L'« islamo-capitalisme » est un fait « indubitable »

L'« islamo-gauchisme » est un « fait social indubitable » qu'il faut « regarder en face » selon M. Jean-Michel Blanquer.

Le ministre de l’Education affirme dans le même entretien que les « extrémistes » islamistes « trouvent parfois des complices dans certains milieux d'extrême gauche », citant comme exemple la participation de M. Mélenchon à la marche contre l’islamophobie du 10 novembre 2019.

Le CNRS, chargé par Mme Vidal de faire la police de la pensée au sein de l’Université, considère pourtant que l'« islamo-gauchisme, slogan politique utilisé dans le débat public, ne correspond à aucune réalité scientifique. » Et la Conférence des présidents d’université estime que « c’est une pseudo-notion dont on chercherait en vain un commencement de définition scientifique, et qu’il conviendrait de laisser, sinon aux animateurs de CNews, plus largement, à l’extrême droite qui l’a popularisé. »

Qu’importe pour Mme Vidal et M. Blanquer, qui sont des adeptes des « faits alternatifs » pour reprendre l’expression utilisée par Mme Kellyanne Conway, conseillère de M. Trump, en janvier 2017.

Pourtant, s’il est un fait « indubitable » qu'il faut « regarder en face », c’est bien la connivence entre le capitalisme et l’islamisme le plus fanatique. Et pour trouver des « complices » de ces extrémistes islamistes, point n'est besoin de lancer une campagne digne du maccarthysme au sein des universités françaises. Un de ces complices se trouve en effet au palais de l’Élysée : il suffit donc « d’aller le chercher ». Il parait même qu'il aime cela.

 © Yoan Valat / AFP © Yoan Valat / AFP
M. Macron ne manque en effet jamais une opportunité de manifester son amitié à l’égard du prince Mohammed ben Salmane. Celui-ci a le bon goût d’acheter des armes françaises. Les profits de Dassault et de Thalès valent bien quelques courbettes de M. Macron ainsi que le silence de la diplomatie française lorsque le prince saoudien fit découper en morceaux un journaliste qui lui déplaisait (voir ici).

M. Blanquer, qui est saisi d’effroi à la vue d’une maman portant le voile lors d’une sortie scolaire, est moins gêné par un régime qui a emprisonné pendant trois ans une militante féministe (voir ici). Il n’est pas plus embarrassé par les mensonges de sa collègue ministre des Armées à propos des armes françaises utilisées par l’Arabie Saoudite contre les populations civiles au Yémen.

Les affaires sont les affaires. Pendant que les marchands d’armes choyés par M. Macron font de juteux profits avec les pays qui financent les groupes islamistes les plus extrémistes, M. Blanquer continue d’agiter son chiffon rouge de l'« islamo-gauchisme ».

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