La loi anticasseur est symptomatique du déni politique français de la réalité

Castaner se sert de Drouet et invoque " Un appel à l'insurrection " pour vendre sa loi anticasseur quand le Code pénal déborde déjà de dispositions favorisant l'arbitraire. Cette loi ne se justifie donc pas. Elle n'est que la réaction d'une culture politique autoritaire à vouloir maintenir ses apparences et son ordre en dépit des réalités. Le symptôme du déni conservateur français.

Le "Nouveau monde" racle les fonds de tiroir de la réaction conservatrice pour donner l'illusion d'un consensus contre l'évidence. Il n'y a que Castaner à ne pas admettre la réalité des faits et la situation politique. Quelqu'un peut-il réveiller le ministre ?

(Màj) Le député Charles de Courson met en garde le ministre de l'intérieur Castaner et la majorité sur leur inspiration et dérive vichystes : Loi "anti-casseurs": le député Courson dénonce une "dérive" et évoque Vichy

Castaner veut interdire de manifester au moment où la CGT et les gilets jaunes appellent à la grève générale. Un appel à la grève générale a également été lancé en Belgique.

Quant à une insurrection, Castaner ne peut pas la nier ; elle est là et elle est commentée :

" L’insurrection populaire qui s’est levée le 17 novembre 2018, et dont personne ne peut prédire ce qu’elle deviendra, aura au moins mis le doigt sur une vérité essentielle : le nouveau libéralisme transforme nécessairement la démocratie élective en un régime autoritaire, ce que rappelle à chaque fois l’usage continu par le pouvoir des expressions « maintenir le cap » et « faire la pédagogie ». " Par Barbara Stiegler Philosophe

Il suffit aussi de passer la frontière pour entendre parler de la "guerre civile" en France (ou "révolution" qualifiant un mouvement politique populaire contestant l'injustice et la légitimité du pouvoir).

Christophe Castaner s'égare. Ce n'est pas du poker. Il n'est plus à Marseille avec ses potes. C'est de la politique. Il faut qu'il arrête de bluffer. Serait-ce ce parieur qui a inspiré le tour de boneto du "Grand débat" au président ?

Des éléments suffisamment graves paraissent montrer que le président s'inquiète lui-même de la nature insurrectionnelle qui règne : « Gilets jaunes » : « Je marche sur la glace », reconnaît Emmanuel Macron.

Un article du Monde rapporte qu'un député "La République en Marche" que le président " ne sort plus sans se maquiller tellement il est marqué. Il se maquille même les mains" (article, signé par les journalistes Raphaëlle Bacqué, Ariane Chemin et Virginie Malingre).

Comment Castaner peut-il sérieusement vouloir tenir un discours contraire au ressenti officiel de l'Elysée et par quel miracle cette mauvaise propagande réussit-elle à prospérer et s'imposer dans les médias et la majorité pour adopter des textes contraires au Droit ?

L'affaire du contrat russe entre des membres de la majorité LREM et des proches de Poutine fait très sérieusement contraster le discours de rigueur du président et contredit ce qu'il invoque à l'égard des gilets jaunes - qu'il fait canonner à bout portant (40 mm est un calibre d'artillerie) - s'il menace ainsi et sans s'inquiéter la sécurité nationale en embauchant n'importe et n'importe comment, lesquels "employés" dissipent des documents officiels et du matériel secret-défense tout en travaillant au service d'amis douteux de dirigeants étrangers (cf. le téléphone crypté Teorem laissé à la disposition de Benalla pendant plusieurs mois par l'Elysée).

A cela s'ajoute la liste des conflits d'intérêts qui s'accumulent autour de lui au sujet des transporteurs maritimes, des investissements immobiliers, des autoroutes, des organisations de voyages à Las Vegas, de la mansuétude pour la fraude fiscale, Emmanuel Macron paraît cristalliser en sa personne le ressentiment que provoquerait un Swissleaks politique XXXL au niveau du pays.

Le pouvoir est tellement dans le doute qu'il a déjà évoqué la possibilité de se réfugier dans le PC Jupiter enfoui sous l'Elysée. Ou de s'enfuir en hélicoptère.

Michèle Alliot Marie n'est plus là pour faire l'article sur le savoir-faire français en matière de maintien de l'ordre avec le succès que l'histoire a montré.

L'affaire Benalla conduira-t-elle au destin de Ben Ali ?

 

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