Mathieu Bellahsen
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Billet de blog 15 nov. 2021

Désabusage : petit traité des décapités entendant garder la tête haute

« C’est ça la réalité dans nos hôpitaux » éructait le Ministre de la santé il y a tout juste un an. Mais c’est quoi la réalité quand on déréalise ? C’est quoi la politique quand on dépolitise ? C’est quoi le mérite quand on traumatise ? C’est quoi faire respecter la loi quand soi-même on peut s’en affranchir sans encombre ? C'est quoi abuser, désabusés, le désabusage ?

Mathieu Bellahsen
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le temps présent couronne les abus. L’hôpital public et la psychiatrie en sont de bons exemples. Il suffit d’écouter les interventions du ministre de la Santé qui tout en se réclament de « la réalité dans nos hôpitaux » s’empresse d’en reconstruire une autre plus communicable .

Tandis que de nombreux articles de presse, toute tendance politique confondue, mettent en lumière la fuite des professionnels, les fermetures de lits et l’état de catastrophe sanitaire liée à l’orthodoxie néolibérale, rien n’y fait. La machine s’emballe et « en marche ». Oui, cent balles et un mars.

Répondant aux sénateurs lors de l’examen de la loi de financement de la sécurité sociale 2022, Olivier Véran se félicite que le privé lucratif soit gagnant des réformes en cours dont la réforme du financement de la psychiatrie et de la pédo-psychiatrie mettant en place une tarification de l’activité. La même qui de l’avis général a détruit la possibilité même de soins adaptés, notamment aux personnes ayant les pathologies les plus graves et les situations sociales les plus précaires. Désabusés, les hospitaliers partent, toutes professions confondues.

Désabusé, mot étrange.

D’après l’Académie Française, « il s'emploie comme nom pour désigner celui, celle qui a perdu ses illusions. » Celles et ceux qui ne seraient plus abusés donc. Or les abus se perpétuent sur les désabusés. Que l’on parte de l’hôpital public ou que l’on y reste. Que l’on y travaille ou que l’on s’y soigne. Les premiers concernés par les abus sont bien les usagers de l’hôpital public, les patients. Celles et ceux qui sont de plus en plus usés par cette déliquescence programmée, voulue, désirée politiquement.

Les soignants - tout le monde est au courant - sont usés par les restrictions budgétaires, la bureaucratie, l’inflation de la demande de soin et la diminution de l’offre… Mais les patients ? Ils ne manifestent pas beaucoup. Leur expression n'est tolérée que dans les rouages bien huilés de la démocratie sanitaire falsifiée avec des représentants d’usagers, trop souvent complices.

Quand on pense que l’une des marques de « la qualité des soins » promue par la haute autorité de santé (désormais on l’écrira has en minuscule, marre de majusculer ce machin) c’est la déclaration des « événements indésirables », on se gausse. Pourtant, tout porte à croire que l’événement indésirable central, inaugural de tous les autres, c’est l’existence même de l’hôpital public. Quand on dit hôpital public, il faut entendre santé publique. Et tous les soignants qui tentent de soigner tout le monde. C’est un état d’esprit qui peut se voir partout à l’hôpital public ou ailleurs. Etat d’esprit indésirable donc.

Evénements indésirables, publics indésirables

Rien d’étonnant à cet indésirable de l’hôpital public. Il est juste à l’image des gens qui y ont recours, faute de mieux. Les indésirables, quoi. Les plus pauvres, les plus malades, les précaires, toutes et tous les « sans ». Pas besoin de faire un dessin. La psychiatrie publique est de plus en plus réservée au traitement de la contrainte. Pour la vitrine, on va montrer de beaux centres de préférence experts où les patients seront transformés en cobayes de laboratoire. Car oui, désormais pour être inclus dans tel hôpital de jour de tel centre expert vous devez désormais signer votre consentement aux recherches et au partage de vos données, sinon bye bye. On peut aussi entendre des professeurs en blouse blanche expliquer que les problèmes sociaux, ça n’a rien à voir avec la psychiatrie. Les malades pauvres n’ont qu’à se démerder tout seul. La science et le progrès ne vont tout de même pas s’encombrer de pareilles contingences.

L’usager désirable c’est le client. Le client désiré c’est celui qui paye, c’est celui qui n’est pas trop compliqué à soigner. Voire mieux, c’est celui qui n’est pas malade. C’est plus pratique pour tarifer l’activité. C’est simple, transparent. Ca remplit les objectifs et ça ne met pas le bordel. Le dispositif désirable, c’est la plateforme, le désert médical, les partenariats privés-privés.

L’hôpital public, cet événement indésirable, est traité avec le silence que l’on réserve tantôt aux enterrements tantôt aux divagations de grands fous. La saison des amours présidentielles va encore nous le montrer.

Comptes, contes et contention

Parfois, il existe des soubresauts inattendus. La semaine dernière, les sénateurs ont enlevé de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) l’article 28 sur l’encadrement judiciaire de la contention et l’isolement. Pour la deuxième année consécutive le gouvernement tente de faire passer dans une loi de finance un article sur les pratiques. Aveu inconscient du pouvoir d’une analogie entre la contention financière, la contention du corps social et la contention de nos corps individuels ? A juste titre, les sénateurs ont considéré l’article comme un cavalier législatif. Mais le travail parlementaire n’est pas fini et l’avenir nous dira ce que les députés playmobiles de la majorité vont faire.

Précisons que la saisine systématique du Juge des Libertés et de la Détention (JLD) est une avancée dans la construction de possibles contre-pouvoirs au sein de l'institution psychiatrique quand les personnes sont attachées et enfermées. Mais comme nous l’avions déjà abordé, si le cadre de cet article de loi est inadapté, en outre il permet aux gouvernants de s’affranchir de leurs responsabilités dans la crise systémique que connaît la psychiatrie. Crise dont la cristallisation la plus terrible est précisément l’inflation des contentions et des isolements dans les hôpitaux psychiatriques.

Il est honteux qu’un ministre de la santé, médecin de surcroît, énonce publiquement que la contention est un acte thérapeutique. Attacher n’est pas un soin. Il suffit d’écouter ou de lire les témoignages des personnes qui ont eu à subir ces mesures. Qu’un ministre se montre compatissant avec les soignants qui attachent ne change rien à l’affaire. Qu’il pense un peu aux personnes attachées et ce qui les attache réellement… Il est possible de ne pas attacher si les conditions politiques, sociétales et individuelles existent. Du personnel formé et en nombre auprès des patients. Une société moins sécuritaire qui sentirait moins le renfermé. Mieux vaudrait s’attacher aux patients plutôt que de les attacher, les comprendre plutôt que se limiter à les contraindre.

C’est sûr que dans ce contexte il est plus commode de penser qu’attacher c’est soigner. Economie de temps, de réflexion collective, de moyens et d’argent. En Marche, On Attache ! Rien d’étonnant que du côté des soignants les désabusés viennent gonfler les rangs des burn-outés et des démissionnaires de l’hôpital public.

Dans notre cas, la lutte va se prolonger à l’extérieur de l’hôpital public et de la psychiatrie publique. L’enjeu est que celle-ci redevienne désirable. Mais pas n’importe comment. Car le désirable d’un système de santé publique digne de ce nom se soutient d’un accueil inconditionnel des usagers. « Le directeur de l’hôpital c’est le patient » disait Philippe Koechlin. Les professionnels ne doivent pas sacrifier les patients sur l’autel de leur travail, de leurs jouissances et de leurs pouvoirs. Expérience que nous avons vécu dans l’hôpital où nous exercions. Suite à notre saisie du Contrôleur Général des Lieux de Privations de Liberté en juin 2020, d’après des tracts de syndicats complices, soutenir le droit des patients revenait à mettre en danger les professionnels de l’établissement. Aberration et indignité. Il y a de quoi être désabusé…

Limiter les abus

Désabusé, drôle de mot encore. En psychiatrie, une grande partie du travail est précisément de limiter les abus que les personnes vivent, qu’elles ont vécu, afin de créer des lieux véritablement soignants. Limiter le côté abusif des institutions de soin, arrêter aussi les abus des soignants sur les patients... Sans cela, sans ces mises en question, les soins psychiques demeurent empreints de facticité. Des soins en toc.

S’il y a du « désabus » c’est qu’il y a de l’abus. Transformer le passif des désabusés en une activité de lutte contre les abus et les personnages du monde qui les commettent - les abuseurs - contient une dimension politique et une dimension clinique. Nommer les abus permet de ne pas répéter le crime, de ne pas être assigné à une place de complice silencieux.

Devenir désabuseurs pour ne plus être désabusés. Mais par quel mécanisme on désabuse activement ? Par le désabusage ?

Désabusage, néologisme étrange. Tirons le fil.

Une guerre peut en cacher une autre. Il y a le « Nous sommes en guerre » macroniste déroulé lors de la première vague du covid… L’imaginaire de la Guerre de 14 mobilisé par les généraux à la petite semaine pour « tenir ». Pour que l’hôpital tienne, pour que la population tienne… A tout prix.

Il y a aussi les derniers travaux de Françoise Davoine « voix du soin en contexte traumatique », son formidable travail sur "la psychiatrie de l’avant" développé lors de la première guerre mondiale et les liens pour la psychanalyse de la folie.

Il y a aussi ce texte de Pascale Molinier au coeur de la première vague covid : « le soin n’est pas la guerre ». Et de constater qu’une guerre a bien lieu : la guerre aux soins. Renversement pervers propre à la culture de l’abus.

Il y a aussi cet historien qui s'inspire de la question du retranchement traumatique, Olivier Hilaire, dont les travaux portent sur le désobusage de la Première Guerre Mondiale. Des millions d’obus n’ont pas explosé sur le milliard et demi tiré (25 % d’après les estimations) pendant cette guerre. Il nous apprend que le désobusage – l’action d’enlever les obus - n’est pas encore fini et pour cause, il a été saboté par celles et ceux qui devaient s’en occuper créant des déchets de guerre. Des industriels et des ingénieurs peu scrupuleux ont désobusé partiellement. Au passage les industries se sont enrichies et certaines ont escamoté les obus du paysage en dépit des dégâts laissés aux générations futures. Résultat, des historiens expliquent que le dernier mort de la première guerre mondiale n’est pas encore né. Tous les ans, des paysans continuent de sauter sur des obus de la grande guerre en labourant leurs champs.

Désobusage © Olivier Saint Hilaire, Haytham Picture

Guerres réelles, guerres supposées. Désabusage donc.

Désastre industriel du désobusage raté, désastre sanitaire-humanitaire des abus dans le champs des soins. Pollution des sols par les obus de la grande Guerre. Empoisonnement des liens par les abus orchestrés sur l’hôpital et la santé publique.

Pourtant, il y a un rôle à tenir pour éviter une catastrophe empoisonnant sur le long terme le lien social. Le travail de désabusage de l’hôpital public se doit d’être lent et minutieux. Des outils existent. Il est nécessaire de lire « Le Ministère des Contes Publics » de Sandra Lucbert. Ce conte s’ouvre sur la fermeture d’une maternité de proximité. Désabusage par le travail sur la langue. Désabusage également par les pratiques juridiques, par les pratiques cliniques, par les pratiques militantes pour remettre les institutions abusives à l’endroit. A défaut d'un désabusage digne de ce nom, les abuseurs poursuivront leurs forfaits, les désabusés deviendront légions. Quant aux patient.e.s, il est probable qu’ils se transforment en « abusagers ».

Décapité la tête haute.

En tant que psychiatre, nous avons pu constater à quel point ce qui rend fou c’est le silence, celui qui entoure les abus physiques et psychiques. Les personnes qui auraient du être là se sont défaussées voire ont rejeté la faute sur celles et ceux qui témoignaient d’abus vécus.

Il est nécessaire de mettre en lumière les abus, de témoigner des catastrophes. Sans témoins, les abus sont retranchés. Effacer les témoins et silencier les témoignages fait trauma. Psychiquement, socialement.

Marquer les réponses absentes, les manques, les creux. Certes, ne pas céder sur des pratiques et sur des principes peut amener à des représailles voire à de la répression. Mais ne pas transiger sur des lignes éthiques que l’on considère comme infranchissables creuse des sillons dans la trame invisible de la société. Ils créent des possibles. Ils peuvent donner des idées à d’autres qui vivent des situations identiques et dont émergera du radicalement nouveau.

Avec les professionnel.le.s engagé.e.s du secteur dans lequel nous avons exercé pendant une dizaine d’années, nous avons vécu une décapitation des pratiques instituant d’autres modalités de liens entre les patients et les soignants dans ce que nous appelons le collectif de soins. De nombreux témoignages au ras des pratiques subsisteront de cette période, des rencontres tissées au fur et à mesure des années. Ces traces subsistantes se perpétueront dans les temps à venir. Comme l’écrit Et Tout et Tout, nous sommes des « rexistants ».

Décorer la tête basse.

Car d’un côté on enferme et on détruit et de l’autre on décore. C’est que nous abordions dans le billet précédent Hôpital Public, ordre du mérite et séquestration. Une directrice - qui décapite un service dans lequel travaillait un collectif de soin tentant de mettre en acte une psychiatrie fondée sur l’accueil et le respect sans concession des Droits des patients - se voit aujourd’hui décorée. Il paraît utile de publier en fin de ce texte la lettre adressée à la chancellerie de la Légion d’Honneur qui est en charge de la remise de ce genre de médailles dans laquelle nous reprenons la définition du mérite… Utile de prendre un dictionnaire quand les mots ont la tête à l’envers.

En guise de conclusion, nous souhaitons laisser la parole aux premiers concernés, les usagers du secteur qui ont écrit au Ministre de la Santé :

Monsieur Olivier Véran, Ministre des Solidarités et de la Santé,

Madame Luce Legendre, Directrice de l’établissement de Santé Publique Roger Prevot,

Nous, signataires du présent courrier, patients du pôle d'Asnières-sur- Seine, Hauts-de-Seine, sommes consternés de la rétrogradation du Docteur Mathieu Bellahsen dans ses fonctions de Chef de Pôle.

Nous vous livrons ci-après, les motifs de notre inquiétude et de nos tourments. En effet, depuis qu'il est entré en fonction, le Docteur Mathieu Bellahsen s'est toujours battu pour l'intérêt de ses patients. Nous lui en sommes reconnaissants. Au sein de l'hôpital, il a lutté pour accompagner les patients afin qu'ils soient eux-mêmes représentés à la CDU, étant donné qu'actuellement seules les familles le sont. La qualité des soins et activités au sein de l'hôpital Roger Prévot, du Centre-Médico-Psychologique, du Centre d'Accueil Thérapeutique à Temps Partiel et de l'Hôpital de Jour d'Asnières-sur-Seine ont permis la création de véritables lieux thérapeutiques, d'échanges, d'écoute et d'épanouissement pour acquérir stabilité et tendre vers la guérison.

Monsieur Bellahsen a également donné la voie et la voix aux patients au sein du Conseil Local de Santé Mentale avec la création d'un Groupe d'Entraide Mutuelle à Asnières-sur-Seine.

Sa bienveillance, son efficacité et son dévouement vont nous manquer... Un véritable pilier ! Nous en avons besoin. Par ailleurs, nous ne comprenons pas la mutation de la Cadre supérieure de santé, Mme Patricia Hauteur. Vous ne tenez pas compte de sa rigueur, de son implication, et de la qualité de son travail !

Nous estimons qu'en destituant le Docteur Mathieu Bellahsen, les options actuelles de certaines bureaucraties hospitalières portent atteinte au bien-être des patients et nous demandons sa réintégration en tant que Chef de Pôle dès que possible.

Par ailleurs, la visite de M. A, Directeur des soins et son discours a été perçu par la majorité des patients comme infantilisant. Lors du premier confinement, le Docteur Mathieu Bellahsen a fait preuve de rigueur en demandant de faire respecter la loi.

Nous vous remercions de l'intérêt que vous porterez à ce courrier et vous prions de recevoir, Monsieur le Ministre de la Santé, Madame la Directrice de l'EPS Roger Prévot, nos sincères salutations.

Ce courrier signé par dix-neuf personnes a été envoyé fin août 2021.

*****

A l’attention de la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur, 1 rue de Solférino 75007 Paris

Madame, Monsieur,

Nous vous sollicitons concernant la décoration de Mme Luce Legendre en tant que chevalier de l'ordre national du mérite publié au Journal Officiel en janvier 2021. La remise de médaille de Mme Legendre est prévue le 15 novembre 2021.

Nous tenons à porter à votre connaissance à quel point cette décoration est particulièrement choquante pour le respect des libertés fondamentales des personnes psychiatrisées. En effet, une recommandation en urgence publiée au journal officiel le 25 mai 2020 concernant l'hôpital de Moisselles, sous la direction de Mme Legendre, explique : "A l’occasion de cette visite, des violations graves des droits des personnes privées de liberté ont été constatées (...) Ces privations de liberté injustifiées et illégales ont été mises en oeuvre dans des conditions indignes."

Une recommandation de la sorte est rare pour un établissement de santé mentale. Elle témoigne de la gravité des faits qui se sont déroulés sous la responsabilité de la directrice de l'établissement. La publication au Journal Officiel de la décoration de Madame Legendre est donc postérieure de six mois à cette recommandation. Que faut-il en penser ?

Selon le Larousse le "mérite" se définit comme "Ce qui rend quelqu'un (ou sa conduite) digne d'estime, de récompense, eu égard aux difficultés surmontées". S'il est certain que la crise sanitaire constituait une difficulté à surmonter, elle ne justifiait pas « des violations graves des droits des personnes privées de liberté injustifiées et illégales, mises en œuvre dans des conditions indignes ».

Cette décoration est donc au minimum problématique, voire indigne, tendant en réalité à l'inverse de ce qu’elle entend récompenser.

De quoi ce mérite est-il le nom ? Citons pour conclure la recommandation en urgence :

« A l’occasion de cette visite, des violations graves des droits des personnes privées de liberté ont été constatées. Elles résultent d’une confusion entre le régime de l’isolement psychiatrique institué par le code de la santé publique et le confinement sanitaire décidé par les pouvoirs publics afin de lutter contre la propagation du covid-19. Bien que, localement, des mesures correctrices aient été prises dès les jours qui ont suivi la visite, la gravité des violations constatées et le risque que cette ambiguïté provoque des atteintes de même nature aux droits des patients accueillis dans d’autres établissements de santé mentale justifient l’usage de la procédure prévue à l’article 9, alinéa 2, de la loi du 30 octobre 2007 instituant un Contrôleur général des lieux de privation de liberté: «S’il constate une violation grave des droits fondamentaux d’une personne privée de liberté, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté communique sans délai aux autorités compétentes ses observations, leur impartit un délai pour y répondre et, à l’issue de ce délai, constate s’il a été mis fin à la violation signalée. S’il l’estime nécessaire, il rend alors immédiatement public le contenu de ses observations et des réponses reçues.» Les présentes recommandations ont été adressées au ministre des solidarités et de la santé le 25 mai 2020; il lui a été demandé de faire connaître ses observations avant le jeudi 4 juin. Aucune réponse n'est parvenue au contrôle à la date de publication des présentes recommandations. »

Etant donné la gravité des faits, nous nous réservons la possibilité d'entreprendre toutes les actions médiatiques voire juridictionnelles possibles afin de mettre en lumière le hiatus existant entre cette décoration et la recommandation en urgence toutes deux publiées au Journal Officiel.

En vous remerciant par avance de l’attention que vous porterez à ce signalement, nous vous prions d'agréer Madame, Monsieur, nos salutations distinguées.

Mathieu Bellahsen

l'abus nuit gravement à la santé

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