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Billet de blog 30 oct. 2021

L’École et la République des chefs : 2. Le guerrier Blanquer

Comment interpréter la longévité exceptionnelle de Jean-Michel Blanquer pour un ministre de la Ve République ? Intelligence visionnaire en matière de politique scolaire ? Homme providentiel pour "réformer le mammouth" ? Autres explications ? La lecture de son dernier livre, "Ecole ouverte", donne les clés sur sa conception guerrière, antidémocratique, de la politique et de sa république des chefs.

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Alors que nous arrivons au terme du quinquennat Macron, nous pouvons constater que le storytelling de la « troisième voie » n’a pas eu le succès escompté (voir L’École et la République des chefs : 1. le fiasco de la « troisième voie » | Le Club de Mediapart). Les médias l’ont délaissé au profit des retentissantes anathèmes lancées à jet continu contre les « ennemis de l’intérieur de la République » par un ministre qui à coup de « clashs » se forge une image d’audacieux batailleur. Ses ennemis ? Le « pédagogisme », puis l’« islamo-gauchisme », récemment le « wokisme »[i], vus comme de dangereuses gangrènes qui infecteraient l’Education nationale et l’Université au point de mettre « la République » en péril. Plus la campagne à l’élection présidentielle se met en place, plus le ministre, un temps dépeint comme « vice-président » par une presse amie[ii], se politise et cherche à se donner une stature à la mesure de son ambition. Mais comment assurer son ascension dans les hautes sphères du pouvoir quand l’avenir du roi qui vous fait duc est indécis ?

Au printemps 2021, soumis à une intense pression du parti macroniste, Jean-Michel Blanquer a refusé d’entrer dans la bataille des élections régionales en Ile-de-France face à Valérie Pécresse. Quelle que soit son aura médiatique, il a dû estimer que ses chances de victoire étaient minimes (la sortante fut d’ailleurs réélue). Le souvenir de la raclée de son ex-collègue Agnès Buzin face à la maire de Paris sortante, Anne Hidalgo, aux municipales de 2020, ne pouvait qu’être dissuasif pour ce juriste rallié au présidentialisme de la Ve République. Ce système permet à de hauts technocrates d’accéder au sommet du pouvoir exécutif sans jamais avoir été élus aux niveaux local, départemental, régional ou national ! Pourquoi se lancer dans l’arène électorale incertaine, à haut risque pour les gouvernants en place, quand on peut entrer au gouvernement par simple allégeance à l’élu élyséen.

Cette répugnance pour le combat électoral, étonnant de la part d’un infatigable « communiquant » qui aime à discourir sur la place publique en fuyant les contradicteurs, ne signifie pas pour autant que Jean-Michel Blanquer ne va pas s’engager dans la campagne présidentielle de 2022. Bien au contraire ! A cette fin, il a déjà pris la plume. Son tout dernier livre, Ecole ouverte (Gallimard, septembre 2021), est sa première contribution en faveur du Président sortant. Ce plaidoyer pro domo[iii] est un mélange d’autosatisfaction au ton martial et de généralités creuses du même tonneau que celles de la « troisième voie ».

La rhétorique martiale d’un chef de guerre en campagne…

Dans ce récit à la première personne, il aime à se camper en généralissime de la lutte contre la pandémie, à la tête d’un « piton de commandement » (p. 46), enfermé des jours durant avec ses plus proches collaborateurs « dans la salle sécurisée de la rue de Grenelle qu’on appelle la “war room” » (p. 40), réplique de celle du Président à l’Elysée…« La chaîne de commandement est réduite à sa plus simple expression, ce qui va s’avérer très efficace » (p. 40-41). Lorsque, en mars 2020, le Président annonce le confinement, son ministre le rejoint le soir à l’Elysée pour examiner la situation. Sur le perron du palais présidentiel, « nous nous quittons comme un officier quitte le chef de l’armée qu’il sert, graves et résolus à faire face » (p. 27). Il ne manque plus que l’uniforme… Ainsi la métaphore militaire est omniprésente : « […] l’ambiance est celle, fraternelle et tendue, des combats dans la nuit » (p. 46). La guerre est même une obsession : « Je me suis souvent demandé, depuis de nombreuses années, comment réagirait notre pays en cas de guerre » (p. 28). Plus loin, il remarque : « […] je m’étonne du faible nombre de récits évoquant l’héroïsme de nos professeurs. Un peu comme si, pendant une guerre, on ne parlait que des pertes, pourtant inévitables, et jamais des victoires » (p. 48).

Le combat héroïque qu’il dépeint est celui de la « continuité pédagogique » (p. 28) qu’il présente comme une réussite (dans la langue de bois d’autrefois on aura dit : un « bilan globalement positif » !) notamment grâce au maintien de l’ouverture des lieux d’enseignement. Le ministre s’affiche en intrépide résistant faisant fi de toutes les critiques que des « procureurs à la petite semaine que l’époque voit fleurir » (p. 41) ne cessent de lancer, des défaitistes, partisans de la fermeture ou de reports de rentrée scolaire, tout ceux qui adoptent « de manière systématique une attitude critique et contestataire » (p. 75), « tous les rhéteurs qui courent les vaines querelles » (p. 49). « Les professionnels du tohu-bohu se sentent comme au chamboule-tout, à une foire du trône où tous les tours seraient gratuits. La crise est vue non pas comme un temps de nécessaire unité, mais comme une opportunité pour affaiblir le pouvoir » (p. 49). Notre généralissime doit donc combattre aussi « la cinquième colonne » qui agit sournoisement contre l’intérêt général bien compris… Car, répète-t-il, il s’agit pour lui de défendre l’intérêt supérieur des enfants : « Je voyais que nous avions sauvé les enfants de France d’un naufrage dramatique » (p. 78), en leur évitant les traumatismes psychologiques d’une vie confinée sans école et sans interactions entre pairs. Il insiste moins sur les motifs de type économique (l’économie ne fait pas partie de son portefeuille ministériel !), à savoir la nécessité pour le ministre de laisser les établissements scolaires ouverts pour permettre aux parents d’élèves d’aller au travail ou de télétravailler en paix à la maison pendant que leurs enfants sont occupés dans les écoles, si ce n’est en « garderie », ou en demi-groupes en salle de classe dans les collèges et lycées (sauf les lycées professionnels, eux, complétement fermés, ce qui fait sans doute partie des « pertes inévitables », voir plus haut).

Le discours martial appelant à l’unité nationale est aussi un plaidoyer narcissique destiné à mettre en valeur l’exceptionnelle capacité de décision et d’action du ministre. Le lendemain de l’annonce du confinement, « j’affirme devant l’opinion publique que nous sommes prêts. […] Avec une célérité exceptionnelle, les personnels du ministère se mobilisent en quelques heures […] J’ai enregistré presque tous les jours des vidéos, pour différentes catégories de personnes, pour donner les dernières consignes, pour encourager, pour coordonner » (p. 30-31). « Il me semble alors indispensable d’utiliser la télévision pour atteindre les foyers. [...] Sur un coin de table, ensemble, nous griffonnons en une après-midi une grille quotidienne de programmes, qui va du CP à la terminale » (p . 42). Quand c’est le ministre qui décide dans l’urgence la plus totale, toute improvisation est célébrée comme une action héroïque. « Les professeurs et les personnels ont, quant à eux, une journée pour gravir un Everest » à la suite de l’annonce surprise du confinement (p. 28). Mais face aux demandes de report de quelques jours de la rentrée 2020 émis de plusieurs côtés, il en est tout autrement : « Comment imaginer que l’on puisse ainsi reporter la rentrée ou changer quoi que ce soit à la dernière minute ? » (p. 62). La vérité rue de Grenelle s’estompe brutalement boulevard Saint-Germain.

Une République des chefs

Notre généralissime ne s’en tient toutefois pas à conter les grandes étapes de sa « campagne de France » contre la pandémie. Comme il le remarque à propos de ses échanges avec le Président quand l’emploi du temps le permet, ça « commence par des sujets pratiques pour prendre ensuite un tour philosophique » (p. 51). Après le récit hagiographique sur les mesures prises par le chef de guerre depuis sa « war room », vient donc le temps des leçons à tirer en matière de philosophie politique pour guider l’Etat et le pays tout entier face aux défis de l’avenir. Pour se hisser à une telle hauteur de vue, de grands auteurs sont d’indispensables marchepieds… quitte à les piétiner. Laissons de côté Rousseau, Locke ou Rawls également cités, et intéressons-nous à trois éminents penseurs « du politique ».

Montesquieu, révisé !

Avec Montesquieu, le ministre (qui n’oublie pas ses références de professeur de droit public) s’interroge sur « la vertu des gouvernants » (p. 36) dans les périodes de crise. « Tout détenteur d’une autorité est tenté d’en abuser s’il n’est pas arrêté par un contre-pouvoir » (ibid.). On s’attendrait donc à un beau recul réflexif du sommet de l’exécutif sur les limites de la délégation de pouvoir en démocratie, sur les lignes rouges à ne pas franchir dans les atteintes aux libertés de la part de gouvernants soumis aux urgences sanitaires, sur les moments critiques où de tels risques auraient été pris. Comme la figure du Parlement est presque absente des propos du ministre, que les syndicats y sont présentés comme des bâtons dans les roues de « l’unité nationale », que les contestations, même les plus limitées, sont taxées de « faux procès » (p. 99), on peut légitimement se demander à quel contre-pouvoir le ministre fait allusion.

Sa réponse est surprenante : « Force est de constater que nous devons penser aussi, désormais, le pouvoir politique lui-même comme un contre-pouvoir fondamental face à toutes les puissances qui se développent dans la société mondialisée » (p. 33) ! Le « pouvoir politique » est donc « désormais » un contre-pouvoir ! Ce renversement dialectique devrait ravir les populistes à la tête de leurs appareils d’Etat (que dis-je ? : de leurs républiques !), auxquels ils font faire des virages à 180° en tournant le dos au libéralisme politique et aux précédents acquis de l’Etat social. Selon cette nouvelle interprétation, le risque de toute-puissance liberticide ne vient donc pas de la tendance naturelle du pouvoir exécutif à l’autoritarisme mais des concurrents extérieurs au pouvoir d’Etat. Le ministre en dresse une liste à la Prévert : « les médias globaux et l’information en continu, les réseaux sociaux, le pouvoir des experts, le pouvoir technologique, les multinationales des secteurs vitaux de la vie collective, et tous les “soft powers”, parfois proto-étatiques, parfois purement privés qui visent la mainmise sur le comportement des citoyens et sa manipulation » (ibid.). Le ministre, « libéral » déclaré sur le plan économique, qui se présente en défenseur des « droits naturels de l’homme, c’est-à-dire ceux qui préexistent au pouvoir politique » (p. 37), s’avère un fervent étatiste ! La pensée de Montesquieu sur l’équilibre entre les trois pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire) trouve là une interprétation bien singulière qui devrait bouleverser les cours dans les facultés de droit.

En portant son regard sur les puissances extra-étatiques ou supposées telles, toutes mises dans le même sac sans distinction, notre nouveau « penseur du politique » évite ainsi de porter son regard sur le fonctionnement interne du régime politique de la Ve République, de mettre en question le présidentialisme archaïque de cette République qui accumule les traits caractéristiques du monarchisme français et de l’aristocratisme d’Ancien Régime (comme le professeur de droit public l’analysait autrefois[iv]). Sous prétexte de lutter contre la mondialisation, le thème classique de l’équilibre des pouvoirs à l’intérieur même du régime est laissé dans un angle mort. On imagine mal Montesquieu cautionner pareil escamotage ! La pensée du ministre peut facilement voguer vers les rives d’un populisme nationaliste, autoritaire et illibéral…

Peut-être en a-t-il parfaitement conscience, lui qui recrute dans ses comités Théodule quelque éminence du Printemps républicain ou des proches de La Manif pour, tous réputés pour leur conservatisme militant ? Peut-être espère-t-il éviter de se laisser phagocyter par ses amis « républicains » proches des milieux familialistes[v] en rappelant la vieille distinction entre droit naturel et droit social : « Le professeur […] a la charge de la transmission des savoirs. Là où le contrat naturel qu’est la vie donne cette mission aux parents, le contrat social le confère aux professeurs » (p. 94). Cette distinction entre « contrat naturel » et « contrat social » fleure bon son anachronisme et présente une bien illusoire ligne Maginot contre les revendications des nostalgiques de Pétain en faveur du financement public des écoles privées.

Condorcet, récupéré

De quelle École rêve le ministre en campagne dans son dernier ouvrage ? On sait que ses rêves politiques ne se limitent pas à l’École. Lors d’un précédent remaniement gouvernemental, il a candidaté au ministère de l’Intérieur. C’est son collègue Darmanin qui a été choisi. C’est une des raisons qui explique que, dans son École ouverte, le recordman de longévité ministérielle s’évertue à montrer la centralité politique de l’ École. Pour justifier cette position, il appelle Condorcet à la rescousse « qui théorisa l’avènement de la véritable démocratie par la généralisation de l’École pour tous les enfants. A ses yeux, et aux nôtres désormais, il ne peut y avoir de liberté réelle, d’égalité réelle et de fraternité réelle que par l’École » (p. 15). Autrement dit, qui tient l’ École tient le pays. Une façon de rehausser le prestige de son ministère. Plus loin il affirme : « [L’École] a été, est, et sera le vecteur fondamental de l’égalité des chances. Quel que soit le modèle de société auquel on croit, l’École est ce qui permet la liberté et l’égalité. C’est elle qui peut compenser les inégalités de naissance, beaucoup plus et beaucoup mieux que n’importe quelle politique sociale » (p. 84).

Il est remarquable qu’un haut technocrate de la trempe du ministre puisse zapper à ce point ce que les études sociologiques ont établi depuis plusieurs décennies, à savoir que « l’égalité des chances » méritocratique est un discours sans effet sur la réduction des inégalités scolaires (qui sont structurelles et bien installées dans le système scolaire français), que les inégalités sociales, géographiques, résidentielles, etc., ne sont pas du tout compensées dans le cadre de la compétition scolaire mais, au contraire, aggravées. En général, les dominants (et spécialement les gagnants du néolibéralisme et ses admirateurs béats) détestent la sociologie (trop déterministe, trop négative, trop désespérante…) et ne veulent croire qu’au miracle des destinées individuelles (la « méritocratie ») sans prendre en considération les contextes réels des réussites individuelles[vi]. Ce déni est une forme de négationnisme à rebours du pragmatisme et du rationalisme revendiqués par le haut technocrate. Sous l’égide fallacieuse de Condorcet, il couvre l’École élitaire de la République française d’un drapeau d’« égalité des chances » fantasmatique. Cette « égalité » est réservée par philanthropie (euh pardon ! par « politique sociale ») à quelques rares élus. Aux nombreux exclus du système qui n’y ont pas leur place, elle est présentée comme un horizon atteignable « pour qui veut », horizon qui s’éloigne à mesure qu’on cherche à l’approcher…

Weber, mais sans l’éthique de la conviction

Enfin, avec Weber, il s’agit pour le ministre d’installer la prééminence de principe du pouvoir du gouvernant sur toutes les autres formes d’expertise et d’intervention. « L’éthique de responsabilité » évoquée par Weber est instrumentalisée pour régler quelques comptes, mais sans le dire explicitement, avec les médecins et scientifiques qui ont publiquement contesté à tel ou tel moment les déclarations ou décisions du ministre sur l’ouverture des écoles, collèges et lycées, ou mettre en doute la faisabilité des protocoles sanitaires élaboré par le ministère. Quel est son argumentaire sur la responsabilité des scientifiques par comparaison à celle des politiques ? « Les scientifiques comme les politiques doivent reconnaître la part d’incertitudes qui entoure leur jugement puis assumer ce qu’ils en déduisent » (p. 73). Cette phrase ambiguë peut être comprise comme une réminiscence du fameux « responsable mais pas coupable », ce qui mettrait finalement scientifiques et politiques dans la même position face aux « incertitudes ». Alors en quoi consiste leur différence ?

« Les scientifiques comme les politiques doivent privilégier la collégialité comme étant le mode d’émergence le plus pertinent d’une intelligence collective. En politique, il y a néanmoins une différence car la décision peut, in fine, être solitaire, même si elle est précédée des plus grandes consultations » (ibid.). Autrement dit, puisque dans le régime actuel, c’est le monarque républicain qui décide seul in fine (ou ses ministres, chacun à son niveau), eh bien telle doit être la définition du politique ! L’ancien professeur de droit public théorise ce que l’on peut appeler « la collégialité limitée au pouvoir d’un seul » ! Le gouvernant s’entoure d’organes consultatifs dénués de pouvoir, puis décide seul, quitte à rejeter sans justification explicite leurs préconisations argumentées, comme cela a été le cas avec la Convention citoyenne sur le climat ou avec des instances comme le Conseil supérieur de l’éducation. On comprend mieux pourquoi, une fois la décision prise par le pouvoir politique, le silence dans les rangs est exigé. C’est ce que dit le ministre : « Les scientifiques doivent avoir, quand ils interviennent publiquement, d’abord une visée pédagogique. Cela suppose un ton et une méthode. Tout cela renvoie à un régime de responsabilité qui est, fort heureusement, très différent pour les scientifiques et pour les politiques » (ibid.). Autrement dit, les scientifiques ne doivent pas commenter les décisions des politiques mais juste informer les populations sur ce qu’on sait et ne sait pas (les « incertitudes ») puisqu’ils ne décident de rien.

Dans une telle république des chefs, on se demande où et comment la démocratie peut vivre ! L’étatisme élitaire peut s’épanouir au nom de la responsabilité avec un grand R, celle du pouvoir exécutif sans réel contre-pouvoir démocratique. En dehors du sommet de l’exécutif, tous les autres acteurs de la vie du pays sont déclarés d’emblée politiquement « irresponsables » quelles que soient leurs conceptions, leurs compétences, leurs expériences… et leurs valeurs.

La suite ici : L’École et la République des chefs : 3. Populisme éducatif & autori... — Le Club (mediapart.fr)

[i] Clément Viktorovitch : le "wokisme", une arme de disqualification massive - YouTube

[ii] Jean-Michel Blanquer, le vice-président - Le Point. L’article de février 2018 commence ainsi : « Ascension. En quelques mois, le ministre de l’Education nationale est devenu l’homme-clé du système Macron. Jusqu’où peut-il aller ? ».

[iii] Lire les comptes rendus de Laurence de Cock L’ « école ouverte » ou le monde parallèle de Jean-Michel Blanquer - AOC media - Analyse Opinion Critique, de François Jarraud, JM Blanquer : Ecole ouverte, le roman d'un slogan (cafepedagogique.net), d’Ellen Salvi Jean-Michel Blanquer, l’autosatisfait - Page 1 | Mediapart.

[iv] Notamment ici : Beaud, Olivier et Blanquer, Jean-Michel (dir.), La responsabilité des gouvernants, Descartes et Cie, 1999. Voir mon analyse : Vers une nouvelle guerre scolaire. Quand les technocrates et les neuroscientifiques mettent la main sur l’éducation nationale, La Découverte, 2019, p. 249-251. Chapitre en ligne : 12. Qui tient la barre du grand reformatage ? | Cairn.info

[v] L’extrême-droite familialiste (milieux intégristes religieux de divers cultes) qui voit dans la famille le fondement de la société, reproche à l’Etat républicain sa « mainmise » sur l’éducation, dictant les finalités éducatives et monopolisant les moyens qui devraient, selon ces extrémistes anti-laïques, rester du strict ressort des parents (bien entendu, eux-mêmes soumis aux autorités religieuses de leur culte…).

[vi] A cet égard, l’admirable récit de Jean-Paul Delahaye, Exception consolante : un grain de pauvre dans ma machine (La librairie du Labyrinthe, 2021), est une lecture incontournable.

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