoire de l’utilisation du mot racisé.e , de son ancrage/théorisation dans et par les cercles militants non-blancs. Toute information est bienvenue pour créditer qui de droit. Le terme est d’abord utilisé dans les sphères militantes (non universitaires et médiatiques). Pour les informations que j’ai pu recueillir : Le terme racialisation apparait dans « l’idéologie raciste » de Colette Guillaumin en 72, Rokhaya Diallo emploie le mot racisé dans le livre « Racisme : mode d’emploi » parut en 2011 et écrit en 2009 il semble qu’il circulait encore peu à cette époque dans les livres. Maxime Cervulle émet l’hypothèse que la redécouverte (et publication) des  textes de C. Guillaumin a pu participer à l’essor/forge de ce mot, qu’il y aurait une accélération/généralisation de l’adoption du terme assez récemment depuis 2016 par ailleurs que des  titres de presse comme « Les Inrocks » ou Libération  l’utilisent à partir de 2019 dans un sens par ailleurs dépolitisé et parfois problématique d’une manière par exemple strictement descriptive , pour qualifier un artiste, qui lui-même ne s’identifiait pas du tout ainsi. Il rappelle que le terme est clairement plus présent dans la sphère militante et, secondairement, dans l’espace médiatique que dans les travaux universitaire. Bravo aux militant.e.s

[15] Après une recherche google sur le mot sexisé.e qui ne demande qu’à être complétée (n’hésitez pas !), il semble que ce serait (évidemment !) encore Colette Guillaumin qui aurait déjà employé/forgé ce mot (dans la lignée de son « sexage ») mais en l’appliquant/en pensant au groupe des femmes dans « Sexe, Race et Pratique du pouvoir » parut en 1992 avec. Je l’ai retrouvé également, appliqué au groupe des personnes femmes, dans le livre de Michèle Causse « Contre le sexage » publié en 2000 appliqué au groupe des femmes. Lire cet article du collectif Le Seum https://www.google.fr/amp/s/leseumcollectif.wordpress.com/2017/03/14/colette-le-sexage-et-nous-conclusion-et-references-analyser-ce-que-le-racisme-et-le-sexisme-ont-a-voir-lun-avec-lautre-pour-mieux-comprendre/amp/

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