Mélenchon doit rassembler et non diviser la gauche

Le premier tour de l'élection présidentielle a désigné Jean-Luc Mélenchon comme leader de la gauche. Cela lui confère la responsabilité politique de la rassembler et non d'entretenir une division. C'est aussi une responsabilité collective qui n'a pas été saisie lors du premier tour des présidentielles. Les législatives offrent une nouvelle opportunité. Sera-t-elle encore gaspillée ?

Jean-Luc Mélenchon a commis une erreur politique en offrant sans discuter les voix  du Front de gauche à François Hollande en 2012. Ce cadeau a donné un blanc-seing et porte une responsabilité dans le quinquennat qui s'est achevé.

Le vaudeville " je t'aime moi non plus " du premier tour des présidentielles à gauche est responsable de son absence au second tour de la présidentielle.

Les disputes qui caractérisent déjà les législatives témoignent d'un même manque de responsabilité ; alors qu'il est envisageable de produire une liste d'union pour la recomposition de la gauche, plutôt que de l'exposer au risque d'un nouvel échec.

Le succès de la France insoumise n'est pas seulement celui d'un homme ou d'un programme.

L'échec électoral de la gauche n'est pas une question d'idées - l'idéologie de gauche fondée sur une société de classes est plus que jamais une réalité - mais de personnes.

C'est le  rejet de la (mauvaise) politique Hollando-vallsciste qui explique l'échec du PS, comme la victoire de Benoît Hamon aux primaires. Ce quinquennat a trahi ses promesses, son progamme, ses idées  et son électorat.

Benoît Hamon, encore une fois, après les présidentielles, appelle encore - avec raison - à l'union pour les législatives.

La victoire à gauche de Jean-Luc Mélenchon lui donne la responsabilité d'y répondre et de prendre la tête d'une  démarche, dresser une liste permettant à la France insoumise, au PS, au PC et aux Verts de s'assurer - ensemble -  une représentation à l'Assemblée.

Présenter des listes séparées gaspille l'opportunité d'être présent dans un très grand nombre de circonscriptions et  crée un risque très sérieux pour la gauche de n'être pas représentée à l'Assemblée.

L'absence d'union de la gauche favorise les candidatures et le maintien en politique de l'aile droite du PS responsable d'un front national à 40% et la possibilité pour l'extrême-droite d'avoir un groupe parlementaire, gagner des circonscriptions ou les perdre au profit exclusif de la droite.

Les résultats de la présidentielle ont désigné Jean-Luc Mélenchon comme leader de la gauche. Il a la responsabilité de créer l'union et garantir la défense des droits sociaux que menacent  les réformes d'Emmanuel Macron.

 

 

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