salah horchani
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Billet de blog 15 oct. 2021

Tunisie – UE et USA : Notre Président et nos médias ont la mémoire courte !

salah horchani
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Capture d’écran de la vidéo [1] dont le titre est « Tunisia: Examining the State of Democracy and Next Steps for U.S. Policy».

Notre  président - confondant le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, le comble pour un constitutionaliste, et oubliant la séparation des pouvoirs dans les démocraties - a reçu l’ambassadeur des États unis, Donald Blome (représentant le pouvoir exécutif), pour lui faire part de sa déception quant à l’audition consacrée à l'examen de la situation en Tunisie par les représentants du Congrès des USA (détenteur du pouvoir législatif), qui s’est tenue hier,  jeudi 14 octobre [1], alors qu’il avait tenu, le 23 février 2021 au Palais de Carthage, une réunion avec les ambassadeurs des pays de l'Union européenne accrédités en Tunisie pour défendre le bien-fondé de sa position dans la crise politique tuniso-tunisienne que traverse le pays, en n’hésitant pas à tacler ses adversaires [2]; tacle qui semble devenu une constante de ses discours et fameuse réunion au début de laquelle il n’avait salué que les diplomates hommes présents, oubliant de saluer les dames [3]. Et, depuis cette date, on a vu défiler au Palais de Carthage presque tous les diplomates domiciliés à Tunis et de nombreux hommes politiques et de médias étrangers, y compris des membres du dit Congrès [4] et une équipe de journalistes du New York Times [5], qui ont été aussi gratifiés d’exposés présidentiels traitant de nos affaires intérieures, et, en premier, de ladite crise. La réponse de ces délégations américaines aux explications que leur a fournies le Président Kaïs Saïed ne s’était pas fait attendre et fut extrêmement critique envers notre président, mettant en garde sa tendance autocratique qui risque de mettre en danger la démocratie en Tunisie. Quant à sa tendance à prendre à témoins des étrangers qui ne lui avaient rien demandé et à leur exposer ses différends avec ses adversaires que, souvent, il diffame sans la moindre preuve, elle m’a exaspéré et m’a conduit à protester en écrivant, en ce même mois de février [6] :

Monsieur le Président
Peut-on imaginer
Le Président Bourguiba
Au milieu d’accrédités
Bafouant le sens de l’État 
En leur parlant de Ben Salah
Son bras droit désavoué ?
Peut-on imaginer
Le Président Macron
Au milieu d’accrédités
Leur détailler, leur exposer
Ce qui ne tourne pas rond
Dans l’exercice de ses fonctions ?
Peut-on imaginer
Le Président Mitterrand
Formuler des attaques
Contre Jacques Chirac
Devant des étrangers ?

Aux dernières nouvelles, cette réunion du 23 février 2021 et celles qui l’ont suivie pour convaincre les Européens et les autres de la justesse des actions menées par notre président, dans le cadre de ladite crise tuniso-tunisienne, ont conduit, plutôt, à l’effet inverse des souhaits présidentiels. Ainsi, la page « Actualité » du Parlement européen a annoncé, le 14 octobre 2021, dans sa rubrique « L'essentiel de la plénière - 18-21 octobre 2021 - Session plénière – Strasbourg », que le Parlement européen va débattre de la situation en Tunisie lors de cette plénière, annonce qui s’ouvre par « Le système démocratique de la Tunisie est menacé en raison de l'absence de séparation des pouvoirs, devraient avertir les députés lors d'un débat mardi - Le Parlement européen devrait appeler le Président tunisien Kais Saied à ouvrir un dialogue avec les principaux partis politiques du pays et les représentants de la société civile pour mettre fin à la crise politique en Tunisie. Le Président Saied détient actuellement presque tous les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, après avoir remercié le Premier ministre et suspendu le parlement en juillet 2021. En septembre, il a par ailleurs suspendu la Constitution du pays via un décret présidentiel », et se termine par « Une résolution sera mise aux voix jeudi - Débat : mardi 19 octobre - Vote : jeudi 21 octobre » [7].

Profondément déçu par ces prises de position en cascade des pays étrangers contre sa politique et son Coup d’État du 25 juillet 2021, le Président Kaïs Saïed a changé complètement de registre, en prenant un virage à 180 degrés. Sa rengaine du moment, qui a rejoint sa rengaine perpétuelle « le peuple…, le peuple…, le peuple…», et surtout son « Al-sha’b yurid » [=le peuple veut], slogan vide, brumeux, réduisant notre peuple à ses seuls partisans et sans jamais nous dire ce que veut le peuple, avec les condamnations de ses adversaires à l’emporte-pièce, manipulant son discours « populistement » pour les exclure, en n'hésitant pas à leur donner des noms d’oiseaux – je disais donc, sa rengaine du moment est de clamer haut et fort, tous azimuts, notre souveraineté. Et, comme tout un chacun sait, dans tous les pays du monde, cette rengaine est un chant partagé par tous les extrêmes, soit-dit en passant. Ainsi, il a déclaré, ce même jeudi – faisant probablement allusion aux sévères critiques émanant de ladite audition consacrée à l'examen de la situation en Tunisie par les représentants du Congrès des USA - qu’ « il n’est pas permis à quiconque d’interférer dans nos affaires internes ; la parole est au peuple et non à des capitales étrangères », en rappelant à l’occasion que « les conventions de l’ONU interdisent l’ingérence étrangère » [8]. Alors qu’il fut un temps où nous étions souvent informés de la politique présidentielle tuniso-tunisienne par le biais des comptes rendus et des vidéos publiés sur la page Facebook officielle de la présidence de la République relatifs aux rencontres et aux entretiens téléphoniques de notre président avec des personnalités et des délégations étrangères de toutes sortes. Merci Mark Zuckerberg ! Pour nous informer, qu’aurait pu faire d’autre notre magistrat suprême sans vous, compte tenu de la compétence bien connue de sa garde rapprochée ! Et, il est regrettable qu’aucun média n’ait relevé cette spectaculaire volte-face présidentielle !

Pour être complet, il faut spécifier que les déclarations rapportées ci-dessus du Président Kaïs Saïed, relatives à sa dite rengaine du moment, ont été faites hier, jeudi 14 octobre 2021, à l’ouverture du premier conseil de cabinet du gouvernement Najla Bouden, illustre inconnue en politique [9], qu’il a chargée lui-même, le 29 septembre 2021, de former un nouveau gouvernement et de le lui présenter « dans les prochaines heures ou jours », lui a-t-il enjoint, gouvernement qui a mis douze jours pour se constituer et qui a succédé à celui de  Hichem Mechichi qu’il avait déjà lui-même choisi, quelques mois auparavant, avant de le congédier lors de son coup d’État du 25 juillet 2021 et de laisser le pays, pendant près d’un trimestre, sans gouvernement. Il convient de signaler que l’exposé de sa rengaine du moment, dans l’ouverture du dit premier conseil, a duré 15’25’’ et a occupé toute son introduction, exposé qui est revenu, à plusieurs reprises, à la charge pour critiquer les pays étrangers et leur parlement qui se sont aventurés dans la critique de son Coup d’État [8] (cette qualification est de l’auteur de ce billet). Et, pour terminer, comme les choses se présentent, ce « gouvernement n’aura de toute façon qu’un rôle de conseil, au mieux. Les pouvoirs octroyés au Premier ministre ont en effet été considérablement amoindris par les "mesures exceptionnelles" prises par décret présidentiel le 22 septembre [10] et suspendant l’application de chapitres-clés de la Constitution » [9].

Pour conclure, je dois avouer, dans ce contexte, que si ce n’était le conservatisme sur le plan des mœurs de Kaïs Saïed confirmé par son projet assumé de société rétrograde, en ce qui concerne la peine de mort, les droits des personnes LGBTQA+, l’égalité successorale entre femmes et hommes qu’il a définitivement enterrée le 13 août 2020, arguant que le texte coranique était clair pour l’inégalité, le 13 août, choisi par provocation, car c’est le  jour anniversaire de la promulgation du Code du statut personnel (CSP) en Tunisie et qui, habituellement, est marqué par une avancée législative vers l’égalité femme-homme, sans oublier sa volonté déclarée d’anéantir la société civile et les partis politiques [11], si ce n’était, également, le décret présidentiel 117 du 22 septembre 2021 consacrant les pleins pouvoirs – exécutifs, législatifs et judiciaires – au seul président de la République et réduisant drastiquement le statut du chef de gouvernement à celui d’un simple Secrétaire en chef, si ce n’était tout cela, j’aurais, en tant que féministe, applaudi volontiers des deux mains à la nomination de Madame Najla Bouden. Et si je ne le fais pas, si mon enthousiasme pour sa nomination est hésitant, c’est aussi parce que je crois profondément que sa nomination est symbolique et relève plutôt d’un féminisme de façade primitif dont l’objet est d’exploiter la carte-femme dans l’agenda du Président Kaïs Saïed pour donner des gages, à l’opinion surtout étrangère, de sa supposée modernité afin  d’estomper son image de conservateur confirmé, qu’il s’agit d’un coup de communication réussie pour faire parler de lui et mettre en scène sa seule personne, en Tunisie et à l’étranger. Et, il n’est pas nécessaire d’être un analyste politique averti pour comprendre que Najla Bouden, a été choisie pour son « genre ». J’affirme tout cela sans qu’il ne vienne à mon idée de préjuger de ses qualités certaines de compétence, de travail et de sérieux dans son domaine, ni de mettre en doute la solide réputation qu’elle s’est constituée dans son environnement naturel immédiat dont je fais partie, professionnellement et même géographiquement, nos deux institutions d’attache étant mitoyennes sur le Campus universitaire Farhat Hached, anciennement Belvédère. Nous souhaitions un profil adapté à la catastrophique crise économique, financière et sociale que nous subissons depuis plus d’une décennie, crise qui va de mal en pis, une décennie pendant laquelle notre optimisme, nos espoirs et nos rêves furent ébranlés, un profil prêt à affronter les confrontations, les conflits, les ruses et aussi les coups bas qui jonchent le monde politique ; et, ce qui me laisse dubitatif face à ce que pourrait apporter Madame Najla Bouden dans la résolution de cette crise, outre le handicap institutionnel créé par le président , c’est qu’il me semble qu’il y beaucoup trop à exiger de quelqu’un sorti fraîchement du sérail universitaire, aux antipodes du bercail politique, si prestigieux soit son aura académique.

En définitive, même si, malheureusement, tout indique que la mission de Madame Najla Bouden est impossible, que tous les feux sont au rouge, que les deux chefs de gouvernement choisis par le Président Kaïs Saïed [12]– lui, rien que lui - ont échoué, même si tout ne semble pas me donner tort et renforce mon intime conviction que sa nomination ne présage rien de positif pour notre sortie de la crise que nous vivons, je souhaite, sincèrement mais sans beaucoup d'illusions, ne pas jouer les Cassandre et me tromper dans cette analyse, je souhaite de tout cœur que l'avenir ne me donnera pas raison, je souhaite vivement la voir réussir pleinement sa mission, la Tunisie en a terriblement besoin, le peuple du Printemps arabe le mérite bien, je lui souhaite beaucoup de courage et de patience pour pouvoir s’accommoder du caractère, le moins que l’on puisse dire, imprévisible de notre Président.

I - ADDENDUM ajouté le 16 octobre 2021 - Tunisie/Union européenne : Quand la présidence de la République ne dit pas tout, tout, tout, et oublie sa rengaine du moment !

1. Le 15 octobre 2021, c’est-à-dire au lendemain de l’annonce de la Session plénière du Parlement européen qui va débattre de la situation en Tunisie dont il fut question ci-dessus, le président de la République Kaïs Saïed s’est entretenu au téléphone avec Josep Borell, le haut représentant de l’Union européenne  pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, d’après un communiqué publié le même jour sur la page officielle de la présidence de la République, reproduit ci-dessous [13], suivi d’une traduction que j’ai effectuée dont il ressort que l’objet de cet entretien s’est limité à un exposé  du président Kaïs Saïed sur les raisons qui l’ont poussé à faire son Coup d’État (cette qualification est encore de l’auteur de ce billet), avec, évidemment, un zeste de sa propagande rituelle contre ses adversaires, et, d’après ce même communiqué, il ne fut nullement, de près ou de loin, question du retour au processus démocratique en Tunisie.

Mais, d’après un communiqué publié par la Délégation de l’Union Européenne en Tunisie, dans la soirée du même jour, le haut représentant Josep Borell a souligné lors de cet appel téléphonique, entre autres, «l’importance de l’établissement d’un calendrier bien défini pour le retour à un ordre constitutionnel en Tunisie basé sur la séparation des pouvoirs, le respect de l’état de droit et de la démocratie parlementaire, la sauvegarde des libertés fondamentales, qui serait issu d’un dialogue transparent et inclusif et tiendrait compte des volontés et aspirations du peuple tunisien. Le haut représentant a pris bonne note des propos du Président Saïed et en particulier de sa volonté de s’engager dans un dialogue national et de réduire le plus possible la durée de cette période de mesures exceptionnelles (…) Il a également rappelé que ce sera sur la base d’actions et mesures concrètes prises par les autorités tunisiennes que l’Union européenne déterminera comment au mieux accompagner la démocratie, la stabilité et la prospérité de la Tunisie. L’Union européenne continuera de suivre avec le plus grand intérêt la situation dans le pays, a-t-il conclu. » [14].

2. Non, la Session plénière du Parlement de l’UE consacrée à la Tunisie n’est pas une ingérence dans nos affaires intérieures!

Il convient de rappeler à ceux qui ont la mémoire courte que la Tunisie et l’Union européenne ont signé en 1995 un Accord d’association, entré en vigueur le 1er mars 1998, qui stipule dans son Article 2  que « Les relations entre les Parties, de même que toutes les dispositions du présent accord, se fondent sur le respect des principes démocratiques et des droits de l'homme qui inspirent leurs politiques internes et internationales et qui constituent un élément essentiel de l'accord » [15], et leur expliquer que la tenue de ladite Session plénière rentre dans le cadre de l’application de cet Article. D’ailleurs Hichem Mechichi, notre dernier chef de gouvernement, en sait quelque chose, car l’intitulé de son Mémoire de Master – dont la page de garde est reproduite sous la référence [16] – est « L’association entre la Tunisie et l’Union européenne, dix ans après » ; et, en tant que tel - qui plus est, académiquement et politiquement bien informé - il devrait sortir de son silence pour expliquer aux citoyens non avertis, et en premier à nos plus hauts responsables parmi eux, que la tenue de cette Session plénière est normale, ne constitue pas une quelque ingérence étrangère en Tunisie, mais qu’elle rentre dans le cadre du dit Accord d’association entre la Tunisie et l’Union européenne. Il convient aussi de les informer que cette clause des « Droits de l’homme » ne fut pas réservée exclusivement à cet Accord, mais, bien au contraire, « Les "clauses droits de l’homme" constituent un des instruments qui doivent contribuer à promouvoir le respect des droits de l’homme dans le cadre de la politique extérieure de l’Union. On les trouve notamment dans les " accords euro-méditerranéens d’association"   passés avec Israël, l’Egypte, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, le Liban, la Jordanie, dans l’accord de Cotonou de 2000 avec 78 pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique), dans les dix "accords de partenariat et de coopération"  passés avec la Russie et pays de l’exURSS et de façon plus ponctuelle dans un grand nombre d’autres accords d’association ou de coopération économique » ( in « Les droits de l’homme dans les accords d’association et de coopération conclus par l’Union européenne » [17]). D’ailleurs, ces « clauses droits de l’homme » constituent l’un des fondamentaux de la Charte européenne et ont conduit plus d’une fois, l’Union européenne à réagir contre leurs violations dans des pays membres de l’Union dont la Hongrie, par exemple, qui est gouvernée par un certain Viktor Orbán dont le style rappelle celui de notre Président. En conclusion, faut-il rappeler, à ceux qui l’ignorent, que la Tunisie a été le premier pays à signer un tel Accord d’association [18], Accord qui fait partie du Partenariat Euromed, dit aussi Processus de Barcelone, institué, à l'initiative de l'Union européenne, lors de la Conférence Euro-méditerranéenne, la même année que celle de la signature de cet Accord, et qui a permis à la Tunisie de recevoir régulièrement, depuis plus d’un quart de siècle, une aide financière de l’Union européenne, entre autres, sous la forme de dons dans le cadre du programme MEDA, programme qui « vise à mettre en œuvre les mesures de coopération destinées à aider les pays tiers méditerranéens à procéder à des réformes de leurs structures économiques et sociales et à atténuer les effets du développement économique sur le plan social et environnemental  (…) [et qui] soutient la transition économique des pays tiers méditerranéens (PTM) [en vue de ] la réalisation d'une zone euro-méditerranéenne de libre-échange » [19].

II - ADDENDUM ajouté le 21 octobre 2021 : Le Parlement européen a adopté, aujourd’hui jeudi 21 octobre - par 534 voix pour, 45 contre et 106 abstentions – la résolution sur la Tunisie concernant la position européenne vis-à-vis du Coup d’État de Kaïs Saïed [7] (la qualification est toujours de l’auteur de ce billet), en exprimant sa « profonde inquiétude concernant la trop grande concentration des pouvoirs dans les mains du Président» [20].

Comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, la note souveraine de la Tunisie a subi une (nième) dégradation par l’agence Moody’s, le jeudi 15 courant [21]. Commentant cette décision, et en faisant illusion, implicitement, à la rengaine du moment de notre Président, Noureddine Taboubi, Secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), a déclaré que «nul ne pourrait faire le poids face aux bailleurs de fonds internationaux quand on se trouve dans la posture d’un quémandeur » [22].

III - ADDENDUM ajouté le 26 octobre 2021 : À ceux qui me reprochent de n’écrire que sur Kaïs Saïed !

J’ai écrit des analyses critiques sur tous les présidents de la République que notre pays a connus [23], à commencer par le Grand Bourguiba, comme le montre, entre autres, la photo [24], capture d’écran d’un article [25] paru sur le quotidien La Presse , ce dimanche 24 octobre 2021, relatif au dernier livre de Khalifa Chater dont le titre est L’ère Bourguiba,  publié chez AC Éditions, livre où certaines réflexions que j’ai écrites sur cette « ère Bourguiba » ont été prises en compte par l’auteur, en me citant nominativement, auteur qui est, comme l’écrit ledit article, «professeur émérite d’histoire contemporaine à la faculté des Sciences humaines et sociales de Tunis. Il a publié de nombreuses études sur l’histoire tunisienne des XIX et XXe siècle».  

Salah HORCHANI

[1] https://www.youtube.com/watch?v=VS2iiN4t6qc

[2] https://www.facebook.com/Presidence.tn/videos/702383680407822

[3] Voir la référence [6] de mon poème intitulé « Tunisie - Lettre au Président Kaïs Saïed, sur un air de Boris Vian », paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/220221/tunisie-lettre-au-president-kais-saied-sur-un-air-de-boris-vian

[4] https://www.leconomistemaghrebin.com/2021/09/05/le-chef-de-letat-recoit-une-delegation-du-congres-americain/

[5] https://www.youtube.com/watch?v=o7dcg-Ip6KU

استقبال رئيس الجمهورية قيس سعيد لصحافيين من جريدة ...

https://www.nytimes.com/2021/08/01/world/middleeast/tunisia-president-kais-saied.html

https://www.albawaba.com/node/tunisian-politics-president-interview-new-york-times-vivian-yee-1440970

[6] Extrait du poème cité dans la référence [3] ci-dessus.

[7] https://www.europarl.europa.eu/news/fr/agenda/briefing/2021-10-18/12/tunisie-pour-un-dialogue-inclusif-en-vue-de-surmonter-la-crise-politique

[8] https://www.facebook.com/Presidence.tn/videos/1828412500664531

[9] https://www.france24.com/fr/afrique/20211001-la-dr%C3%B4le-de-nomination-de-najla-bouden-%C3%A0-la-t%C3%AAte-du-gouvernement-tunisien

[10] Voir, à ce sujet, l’ADDENDUM intitulé « Ce que je pressentais arriva, mettant le comble à la crainte des démocrates » et ajouté le 26 septembre 2021 à mon poème dont le titre est «Tunisie - Monsieur le Président Kaïs Saïed, de votre système, on n’en veut pas ! », paru sous le lien suivant : 

 https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/080921/tunisie-monsieur-le-president-kais-saied-de-votre-systeme-n-en-veut-pas

[11] Voir, à ce sujet, mon poème intitulé «Tunisie - Mais, qui est Kaïs Saïed, favori de la course au Palais de Carthage ? », paru sous le lien suivant : 

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/220919/tunisie-mais-qui-est-kais-saied-favori-de-la-course-au-palais-de-carthage

[12] Il s’agit d’Elyes Fakhfakh et Hichem Mechichi.

[13]

Traduction :

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu ce soir, vendredi 15 octobre 2021, un appel téléphonique de la part de Josep Borell, haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

Lors de cet appel, le chef de l'État a expliqué les raisons qui l'ont poussé à prendre des mesures exceptionnelles sur la base du texte de la Constitution et conformément aux procédures qu'elle garantit.

Le chef de l'État a notamment évoqué les contre-vérités répandues par nombre de Tunisiens sur la situation actuelle des droits humains et libertés, alors que le chapitre relatif aux libertés dans la Constitution n'a pas été touché. Quant au gel des activités du Parlement, il s’explique par le fait que cet organe législatif s'était transformé en une arène qui cristallise les tensions et les dissensions où le sang a coulé plus d’une fois et où les projets de loi se sont transformés en une marchandise que l’on vend et que l’on achète.

Le Président de la République a rappelé au responsable européen que le fonctionnement des rouages de l'État se trouvait compromis au Parlement et dans les autres institutions, outre la corruption généralisée et l'augmentation des protestations spontanées des jeunes pour exiger, notamment, la dissolution de Parlement.

Sur un autre registre, le chef de l'État a expliqué que les opposants qui ont payé les citoyens pour participer à de fausses manifestations ont été traités avec une grande souplesse et a fait remarquer que les décisions d'assignation à résidence ont été levées

Le président de la République a également souligné que l'État tunisien était sur le point de s’effondrer et a rappelé le nombre de décès dus à la pandémie de Covid 19 dans certains hôpitaux qui manquaient des plus simples équipements et parfois même d’eau potable et d’électricité.

Le chef de l'État a insisté sur le fait qu’un certain nombre de Tunisiens nuisent à leur pays depuis l’étranger et propagent une fausse image de l’état des libertés en Tunisie.

Le haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a de son côté promis qu’il communiquera ces données lors de la prochaine réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’Union européenne, ainsi qu’aux membres du Parlement européen.

[14] Tunisie: Le haut représentant/Vice-Président Josep Borrell s’entretient avec le President Kaïs Saïed par téléphone

[15] http://fothman.free.fr/Accmultitxt/Eur/eur_euromed/tn_euromed.html

[16]

[17] https://hal.parisnanterre.fr/hal-01647385/

[18] https://journals.openedition.org/anneemaghreb/149

[19] https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=LEGISSUM%3Ar15006

[20] https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20211014IPR14930/tunis-inquietude-sur-la-concentration-des-pouvoirs-dans-les-mains-du-president

https://www.jeuneafrique.com/1254604/politique/tunisie-pourquoi-leurope-sort-le-carton-jaune/

[21] https://www.aa.com.tr/fr/%C3%A9conomie/moodys-abaisse-la-note-souveraine-de-la-tunisie-de-b3-%C3%A0-caa1-/2392754

[22] https://www.businessnews.com.tn/noureddine-taboubi-sattaque-a-kais-saied--jamais-nous-ne-donnerons-de-eque-en-blanc--,520,113325,3

[23] Excepté Mohamed Ennaceur, devenu, le 25 juillet 2019, président de la République par intérim, pendant près de trois mois, suite au décès du président Béji Caïd Essebsi, Kaïs Saïed lui ayant succédé le 23 octobre suivant ; Mohamed Ennaceur que j’apprécie beaucoup, déjà depuis qu’il était, pendant les années cinquante, mon surveillant au Lycée Sadiki-Khaznadar.

[24] 

[25] https://lapresse.tn/112779/lu-pour-vous-lere-bourguiba-un-essai-de-khalifa-chater-a-la-redecouverte-de-la-legende-bourguiba/

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