Le libéralisme devenu totalitaire

Le libéralisme de papa, muté en néo-libéralisme puis en libéralisme totalitaire qui s'est répandu sur la terre entière. Ce virus se moque des frontières et des régimes. Les millionnaires sont devenus milliardaires et leur ruée vers l'or nous fait foncer dans le mur. Personne n'échappera aux conséquences. Mais nos gouvernants et autres décideurs poursuivent le même chemin (Réactualisé le 12/7/2020)
  • Genèse de la course folle aux milliards
  • Le libéralisme totalitaire
  • Les « super-mafias » d'empires financiers, de multinationales et d’appareils état
  • Le « libéralisme » dictatorial de Friedrich Hayek
  • Un sous-produit inattendu du libéralisme totalitaire 
  • Ils n'échapperont pas aux conséquences de leurs actes
  • Pour approfondir la réflexion sur ces questions, merci de voir sur ce même site...

 

Genèse de la course folle aux milliards

Aux États-Unis, depuis la crise de 1930 jusqu'à 1982, la tranche marginale d'impôts la plus élevée se situait entre 70 et 94%.

Ces impôts concernaient très peu de monde mais Thomas Piketty estime qu'ils ont joué sur les inégalités: « ...cela a permis de mettre fin aux rémunérations hyper-élevées aux États-Unis au cours de la période 1930-1980, pour le plus grand bénéfice des salaires moins élevés». Évidemment, avec de tels taux cela ne valait pas la peine de s’obstiner à dépasser un certains seuil de gains annuels, on pouvait se consacrer à autre chose, à vivre...

Reagan a ramené l'impôt maximal à moins de 40%. Piketty poursuit: « Les fortes baisses de taux supérieur sous Reagan 'ont contribué à pousser à la hausse les plus hautes rémunérations, non pas parce que les dirigeants auraient fantastiquement accru leur productivité utile, mais plutôt parce qu’ils auraient déployé une énergie décuplée pour convaincre les comités de rémunération de leur verser des millions supplémentaires'. Autrement dit, les très hauts taux avant les années 80 auraient permis d’éliminer les rémunérations extravagantes, sans 'empêcher l’économie américaine de fonctionner'. »

Bien au contraire, les États-Unis sont devenus la première puissance mondiale. https://www.liberation.fr/checknews/2019/03/21/est-il-vrai-que-les-etats-unis-ont-taxe-les-riches-a-plus-de-70-pendant-trente-ans_1715939

Cela a déclenché une course à l'argent sans précédent. Des millionnaires sont devenus milliardaires et, avec l'aide de Hollywood, de la télévision, de la publicité et de la  mode, cette soif de richesses s'est répandue sur toute la planète. (Le chancelier allemand Willy Brandt a dit dans une interview en Suisse, dont j'ai malheureusement perdu la trace, que la télévision représentait un plus grand danger que l'arme atomique.)

Cette course à la richesse qui a transformé le libéralisme, ou le néo-libéralisme en libéralisme totalitaire, a engendré, d'une part, de phénoménaux gaspillages de matières et d'énergie, d'autres part, des inégalités sociales abyssales avec, en prime, les migrations de masse, des révoltes et des guerres de plus en plus graves.

La propagande des Etats-Unis a très bien réussi : selon le rapport 2020 de l’organisation Hurun, la Chine est le pays du monde où l’on compte le plus de milliardaires. Leur nombre s’élève à 799, contre 626 aux États-Unis. Source : Hurun Research Institute, « Global Rich List 2020 », Shanghaï, 26 février 2020. https://www.monde-diplomatique.fr/mav/170/A/61704

Les nouveaux riches ont des dollars collés aux yeux, ils ne voient plus rien d'autre que leur intérêt égoïste et si, par hasard, ils pensent à la morale, ils faut qu'ils cherchent le sens de ce terme dans le dictionnaire.  https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/180220/ce-niveau-de-lidiotie

Le libéralisme totalitaire

est une idéologie prônant le libéralisme comme le seul et unique système politique acceptable et utile qu'il s'agit d’imposer à la planète entière.

Son but est la concentration maximale de moyens entre un nombre restreint de personnes et d'organismes.

Pour la plupart des tenants de cette idéologie, il s'agit de ramasser le plus d'influence et d'argent possible. Cela correspond au but déclaré de leurs entreprises, banques, multinationales de production de biens, etc. On est loin de la lutte pour la liberté d'échanges commerciales que le « libéralisme » désignait au départ.

Quelques-uns veulent accumuler, en plus, suffisamment de pouvoir pour imposer à l'humanité, seuls ou bien en association avec d'autres tenants de cette idéologie, leur vision du monde. Ils affichent rarement cet objectif, mais agissent « derrières les coulisses ».

Merci de voir le dossier Les GAFAM veulent changer l'homme: attention, danger! https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/120919/les-gafam-veulent-changer-lhomme-attention-danger

Les « super-mafias » d'empires financiers, de multinationales

et d’appareils état

La mafia classique utilise des tueurs à gage pour forcer des femmes à se prostituer, pour tenir les réseaux de drogue et pour voler aux commerçants 10% de leurs recettes. En général les États ne lui permettent pas de trop dépasser ces limites.

La mafia classique accumule l'argent pour les membres de sa « famille » qui est sa valeur sacrée. Personne et rien d'autre ne compte.

Mais il y a d'autres mafias qui arrivent à soumettre les assemblées de législateurs, accaparer la police, l'armée et la justice, en partie ou entièrement. En s'appuyant sur ces forces et en asservissant les médias et même les sciences, ces « super-mafias » d'empires financiers, de multinationales et d’appareils d'état peuvent avoir des ambitions bien plus vastes que la mafia classique.

Elles se parent de dénominations nobles et prétendent agir dans l'intérêt commun mais, comme les mafias classiques, poursuivent uniquement les buts égoïstes de leurs cadres.

La richesse de la mafia classique atteint des centaines de millions d'euros, celle des super-mafias s'évalue en centaines de milliards. Comment résister à une telle pression, à cette nouvelle religion de « toujours plus » ?

Au bout d'un certain temps, les super-mafias deviennent tellement puissantes qu'elles ne s’embarrassent plus de faire semblant de respecter l’intérêt public. Elles faussent les élections des représentants du peuple, corrompent les membres influents des appareils d'état, parfois fomentent des coups d'état et se transforment en dictatures ou en régimes totalitaires.

 Le « libéralisme » dictatorial de Friedrich Hayek

L’économiste Friedrich Hayek, qui fut l’un des inspirateurs de l’école dite de Chicago, dont les élèves les plus actifs, surnommés les Chicago Boys, furent les conseillers du Chili d’Augusto Pinochet, prétend » qu' « il y a dictature et dictature. »

 « Ainsi, déclarait-il en 1981 à un journal chilien, donc après le coup d’État de 1973, l’assassinat du président Allende et des milliers de morts et de torturés : 'Je dirai que, comme institutions pour le long terme, je suis complètement contre les dictatures. Mais une dictature peut être un système nécessaire pour une période transitoire. Parfois il est nécessaire pour un pays d’avoir, pour un temps, une forme ou une autre de pouvoir dictatorial'.  »

Extrait d'un échange de commentaires de https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/100319/quinn-slobodian-le-neoliberalisme-est-travaille-par-un-conflit-interne.

 Un sous-produit inattendu du libéralisme totalitaire:

on a réussi à culpabiliser les victimes

« Le dogme japonais de la responsabilité individuelle:

Depuis la crise asiatique (1997-1998) qui a laminé l’économie nationale, les dirigeants l’utilisent pour faire accepter l’austérité en culpabilisant les victimes. Si vous êtes chômeur, précaire ou malade parfois, c’est votre 'jiko sekinin', version nippone de 'c’est de votre faute'.

Le mot accuse tour à tour les personnes marginalisées — mères célibataires et sans-domicile-fixe (SDF), patients atteints de maladies liées au mode de vie (obésité, cancer du poumon…), ou encore victimes de violences sexuelles. La pratique de « blâmer la victime » semble fortement ancrée dans les esprits et influence jusqu’au plus haut niveau de l’État.

Presque tous les SDF considèrent qu’ils sont responsables de leur misère et qu’ils ne méritent pas de recevoir de l’aide publique, Ainsi, en 2012, 85 % des personnes ayant le droit à l’aide publique y avaient renoncé (4), contre 35 % en France "

Yuta Yagishita, Le Monde diplomatique, mai 2020, page 7

Ils n'échapperont pas aux conséquences  de leurs actes

Le coronavirus de 2020, favorisé par la mondialisation, a pénétré même dans des monastères. La princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme et le président de Burundi en sont morts. Le Président Bolsonaro, le président Trump, les Premiers ministres Boris Johnson (Grande-Bretagne), Mikhaïl Michoustine (Russie) et Peter Pellegrini (Slovaquie, atteint en février 2020 même si on ne parlait pas encore du COVID19) ont été contaminés. Ce ne sont pas les personnes les moins protégées. Elles ont guéri du COVID19, comme la plupart des malades, mais ce résultat n'avait pas été garanti.

Les crises sanitaires, écologiques, économiques et politiques se multiplieront. Où les privilégiés vont-ils fuir? Sur une île perdue du Pacifique où ils se nourriront des poissons gavés de plastique et de métaux, en respirant des nano- et de microparticules qui sont maintenant partout, en s'exposant aux ondes électromagnétiques et aux radiations produites par les humains qui s'ajoutent à leurs prédécesseurs naturels? Où trouveront-ils une île assez grande, riche en terres arables et en matière première indispensables? Emmèneront-ils quelques paysans et artisans en plus? Emporteront-ils avec eux des hôpitaux avec leur personnel et des centrales d'énergie renouvelable pour les alimenter?

Ils n'iront nulle part en cas de guerre nucléaire - qui nous menace plus qu'aux pires moment de la Guerre froide. (1)

La caste dirigeante peut-elle comprendre qu'elle n’échappera pas plus que nous aux catastrophes qu'elle provoque? Le sait-elle et tente de profiter de ses derniers moments en chantant « après nous le déluge » ? Mais le déluge est déjà là !

Ce n'est pas une dictature qui pourrait nous en sauver, bien au contraire. La pandémie du COVID19 se passe un peu mieux dans les pays démocratiques et, surtout, les dictatures ont du mal à tenir face à l'Internet et les "médias sociaux". Hayek ne les connaissait pas.

Le petit Hongkong arrive à se défendre contre l'immense Chine.

Et aux États-Unis, cela commence à donner cela:

https://youtu.be/5ylmM1RXKUw

Terrifiant!

Ces révoltes peuvent être cassées par la violence de la police et de l'armée, ou bien s'arrêter sans que l'on ne sache comment, mais les révoltés peuvent aussi cesser de se battre contre les policiers et chercher ceux qui titrent leurs ficelles, creusent les inégalités, empoisonnent l'environnement. Ce ne serait pas la première fois dans l'histoire. Avec les "médias sociaux" cela pourrait être très rapide.

 

police

 

Un Lord clairvoyant:

 « La civilisation moderne n’est plus qu’un véhicule gigantesque, lancé sur une voie à sens unique, à une vitesse sans cesse accélérée. Ce véhicule ne possède malheureusement ni volant, ni frein, et le conducteur n’a d’autres ressources que d’appuyer sans cesse sur la pédale d’accélération, tandis que, grisé par la vitesse et fasciné par la machine, il a totalement oublié quel peut être le but du voyage. Assez curieusement on appelle progrès, liberté, victoire de l’homme sur la nature, cette soumission totale et sans espoir de l’humanité aux rouages économiques et techniques dont elle s’est dotée. L’homme, qui s’est assuré une domination incontestable sur toutes les espèces animales d’une taille supérieure à celle des virus et des bactéries, s’est avéré incapable de se dominer lui-même. » Lewis Mumford  « La cité à travers l’histoire », 1964.

Le jugement sévère de George Orwell :

« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime, il est complice. »

Pour approfondir la réflexion sur ces questions, merci de voir sur ce même site :

  1. A deux minutes de la guerre nucléaire? https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/010318/deux-minutes-de-la-guerre-nucleaire

Pour lire les autres dossiers de ce site sur le nucléaire, le féminisme, l'environnement, les migrations des populations, l'Europe, la gouvernance, la littérature, le rire :  ouvrez  https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog et voyez l'article  Sommaire.

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