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Billet de blog 29 sept. 2022

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Travailler plus longtemps pour financer l’éducation et la santé ? Non merci !

Faudrait pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages… Pressurer les salariés pour assurer la pérennité de la Sécurité Sociale et de l’enseignement. Reculer l'âge du départ en retraite et obliger chacun à travailler plus longtemps pour assurer ce que l’Etat social avait assuré à tous au sortir de la guerre, montant en puissance avec les années ? Non merci !

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Un problème de financement, dit notre Président… Financer par un temps de cotisation (donc de travail ) plus long l’éducation et la santé… Comment dire non quand on voit l'état et de l'un et de l'autre... L'Education? On ne recrute plus. La santé? Tout part à vau-l'eau... Plus de lits dans les hôpitaux, difficultés majeures à trouver un médecin quand on habite certains départements... Comme la communication présidentielle est belle et comment refuser une si belle proposition !... On s'en sentirait coupable, de ne vouloir aider ni son gosse ni son vieux parent potentiellement dépendant à terme...Se sacrifier pour ses descendants et ses aînés.... comment refuser....?...


Parce que je suis ex-enseignante, je ne parlerai que de ce que je connais vraiment, même si je sais aussi ce qu’il en est du domaine de la santé, mais sans l’avoir vécu dans ma chair. Moi, je lui dis, au Président Macron, je lui dis… :

La retraite...mais en bonnesanté !

Se sacrifier pour l'éducation, non, merci !


« Surseoir aux inconséquences des gouvernements successifs qui ont laminé et l’Education Nationale et les services de santé ? Non merci ! Car nous ne sommes pas un peuple sans mémoire, n’en déplaise à qui croit que nous ne sommes pas le peuple de la Révolution et des coupeurs de tête, et que nous nous en souvenons, au tréfonds de chacun de nous.


Faut-il , Monsieur Macron, vous rappeler que l’état de déréliction de l’Education Nationale vient de votre fait, de vous comme de vos prédécesseurs qui n’avez eu de cesse de réduire le nombre de postes d’enseignants, dans le primaire, le secondaire et le supérieur ? Plus d’enseignés, moins d’enseignants, rationaliser, regrouper, fermer les écoles en milieu rural, espérer faire des cités scolaires, ne pas recruter le nombre denseignants du Supérieur suffisant pour faire face au nombre grandissant de ceux qui se lancent dans les Etudes Supérieures….
Et vous voudriez faire travailler les vieux travailleurs plus pour « sauver l’éducation » dites-vous, pour remédier en fait aux fautes majeures dont vous êtes comptable ? Non, merci !

N'avez-vous pas, vous et vos prédécesseurs, sciemment organisé la paupérisation des enseignants qui ont perdu en vingt ans 20% de leur traitement à échelon égal ? On ne recrute plus dans ce métier, sous-payé  au regard des qualifications, dans lequel il n’y a aucun accompagnement possible pour une évolution de carrière, une réorientation… ? Que croyez-vous ? 42 annuités - et vous promettez plus – sans médecine du travail, sans compensation du télétravail de fait que les enseignants font, eux qui achètent déjà ordinateur, cartouches d’encre, ouvrages divers, matériel pour les enfants souvent pour les instituteurs ( le beau mot !), qui travaillent les soirs et les week-ends parce qu’on n’est pas en scène 5 ou 6 ou 7 heures par jour devant un public qu’on doit captiver à chaque minute sans devoir de fait travailler sur les temps que les salariés classiques disent « libres »…
Mais faire travailler les vieux travailleurs plus longtemps pour que les enseignants soient enfin décemment payés, reconnus enfin, non merci ! Cela, vous l'avez voulu, organisé ..!

Décidément, il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages ! Votre Ministre de l’Education Nationale, Monsieur Pap Ndiaye, annonce une première enveloppe de 635 millions d’euros réservée à la hausse des rémunérations des enseignants. Cette enveloppe divisée par 850 000 enseignants du primaire et du secondaire, c’est 747 euros par an par tête de pipe… 62,25 euros par mois ! À condition de la donner à tous… Mais il semblerait que l’enveloppe ne concerne que les débuts de carrière, c’est-à-dire à moins de 50% des enseignants (dont la moitié à plus de 45 ans, et l’expérience afférente). Et pourquoi cela, mon bon Monsieur ? Parce qu’une hausse de salaire pour les « vieux » enseignants seraient une hausse aussi de leur salaire final sur lequel est calculée leur retraite (le deal étant depuis toujours : mal payés pendant une carrière qui avait du sens, mais une retraite décente à la fin comme tous les fonctionnaires…). On vous reconnaît bien là, Monsieur le Président, vous qui, par le  projet de réforme par points que vous portiez avant le Covid, étiez prêt à jeter dans une paupérisation sans nom ceux qui s’étaient investis sans compter pour les enfants de la République. « Sans compter » ? Vous ne semblez pas le croire puisqu’une autre enveloppe de 300 M€ est destinée à ceux d’entre les enseignants qui accepteraient de remplir des "missions supplémentaires"... Tous vous remercient d’ailleurs de les traiter en cela de grosses feignasses de façon subliminale, comme si les enseignants ne faisaient pas déjà le temps de travail d’un salarié lambda, 37 H par semaine (et même si les enseignants répartissent leur temps de travail différemment des salariés lambda, « heures de classe/de scène » suivies de travail nocturne et lors des week-ends, le tout compensé par des vacances plus étendues). Vous voudriez faire travailler plus les vieux travailleurs pour prétendument compenser cet abaissement du statut et des salaires des enseignants. Non, merci ! Cela aussi, vous l'avez voulu, l'avez organisé...


Et faut-il que je vous rappelle...

...
- les hausses vertigineuses des dividendes,

- le bouclier fiscal, le CICE, transformé en un allègement de cotisations sociales durables ( ce qui finance la Sécurité Sociale, donc la santé et la dépendance que vous prétendez vouloir sauvegarder en contraignant les vieux salariés à travailler plus…),

- tout ce que vous faites,  aider les employeurs - y compris les très gros, y  compris ceux qui ne paient pas leurs impôts en France et ne contribuent donc pas au service d’éducation publique pas plus qu’à la préservation des infrastructures de santé (entre autres…).

- ...et tant d’autres choses dont je n’arrive pas même à tenir le compte, parce qu’elles sont autant de crachats à la face de ceux qui travaillent en particulier pour le bien commun, enseignants, médecins,  infirmières, aide-soignantes, chauffeurs de car scolaire, ambulanciers, et tant et tant et tant et tant ! Les « premiers de cordée » de la pandémie, que vous conchiez maintenant si intensément.


Faire travailler plus les vieux travailleurs pour compenser ce que ne paient pas les entreprises, les grosses, dont l’évasion fiscale est massive ??
Non, merci ! non, merci ! non, merci !


Mais…

Revoir ce qui permet l’évasion fiscale quand bien même serait-elle « légale », puisque calibrée comme telle sans qu’elle ne soit juste – c’est-à-dire prenant en compte le service collectif à l'entreprise ( éducation, routes, infrastructures diverses, santé de ses salariés, services divers, etc.)


Regarder nos vieux avec amour, leur donner à garder nos enfants parce qu’ils seront là, encore vivants et en bonne santé, jouir de leur présence et de leur mémoire, bâtir grâce à eux, parce qu’ils seront encore vivants, une histoire, une histoire de luttes et d’espérances – et de désespérances -une Nation en somme,


Partager le fruit du travail commun, construire et bâtir ensemble, s’apprêter collectivement aux enjeux climatiques, sociaux et internationaux…

Et rêver, rire, être libres, ensemble.

Monter haut,

Et ensemble !


Boîte noire : Aux lecteurs ...

Je n'ai pas le temps de retrouver tous les docs qu'il faudrait ( baisse du nb d'enseignants en primaire secondaire, baisse du taux d'encadrement enseignants/ étudiants, aides aux entreprises y compris très grosses et très bénéficiaires, etc etc..
Faisons des commentaires de cet article un espace collaboratif : mettez les liens vers les docs nécessaires... J'ai lu tout cela, mais le retrouver....( alors que je ne suis pas journaliste stipendiée, et plus enseignante donc en reconversion. - et ce n'est pas facile facile...).
Merci pour votre contribution à venir dans les commentaires ( ou par Facebook, vous me retrouverez...) !

 ( en pensées avec Monique Pinçon-Charlot et en souvenir de Michel Pinçon.)

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