France info évoque la violence et la faillite politiques

France info abreuve très abondamment ses auditeurs et ses lecteurs du site web des violences des casseurs en omettant de parler des violences policières sur les manifestants. Cette information parcellaire participe au discours répressif du premier ministre pendant que le président fait du ski dans les Pyrennées et fait garder son palais par 12 compagnie de CRS.

https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/video-ceux-qui-excusent-qui-encouragent-se-rendent-complices-reagit-edouard-philippe-face-aux-violences-sur-les-champs-elysees_3236367.html

Le discours du premier ministre sur une responsabilité collective contraire à la théorie générale du droit pénal - il n'y a qu'une culpabilité individuelle et que s'il y a une commission de faits punissable.

"Ceux qui excusent, qui encouragent" se rendent "complices, réagit Edouard Philippe face aux violences sur les Champs-Elysées

Le discours sur une responsabilité collective renvoie à une notion de droit nazi : la Sippennhaft.

Emmanuel Macron reprend à son compte cette notion de responsabilité collective : Le président, a estimé, devant la presse, que "tous ceux qui étaient là se sont rendus complices" du saccage des Champs-Elysées.

Le président de la République tient un raisonnement manifestement erroné.

Selon son raisonnement, en cas de braquage d'un magasin d'une banque ou d'un commerce, toutes les personnes présentes, employées comme clients, sont coupables. Est-ce la raison qui l'a poussé à s'éloigner le plus possible des Champs Elysées ?

La police commet la même interprétation erronée du code pénal : "Gilets jaunes" : "On est dans un schéma nouveau où ceux qui soutiennent sont complices" estime un syndicat de police

Ne peuvent être complice que ceux qui participent activement à la commission d'une infraction.

Article 121-7 du code pénal

Est complice d'un crime ou d'un délit la personne qui sciemment, par aide ou assistance, en a facilité la préparation ou la consommation.

Est également complice la personne qui par don, promesse, menace, ordre, abus d'autorité ou de pouvoir aura provoqué à une infraction ou donné des instructions pour la commettre.

France Info : Il peut exister un délit de complicité pour tous ceux qui étaient là comme l’a dit le président ?

Non, la complicité impose une participation active. Le fait de ne pas empêcher n’est pas en soi une complicité et puis surtout, on peut quand même se demander ce que pourraient faire des "gilets jaunes" qui par définition sont des personnes issues de la société civile contre des activistes qui sont entraînés et qui ont l’intention de pratiquer la casse.

Les gens n’ont pas à se mettre en danger pour empêcher des activistes d’intervenir. Je ne sais pas ce que souhaitent le Premier ministre et le président de la République mais il y a le travail de la police.

Prolonger :

Emmanuel Macron, le 15 mars 2021 à la Mongie (Hautes-Pyrénées). 

Emmanuel Macron "se ressource" sur les pistes de ski de La Mongie

"Gilets jaunes" : "On a 12 compagnies de CRS qui ont été cantonnées et cloisonnées pour sanctuariser l'Elysée et on a laissé les débordements se faire", selon l’UNSA Police . Les commerçants saccagés peuvent demander des explications au ministre de l'intérieur sur sa gestion des compagnies de CRS.

Le Monde diplomatique : Laurent Bonelli Le soulèvement français, pourquoi maintenant ? page 13 " Il y a quelques années, un haut responsable des forces de maintien de l'ordre insistait, lors d'une entretien, sur le caractère relationnel de la violence. Il nous confiait : "C'est nous, l'institution, qui fixons le niveau de violence de départ. Plus la nôtre est haute, plus celle des manifestants l'est aussi" "

Liens et billets a/s Gilets jaunes

LBD: les cœurs arides et les armes de guerre

15 mars 2019 Par Jean-Marc Salmon

Un policier utilise un LBD 40 lors d'une manifestation à Lyon en octobre 2010. © Reuters

Un policier utilise un LBD 40 lors d'une manifestation à Lyon en octobre 2010. © Reuters

Les LBD, exportés de Suisse comme « armes de guerre », deviennent des « armes intermédiaires » en France. Ce tour de passe-passe sémantique facilite un usage massif et dangereux. Bien que les autorités internationales des droits de l’Homme pressent nos gouvernants d’ouvrir les yeux, ils commandent des LBD plus dangereux. Qu’en est-il de leurs coeurs arides ?

Allô place Beauvau? C'est pour un bilan (provisoire)… Au 16 mars, 526 signalements

Par La Rédaction De Mediapart et David Dufresne

capture-d-e-cran-2019-03-16-a-13-07-12

Depuis le début des « gilets jaunes », le documentariste David Dufresne recense les violences policières, dont plusieurs manquements déontologiques graves. Pour Mediapart, il cartographie ses signalements auprès du ministère de l’intérieur, qui reste sourd à toutes critiques. Un travail salué par le Grand Prix du journalisme 2019.

«Gilets jaunes» blessés: l’arsenal policier en accusation

Par Karl Laske

Selon des sources syndicales, les munitions de courte portée pour lanceur de balles de défense (LBD) seraient à l’origine d’« erreurs de tirs ». La direction des CRS a renoncé à ce type de munitions parce qu’insuffisamment fiable. Le fournisseur est en outre mis en cause pour avoir minimisé la dangerosité des grenades de désencerclement et GLI-F4 livrées au ministère.

Des policiers témoignent: «On est obligé d’accepter des instructions illégales»

Par Pascale Pascariello

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.