Le grand épidémiologiste du Macronistan

Les ministres s’en émerveillent, les conseillers en sont ébahis, les courtisans se pâment : Emmanuel-Moi-Je Ier est devenu le Grand Épidémiologiste du Royaume.

Le président de la Chambre d’Enregistrement, Richard Ferrand, Docteur ès Flagorneries, l’a confié à une gazette dévouée à la cause du souverain : « Un jour, il pourra briguer l’agrégation d’immunologie ». Un des ministres glisse cette confidence à un plumitif de la Cour : « Il va finir épidémiologiste ». Un conseiller du Roi rapporte avec enthousiasme qu’il « s’est tellement intéressé au Covid qu’il peut challenger les scientifiques ». Il « emmagasine en continu une quantité surhumaine d’informations » s'extasie tel autre (voir ici).

Dès le début de l’épidémie, Emmanuel Moi-Je-Ier s’était entouré d’un Conseil scientifique chargé de l’informer de l’état des connaissances sur ce redoutable fléau. Lorsqu’il annonçait une décision à ses sujets, le Roi ne manquait alors jamais de souligner qu’il suivait les recommandations des « scientifiques ».

Mais très vite, il s’agaça de leurs avis. Comment tolérer que lui, Emmanuel-Moi-Je Ier, doté d’une exceptionnelle intelligence comme le répètent à l’envi ses adorateurs, soit dépendant de quelque « sachant ». Lui-même ne sait-il pas tout et sur tous les sujets ? Alors il commença à ignorer les avis du Conseil scientifique avant de cesser de les consulter. Il n'en a nul besoin puisqu'il « lit tout ce qui sort de scientifique sur le sujet, interroge d’innombrables experts et cherche chaque jour ce qui se produit de nouveau pour ne rien laisser passer », assure le Docteur ès Flagornerie.

Si l’omniscience d’Emmanuel-Moi-Je Ier plonge la Cour dans l’admiration béate, il en va différemment de ses sujets, dont plus de 85 000 ont déjà succombé à une épidémie qui semble repartir dans le Macronistan alors qu’elle décroit ailleurs. Bien que n’ayant pas la chance d’avoir ce dirigeant éclairé que le monde nous envie, d’autres pays déplorent beaucoup moins de victimes.

Pour distraire ses sujets, le Grand Épidémiologiste chargea alors deux de ses ministres de lancer une nouvelle Inquisition afin de bouter les suppôts des Mahométans hors des universités du Royaume. Et pour dissuader les plus récalcitrants de contester ses décisions, il fit voter par la Chambre d’Enregistrement plusieurs lois renforçant les pouvoirs de sa police et son impunité.

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