Tout le monde parle de « l’après ». « Après ne sera plus comme avant », promet-on un peu partout. Comment sera le monde « d’après » ? De quoi sera fait le jour « d’après » ? Tous les médias regorgent de spéculations sur « l’après ». Sera-t-il différent de « l’avant », et en quoi ?
Quand les portes s’ouvriront, s’il vous plaît ne refermez surtout pas vos fenêtres, laissez les ouvertes chaque jour, chaque soir, car par la fenêtre depuis des semaines se déploie, s’invente, et doit encore s’inventer chaque jour un espace de partage, celui des voix et des regards, toute génération confondue.
L’état de guerre, l’état d’urgence, la responsabilité. Voilà les mots qui devraient être réservés à la parole de ceux qui combattent et de ceux qui soignent. Mais ces mots ont été immédiatement confisqués par le pouvoir. Cette confiscation, cette dérive lexicale a un sens politique. Le glissement sémantique est un piège tendu à tous ceux qui se battent dans la réalité pour le service public.