Je continue à regarder les bulletins météo (le programme télévisé le plus regardé) et je m'étonne en permanence des euphémismes employés par les journalistes pour faire état des prévisions. Un doctorant pourrait faire une étude de l'ensemble de toutes ces formules destinées à éviter l'expression "dérèglement climatique". L'idée générale c'est de dire: "C'est normal".
Le journal télévisé de France 2 continue à nous faire vivre un dérèglement climatique heureux... et nous parle du vin produit au Québec grâce au réchauffement dans cette région. Pourtant un ouragan (rétrogradé en tempête tropicale) a fait trois morts en Irlande ce 17 octobre. Un ouragan qui menace l'Irlande c'est inédit et cela nous raconte un avenir où l'on devrait trinquer d'une autre manière.
« Il fait beau, il fait bon. La vie coule comme une chanson » Chantait Claude François, et le journal télévisé de France 2 ce dimanche midi, nous chante de gentilles paroles tout à fait populaires. Personnellement, je trouve que c'est une très mauvaise nouvelle, ce n'est pas un temps de saison. Le dérèglement climatique est là. France 2 perd une bonne occasion de nous le faire toucher du doigt.
Mon camarade, Jean-Jacques Bouhon, est mort ce matin d'un cancer qui l'a emporté trop rapidement. Comme d'habitude, en bon chef opérateur qu'il était, il a protégé le réalisateur que je suis, en me disant que tout allait bien, que ce n'était rien...
Cet ouragan est d'une puissance jamais atteinte! Combien de temps faudra-t-il encore? Combien de morts? Pour que chacun d'entre nous prenne conscience?
Il y a dix ans ma camarade Isabelle Delannoy tirait la sonnette d'alarme... Il y a tellement d'autres vidéos, de déclarations disponibles, qu'on se demande pourquoi Nicolas Hulot ne dit rien, ne fait rien sur la question... Sa démission est peut-être la seule manière d'annoncer cette urgence?
Pour Yves Cochet, ancien ministre de l'environnement, président de l'institut Momentum, il est trop tard, l'effondrement est imminent: la faillite, la guerre, la mort, l'apocalypse presque, tout se produira dans 3, 5 ou 13 ans pour lui c'est une certitude... Je livre ici l'intégralité de son texte paru dans Libération, qui n'a pas l'air de remuer qui que ce soit dans le Landerneau