Quand le ministre de l’Intérieur qualifie les forces de l’ordre de « rempart »…
... quand M. Macron, après avoir lancé « Qu’ils viennent me chercher !», se rend compte qu’il pourrait bien être pris au mot…
... quand le président de la République, bleu de peur, prévoit une possible exfiltration de l’Élysée en hélicoptère au cas où « ils viendraient le chercher »…
… alors tout devient possible.
Il y a quelques mois, M. Macron expliquait à une aide-soignante qu’il n’y avait pas « d’argent magique » pour augmenter les moyens des hôpitaux. Mais ce miracle s'est pourtant produit quand il s’est agi d’augmenter les salaires des policiers.
A-t-on jamais vu une négociation salariale aboutir aussi rapidement et aux conditions fixées par les syndicats ? Reçus par le ministre le jour même de l’annonce de leur « acte I », les syndicats ont obtenu en moins de 48 heures une augmentation de salaire conséquente !
Pour les enseignants, les infirmières et les aides-soignantes des hôpitaux, pour le reste des fonctionnaires dont le point d’indice est quasiment bloqué depuis 2010, aucune augmentation n’est prévue. Pas de prime exceptionnelle non plus, car « l'État n'aurait pas les moyens de la verser » affirme le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt.
Car pour eux, il n’y a toujours pas « d’argent magique ». Ils ne sont ni riche ni « start-upper » et ils ne peuvent servir de « rempart » contre le peuple. Ce sont simplement des « gens qui ne sont rien ».
Quand le roi est nu, il ne lui reste plus que la force pour défendre son trône. Le président de la République a clairement annoncé la couleur dans son allocution du 10 décembre : « C'est donc désormais le calme et l'ordre républicain qui doivent régner. Nous y mettrons tous les moyens. (...) J'ai donné en ce sens au gouvernement les instructions les plus rigoureuses. »
La garde prétorienne avait déjà reçu carte blanche pour l’usage de la violence contre les gilets jaunes, et voit maintenant sa solde augmentée.
Les conditions sont réunies pour que règne l'ordre.
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Voir aussi : La peur panique d'être lâché par la police