Christophe Castaner, un attentat à l’intelligence ?

Pour le ministre de l’Intérieur, les dégradations de permanences de députés LREM sont des « attentats ».

M. Castaner n’a jamais eu un seul mot pour les victimes des violences commises par les « forces de l’ordre » placées sous ses ordres (à moins que ce ne soit l’inverse, voir ici). Deux morts (Zineb Redouane et Steve Maia Caniço) , 5 personnes ayant eu la main arrachée, 24 personnes éborgnées, 315 personnes blessées à la tête et plus de 2400 blessés au total : tel est son effroyable bilan depuis qu’il a pris ses fonctions. Il entrera dans l’histoire comme le digne successeur de Roger Frey.

Mais pour M. Castaner, tous ces gens ne sont que des « factieux », des « séditieux » et des « brutes » qui sont donc traités par la police comme ils le méritent. En revanche, il a toujours exprimé la plus grande compassion pour les familles des vitrines, que ce soit celles du Fouquet’s, celles des magasins des beaux quartiers ou tout récemment celles des permanences des députés LREM. Il vient même de qualifier d'« attentats » les dégradations de ces locaux ! Les survivants et les familles des victimes des attentats de 2015 apprécieront à sa juste valeur la comparaison avec des bris de vitrine.

Si M. Castaner est pour le coup un véritable attentat à l’intelligence et est à l'évidence indigne de ses fonctions, il est illusoire de penser que son éventuelle démission changerait quoi que ce soit. Il fait ce que ses donneurs d’ordre (M. Macron mais aussi la hiérarchie policière et certains syndicats de police) lui demandent de faire. D’ailleurs, tout le monde a bien compris que la place Beauvau était en réalité dirigée par le secrétaire d’Etat Laurent Nuñez, pendant que le ministre parade devant les caméras entre deux virées arrosées en boîte de nuit.

La répression des mouvements sociaux par la violence, ce n’est absolument pas une dérive de l’actuel ministre de l’Intérieur.

C’est la politique décidée par le président de la République, mise en œuvre par son gouvernement et approuvée par les députés LREM …

© Fred Sochard © Fred Sochard

Mes remerciements à Fred Sochard à qui j'ai emprunté cette adaptation d'une célèbre affiche de Jacques Carelman en 1968.

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