L’Absurdistan autorise la vente des arbres de Noël

« En politique, une absurdité n'est pas un obstacle. » Napoléon Bonaparte.

Pour la 32ème fois depuis le début de l’épidémie de Covid-19, le conseil de défense s’est réuni le 18 novembre 2020 sous la présidence du chef de l’Etat absurdistanais (voir ici et ). Définie par l’article R*1122-1 du Code la défense, cette instance traite des affaires relatives à la sécurité nationale et ses délibérations sont couvertes par le secret-défense.

Le décret n° 2020-1409 paru aujourd’hui au Journal Officiel lève toutefois le voile sur une décision dont l’importance stratégique n’échappera à personne. Les « arbres de Noël », classés dans les produits « non-essentiels » et donc interdits à la vente depuis le décret du 29 octobre 2020, pourront de nouveau être vendus à partir du 20 novembre. Pour cela, le préfet de chacun des 101 départements de l’Absurdistan devra prendre un arrêté préfectoral, ce qui devrait être fait dans la journée.

Certains juristes s’inquiètent déjà du flou juridique de ce décret puisqu’il ne définit pas ce qu’est un « arbre de Noël ». Des jardineries ne vont-elles pas tenter de vendre des thuyas ou des bonsaïs en guise d’arbre de Noël, contournant ainsi l’esprit de la décision prise en conseil de défense ? De récents exemples attestent toutefois que l’on peut compter sur le ministre de l’Intérieur pour donner instruction aux forces de l’ordre de punir les contrevenants avec la plus grande sévérité.

A présent, les citoyens s’interrogent fort légitimement : quid des guirlandes ? D’une importance bien moindre pour la sécurité nationale que les arbres de Noël et ne requérant donc pas le secret-défense, c’est sans doute lors du prochain conseil des ministres que devrait être pris le décret autorisant la vente des guirlandes. D’ici là, les élus du sud-est du pays devraient aussi se mobiliser afin que les santons de Provence ne soient pas les grands oubliés de ces nouveaux espaces de liberté qui s'ouvrent en Absurdistan.

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