Pfuitt des cerveaux et Geneviève Fioraso

Carine Fouteau évoque la plainte des "chefs d'entreprise" à voir fuir les cerveaux dans son dernier article. Elle expose l'incohérence des promoteurs du système austéritaire-compétitif qui se plaignent des conséquences de ce qu'ils promeuvent, avec le succès que l'on connaît grâce à l'indulgence du social-libéralisme ou des libéraux-démocrates, voire néo-conservateur, au pouvoir, dont l'université se plaint d'une de ses représentante en la personne de Geneviève Fioraso, dont la politique participe à cet logique impécunieuse - plutôt que de cerveaux - en quête de toujours plus d'argent.

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Carine Fouteau évoque la plainte des "chefs d'entreprise" à voir fuir les cerveaux dans son dernier article. Elle expose l'incohérence des promoteurs du système austéritaire-compétitif qui se plaignent des conséquences de ce qu'ils promeuvent, avec le succès que l'on connaît grâce à l'indulgence du social-libéralisme ou des libéraux-démocrates, voire néo-conservateur, au pouvoir, dont l'université se plaint d'une de ses représentante en la personne de Geneviève Fioraso, dont la politique participe à cet logique impécunieuse - plutôt que de cerveaux - en quête de toujours plus d'argent.La loi sur les universités visant à la mise en compétition des formations conduit à sacrifier une offre de formation uniforme sur tout le territoire accessible à tous au pofit d'un nombre réduit de pôles de compétences aux coûts élevés et résevés à une certaine catégorie sociale.

Cette politique des universités répond à une idéologie libérale qui dénonce les coûts et leur mutualisation, faisant prévaloir les égoïsmes à court terme sur l'intérêt général à long terme.

Ce faisant, l'université n'est plus un lieu de partage et d'acquisition du savoir mais un investissement. Il est alors normal que celui qui s'inscrit dans cette logique se comporte conformément à cette logique. L'étudiant étant dorénavant un investisseur, il s'investit dans une université pour en considération de la plus-value future qu'il pourra négocier au plus offrant à la sortie.

La politique sociale étant ce qu'elle est en France et les salaires y étant ce qu'ils sont, les étudiants-investisseurs devant payer de plus en plus cher leurs études exigent légitimement le retour sur investissement optimum immédiat et s'en ils vont, répondant ainsi à la logique dominante qu'on leur enseigne et qui guide la politique actuelle, comme Madame Fioraso s'est appliquée à la développer :

Université Saint-Quentin-en-Yvelines en faillite

Universités: faillite annoncée par les Présidents

(Montpellier 3) : "Je n'ai plus d'alternative, l'université va faire f

Au bord de la faillite, les facs crient à l'aide

Le gouvernement et les chefs d'entreprise ne peuvent que s'en prendre à eux-mêmes. La compétitivité s'exerce aussi au niveau des salaires. Il ne faut donc pas s'étonner que les salariés s'en aillent. Ils ne font que ce que font les entreprises qui menacent de partir, délocalisent, font du dumping social. Un individu guidé par l'appât du gain - comme les entreprises le sont par le profit - sera toujours plus mobile qu'une organisation. Les entreprises sont perdantes. Le libéralisme, c'est chacun sa merde... Ou alors, sinon, il faut être socialiste.

La fuite des cerveaux cessera aussi le jour où les sociétés paieront décemment leurs salariés. Un autre problème est le racisme à l'embauche. Des ingénieurs ne trouvent que des stages de formation parce qu'ils sont noirs ou arabes. Il est indécent de se plaindre de la fuite des cerveaux tout en méprisant de façon discriminatoire les compétences disponibles.

La "pfuitt" des cerveaux n'est donc pas prête de s'arrêter si madame Fioraso est reconduite dans ses fonctions mardi, le jour du vote de confiance au gouvernement qu'une majorité "rebelle" met en garde. Une mise en garde de matamore ?

C'est donc un drôle "gouvernement de combat" qui recycle des personnes issues d'une mairie de Grenoble que les électeurs ont renvoyé avec fracas à ses chères études. Madame Fioraso est liée à la faillite du système Destot. Cela n'a pas soulevé beaucoup de commentaires. Il aurait du au moins éveiller la circonspection du pouvoir.

 

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Les diplômés français ? Mais qu'ils s'expatrient ! Par Carine Fouteau

« Fuite des cerveaux », « hémorragie », « perte des forces vives »… L'expatriation des diplômés français inquiète le monde patronal. Pourtant, les données statistiques sont tout sauf alarmantes. Au mieux, la France rattrape son retard.

Pétition et jeu participatif : 20 raisons de ne pas reconduire Fioraso  Par Pascal Maillard

Le bilan de Geneviève Fioraso au Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche est à l'image des résultats du PS à Grenoble : calamiteux. Des voix s’élèvent contre sa reconduction programmée, y compris au sein du PS. Je relaye une pétition d'universitaires (3000 signataires en deux jours). Et je propose 5 premières raisons de ne pas reconduire le contrat d’une ministre qui a trahi les promesses de Hollande en prolongeant et en aggravant la politique de Pécresse/Sarkozy. Aux lecteurs de Mediapart de trouver d’autres bonnes raisons. Elles ne manquent pas !

Geneviève Fioraso, recalée !  Par Les invités de Mediapart

Le groupe Jean-Pierre Vernant, qui réunit 59 universitaires « proches de la gauche de gouvernement », demande à Benoît Hamon, nouveau ministre de l'éducation, mais aussi de l'enseignement supérieur et de la recherche, de ne pas reconduire dans ses fonctions l'ancienne secrétaire d'Etat du gouvernement Ayrault.

Politique étrangère : Hollande dans le «bain néoconservateur» Par Lénaïg Bredoux

En dix-huit mois, il a engagé la France dans deux conflits armés. Il voulait « punir » Assad et « détruire » les terroristes du Sahel, se montrer ferme avec l'Iran et afficher son amitié avec Israël. Le président français est-il devenu néoconservateur ?

Gestion hasardeuse ? Quand le passé entrepreneurial de Geneviève Fioraso, nouveau ministre de l'Enseignement supérieur, ressurgit

Un rapport d'expertise judiciaire de la société Corys dont Geneviève Fioraso était directrice commerciale, démontre que l’entreprise gonflait ses comptes et avait empoché de larges subventions destinées à des centres de recherche et à certaines universités sans les reverser en totalité… A noter, que pour leur part, les deux inspecteurs du SRPJ de Lyon chargés de travailler sur le rapport d'expertise judiciaire de 1999 sont devenus pour l'un (M. Ziméro) membre du cabinet du Maire et pour l'autre (M.Martin) membre du cabinet du Président PS de l'agglomération où il est encore. (Atlantico).

CORYS, success story ou dégringolade story ?

En 1989, M. Destot ingénieur au CEA, crée une start up, Corys (Compagnie de réalisations et d’ingénierie des systèmes), pour simuler la conduite de réacteurs nucléaires. On y retrouve Stéphane Siebert, Geneviève Fioraso et d’autres personnes qui feront partie de la garde rapprochée du maire à partir de 1995. L’histoire se termine lamentablement en 1997. Mise en redressement judiciaire, la société disparaîtra, reprise suite à une cession par la SA Corys Tess qui dépendait à l’époque de Tractebel (Suez- Lyonnaise des Eaux). (ADES)

Observatoire de la dépense publique "Affaire Corys S.A"les contrats avec la Commission européenne

Rapport d'expertise judiciaire de l'entreprise "Corys S.A" : Dans le cadre des contrats conclus entre la société Corys S.A et EVVEREST (programmes européens), le rapport d'expertise judiciaire relève une série d'anomalies : (extrait du rapport remis au Procureur de la République de Grenoble, pages 29-30-31)

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