Médias libres et confinés: retrouvez le Mouais #6 en accès libre & gratuit

Parce que la presse libre et alternative doit continuer à exister envers et contre tout, notre journal continue bien entendu à paraître chaque mois, mais, exceptionnellement, en ligne et en accès libre & gratuit. Retrouvez ici l'édito, le sommaire détaillé et le pdf complet de notre numéro d’avril spécial confinement, à lire et à partager sans aucune modération.

Edito, par Macko Dràgàn

On y est. Pandémie mondiale. Confinement généralisé. Les mots sont lâchés. Jusqu’au dernier moment, nous aurons refusé d’y croire, nous aurons regardé, en riant, les écoles fermer, en pleurant, les bars rideaux baissés, et nous voilà maintenant enfermés chez nous, déroulant le fil des évènements en nous demandant à quel moment tout nous a échappé.

Nous aurions pu parler d’autre chose. Notre numéro d’avril était déjà quasiment prêt – sauf l’article de Kawalight, bien sûr, toujours dans les limbes au moment où j’écris ces lignes. Nous aurions pu. Mais c’est difficile.

Le monde ressemble désormais à un nanar post-apo italo-philippin : faute de budget figurants, on a vidé les rues. Les grandes places du monde ont des allures de meeting de François Bayrou. Plus d’avions dans le ciel. Plus de voitures sur les routes. Les frontières se ferment les unes après les autres. Ici et là, la nature reprend ses droits, et des espèces animales, jusque-là discrètes, pointent à nouveau le bout de leur nez : on aurait même aperçu des électeurs de Jean-François Copé acheter des chocolatines.

Fin de partie pour le capitalisme. Une mauvaise grippe est en train de l’emporter. Ses thuriféraires, Macron, Trump, Xi Jinping, Bolsonaro, Johnson, et tous leurs valets à cravate, toussent une dernière glaire sous forme d’appel à ne pas laisser la fièvre emporter leur monde si dysfonctionnel et fou qu’il aura suffi d’un pangolin pour le mettre à genoux. Tandis que toutes les bourses décrochent, tandis que les milliardaires achètent des îles désertes pour aller s’y terrer : qu’ils prennent garde, nous avons des pédalos et nous n’hésiterons pas à nous en servir une fois que tout ça sera terminé.

Nous sommes le 2 avril. J’ai trente ans aujourd’hui. Je les ai fêtés avec mes deux confinés : ma copine et le chat. On a bu du gel hydro en s’embrassant avec nos masques, et en dansant sur « on va tous crever » de Didier Super.

Trente ans. J’entre dans l’âge adulte, au moment même où notre monde régresse au stade fœtal. Jamais ne n’aurais imaginé que 2020 ressemblerait à ce point à un film de SF 1990-2000 : de la chute du Mur à la chute d’un monde. De la victoire du capitalisme, à la victoire… de qui ? De quoi ? De Dame Nature un peu lassée de nous voir faire les couillons ? Très certainement. D’une planète qui en a marre de nous.

Comment ne pas parler de tout ça ? Alors, à Mouais, journal dubitatif et sans les mains, nous avons décidé de faire un numéro spécial. Pour que chacune et chacun d’entre nous puisse en toute subjectivité, comme c’est notre habitude, dire comment il vit ce moment historique que nous sommes en train de traverser. Les joies, colères et espoirs qui nous habitent. Les aléas de notre vie confinée, entre visio-apéros, pétages de plombs et maraudes auprès des plus démunis – parce que Mouais reste toujours sur le front.

Tout ceci garanti 100% sans cas de conscience existentialo-bourgeois à la Leïla Slimani et de tous ces chroniqueurs du confinement qui s’imaginent que nous n’avons que ça à faire, de lire leur psychanalyse au jour le jour, alors qu’Emmaüs et/ou le visionnage de l’intégrale de Peaky Blinders nous attendent.

Nous allons donc essayer de vous faire rire, et réfléchir. Et rêver, surtout, du monde de demain : parce que quand nous sortirons de nos terriers, telles des marmottes déroutées en fin d’hibernation, tout sera à faire.

J’entre aujourd’hui dans l’âge adulte : notre monde, lui, va retourner à l’enfance. Ce n’est pas plus mal. Mais il y aura du boulot pour qu’il ne redevienne pas le vieux réac con et laid qu’il était devenu sur ses derniers jours.

Serrons-nous les coudes, car les mains, c’est pour demain… ou pas.

Le lien vers le pdf complet est ici : https://fr.calameo.com/read/006110248d8e7d281c96a

A lire dans ce numéro spécial :

BILLET D’HUMEUR : On vous crèvera tous jusqu’au dernier : Notre chroniqueur Malsayeur le Médisant pousse un coup de gueule contre les grands patrons esclavagistes qui continuent à envoyer les prolos à la tâche pour maintenir leur chiffre d’affaire en pleine pandémie.

VIE LOCALE : En maraude dans le monde d’après, p.4-5 : Macko Dràgàn nous raconte les maraudes du Secours Pop’ et d’Emmaüs-Roya auprès des plus démunis. Au front, confronté à la gestion problématique de cette crise par les pouvoirs publics.

 LA VIE AU-DELA DU PAILLON : Brèves international, p.6-7 : Effondrement du capitalisme mondial, fuite des ultra-riches sur des îles désertes, Grand Complot des Pangolins, « Fora Bolsonaro », délires aux USA… Retrouvez la sélection de la rédaction.

 DOSSIER CENTRAL : Serrons-nous les coudes ! Les mains ce sera pour demain : notre grand dossier spécial confinement

 In fine, nous sommes confinés, p.8 : Bob, dans un papier écrit dans les premiers jours du confinement, nous livre sa vision optimiste de la situation.

Chronique d’hypocondriaque en temps de pandémie, p.9 : Mouth, notre chroniqueuse hypocondriaque, vous donne ses bons conseils pour survivre à cette crise dans un billet humoristique et caustique.

L’attachement à l’épreuve du confinement, p.10 : Tia Pantaï, chroniqueuse Mouais et travailleuse sociale auprès de jeunes enfants, s’auto-interviewe pour vous afin de donner quelques clefs aux parents confinés avec leurs mômes.

Deux semaines avant. p.11, : Dans certains secteurs, les mesures de confinement ont été prises bien avant les annonces du gouvernement, comme le montre cet entretien exclusif.

Les joies du confinement, un privilège de classe ? p.12-13 : Le confinement heureux, un truc de bobo ? Macko Dràgàn s'est posé la question.

Délires confinatoires p.14 : Il arrive à Tia Pantaï de très mal supporter son confinement. Et de péter les plombs. La preuve.

La musique des balcons p.15 : Mahault, étudiante en ethno-musicologie, revient sur le phénomène de la musique aux balcons.

 LES VALLÉES : Pas d’attestation pour les exilés p.16 : dans la Vallées, pour les demandeurs d’asile, la pandémie n’arrange rien, bien au contraire. Témoignage de notre chroniqueuse bénévole auprès des exilés à la frontière.

 JEUX DE MÔMES : La B.D toute en couleur d’Alice 7 ans, p.17 : une jolie bande dessinée écolo nous venant tout droit de Toulouse.

 JEUX ET AUTRES FESTIVITES : Horoscope / Mots-croisés barrés / Le sachiez-tu ? p.18 : pour ce numéro, l’horoscope vous est généreusement offert par Leïla Slimani.

 L’HUMEUR DU MOUAIS : Les vrais problèmes de Kawalight p. 19 : Travailleur social, administrateur Emmaüs-Roya, Kawalight revient sur la situation problématique des SDF et des toxicomanes en pleine pandémie.

La nouvelle du Mouais p.19 : une petite nouvelle d’Esteban.

 IVème DE COUV’ : L’agenda confiné, la longue brève du Mouais. p.20 : retrouvez les concerts dont on est contents qu’ils soient annulés, les lives confinés de l’enfer, et surtout les concerts au balcon des membres de la rédaction.

 Avec bien sûr des photos, et toujours les magnifiques illustrations de Vincent PP.P et de Pluie Acide.

 Bonne lecture ! N’hésitez pas à partager autour de vous et, si le cœur vous en dit, n’oubliez pas la cagnotte !

 https://www.helloasso.com/associations/association-pour-la-reconnaissance-des-medias-alternatifs-arma/formulaires/1

 

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