Charlie Hebdo sécularise la lesbophobie (1/3)

Premier volet d'une analyse de détail du dossier que l'hebdomadaire a consacré à la PMA le 20 septembre 2017 en invisibilisant les lesbiennes et en reprenant l'ensemble des arguments de la Manif pour tous qui a relayé dans ses réseaux la Une du magazine.

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Lesbiennes invisibilisées

 L'ouverture de la PMA aux femmes seules et aux lesbiennes fait l'objet d'un traitement conséquent dans le numéro de Charlie Hebdo paru le 20 septembre :

  •  dès la Une, PMA et GPA sont associées sous le titre du magazine. On peut y voir deux dessins et l'annonce d'une interview de Jacques Testart sous le titre « Demain, on fabriquera les enfants comme des objets » ;
  • une tribune de Gérard Biard page 5 intitulée « L'ovule en marche » :
  • l'entretien de Jacques Testart annoncé en Une, mené par Gérard Biard, et qui s'étale sur trois pages (de 7 à 9) ;
  • le courrier d'un-e lecteur-rice page 10 ;
  • une brève se voulant comique en dernière page ;
  • de très nombreuses caricatures. Outre celles de la Une, on peut en trouver quatre, page 5, en regard de la tribune de Biard ; sept illustrant l'interview de Testart ; deux page 14, la page du courrier des lecteur-rices ; trois en dernière page, dans la rubrique « Les couvertures auxquelles vous avez échappé ».

Le magazine accorde donc une grande place au sujet sans pourtant laisser la parole aux lesbiennes. C'est un homme présenté comme expert qui parle sur trois pages, c'est un homme qui l'interroge et qui écrit une tribune contre l'ouverture de la PMA, en passant sous silence les revendications des lesbiennes et en les attribuant à la seule ministre en charge actuellement.

Cette invisibilistion a été justement pointée par les premières concernées. Militante lesbienne, co-présidente de l'association des journalistes gays, lesbiennes, biEs et trans, Alice Coffin a ainsi noté :

© alicecoffin

Aucun argument des défenseurs-ses de la PMA n'est exposé en tant que tel, que ce soit dans les textes ou les dessins. Gérard Biard, comme on le verra, dénonce le discours sur l'égalité des droits en reprenant mot pour mot le discours de la Manif pour tous. A aucun moment, la parole n'est donnée à unE militantE pour les droits des LGBT+. A aucun moment les questions affectives ou la sécurisation juridique des familles ne sont abordées.

Cette invisibilisation dépasse le seul dossier. Même dans une nécrologie de Pierre Bergé, très élogieuse, on tait son engagement pour les droits LGBT+, la lutte contre le sida, et son soutien à l'ouverture de la PMA.

Cette invisibilisation ne se limite pas qu'au texte. Les lesbiennes ne sont représentées qu'une fois, à la page 9. Deux femmes font l'amour quand la porte s'ouvre et un homme, dont le visage est traversé d'une barre noire mimant l'anonymisation, entre aux cris de « Ciel !! mon donneur de sperme » de l'une des amantes. Reste un dessin central où on voit deux hommes et deux femmes exiger en trépignant et en pleurant d'avoir un enfant. Impossible de dire si ce sont des hétéros et des homos.

Cela nous fait donc un dessin sur dix-huit montrant ouvertement des lesbiennes, alors qu'il est question de leurs droits autant que celles des femmes célibataires ! Pour le reste, c'est un couple hétérosexuel, les Macron, qui s'affiche en Une, ou encore une mère-porteuse dans l'encadré en bas ; un couple hétérosexuel encore en dernière page ou à la page 9. Si de nombreuses femmes sont dessinées (faisant l'amour à une éprouvette ou cherchant à voler le sperme des hommes), on ne sait pas si elles sont lesbiennes . Bien sûr, l'interdiction de la PMA frappe aussi les femmes seules, hétéros ou non. Mais on se demande, au vu des choix des caricatures et de la proportion de couples hétéro, si la rédaction est bien consciente que la PMA est autorisée aux couples hétérosexuels et interdits aux couples de femmes.

Dès lors, il n'est pas possible d'accepter l'argument du « débat » invoqué par les défenseurSEs de l'hebdomadaire, à commencer par la dessinatrice Coco :

© fabrandanne

Nul débat, nulle ouverture de débat dans ces pages où un seul point de vue est mis en avant, et où les premières concernées sont cachées. Le problème est évidemment celui des médias en général, comme le rappelle Alice Coffin dans une tribune.

Charlie Hebdo, qui se targue d'être un média différent et subversif, s'aligne donc sur la ligne de tous les médias généralistes en refusant d'accorder la parole aux lesbiennes, en refusant d'évoquer leur point de vue et en laissant des hommes parler à leur place. La première forme de racisme – et qui vaut aussi pour les LGBT+phobies – n'est pas l'agression ou la discrimination. C'est l'invisibilité1. Charlie Hebdo participe à l'invisibilisation des lesbiennes. Charlie Hebdo est lesbophobe.

 La Une

Dès la Une, la rédaction de Charlie Hebdo associe GPA et PMA via le titre : « PMA / GPA : il [Macron] va faire des horreurs ». C'est bien l'amalgame entre la PMA et la GPA qu'a entretenu la Manif pour tous depuis sa création, que relaie cette Une et qui sera au cœur de la tribune de Biard. Comme le rappelle Alice Coffin dans sa tribune, «La GPA (Gestation Pour Autrui) a été introduite dans le débat par La Manif pour tous. Tous leurs slogans sont là dessus. Elle n’a jamais été au programme du gouvernement, n’a rien à faire dans le débat [...] Alors quand Charlie Hebdo et d'autres et d’autres reprennent ce PMA = GPA, c’est comme s’ils remettaient 10 balles dans le jukebox lesbophobe pour le faire chanter à nouveau. » Cette confusion, reprise intégrale de la Manif pour tous, sera constante : dans la couverture, dans la tribune de Biard, dans l'interview de Testart, et dans les dessins.

Le dessin principal, réalisé par Riss, présente Emmanuel Macron, nu, enceint, dont le ventre rebondi est touché de la main par Brigitte Macron. La caricature surfe sur la campagne sexiste et agiste dont cette femme fait l'objet depuis la campagne présidentielle et qui consiste à se moquer de son âge – ici elle ne peut pas porter d'enfants, et c'est donc son mari qui le fait. « Il va faire des horreurs », nous prévient le titre. La PMA n'est donc pas seulement amalgamée à la GPA, elle est associée à la production d'horreurs dès lors qu'elle sera ouverte aux femmes célibataires et aux couples de lesbiennes.

L'encadré du bas annonce l'interview de Testart, sur la seule PMA à en croire le texte. Mais il est illustré par le dessin d'une femme enceinte, dont le ventre est barré d'un code-barre. On se demande ce qu'un tel dessin vient faire pour parler de PMA. Il renvoie plutôt aux critiques que font les opposantEs à la GPA. De même, l'accroche de l'interview : « Demain on fabriquera les enfants comme des objets » n'a aucun rapport avec la PMA, si ce n'est dans une approche fantasmatique.

La Une lance donc le sujet en reprenant l'amalgame PMA / GPA et en insistant sur la rupture avec de supposées lois de la nature (un homme enceint, des enfants fabriqués comme des objets), qui aboutissent à des « horreurs » : qui peut encore affirmer qu'un tel discours n'est pas homophobe ?

La Manif pour tous ne s'y est pas trompé et a relayé la Une de Charlie Hebdo sans avoir besoin de la commenter :

© alicecoffin

A ce propos, la journaliste Coco parle d'une « récupération odieuse » sans s'interroger sur la responsabilité de la rédaction à assumer cet amalgame, et à ainsi consacrer la victoire idéologique de la Manif pour tous :

© cocoboer

 

La tribune de Biard

Le titre (« L' ovule En Marche ») et l'accroche (« Bébé-Rolex », qui reprend la conclusion de Biard) inscrivent la PMA dans les logiques marcronienne et la provocation de Jacques Séguéla : celui-ci avait affirmé en 2009 que « Si à 50 ans on n'a pas une Rolex, c'est qu'on a raté sa vie ». L'ouverture de la PMA est donc réduite à un projet politicien ou un caprice d'enfant gâté, l'affichage d'une prétention et d'un privilège exorbitant ; le symbole du capitalisme effréné. Biard développe effectivement ces idées dans son texte.

L'ouverture de la PMA est d'abord présentée comme un projet politicien, un « affront » qui serait fait à la Manif pour tous, une manière de les provoquer. « En annonçant la semaine dernière que le président de la République tiendra 'cet engagement de campagne', Marlène Schiappa, la secrétaire d'État à l'égalité a pris le risque de réveiller le dragon rose. » L'objectif serait aussi de donner à Macron une « belle opportunité de donner un petit gage qui ne coûte pas cher à la gauche ». Enfin, en conclusion de l'article, on peut lire qu'il est absurde de demander la procréation pour tous au nom de la justice sociale, « comme le revendique Marlène Schiappa ».

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Cette insistance à présenter l'ouverture de la PMA comme une stratégie politicienne – ce qu'elle est aussi, à cette date et dans ces conditions, n'en doutons pas, mais certainement pas dans les termes indiqués par Biard – remplit deux fonctions.

D'une part, invisibiliser les lesbiennes, comme nous l'avons vu plus haut. Biard refuse de dire que la demande de « justice sociale » vient avant tout d'elles et de leurs associations. A cet égard, le passage qui parle de la justice sociale « comme le revendique Marlène Schiappa » est un sommet dans le mépris pour les militantes, les premières concernées.

D'autre part, Biard peut se moquer de la Manif pour tous, présentée comme le « dragon rose » que Schiappa aurait réveillé : « On peut parier que sainte Ludovine de La Rochère est déjà en train de rassembler ses troupes de serre-tête et de mocassins à glands » ; « il faut s'attendre à revoir la 'vraie droite', celle qui a le goupillon dans une main et la trique dans l'autre, sauter elle aussi sur l'occasion. »

Après s'être ainsi facilement posé en critique moqueur de la Manif pour tous, Biard peut passer à la suite et reprendre, mot pour mot, les arguments de la Manif pour tous et de ses relais :

  •  « Le débat (...) n'est pas superflu », écrit l'éditorialiste qui débat sans les premières concernées et dissimule son opposition à l'égalité des droits derrière l'argument éculé du débat invoqué par LMPT.
  • L'ouverture de la PMA conduirait fatalement à la GPA : « si le principe de cette PMA étendue à toutes les femmes supprime bien une inégalité, entre hétérosexuelles et homosexuelles, elle en instaure une nouvelle, entre les couples de femmes et les couples d'hommes. Comment imaginer un instant que les couples masculins ne diront pas : et nous ? » L'amalgame PMA/GPA es un classique des opposant-es aux droits des personnes LGBT+, comme on l'a déjà vu. L'argumentaire que Biard prend pour justifier cet amalgame (les dangers de l'égalité) se retrouve par exemple chez Laurent Wauquiez, interrogé le 12 septembre dernier sur son opposition à la PMA : « On va donc ouvrir la PMA pour des femmes qui sont en couple. Derrière, les couples d'hommes feront évidemment une revendication d'égalité (...) Ce qui signifie la gestation pour autrui, c'est-à-dire, parce qu'il faut dire clairement les choses, payer une femme pour qu'elle ait un enfant et ensuite le prendre pour le donner à d'autres personnes. » Le site Les Décodeurs présente cet argument comme un classique de LMPT (voir le point 5 de leur analyse)2.

 

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  • L'agitation d'un « droit à l'enfant » avec lequel Biard fait semblant de prendre des distances, pour mieux le réutiliser  :
    • « la procréation n'est pas un 'droit' mais une fonction biologique » assène-t-il au début du dernier paragraphe3. Biard fait ici écho à Ludovine de la Rochère qui affirmait le 12 septembre sur Radio Classique : « La médecine n'est pas là pour répondre aux revendications sociétales » ou le compte twitter de LMPT : « C'est une nouvelle technique visant à détourner la médecine au détriment du plus faible » (voir les sources dans cet article).
    • il serait absurde de revendiquer le droit à la procréation « sauf à considérer qu'il y a bien un 'droit à l'enfant' – ou plutôt un droit à produire un enfant » et il enchaine sur sa blague sur les bébés-rollex. Biard assume donc la reprise d'un concept central de la Manif pour tous pour s'opposer aux droits des lesbiennes.4 Par ailleurs, l'ouverture de la PMA n'est pas qu'une question de procréation, mais bien de sécurisation d'une famille. Que Biard n'évoque même pas cette dimension en dit long sur son ignorance crasse des réalités des familles et l'influence qu'exerce sur lui la propagande de la Manif pour Tous.

J'ai montré en note d'autres preuves de l'ineptie de chaque « argument » repris à LMPT par Biard – ineptie que l'intéressé aurait pu percevoir s'il condescendait à faire son métier de journalistes, à confronter les points de vue et à s'intéresser à celui des lesbiennes et des défenseur-ses des droits et de l'égalité – même dans une tribune qui témoigne de son point de vue personnel.

La conclusion de ce texte pose une vraie contradiction. Alors que la seule raison d'être de cette tribune est l'ouverture de la PMA, déjà autorisée pour les couples hétéros stériles, alors que Biard a posé comme conséquence problématique de cette ouverture le fait que la PMA « sortira du champ exclusivement médical pour entrer dans le champ sociétal », il conclut qu'il faudrait avoir le courage de dire que « ne pas avoir d'enfant(s) n'est pas une maladie bien grave ».

Mais si tel est le cas, pourquoi le bon docteur Biard, spécialiste des femmes et de ce qu'elles doivent considérer comme graves ou non, attend-il que l'on évoque la PMA pour toutes pour lancer sa croisade immédiatement reprise par la Manif pour toutes ? Pourquoi ne va-t-il pas dire à tous les couples hétéros stériles que ce n'est pas bien grave s'ils n'ont pas d'enfants - d'autant que Testart, qu'il interviewe dans les pages suivantes, évoquera des abus en la matière ? Comment peut-on s'en prendre à l'ouverture de droits pour les lesbiennes au motif que « ce n'est pas bien grave de ne pas avoir d'enfants » et ne pas avoir le « courage » d'en tirer les conclusions qui s'imposent, et d'exiger, purement et simplement, l'interdiction de la PMA pour tout le monde ?

Gérard Biard et le recyclage de la réaction catholique

Ce n'est pas la première fois que Gérard Biard relaie un discours religieux réactionnaire. Il ll l'a fait au sein de la structure qu'il a co-fondée : le réseau Zéro Macho, collectif non mixte d'hommes qui entend dire « non au machisme, en particulier sous sa forme extrême qu'est la prostitution ».

Zéro Macho a signé la plateforme Abolition2012, initiée par des groupes catholiques prétendant avoir le monopole de l'intervention auprès des travailleuses du sexe, et qui se sont toujours opposés à la distribution de préservatifs, de gel et de matériel de prévention sur les lieux de prostitution – et qui, se sont toujours opposés à l'accès à la contraception ou l'IVG pour les publics qu'ils touchaient.

C'est le cas du Nid, à qui Gérard Biard a généreusement accordé une interview en mars 2013. Il n'y est évidemment pas question de capotes, de sida – alors même qu'à l'époque, les associations de lutte contre le VIH alertaient déjà sur les conséquences sanitaires de la mesure depuis lors votée, et que Biard a soutenue, la pénalisation des clients. Depuis, le Planning Familial, Médecins du Monde ou encore Amnesty International ont condamné cette disposition.

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Du début de l'épidémie de sida jusqu'à aujourd'hui, le Nid, par conviction religieuse, a refusé de distribuer des préservatifs aux prostituées sur leur lieu de travail. Au début des années 80, cette association avait effectivement le monopole de l'intervention auprès des travailleuses du sexe, qui se sont retrouvées seules face au sida en pleine explosion, à informer leurs clients. Trente ans plus tard, Gérard Biard, rédacteur en chef de l'anticlérical Charlie Hebdo, s'allie avec ce groupe catholique, qui n'a pas amendé sa position sur la capote, qui prétend agir pour les droits des femmes mais qu'on ne voit jamais à une manif défendant l'IVG. Et Biard s'allie à cette association contre les prostituées qui ont dû s'organiser face à l'épidémie sans les associations catholiques payées par l'Etat, contre les associations de lutte contre le sida et les organisations de travailleuses du sexe.

Zéro Macho était même allé jusqu'à distribuer des capotes pour racheter une image aux associations avec lesquelles s'était allié ce collectif. Dans son interview au Nid, après avoir dit des militantEs du Strass, syndicat des travailleuses du sexe: « je ne me donne pas le droit de contester leur parole », il va.... contester cette parole : « Le Strass est un lobby qui s’est autobaptisé syndicat. ».

Aujourd'hui, Gérard Biard ne « conteste » pas la parole des lesbiennes. Il la nie. Il la passe sous silence, fait semblant de se moquer de la Manif pour tous, puis reprend, mot pour mot, mot pour mot, mot pour mot, les arguments de ces lesbophobes, organiséEs au sein d'un réseau catholique réactionnaire.

Dans le prochain billet : l'entretien avec Testart

Les affiches reproduites ici se trouvent sur le site du collectif Oui Oui Oui.

1Lire La Mécanique raciste de Pierre Tevanian, Editions La Découverte, 2017 , notamment les pages 63 et suivantes consacrées aux corps invisibles.

2Au-delà du fait que la GPA mériterait un débat dépassionné, l'argument de LMPT repris par Biard est ridicule à plus d'un titre, ne serait-ce que parce que la PMA est déjà légale, et non la GPA, ou encore parce que les dispositifs sont très différents, la GPA faisant par exemple intervenir une tierce personne.

3Se rend-il compte des conséquences que cette sentence inepte pourrait sur le droit à l'avortement ? La procréation étant une fonction biologique, et ne relevant donc pas du droit, il devrait être interdit de l'en empêcher...

4L'ineptie de l'argument est facile à montrer : « Maître Eolas, avocat au barreau de Paris, le rappelle d'ailleurs sur son compte Twitter : "Le droit à l'enfant n'existe pas". Selon les soutiens de la Manif pour tous, ce "droit à l'enfant" entrerait alors en contradiction avec le "droit de l'enfant", à savoir l'intérêt de la progéniture avant tout. Un argument déjà avancé lors du débat sur le mariage pour tous. L'avocat s'interroge : "En quoi le fait de ne pas naître est-il plus conforme aux droits de l'enfant que le faire naître ?" » expliquait un article du Point qui cite un autre tweet de cet avocat : « l'argument qui consiste à dire qu'un droit qui n'existe pas est en passe de l'emporter sur un droit qui existe n'est qu'un slogan. »
homoparentales.

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