Encore un vautrage de Gilles Clavreul

Critiquer le Printemps républicain serait une atteinte à la liberté d'expression, selon Gilles Clavreul. Enième dévoiement d'un principe démocratique et d'un droit fondamental que l'intéressé et son groupe sont les premiers à malmener.

clavreul

Edwy Plenel a relayé mon dernier article sur le Printemps républicain. Cela lui a valu une salve d' injures, de diffamations et de mensonges de la part des sympathisantEs de ce groupe.

Gilles Clavreul y est allé de sa petite musique. Dans un tweet, il écrit : « Faut-il au surplus relever la contradiction qui consiste à s’appuyer sur le texte d’un militant radical qui passe son temps en dénonciations et à exiger qu’on interdise tel ou tel de parole publique ?... » Le « militant radical » sur lequel s'appuierait Plenel, c'est moi. Gilles Clavreul m'accuse donc d'exiger qu'on interdise tel ou tel de parole publique.

Gilles Clavreul aurait bien du mal à justifier ses accusations. En dehors de discours ouvertement délictuel, je ne demande pas la censure. Je décrypte des discours et en pointe les contradictions. Ainsi, l'été dernier, j'ai pointé toutes les hypocrisie de Clavreul face à l'homophobie ou face au devoir de neutralité, qu'il assigne à tous et toutes, notamment aux femmes portant le voile s'exprimant dans l'espace public, alors que lui-même l'avait bafoué, choisissant la faute professionnelle, en appelant, en tant que préfet, à voter Valls. Nul appel à la censure : un rappel des contradictions, un décryptage des hypocrisies d'un autoproclamé « universaliste ».

En traitant ce travail comme une atteinte à la liberté d'expression, Gilles Clavreul instrumentalise cette dernière pour revendiquer un droit étonnant : celui de dire n'importe quoi, de faire son contraire, sans jamais avoir à rendre de compte. La liberté d'expression comme prétexte à la paresse intellectuelle, à l'hypocrisie, à

Exiger qu'on interdise tel ou tel de parole publique, c'est le travail quotidien du Printemps républicain et de ses membres : camp d'été décolonial, stage antiraciste de Sud Éducation 93, colloques universitaires portant sur le racisme d'Etat ou l'islamophobie, chanteur ou chanteuse diverse, journalistes enquêtant sur le Printemps républicain et dénoncés à leur patron, etc. A chaque fois, il est facile de décrire les pressions exercées par les amis de Gilles Clavreul pour intimider, faire taire, faire interdire. A chaque fois, les alliances des amis de Gilles Clavreul avec des groupes d'extrême-droite contre ces cibles sautent aux yeux.

En confondant volontairement critique et censure, Gilles Clavreul rappelle son agenda liberticide : assurer la liberté d'expression aux seules personnes d'accord avec lui.

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