Aujourd'hui, sur le rond-point de Briançon, comme partout en France…

On peut se demander pourquoi, alors que les gilets jaunes semblent si « populaires », que tant de gens sont en colère et manifestent qu’ils ont choisi leur « camp », ce n’est pas toute la population de Briançon qui est venue pique-niquer sur le rond-point...

Aujourd'hui, sur le rond-point de Briançon, comme partout en France…

Voici, une nouvelle fois sur ce blog, quelques nouvelles des gilets jaunes des Hautes-Alpes.

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La reprise des ronds-points - mot d’ordre lancé au plan national - a donné lieu, sur le rond-point des gilets jaunes de Briançon (Hautes-Alpes) qui n’avait jamais été abandonné même si les cabanes ont été détruites à deux reprises par le feu (malveillance…), à un rendez-vous festif ce samedi, pour le 25ème acte des gilets jaunes.

Brochettes-merguez, salades et tartes aux pommes, les habitués - et je n'ai pas écrit les plus « déterminés  », comme diraient les journalistes toujours bien intentionnés (sous-entendez les fanatiques, les barbares, les casseurs… comme vous voudrez ; ils pourraient dire « les plus constants », non ?) - on été rejoints par d’autres qu’on avait moins vus, par des familles décidées à profiter d’un rayon de soleil. Une chose est sûre, la solidarité ne faiblit pas et, si on additionne les coups de klaxon incessants venus du rond-point, elle est même spectaculaire.

Je n’insiste pas sur ce qui a pu se dire, le verre à la main, de Castaner, de madame Buzyn et de Macron, sans oublier Benalla… Le moral est « à bloc » (black à part), d’autant que la manifestation du 1er mai, à Gap, a réuni entre 600 et 800 participants (selon les sources, comme on dit...), ce qui est beaucoup pour cette petite ville. Les projections du film de Ruffin continuent de faire le plein. Les actions solidaires, sur la frontière avec l’Italie, pour l’accueil des migrants/réfugiés/étrangers, nos frères, continuent de mobiliser comme jamais.

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À l’ordre du jour de cet « attroupement » non déclaré, la préparation de la prochaine manifestation, le 8 mai, au lac de Serre-Ponçon pour organiser la protestation contre le projet européo-macroniste de privatisation des barrages hydro-électriques. La distribution de tracts rédigés par les gilets jaunes d’Embrun, invitant à rejoindre la mobilisation, l’organisation du covoiturage, les discussions au sujet de l’animation prévue pour la manifestation, etc., montrent que chacun est concerné même si on peut être, en apparence, un peu loin du SMIC et du RIC. La distribution de tracts sur les trois voies qui convergent vers le rond-point est un gros succès : les automobilistes ouvrent volontiers leurs vitres de portière (les manifestations d’hostilité sont quasi résiduelles, quand elles viennent c'est si souvent de gros 4X4 que ça donne du baume au cœur…), beaucoup sont déjà au courant. Les commentaires vont du « n'importe quoi ! » ou « ils sont vraiment coupés de la réalité » à des « si on ne les arrête pas, ils vendront la Tour Eiffel », en passant par les « tous pourris », « vendus« , « maffia », j’en passe et des plus crus…

Reste qu’on peut se demander pourquoi, dans un contexte où les gilets jaunes semblent si « populaires », où tant de gens sont en colère et manifestent qu’ils ont choisi leur « camp », ce n’est pas tout Briançon qui est venu pique-niquer sur le rond-point...

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