Le syndicalisme policier, une proximité au pouvoir à faire la fête ensemble

Le billet "Claude Guéant en boîte de nuit" de Louise Fessard révèle, derrière le ridicule d'un syndicalisme de pacotilles, l'incidence dramatique que cela entraîne pour les libertés publiques et la sécurité des citoyens, nonobstant l'affirmation du comportement discriminatoire du ministre de l'intérieur, cautionnée par les confédérations syndicales, comme FO.

Paradis Latin - Paradis à la folie © paradislatincabaret
Paradis Latin - Paradis à la folie © paradislatincabaret

Le billet "Claude Guéant en boîte de nuit" de Louise Fessard révèle, derrière le ridicule d'un syndicalisme de pacotilles, l'incidence dramatique que cela entraîne pour les libertés publiques et la sécurité des citoyens, nonobstant l'affirmation du comportement discriminatoire du ministre de l'intérieur, cautionnée par les confédérations syndicales, comme FO.

Des syndicats de la police festoient la nuit dans Paris et bénéficient d'une disponibilité extraordinaire des autorités administratives et ministérielles qu'elles n'accordent pas, étonnament, à d'autres syndicats (CGT Police, Sud intérieur, ...) qui ne parviennent pas, eux, à avoir un rendez-vous pour évoquer des situations professionnelles dramatiques, pendant les heures de bureau.

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Claude GUÉANT a formulé ses bons voeux aux policiers de Synergie Officiers... au Paradis Latin.

Ce paradoxe pose la question sur le sérieux du ministre et de ses hauts fonctionnaires indisponibles pour traiter des dossiers urgents et dramatiques mais disponibles pour se rendre au Paradis Latin ou au Duplex...

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Quel fut le service d'ordre prévu lors de cette soirée ?

Le fait que ce soit le ministre qui se déplace et non lui qui reçoive les syndicats au ministère pour les voeux n'est pas neutre.

Cela lui permet d'éviter la présence des syndicats qui lui déplaisent ; ceux qui défendent les intérêts de leurs adhérents, une police républicaine, le respect des droits et libertés des citoyens.

Accueil des étrangers à la Préfecture de Bobigny- CFDT © Olivier MOUROT

 

 

 

 

La démarche ministérielle est donc calculée.

Elle confirme une volonté ministérielle à privilégier des syndicats - pour les remercier de quoi ? - et en d'exclure d'autres.

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MM. Bouchaert Péchenard et Gaudin au Duplex (photo Unité SGP Police)

Claude Guéant affirme ainsi une politique discriminatoire ("toutes les civilisations ne se valent pas"), à commencer dans le dialogue social.

Il méprise la loi. La discrimination, notamment syndicale, est illégale. La direction des libertés publiques du minisère de l'intérieur peut le lui confirmer. Si tant est qu'il la consulte, l'actualité permettant d'en douter. La circulaire sur les Roms a montré que cela ne le soucie pas :

Le plus grave est que cette discrimination syndicale n'émeut pas le secrétaire général de FO qui, s'y prètant ostensiblement, la cautionne.

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Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO au "Duplex" (photo Unité SGP Police)

La fréquentation des cabarets par les forces de l'Ordre ne rappelle pas des bons souvenirs. « L'Occupation, ce fut LA grande époque des cabarets », raconte l'écrivain Pierre Philippe, l'un des meilleurs connaisseurs de la période (Télérama)

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Enfin, qui paye ces soirées mondaines ?

Une soirée privée au Paradis Latin pour 500 personnes est facturée 341.000 euros selon le site du paradis Latin lui même.

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M. Guéant dans la foule au "Duplex" (photo Unité SGP Police)

L'argent ainsi dépensé ne serait-il pas "syndicalement" mieux investi à défendre les fonctionnaires dans leur résistance au dévoiement de la loi, à la dérive antirépublicaine à laquelle les soumet la hiérarchie ? Comme Médiapart en témoigne très régulièrement.

Les photos sur le site du député UMP ALBARELLO des "voeux" de Synergie (qui a défendu les garde-à-vue , le fichier Edvige, soutient les policiers de Clermont Ferrand, les policiers de la DCRI, les policiers de Bobigny...) sont édifiantes.

 

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De gauche à droite : Frédéric PECHENARD, Directeur général de la Police nationale, Bruno BESCHIZZA, Sous-Préfet et Yves ALBARELLO, Député

La complicité qui s'affiche ostensiblement sur les images permettent de douter de la défense des intérêts des policiers et le respect de leurs droits quand ils sont défendus par des syndicalistes qui s'entendent si bien avec le "patron".

Ce phénomène de cour auquel s'abandonne complaisament un certain syndicalisme policier montre qu'il n'est pas républicain.

C'est une cause des dérives de la police.

Ce n'est même plus de la soumission à l'autorité comme l'expliquait Milgram, puisqu'il n'y a pas de contrainte. C'est la confirmation de l'inertie fonctionnelle déduite d'Hannah Arendt.

Le règne de l'homme sans tête. L'idéal des électeurs de droite qui veulent rétablir la peine de mort.

L'homme à tête de chou

 

 

 

La garantie d'une police républicaine est menacée par ses institutions représentatives.

Il serait intéressant d'avoir l'avis des confédérations syndicales (UNSA, CGC, FO) auxquelles sont affiliés ces syndicats complaisants. La présence de Jean-Claude Mailly au Duplex n'est pas faite pour rassurer.

"Bon appétit messieurs" et merci Louise pour ce billet.

Les photos mise en lignes sur le site de Monsieur ALBARELLO député UMP :

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Monsieur Ribeiro, Synergie officier, Monsieur Claude Guéant, ministre.

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Monsieur ALBARELLO, député UMP, Monsieur Ribeiro, Synergie officier, Monsieur Claude Guéant, ministre.

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Yves ALBARELLO, Mohamed DOUHANE et François LANTERI

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Le spectacle du Paradis Latin

Les photos sont de Philippe Cordier.

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