Gilles Bornstein sur France info, la caricature du " journaliste hippique " macronien

Il recycle les poncifs et les grosses ficelles de la disqualification. Son office apparent est de mettre en difficulté Nathalie Arthaud. Il est autrement moins caustique avec les dirigeants de la majorité conservatrice et réactionnaire. Bornstein incarne ici ce que dénoncent Anne-Cécile Robert dans le Monde diplomatique et Frédéric Says sur France culture. Un accessit à Adrien Rohard.

https://www.lutte-ouvriere.org/multimedia/interventions-tv-et-radio/nathalie-arthaud-invitee-de-votre-instant-politique-156778.html

La démocratie en France est du niveau de ses journalistes politiques. Gilles Borstein démontre la cause de ce qu'Edwy Plenel appelle une " démocratie de basse intensité ". Frédéric Says en explique aussi une autre dans son billet politique de ce matin sur France culture, tout en omettant de soulever la responsabilité de la médiocrité des commentateurs politiques, dont il se distingue très singulièrement. Ce qui est trop rare, surtout dans la perspective d'élections. Enfin, Anne-Cécile Robert propose une synthèse de ce qui plombe la démocratie en France dans son dernier ouvrage et ACRIMED fait tout un dossier sur la doctrine PMU de la presse politique en France, par laquelle l'électeur est réduit à un parieur qui ne joue que le cheval. Une manière radicale de simplifier radicalement le travail d'analyse et de critique qu'un citoyen est en droit d'attendre. Voilà un radicalisme persistant et dangereux qui échappe étonnamment aux commentateurs d'actualités.

Charte de déontologie de Munich (ou Déclaration des devoirs et des droits des journalistes)

Comparer cette interview de Nathalie Arthaud avec le traitement médiatique sympathique réservé à Manuel Valls :

Manuel Valls, mon amour par Pauline Perrenot, Sophie Eustache, jeudi 15 avril 2021

Depuis mi-mars, Manuel Valls est en campagne médiatique. Cette tournée, interminable, est l’occasion de souligner les traits les plus grossiers du journalisme politique dominant, dépolitisé et amnésique : absence de contradiction, psychologisation, peopolisation… Les journalistes s’y font les promoteurs, pour ne pas dire les co-auteurs, du roman de l’homme politique, qu’ils sollicitent également pour alimenter les paniques morales du moment. D’un plateau à l’autre, les mêmes questions posées avec la même commisération et la même fascination. Plus rien ne distingue alors un entretien sur France Info d’une recension du Figaro, ni un portrait de Paris Match d’une interview de RTL.

mise à jour :

Un exercice de dépolitisation : Nicolas Demorand contre Adrien Quatennens par Mathias Reymond, lundi 19 avril 2021

Jeudi 15 avril 2021, le député de La France insoumise Adrien Quatennens était l’invité de Nicolas Demorand dans la matinale de France Inter : l’occasion pour l’animateur de déployer toute sa palette de roquet de service, en éclipsant systématiquement les débats de fond au profit du petit jeu politique.

Prolonger :

  • " Disparition de l’espace du débat " Anne-Cécile Robert • page 16 - La prolifération des « fake news » illustre l’invasion de l’espace public par le mensonge. Il serait toutefois trop simple d’incriminer les réseaux sociaux ou les menteurs qui squattent la vie politique. En étouffant l’échange libre et raisonné des idées sous la « communication », nos démocraties détruisent le sens des mots et empêchent la vérité d’advenir.
  • Anne-Cécile Robert " Dernières nouvelles du mensonge " Editions Lux 18 février 2021
  • Frédéric Says " Le Billet politique " Le billet politique du lundi 12 avril 2021

Lire également :

Mafia, les raisons d’un enracinement Par Giovanni Ierardi  

Dans Le Jour de la chouette, en 1960, l’écrivain Leonardo Sciascia définissait Cosa Nostra comme « un système qui gère les intérêts de pouvoir d’une classe que (…) nous pouvons définir comme bourgeoise ; qui ne naît et ne se développe pas dans le vide de l’État, mais à l’intérieur de l’État. La Mafia, en somme, n’est qu’une bourgeoisie parasitaire, une bourgeoisie qui n’entreprend pas mais qui exploite »  (2).

Le néolibéralisme américain : justification rationnelle de la criminalité organisée

On ne peut pas réduire l'homme à la dimension économique, c'est une folie selon Franck Knight, un des maîtres de Milton Friedman. La "folie" - l'erreur - du néolibéralisme est de négliger la dimension anthropologique et éthique au point d'assimiler la criminalité à une démarche rationnelle d'homo oeconomicus.

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