Manifestation policière devant l'Assemblée : des politiques soumis à la flicosphère ?

Darmanin ira saluer les policiers manifestants...contre lui-même puisqu’ils réclament un changement de politique ! Et il y aura aussi presque toute l’opposition (sauf LFI et une partie des écologistes). Pourtant, l’appel de l’intersyndical n’est pas un hommage aux victimes policières. Il est question de revendications devant l’Assemblée Nationale. Ce n’est pas du tout un lieu de recueillement !

https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-politique/l-edito-politique-19-mai-2021

Mises à jour :

Bon, du coup, histoire qu’on s’y retrouve ; le projet, c’est que l’exécutif manifeste devant le législatif contre le judiciaire, c’est ça ?

— japlumes (@japlumes) May 18, 2021

" Le problème de la police, c'est la justice "

Le secrétaire général du syndicat Alliance a estimé que la justice était le "problème" de la police, à la tribune de la manifestation de soutien aux forces de l'ordre à Paris.

Olivier Faure veut un « droit de regard » de la police sur la justice

Olivier Faure, présent à la manifestation des policiers hier, a proposé que la police ait un droit de regard sur les décisions de justice. Une déclaration qu’il a finalement retiré, mais qui en dit long sur l’état d’esprit du PS.

Police : droite-gauche au pas sécuritaire

Une large brochette de politiciens ont participé à la « marche citoyenne » organisée mercredi 19 mai devant l’Assemblée nationale par tous les syndicats de police (faux, pas tous. SUD intérieur a dénoncé cette instrumentalisation et la CGT police n'y était pas non plus).

Si la France n’est pas un régime policier, c’est la faute à la Constitution !

On pouvait penser qu’il y aurait trop de candidats à gauche avec une impossibilité de passer premier tour en 2022 mais le PS, le PCF et EELV ont finalement décidé de simplifier le choix des électeurs. #ManifDeLaHonte

— Paul Draszen (@pauldraszen) May 18, 2021

Policiers : une manifestation qui menace les institutions

Le 19 mai 2021, suite à la manifestation de syndicats policiers devant l’Assemblée nationale, Jean-Luc Mélenchon tenait une conférence de presse aux côtés des députés insoumis Mathilde Panot, Adrien Quatennens, Ugo Bernalicis et Manuel Bompard.

Le président du groupe « La France insoumise » à l’Assemblée nationale a dénoncé une manifestation qui montre la dilution de l’autorité de l’État alors que le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin participait à ce rassemblement qui a mis en cause la justice. Il a pointé du doigt le caractère factieux de cette manifestation alors que le secrétaire général du syndicat Alliance Police a déclaré que « le problème de la police, c’est la justice ». (...)

François Bersani secrétaire SGP police Yvelines : «Nul doute que si cette mobilisation s’avère très efficace aujourd’hui, les digues cèderont, c’est-à-dire les contraintes de la constitution, de la loi»

#ManifDeLaHonte

Génération.s ne participera pas à la manifestation organisée devant l’Assemblée nationale ce mercredi 19 mai 2021 car certaines revendications contreviennent à nos valeurs républicaines.

Nous nous associons évidemment totalement à la peine, à l’émotion et à l’hommage qui s’imposent après qu’aient été tués en fonction plusieurs policiers.

Nous soutenons les gardien.nne.s de la paix, policier.e.s et gendarmes dans leurs revendications sociales, salariales, dans leur besoin d’être l’objet d’un accompagnement face au manque de moyens, à l’épuisement psychologique, à la vétusté du matériel et des infrastructures et au manque de reconnaissance. Comme trop de services publics essentiels à la République, notre Police est abandonnée par de longues années de politiques budgétaires en contradiction avec les objectifs assignés à ses agent.e.s. Ainsi, Génération.s est prêt à travailler à des solutions concrètes pour donner à notre police les moyens de remplir ses missions avec sérénité et efficacité.

Mais notre vision de la République et de sa Police est à l’opposé de plusieurs revendications corporatistes et répressives qui seront au cœur de cette mobilisation. Nos valeurs républicaines sont également incompatibles avec la présence de l’extrême droite dans cette manifestation tandis que ses discours alimentent le racisme, les discriminations et remettent en cause d’égalité des citoyen.ne.s devant la loi. Nos convictions de gauche et écologistes sont incompatibles avec une mobilisation dans laquelle se trouveront les membres du gouvernement responsables du délitement républicain, de l’abaissement du débat démocratique et de l’agonie des services publics.   (...)

Un grand merci à Fabien Roussel, à Yannick Jadot et à Olivier Faure d'avoir jeté leur peu de dignité et leur valeurs à la poubelle pour aller s'agglutiner à la #ManifDeLaHonte. On espérait une clarification à gauche avant les élections, on a été exaucés. C'est limpide.

— Fabien Tarlet (@FTarlet) May 19, 2021

Prolonger :

La police charge la justice, le PS et le PCF au garde-à-vous

19 mai 2021 Par Pauline Graulle

Des élus socialistes, communistes et écologistes, arguant qu’il ne faut pas laisser la thématique de la sécurité à l’extrême droite, se sont rendus au rassemblement policier du 19 mai, qualifié de « factieux » par Jean-Luc Mélenchon. Une participation qui en a consterné certains au sein même de leurs partis.

Les syndicats plastronnent

La «justice laxiste», éternel objet de fantasme 

Par Pascale Pascariello et Camille Polloni

La politique réduite à la police

Viry-Châtillon: dans la fabrique de faux coupables

Par Pascale Pascariello, Antton Rouget et Antoine Schirer

Fabien Jobard : «Il y a un vrai malaise policier»

Etat de droit: la nouvelle déchéance du Parti socialiste

20 mai 2021 Par Fabien Escalona

La phrase d’Olivier Faure sur un « droit de regard » policier sur les décisions de justice a suscité l’émoi. Émise au cœur d’un rassemblement fréquenté par l’extrême droite et Gérald Darmanin, elle contribue au brouillage des repères, dans un moment historique de risque autoritaire. 

La manifestation des policiers du 19 mai ou le « point Gorafi »

Appelons « point Gorafi » un moment de l’actualité politique où la réalité dépasse la parodie. Force est de constater qu’il sera atteint et même dépassé ce mercredi 19 mai à l'occasion de la manifestation de policiers devant l'Assemblée Nationale.

Dans le Club de Mediapart, le politiste Christophe Bouillaud décrivait il y a déjà deux ans « un pouvoir politique devenu dépendant de sa police, ou plutôt des affects et intérêts des simples policiers et CRS. En même temps, cette importance accrue des forces de sécurité dans l’équilibre général du pouvoir d’État deviendra de plus en plus inévitable si la répression reste la seule réponse […] à toute protestation un peu hors les clous de la société civile ».

Contre le rassemblement policier, cette gauche debout

Mercredi 19 mai 2021, la gauche s’est déchirée sur sa participation ou non à la manifestation à l’appel de certains syndicats de police. Des ténors ont fait le déplacement, non sans provoquer des remous dans leur camp.

#ManifDeLaHonte : entre l’effroi et la consternation, Twitter a réussi à nous faire rire

Quand rien ne va, on peut toujours compter sur les twittos pour égayer une journée morose. Fusse-t-il même un jour de factieux et de séditieux.

Police. « Un cap a été franchi dans les attaques contre les institutions »

Vendredi 21 Mai 2021 Emilio Meslet

Mobilisés mercredi, des milliers de policiers ont accusé la justice d’être « laxiste », notamment pour les crimes qui les visent directement. Un procès en laisser-faire que conteste Sarah Massoud, du Syndicat de la magistrature. Entretien.

A Nice, Estrosi soutient les policiers contre l’Etat de droit

22 mai 2021 Par Ellen Salvi

Le maire de Nice a encouragé une manifestation de policiers municipaux, pour protester contre la décision du Conseil constitutionnel sur la loi « Sécurité globale ». Une démarche qui s’inscrit dans une remise en question plus générale des institutions. Le président du syndicat de défense des policiers municipaux dénonce une « manipulation à des fins politiques ».

Le grand n’importe quoi Darmanin

24 mai 2021 Par Ellen Salvi

En annonçant porter plainte contre Audrey Pulvar pour une opinion politique, le ministre de l’intérieur sombre une nouvelle fois dans la polémique stérile. À l’image du pouvoir exécutif, il rivalise de démagogie, renie les principes fondamentaux et montre toute l’étendue de sa faiblesse.

À ses yeux, comme à ceux d’Emmanuel Macron du reste, les violences policières n’existent pas. Quand des coups de poing, de pied et de matraque pleuvent sur le producteur de musique Michel Zecler, lui préfère parler de « gens qui déconnent ». « Quand j’entends le mot “violences policières, personnellement, je m’étouffe », avait-il affirmé en juillet 2020, répondant à l’injonction que le président de la République avait lui-même lancée, au printemps 2019 : « Ne parlez pas de “répression” ou de “violences policières”, ces mots sont inacceptables dans un État de droit. »

(...)

Les temps sont aussi durs pour les principes fondamentaux qu’ils sont favorables à l’inversion des valeurs. Désormais, un ministre de l’intérieur peut attaquer une adversaire politique issue des rangs socialistes pour une opinion, tout en évitant de condamner clairement les propos de syndicats policiers, quand ceux-ci expliquent que « le problème de la police, c’est la justice » ou espèrent que « les digues cèderont, c’est-à-dire les contraintes de la Constitution, de la loi ». Il peut juger Marine Le Pen « trop molle », recycler le vocabulaire de l’extrême droite et débattre avec Éric Zemmour, sans jamais se soucier de sa condamnation pour injure et provocation à la haine.

Il peut aussi balayer d’une pirouette humoristique une tribune de militaires favorables à une reprise en main musclée du pays et ne rien trouver à dire lorsque Philippe de Villiers « appelle à l’insurrection » à la une de Valeurs actuelles, hebdomadaire d’extrême droite auquel il continue d’accorder des entretiens. Il peut enfin sombrer dans le populisme le plus abouti en disant préférer « le bon sens du boucher-charcutier de Tourcoing » aux enquêtes de victimation de l’Institut national de la statistiques et des études économiques (Insee), personne ne lui dira jamais rien.

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