Nouvelles attaques de François de Rugy : la SDJ de Mediapart réagit

Dans une interview diffusée mercredi sur France Info, l’ancien ministre François de Rugy a, encore une fois, violemment attaqué notre journal. La SDJ de Mediapart réagit aux accusations ineptes et ridicules proférées par un responsable de la majorité présidentielle.

François de Rugy récidive. Dans une interview diffusée sur France Info mercredi 13 octobre au matin, à l’occasion de la publication de son livre Du pouvoir, des homards… mais surtout de l’écologie, le député (LREM) François de Rugy, ancien ministre de l’écologie, s’en est une énième fois pris violemment à Mediapart. 

Que l’ancien élu écologiste, passé chez Emmanuel Macron en 2017, n’ait toujours pas digéré les révélations de Mediapart de l’été 2019 qui l’ont conduit à la démission du gouvernement et au remboursement, sur ses deniers personnels, de repas privés qu’il avait organisés à l’Assemblée nationale, est entendable.

Mais que, faute d’arguments sur le fond, il utilise la calomnie et la diffamation pour attaquer le travail de notre rédaction n’est pas acceptable.

Cette fois, pour assurer la promotion de son livre, il accuse notre collectif de travail d’exercer des « pressions » sur autrui, y compris sur des confrères et consœurs. « Le fait que Mediapart fasse des pressions, y compris sur d’autres journalistes, c’est de notoriété publique. Cela fait partie de leurs méthodes, depuis toujours », a-t-il affirmé au cours de son interview, sur les ondes du service public, sans évidemment apporter le moindre exemple.

Dans son livre, explique le journaliste qui l’interroge, François de Rugy qualifie Mediapart de « presse à scandale ». L’ancien président de l’Assemblée nationale sous-entend aussi que des documents volés à son domicile à l’occasion d’un cambriolage, lorsqu’il était ministre de l’écologie, se seraient retrouvés dans des articles publiés par Mediapart, évoquant un « vrai faux cambriolage » orchestré par « des gens qui cherchaient ». Sans, là encore, étayer du moindre élément factuel cette accusation sortie du chapeau deux ans après l’affaire.

Incohérent jusqu’au bout, François de Rugy a sans doute oublié que, le 29 juillet 2019, sur BFMTV, il expliquait fièrement avoir identifié la source de Mediapart, sans alors parler de cette thèse farfelue d’un « vrai faux cambriolage ».

L’ancien ministre accuse également notre rédaction d’avoir « retouché les photos de homards pour les rendre encore plus rouges et spectaculaires ».

La société des journalistes (SDJ) de Mediapart ne souhaite pas s’abaisser à répondre à des propos aussi ineptes que ridicules.

En revanche, la SDJ souhaite faire part de toute son indignation face à des propos calomnieux tenus par un responsable politique de la majorité présidentielle et qui ne visent qu’à ternir l’image de notre journal et celle du travail réalisé par son collectif.

François de Rugy avait porté plainte en diffamation contre l’un des articles publiés par Mediapart à l’été 2019 (article au sujet de l’occupation d’un logement à vocation social). Il a perdu en première instance, sans faire appel de ce jugement, qui est donc devenu définitif. Après avoir fait la tournée des plateaux télé pour annoncer sa plainte, l’ancien ministre ne s’était pas présenté au procès. Le directeur de la publication, Edwy Plenel, et les journalistes attaqués étaient eux bien présents pour défendre la qualité et le sérieux de leur travail.

Mediapart a gagné son procès contre de Rugy. © Mediapart

Dans ce contexte d’attaques récurrentes, il nous apparaît inconcevable et grave qu’une radio du service public laisse une personnalité (ici un homme politique) propager tant de fausses informations et accusations infondées, sans véritable contradiction apportée par le journaliste réalisant l’interview, Marc Fauvelle.

Lorsque ce dernier demande : « Pour en revenir à Mediapart, vous l’accusez d’avoir menacé certaines personnes : si vous défendez de Rugy, on va s’intéresser à vous [...]. Est-ce que vous avez la preuve de tout ça et ça veut dire quoi ? » (1 min 50 s), François de Rugy répond à côté, sans apporter de preuves de ce qu’il avance. Au seul élément de contradiction apporté par le journaliste : « Des documents volés chez vous qui se retrouvent dans des articles de Mediapart, ça c’est une accusation assez lourde » (2 min 20 s), de Rugy répond que « c’est un constat », une nouvelle fois sans le moindre élément et sans réaction de la part de son interlocuteur.

Mediapart a ensuite pu répondre aux propos de François de Rugy, après que le journaliste Fabrice Arfi, coresponsable du pôle enquête, a sollicité France Info (lire ici).

Pour rappel, notre journal avait déjà été confronté aux attaques mensongères de Franz-Olivier Giesbert, relayées cette fois sur les ondes de France Inter, le 16 juin dernier : l’éditorialiste avait, sans aucune contradiction ou presque, déroulé une série de fausses informations concernant différentes affaires (Cahuzac ou encore Tapie) mais aussi concernant le travail de Mediapart de manière générale, remettant en doute l’importance que l’on accorde au contradictoire par exemple (lire ici notre billet sur le procès gagné par Mediapart contre FOG).

La SDJ de Mediapart avait alors choisi d’interpeller la directrice de France Inter, Laurence Bloch, dans une lettre ouverte qui lui avait été adressée. Malgré une relance, celle-ci était restée sans réponse de sa part, alors même que « FOG » a depuis perdu le procès qu’il avait intenté à Mediapart (lire ici).

Le 21 juillet, c’est le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin – sur lequel nous avons enquêté, au sujet de son comportement envers les femmes – qui diffusait, à l’antenne de France Info, des fausses informations sur le travail de Mediapart. Plus récemment encore, le 13 septembre 2021, sur les ondes de France Inter, le patron de presse Claude Perdriel – dont nous avions révélé le yacht luxembourgeois et les jets privés maltais – a violemment pris à partie Mediapart sur la base d’éléments infondés.

Toutes ces personnalités ont en commun d’être bousculées, y compris dans leurs intérêts personnels, par les révélations de notre journal, et l’indépendance de notre rédaction.

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