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Billet de blog 2 févr. 2022

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Psychiatrie : le respect des droits fondamentaux permet la sécurité de tous

Depuis des années la psychiatrie est tourmentée. Tourmentes politique et médiatique, tourmente des pratiques. Ces différents registres sont alimentés par un choix généralisé, celui de la perversion. Les mal-nommées « fugues » des hôpitaux de Toulouse sont le miroir de cette psychiatrie là, le reflet de cette société là. La monstruosité et l’incurie ne sont pas forcément où l’on croit.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Depuis des années la psychiatrie est tourmentée. Tourmentes politique et médiatique, tourmente des pratiques. Ces différents registres sont alimentés par un choix généralisé, celui de la perversion. Perversion des établissements et des lieux de soin, perversion des « soins » eux-mêmes, perversion des personnes qui devraient soigner ou aider à soigner. Les mal-nommées « fugues » des hôpitaux de Toulouse sont le miroir de cette psychiatrie là, le reflet de cette société là. La monstruosité et l’incurie ne sont pas forcément où l’on croit.

Agonie perverse

Depuis une semaine, « les fugues » en psychiatrie refont parler d’elles. L’image d’épinal du « schizophrène dangereux » commençait certainement à manquer. L’indignation salutaire de quatorze acteurs de la psychiatrie est un pas important mais les « fugues » des patients de Toulouse (ou d’ailleurs) sont le miroir de désertions généralisées, celui de l’abandon de la psychiatrie publique par les politiques, celui des départs massifs de soignants l’hôpital public et celui des compromissions quotidiennes. Le « on se lève, on se casse » est devenu un slogan inconsciemment partagé par soignants et patients. Certes ces départs imprévus n’ont ni les mêmes motifs ni le même traitement sociétal mais il serait utile d’en tirer quelques leçons.

Aujourd’hui, l’hôpital psychiatrique n’est pas fait pour les patients. Dans de rares cas d’expériences émancipatrices, il n’est plus fait pour eux. Pendant longtemps, l’HP était surtout fait pour les soignants et les administrations. Mais, même-là, ça s’effrite. Sauf pour les plus tordus et les plus soumis. La société de l’ordre, elle, continue de compter sur l’établissement psychiatrique pour canaliser, normaliser, domestiquer les désordres intimes et sociaux.

Pourtant, une règle organisatrice devrait aussi prévaloir en psychiatrie, celle du serment d’Hippocrate : premièrement ne pas nuire. Et cette règle a un corollaire : tout premièrement, ne pas jouir. Or la jouissance obscure et perverse explose en psychiatrie. Cette jouissance perverse des rapports de pouvoirs et de savoirs, leurs verticalités jupitériennes renforcées ces derniers temps, à tous les échelons. La perversion se nourrit de la déliaison, de la perte de sens, des clichés, de la bêtise.

Florilège du sadisme ordinaire

Florilège de ce sadisme ordinaire, expériences vécues de près ou de loin…Récemment nommé, un chef de pôle au charisme de mollusque a expliqué la nécessité d’imposer de nouveau la verticalité dans tel service. Jusque-là, le collectif de soin essayait de transformer les rapports de domination en rapports de co-construction des soins avec et par les patients... Verticalité rime ici avec « imposé » et « viré ». Imposer aux patients de la fermer et virer les professionnels récalcitrants.

Dans tel autre service une psychologue, mégère non apprivoisée, fait passer ses inconséquences, ses incompétences et sa maltraitance sur le dos des troubles supposés des patients. Les patients sont là pour endosser la folie de soignants pervers.

Telle autre légitime son sadisme et sa haine des personnes touchées par la psychose par des théorisations faisant la part belle aux nécessités de contraindre physiquement et psychiquement ces mêmes patients.

Il y a aussi cette infirmière d’un hôpital de jour qui se plaint de ses collègues, ils déjeunent avec les patients... Mais quand même, « ils ne sont pas propres » Il y a « eux », il y a « nous ».

Rajoutez à tout cela une pincée de covid, une société attirée par les lanternes fascistes : vous aurez l’enfermement systématique, les abus de pouvoir décuplés… En bandoulière la logique hygiéniste pour légitimer toutes ces perversions. Et en fin de parcours de cette logique infernale, toujours plus d’unités pour « malades difficiles » (UMD) pour cadenasser des patients en prise avec une psychiatrie mise en difficulté (PMD?) qui a toujours eu du mal à se remettre en question.

Quand la haine devient l’organisateur de ces supposés « soins » inutile de dire que prendre la fuite est encore la meilleure des solutions. Mais certains (les soignants) peuvent prendre la tangente plus facilement que d’autres (les patients-usagers-psychiatrisés). Car dans ces ambiances toxiques les représailles et la répression ne sont jamais bien loin.

« Evasion » et « fugue » versus « fuite » et « sortie non autorisée »

Le sadisme ordinaire se nourrit des mots qu’il a cannibalisé. Tout un chacun sait que le terme « évasion » s’inscrit dans le registre du carcéral. On s’évade d’une prison mais pas d’un hôpital, fut-il psychiatrique. De « fugue » à « évasion », il n’y a qu’un pas, la société sécuritaire le franchit allègrement.`Mais souvent, les professionnels sont aussi complices des glissements sémantiques.

Reprenons ce terme de « fugue » en le remettant en perspective de deux cadres, celui des soins et celui du Droit. Une personne hospitalisée sans son consentement (en « soins sans consentement » d’après la loi de 2011) qui part de l’hôpital ne fugue pas, elle sort sans autorisation. C’est-à-dire qu’elle sort de l’hôpital sans certificat médical écrit par un psychiatre qui autorise (en cas de « soins psychiatriques à la demande d’un tiers » ou de « péril imminent ») ou qui demande au préfet son accord (en cas de soins à la demande du représentant de l’État).

Parler de « sortie non autorisée » plutôt que de fugue n’est ni jouer sur les mots ni faire œuvre de préciosité sémantique. Il s’agit de sortir de l’imaginaire infantilisant du pouvoir médico-administratif et de ses effets bien réels sur les patients. Car on peut sortir sans autorisation pour plusieurs raisons. Et bien souvent, la personne hospitalisée n’est pas la seule responsable.

La psychiatrie des faux-fuyants

Parlons du psychiatre et de situations maintes fois vécues… Le psychiatre qui a oublié de faire le certificat alors qu’il a promis au patient qu’il le ferait… L’infirmier ou l’aide-soignant qui s’est engagé auprès du patient à demander au psychiatre « quand il le verrait » de rédiger un certificat pour une permission… L’infirmier ou l’aide-soignant qui oublie et/ou qui ne croise pas le psychiatre, désertion médicale et déserts médicaux obligent.

Il y a aussi le psychiatre qui refuse de « perdre son temps » à faire des permissions car il a des choses plus sérieuses à faire. Il y a encore le psychiatre intérimaire payé 600 euros net par jour qui n’est là qu’une journée et donc qui laisse au psychiatre intérimaire du lendemain - payé six cent euros net par jour - cette basse besogne...

Parlons aussi de l’Agence Régionale de Santé (Représentant de l’Etat) qui tarde à donner son accord pour une demande de permission (spécialement les veilles de ponts ou de vacances scolaires) laissant le patient et l’équipe soignante avec les doutes, les angoisses et les tensions.

Il y a aussi la mauvaise compréhension par le patient du cadre légal. Souvent aussi sa mauvaise information quant à ses droits et aux contraintes qui l’enserrent…

Et puis il y a des personnes qui ont besoin de sortir sans autorisation pour voir si les soignants sont fiables. S’ils vont aller les rechercher ou s’ils vont les laisser et les abandonner, expériences abandonniques souvent vécues de façons répétées dans la vie des personnes gravement malades. Cliniquement, ces sorties non autorisées peuvent avoir un potentiel thérapeutique car aller chercher une personne, c’est bien souvent ne pas répéter ces abandons précédents, c’est montrer qu’elle compte, que l’on tient à elle. Sortir sans autorisation, souvent, permet de tester le cadre de soin pour ensuite créer un rapport de confiance et de fiabilité avec l'équipe. La confiance n'est jamais donnée d’avance. Imaginer que toutes les « fugues » soient dangereuses ou qu’elles soient la marque d’un refus de soins, c’est au mieux n’avoir aucune expérience clinique, au pire avoir raté son orientation professionnelle.

Et oui, il y a des sorties non autorisées problématiques et dangereuses. Elles sont rares. Et non, même en enfermant les patients à double, triple ou quadruple tour, le risque zéro n’existe pas.

Clés pour l'UMD Henri Colin, Cahiers pour la Folie, juin 1973 © Revue Recherches

Hospitalisations libres : ni fugues, ni enfermements.

Parler de « fugue » pour une personne hospitalisée librement est une aberration quotidienne mainte fois entendue dans les services de psychiatrie. Une personne qui est hospitalisée librement voit sa liberté d’aller et venir préservée. Il est illégale de l’enfermer sans son accord. Comme dans les services de soins somatiques, elle peut donc « signer sa pancarte » et sortir contre avis médical. Dans certain cas, la personne part d’elle-même sans prévenir. Elle rompt le contrat mais elle en a le droit. C’est une sortie non programmée.

Assimiler une personne en soin libre qui part de l’hôpital sans prévenir à une « fugue » ou une « sortie non autorisée » est encore une fois le signe de l’infantilisation des personnes psychiatrisées. Ne nous étonnons donc pas que les portes de tous les services se soient refermés, en toute illégalité,  sur tous les patients de Toulouse sans discrimination de statuts d’hospitalisation. Ne nous étonnons pas que tous les patients qui étaient dans l’unité covid de l’établissement où nous exercions étaient enfermés pour leur bien.

L’imaginaire du mot « fugue » contamine tout le monde, en dépit des droits fondamentaux. D’où la nécessité de remettre les pendules sémantiques à l’heure.

Enfin, rappelons qu’il arrive fréquemment que des personnes consentantes aux soins sont hospitalisées « sans leur consentement » afin d’obliger les unités d’hospitalisation à les accueillir, ces unités réservant des lits uniquement pour les personnes hospitalisées sous contrainte… Ou comment le serpent devient obèse en se mangeant toujours plus la queue...

Alors, comment ne pas prendre la fuite quand le bateau fuit de partout ? Dans ce contexte de catastrophe de la psychiatrie publique, il serait plus judicieux de parler de « fuite » plutôt que de « fugue ». Si le mot de « fugue » indique une action volontaire, délibérée voire illégale de s’en aller, le mot « fuite », quant à lui, implique une action pour se sauver d’un danger. Et ici, le danger principal c’est le cadre délétère perçu ou réel des « soins » psychiatriques.

"A bout de bras. L'hôpital en voie de disparition" Dessins Richard, préface et contribution du Dr Geneviève Hénault © Richard

« Soins » : rendre actif ou passif ?

Nous mettons « soins » entre guillemets pour indiquer qu’un mot ne peut suffire à créer une pratique. Soigner implique une activité, ce n’est pas un état. Or c’est la perversion de la loi de 2011 sur les « soins sans consentement » qui fait passer un état de contrainte pour une activité de soin. Etre obligé de prendre des médicaments et rester dans un lieu à faire plus ou moins de choses (souvent beaucoup moins que plus) n’implique pas une activité humaine - donc relationnelle - de soins.

Si les « soins » se contentent de rendre passives les personnes, de les infantiliser, de les brutaliser, de les maltraiter alors ce ne sont pas des soins. L’activité de soin de la psyché (le iatros de psych-iatrie) implique un accueil actif et pas des admissions et traitements bureaucratisés, administratifs, passifs et sadiques. Rendre actif la personne ne peut pas non plus se résumer à l’agiter, à lui prodiguer des gentils conseils de psychologie positive pour normopathes. La rendre active c’est l'aider à se restaurer à partir de dispositions internes et sociales entravées par les processus pathologiques. Ce n’est pas fuir devant le délire, les angoisses extrêmes et les menaces mortifères. C’est aussi reconnaître la profondeur des difficultés et l’accompagner pour faire avec son milieu pendant que dans le même temps nous aidons son milieu à faire avec elle.

Entendons-nous bien, nous avons été au contact et nous avons soigné personnellement et collectivement, sur des temps longs, des personnes « irresponsables » pénales, des personnes qui avaient commis des actes graves et dont la dangerosité était avérée. Les passages à l’acte sont des moments paroxystiques de résolutions tragiques pour la personne et son entourage. Des moments dont on ne se remet jamais vraiment. Moments qui laissent des traces psychiques profondes, des aires de morts en soi et dans le corps et les psychés des autres. Nous connaissons la difficulté de ces prises en charge extrême, le déni massif qui les entoure, les clivages qu’ils induisent et tous les phénomènes intenses et destructeurs qu’ils suscitent chez la personne concernée, chez ses proches, en chacun de nous et dans le collectif de soin. Nous connaissons aussi la nécessité de prendre et d’avoir le temps pour une approche sans cesse réadaptée oscillant entre fermeté et souplesse, contrainte et responsabilisation de la personne. Mais sans une reconnaissance de la qualité humaine de ces phénomènes tragiques, nous perdons notre capacité à soigner et à accompagner.

Fake psychiatrie

Or la fake psychiatrie et la cérébrologie ont envahi l’espace social amenuisant toujours plus l’espace de la complexité. Devant ce vide de la pensée et des pratiques, couplé à des politiques fuyantes, reste le trop plein des tourments de la psychiatrie.

Tourment médiatique avec la réactivation des "schizophrènes dangereux". Il existe une droite ligne entre les discours de Sarkozy en 2008, le fichier Colomb en 2018-2019 (Hopsyweb) amalgamant fichiers « S » et hospitalisations sous contrainte, la loi Darmanin-Dupont Moretti réformant l’irresponsabilité pénale. Dans le même temps, les mêmes bafouent les lois des psychiatrisés comme en témoigne le vide juridique de plusieurs semaines sur les mises en contention et en isolement. Les mêmes organisent l’asphyxie de la possibilité même de soins psychiques en réformant le financement de la psychiatrie, en se gaussant de « santé mentale » et « d’innovation ».

La perversion rend tout faux. Psychiatrie en toque. Rappelons-nous l’histoire de Brive la Gaillarde et des acteurs embauchés pour jouer les patients afin de se préparer à la certification de la haute autorité de santé. Rappelons-nous des Assises de la santé mentale consacrée à la cérébrologie néolibérale pour mieux évincer la psychiatrie qui soigne.

Mais rappelons-nous aussi les soulèvements contre cette perversion. Les premières mad-pride, les révoltes de soignants en 2018-2019 pour mettre en lumière les conditions d’accueil indignes des patients. Rappelons-nous des rapports toujours plus accablants du Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté, rappelons-nous des luttes sur le terrain du droit des psychiatrisés eux-mêmes.

Tourmente des pratiques

Cette fake psychiatrie augmente l’inhospitalité et la déshumanisation des personnes troublées. Elle fait croître leur infantilisation à mesure du retour des processus asilaires excluant et ségrégatifs. Les folies se muent alors en furie. Comment ne pas voir que c’est l’indésirablité des lieux qui en question. Quand les lieux deviennent indésirables, les personnes qui les traversent le deviennent à leur tour.

Pour la fake psychiatrie, "l’événement indésirable grave" du moment : accueillir réellement les personnes qui en ont besoin. Ses remèdes : l’inflation des contentions et isolements, le peu de cas qui en est fait par les politiques, les faux débats sur inclusion-institution.

La fake psychiatrie a aussi ses ponts d’appui : la démocratie sanitaire et ses contre-pouvoirs falsifiés, en toque. Pensons à certaines associations de familles complices de l’ordre sécuritaire établi qui encore récemment osent parler de « descente du CGLPL » quand celui-ci vient redire le droit dans les établissements. Pensons aux organisations professionnelles qui, tout en criant leur désespoir avec des positions claires et fermes, se dédient et se couchent quand elles se trouvent dans les arcanes du pouvoir.

Mettre en question l’ordre établi n’est pas prôner le désordre mais bien un ordre autre. L’ordre qui se fonde sur les besoins réels des personnes concernées plutôt que sur celui de la société du renfermé. L’opposition entre sécurité et liberté est une fausse alternative. Le respect des libertés fondamentales rend possible la sécurité de tout le monde et de la démocratie. Leur entrave nourrit le sécuritaire et l’autoritarisme ambiant.

Aujourd'hui, un débat sur "l'évolution de la santé psychique des français" a eu lieu à l'Assemblée Nationale. Pour répondre aux députés, le VRP de la fake psychiatrie gouvernementale du jour, Adrien Taquet... Circulez, il n'y a rien à voir...

Assemblée Nationale, "l'évolution de la santé psychique des français", 2.02.2022 © Assemblée Nationale

Nous ne pouvons que conseiller une « fugue thérapeutique »  de toutes et tous à Toulouse, au Musée des Abattoirs, pour profiter de l’exposition consacrée à François Tosquelles et la déconniatrie suite à la sortie du livre « Soigner les institutions » aux éditions l’arachnéen.

Deux temps importants permettront de faire le bilan provisoire et d’amener des perspectives pour la suite : les Assises du soin psychique les 11 et 12 mars prochain à Paris ainsi que la conférence débat du CRPA le samedi 19 mars (toujours à Paris) sur la période de vide juridique relatif aux mesures de contention et d’isolement.

Mathieu Bellahsen

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