Tunisie - Monsieur le Président Kaïs Saïed, de votre système, on n’en veut pas ! *

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Kaïs Saïed, Ridha Lénine, Naoufel Saïed, et leur Maître à penser Carl Schmitt.

Monsieur le Président
Depuis votre Coup d’État constitutionnel
S’adossant à l’article 80, soi-disant [1]
De la Loi-mère dont vous fûtes toujours un critiquant
Vos dépassements ne vont que croître de plus belle
Article dont l’essence fut, par vous, détournée
Paraissant l’équivalent de l’article 16
De la Constitution de la République française
Le seul interprète, dont vous vous êtes déclaré
Malgré vos démentis, tous azimuts, repris
Ledit article, vous l’avez bel et bien violé
Et, combien d'éminents spécialistes l’ont montré
On peut trouver dans [2] a. des preuves bien bâties
Si Ghannouchi était à votre place à Carthage
Et s’il maltraitait la Loi-mère à votre façon
Il pourrait installer un régime type Taliban
Et, comme vous, il nous tiendrait le même langage
En nous jurant et en nous chantant sur tous les tons
Qu’il n’a fait qu’agir dans le cadre strict de la loi
Qu’affirmer le contraire serait de la mauvaise foi
Que toutes ses actions sont guidées par la Constitution
Qu’il n’a fait que répondre à l’inquiétude populaire
Devant le « péril imminent » pesant sur les mœurs
Et tous ces citoyens qui, par la COVID, se meurent
Situation qui a rendu son action nécessaire
Et, comme vous, exactement, il nous dira aussi
Qu’il n’a peur de personne, sauf du Créateur Tout-Puissant
Qu’il est prêt à mourir comme « chahid» pour la nation
Mixant temporel et éternel dans ses homélies

Monsieur le Président
Vous avez commencé à vous octroyer les pleins pouvoirs
D’abord pour un mois, avant de jouer les prolongations
Vous êtes arrivé à légaliser votre acte en enfreignant
La Constitution, en l’interprétant selon votre vouloir
Pour, au gouvernement et au Parlement, vous substituer
Par le chemin du viol de la légitimité constitutionnelle
Afin de, à votre système politique, faire la part belle
Constitution qui serait alors, aux oubliettes, renvoyée
Tout en piétinant la mère des lois par les faits, dans vos discours
Des qualificatifs tels que voleur, traitre, corrompu, mais, aussi
Patriote, honnête, homme de bien, éparpillés, par-là, par-ci
Découpent les classes, les divisent, nous divisent en anges et en vautours
La dérive autoritaire tant redoutée depuis des semaines
Semble être à nos portes au vu de certaines de vos déclarations
De celles de vos proches, en particulier votre frère et ses indiscrétions
Et des pages Facebook qui vous sont inféodées et leur rengaine
J’en appelle à nos constitutionnalistes de valeur
Pour vous ramener, Monsieur le Président, à la raison
Et vous éviter les malveillantes interprétations
Des textes de loi qui pourraient vous induire en erreur
Qui pourraient vous donner la tentation de vous transformer
En monarque-président, au-dessus des institutions
Décidant de l’avenir de la nation en singleton
Le 25 juillet, le peuple a manifesté contre les islamistes
En réclamant de nouvelles élections législatives
Il ne vous avait pas demandé d’élargir vos prérogatives
Ce que vous avez fait, en suivant un scénario putschiste
Changeant la nature de ces populaires manifestations
En les détournant au profit de votre projet personnel
Faisant de ce mécontentement l’inespérée étincelle
Pour en finir avec le régime politique existant
Pauvre peuple dont vous ne cessez de parler en son nom
Qui vous a servi à construire votre leadership charismatique
À qui vous ne faites que miroiter votre projet chimérique
Étranger à ses premières et vitales préoccupations
Quant à votre promesse de ne pas toucher aux libertés
Alors que tous les pouvoirs sont centrés entre vos mains
Ce n’est qu’une façon d’édulcorer ce qui nous attend demain
Un système sans contre-pouvoir par vous dirigé

Monsieur le Président
Si vous ne changez pas de cap, c’est vers la guerre civile
Que vous conduirez le pays, irrémédiablement
Si vous modériez votre caractéristique entêtement
Vous nous épargneriez, peut-être, ce terrible péril
Apprenez à écouter les organisations nationales
Qui ont protégé la nation depuis la nuit des temps
Sous le Protectorat et bien après, également
Et, en premier, notre organisation syndicale [2] b
Elle est incontournable, que vous le vouliez ou non
Et avait fait ses preuves, quand vous n’étiez pas de cette vie
Était restée debout sous Bourguiba et Ben Ali
Et le restera sous n’importe quel régime, sûrement
Avant votre élection, elle vous était étrangère
Vous ignorez peut-être son passé militant
Que son impact se reflète bien dans l’opinion
Car, vous ne fréquentiez pas sa branche universitaire
Maintenant que vous êtes Président, il faut vous y faire
Savoir écouter partis et organisations
Surtout ceux qui, parmi eux, sont les plus influents
Ainsi vont le monde politique et ses affaires
Bien choisir votre équipe de collaborateurs
Qui ne doivent pas être rien que des exécutants
Choisis pour la proximité que vous aviez avant
Avec eux, pourrait rendre votre bilan meilleur 

Monsieur le Président
Vous avez limogé le Chef du gouvernement
En prenant sa place, en présidant le Parquet
Par une déclaration, en ce 25 juillet
Et en gelant les activités du Parlement
Vous avez décrété un régime d’exception
Au nom d’un « péril imminent » pesant sur l’État
Censé être temporaire et demeurer un mois
C’est un leurre : on y sera longtemps, longtemps, dedans
Pour ce faire, vous vous êtes avancé en terrain conquis
À la détestation de l’héritage de la décade passée
Qui voyait en vous le faiseur de miracles espéré
Détestation dont vous avez tiré largement profit
Vous avez signifié de vous-même que trente jours
Vous suffiraient pour changer de cap politique
Mais, depuis ce temps, ce ne sont que des critiques
Et mesures illégales qui se succèdent tour à tour

Monsieur le Président
Vous perdurez à boycotter les médias nationaux
Mais, appréciant la compagnie des délégations
Étrangères devant lesquelles les raisons de votre action
Sont exposées avec force détails, des fabliaux
Ne faisant guère de soucis des conséquences certaines 
De vos récits alarmants sur les investisseurs
Les instances internationales et leurs décideurs
Nous faire perdre ainsi d’éventuelles aubaines
D’ailleurs, combien d’informations nous sont parvenues
Par le biais de discours réservés aux étrangers
Alors que nos organes de presse et nos télés
Sont mis par votre communication aux rebuts
Un peuple dont les médias ne sont pas respectés
Est un peuple dont on bafoue la dignité
Un peuple infantilisé, considéré
Immature, à qui on ôte le droit de s’informer
Un président qui boycotte ses médias nationaux
Est, soit un président fragile, non sûr de lui
Qui, de certaines questions, souhaite être à l’abri
Soit, un président qui porte son dédain très haut
Quant à vos discours eux-mêmes, ils sont préparés
Sur des petits feuillets, soigneusement rangés
Prononcés d’une voix mono, comme à l’habitué
Puis repris sur FB, comme à l’accoutumée
FB est pour vous votre unique moyen de presse
Porté par ces discours, à vos hôtes adressés
Mais, surtout, à votre peuple, par leur biais
Conjuguant, de temps en temps, colères et pataquès

Monsieur le Président
Le régime d’exception, le 23 août, vous l’avez prorogé
Dans un communiqué se terminant par « jusqu'à nouvel ordre »
Ce qui signifie que nous allons vivre dans le désordre
Et le flou, et cela, pour une durée indéterminée
Signes négatifs pour les agences de notation
Qui nous ont fait déjà dégringoler au plus bas
Situation qui, s’améliorer, ne pourra pas
Surtout que l’État est au bord du défaut de paiement
Nous ne sommes pas loin de l’état actuel du Liban
Et, le scénario que vous avez tout seul installé
Que, d’entretenir de mal en pis, vous poursuivez
Risque de nous en approcher dangereusement
Aggravé par votre peu d’appétence légendaire
Pour les théories économiques et financières
En dehors du contenu du couffin de la ménagère
Et par votre amour à vous entourer de mystère

Monsieur le Président
Maintenant, la Constitution vous sert d’alibi
En l’absence de la Cour médiatrice prévue
Vous vous êtes déclaré l’unique maître absolu
Des trois pouvoirs - E, L et J - en Tunisie
Gouvernant tout seul, souhaitant prouver à l’opinion
Que les partis et le parlement sont inutiles
Que le pluralisme politique est puéril
Prélude à votre prochaine sortie, probablement
Vous poursuivez l’exposé de nos conflits internes
À tout étranger qui franchit le seuil du Palais
Mais, le Groupe des 7 vous a dernièrement signifié
Que les soldats devront regagner leurs casernes [3]
Vous pensez, peut-être, que le moment est venu
De donner le coup de grâce au système détesté
Par vous-même, vos aficionados et vos alliés
Pour installer enfin votre système saugrenu
Introduit par Carl Schmitt, le constitutionnaliste [4]
De Hitler, chez qui vous auriez trouvé inspiration
Avec Ridha Lénine et votre frère Naoufel aidant [5]
Système à la fois populiste et pseudo-fasciste
La crise actuelle lui a fourni un champ fertile
Dans plein de pays, du levant et du ponant
Où les citoyens ont été trompés par les chants
De politiques sans scrupules, aux discours habiles
Il prône l’idée que « le peuple n’est pas le parlement »
Que la démocratie est directe, par la masse, portée
Sur « l’alliance mystique entre un chef et son peuple, fondée»
Que la séparation des pouvoirs est une invention
De « l’État de droit "bourgeois" » qui, à la mort, est voué
Et constitue, pour l’État, un réel affaiblissement
Prêchant qu’une démocratie directe devant
Pour sauver ce qui reste à sauver, être instaurée [4]

Monsieur le Président
À la Cour constitutionnelle inexistante
Vous vous êtes substitué, légiférant, décrétant
Interdisant de sortie, arbitrairement
Sans l’accord de l’instance judiciaire compétente
Pour des  hommes politiques et des hommes d’affaires
Dont certains sont mis en résidence surveillée
Sans qu’ils ne soient, judiciairement, accusés
Le plus souvent, de manière cavalière
Ce sont les prémisses d’un régime dictatorial
Et de la perte des droits et des libertés
Que nous avons, pour les acquérir, tant sacrifié
Qui seraient pour notre jeune démocratie fatales
Sans ladite Cour, vous vous croyez tout permis
En nous plongeant, de plus en plus, dans l’inconnu
Conseillé par une ceinture d’hurluberlus
Dernièrement, en politiciens, convertis
Vous ne faites qu’annoncer des décisions historiques
Mais, au bout de bientôt deux ans, nous n’avons rien vu
Sauf vos coups de colère lors de sorties imprévues
Promettant de dresser le tout à coups de trique
Promettant, dans un avenir proche, monts et merveilles
En éradiquant corruption et spéculation
En assainissant les circuits de distribution
Il ne manque dans votre liste que la lune et le soleil
Visites inopinées avec discours répétés
Plutôt, à des séances de TD, s’apparentant
Les réels dangers qui nous menacent, les ignorant
Le tout noyé dans des lyriques envolées
Sont insuffisantes pour booster notre économie
Unique chemin pour sortir de la crise qu’on vit
La crise économique, pour être plus précis
Qui, pour vous, représente le dernier de vos soucis
J’aurais aimé que dans votre trouvaille linguistique
Qui, pour vos discours, fut un élément prolifique
Introduisant la « pandémie politique »
Vous y joigniez la « pandémie économique »

Monsieur le Président
Pour le changement auquel le peuple aspire
Une intelligence politique est requise
Qui, à une volonté du même genre, est soumise
Ce que ne pourraient pas assumer vos sbires
Sachez que ceux qui sont sortis un dimanche de juillet
Ne faisaient qu’exprimer un ras-le-bol de la situation
Dont vous faites partie intégrante, bien évidemment
Et n’étaient le soutien de personne, en particulier
Aussi, ne croyez surtout pas qu’ils partagent quoique ce soit
Avec vos aficionados qui, sur la toile, se sont déchainés
Pour insulter et menacer ceux qui oseraient vous critiquer
Et, vous les laissez sévir, sans, de votre part, aucun émoi
Ne vous prenez pas pour Bourguiba, l’Histoire n’en a fourni qu’un
Qui s’était construit en connaissant tout type de souffrances
L’exil, la prison dans les geôles de Tunisie et de France
Estimé, respecté à l’international et grand tribun
Un Louis-Napoléon Bonaparte, vous serez plutôt
Et Bourguiba serait son ancêtre, dans la comparaison
Ces deux derniers ont marqué de leur sceau l’Histoire de leurs nations
Quant au premier, pour comprendre son être, il faut lire Hugo

Monsieur le Président
Votre démocratie directe, on n’en veut pas
Là, où elle fut expérimentée, c’est le chaos
Qui s’est installé avec ses horreurs et ses maux
Contre vos tentatives, le peuple se dressera
Le peuple ne vous a pas donné un chèque en blanc
Surtout que votre projet, secret, fut gardé 
Seules quelques généralités furent divulguées
Avec vos premiers pas, tout est devenu troublant
Votre tendance à vouloir changer de système
Sans respect des mécanismes constitutionnels
Par l’exploitation de tous les pouvoirs sous vos ailes
Et du mécontentement du peuple, extrême
Prouve votre engagement dans la voie du coup d’État
Débutant par la mise à l’écart de l’ARP [6]
Et la suspension de la Constitution, projetée
Tendance qui fut exposée à des étrangers médias [7]
C’est ainsi que ledit Bonaparte avait opéré
En l’an 51 du siècle précédant le dernier
Quand le Parlement et la Constitution furent enterrés
Et, par suite, l’Empire fut restauré une année après
Vous n’irez pas jusqu’à vous déclarer Empereur
Mais, vous essayerez de donner vie à votre projet
Sur les cendres de la Constitution et de l’Assemblée
De la deuxième République, vous serez le fossoyeur
En continuant à affirmer que vous respectez la loi
Cela, évidemment, si le peuple vous laissait faire
Mais, ses forces modernistes ne pourraient plus se taire
C’est de l’avenir même du vivre-ensemble qu’il y va
Le peuple vous a soutenu pour nous débarrasser
Des corrompus, des fraudeurs, des voleurs, des islamistes
Et non pour installer un pouvoir pseudo-fasciste
Qui plus est, de l’homme providentiel, il en a assez

Monsieur le Président
Depuis votre prise du pouvoir, de tous les pouvoirs
Exécutif, législatif et aussi judicaire
Chose que l’on n’a jamais vue dans les annuaires
Rien de notoire n’a été fait de votre part
Bien au contraire, votre lourd silence exaspère
Et dénote un manque de respect pour les citoyens
Qui ont cru attendre de vous merveilles et biens
Qui commencent à craindre qu’il y ait du louche dans les airs
Voilà deux mois qu’ils vous observent arpenter
Des marchés, des hangars, des je ne sais quoi encore
Souvent la nuit, même aux premières heures de l’aurore
Pour admonester vos accueillants devant la télé
Leur reprochant cherté de la vie ou spéculation
Qu’ils soient simples exécutants subalternes ou PDG
En les menaçant de, devant la justice, les trainer
C’est l’un des canaux favoris de votre communication
Depuis deux mois, ils ont constaté des indices concordants
Portant atteinte à notre démocratie naissante
Deux mois de fausses promesses, de bavardage et d’attente
Concernant aussi l’annonce du nouveau gouvernement
Et d’un important discours adressé à la nation
Programmés et re-programmés pour « les jours prochains »
Et, depuis deux mois, rien, absolument rien ne vient
Confirmer que l’on est sur le chemin du changement
Je suis tenté de vous surnommer Monsieur Lambin
Faisant référence à l’adjectif lié à ce nom
Qui est aussi, avec votre Doctorat, en relation
Inachevé, lui manquant, perpétuellement, un brin
Même, certains de vos partisans commencent à douter
Sur vos capacités à ouvrir des perspectives nouvelles
Dans le politique, l’économique et l’institutionnel
Au diapason avec ce que vous leur aviez annoncé
Et, à ceux parmi eux qui vous réclament une « feuille de route »
Sarcastiquement, vous les invitez à aller consulter
Les « livres de géographie », parmi eux se trouve l’UGTT [8]
Encore une preuve que vous ignorez son passé, sans aucun doute
Droit dans vos bottes, vous naviguez à vue, sans aucune boussole
Seul maître à bord, n’écoutant que vos pulsations et vos envies
Ne visant que le cap vers lequel votre humeur vous conduit
Attitude qui risque de vous faire perdre votre auréole
Jointe aux incertitudes et à l’impatience qui s’installent
Nourries par le flou de vos discours, noyés dans la colère
Crachant leur venin sur les jamais nommés, vos adversaires 
En maintenant votre projet sous un impénétrable voile
Déviant le pouvoir pour imposer une voie unilatérale
Présentée comme étant portée par la volonté populaire
Alors que le peuple ne s’est jamais penché sur cette affaire
Dont vous fûtes l’instigateur lors de votre épisode électoral
Discours montrant, de plus en plus, des signes d'énervement
Drainant à chaque épisode plus de questions que de réponses
Reposant sur la distinction entre citoyens, la dénonce
Le populisme, avec un lexique de propos menaçants
L’existence de complots fomentés à l’étranger, répétant
Avec la complicité de vos adversaires intérieurs
Qui programment de faire avancer votre dernière heure
Et, être prêt à vous sacrifier en martyr, déclarant

Monsieur le Président
Ne vous en déplaise, la Constitution actuelle est en vigueur
Et, si, comme tout le monde le pense, elle n’est pas éternelle
Son amendement, surtout dans cette étape exceptionnelle
Ne doit pas avoir lieu par votre volonté, votre humeur
Car, depuis quelque temps vous ne ratez pas d’occasion pour moquer
Les constituants qui se sont battus pour sa civilité
Alors que, dans votre confort d’assistant, vous étiez installé
Pendant que le combat était, par le Sit-in du Départ, haut porté [9] 
Quant au recours à la Loi dite des pouvoirs temporaires
Qui, ces derniers jours, dans votre sphère de soutien, est repris
Il légitimera votre violation de la démocratie
Et ouvrira grande la porte de l’inconnu et de l’arbitraire

Monsieur le Président
Ce peuple, ne l’hypothéquez pas
Dans votre rhétorique populiste
Pour plaire aux braves gens, simplistes
Ce peuple, c’est elle, c’est lui, c’est moi
Ce sont les réflexions d’un vieux militant
Engagé déjà sous le Protectorat
Sous Ben Ali et sous Bourguiba
Qui a passé sa vie dans l’opposition

ADDENDUM ajouté le 26 septembre 2021 : Ce que je pressentais arriva, mettant le comble à la crainte des démocrates

Monsieur le Président
Après votre Acte I du 25 juillet, vint l’Acte II
Le 22 septembre, vous octroyant tous les pouvoirs [10] 
Grâce à une mini-Constitution, supposée provisoire
Nous plongeant dans un avenir incertain et hasardeux
Une mini-Constitution qui suspend les chapitres-clés
De la Constitution, alors que vous avez pris l’engagement
Sous serment, sur le Coran, de la respecter scrupuleusement
Et cela, sous la Coupole du Palais qui abrite l’ARP
De plus, selon l’article 72 de la Constitution
Vous êtes son premier protecteur et le garant de son respect
Le garant du régime républicain et de notre unité
Supports des idéaux du Contrat social et de la Nation
Cette mini-Constitution, vous l’avez  confectionnée
À votre mesure, dans le silence de votre bureau
Avec comme but, accaparer le pouvoir à tous les niveaux
Sans consultation, ni partage, croyant ainsi votre destinée
Vous permettant de gouverner sans aucun recours possible
En promulguant les textes de loi par décret, à votre guise
Adieu les débats à l’ARP, surtout ceux qui s’éternisent
Vous permettant de ne faire passer que ce qui vous est audible
C’est un accaparement du pouvoir sans aucun mécanisme de contrôle
Sans aucun délai précis fixé pour retrouver la démocratie
Sans possibilité de faire appel, sans aucune garantie
Nous conduisant vers un règne dont vous détenez le monopôle  
Vous permettant de faire passer ce qui pourrait contredire la Loi suprême
Car, vos décrets-lois prenant le pas sur le Texte fondamental
Comme il est spécifié dans votre fameux décret discordial
Publié ce mercredi 22 septembre, le cent dix-septième
Et, cela dans tous les domaines, de l’économique au social
En passant par l’intégralité des champs sécuritaire
Éducatif, culturel, de l’information et judiciaire
Du jamais vu, de par le monde, dans les politiques annales
Oubliant que la règle en droit public, c’est que tout texte juridique
Doit être absolument conforme à tout texte qui lui est supérieur
Juridiquement, or, un décret, même un décret-loi, est inférieur
Au Texte fondamental ; en vérité, il n’y a rien de plus logique
Aussi, votre cent dix-septième décret est de nullité absolue
Et dire que vous fûtes, pendant votre carrière, un enseignant en droit
Plus précisément, en droit constitutionnel, avec ses pièges et ses lois
Cela s’apparente au temps des dictatures qu’on croyait révolu
Bien que le recours à l’article 80 étende vos pouvoirs
Considérablement, son application est limitée dans le temps
Et doit être une réponse à une crise identifiée précisément
Quant à la Constitution, vous n’êtes pas autorisé à la revoir
Car, bien que considérables, ces pouvoirs connaissent quelques limites
C’est à la Cour constitutionnelle de contrôler la nécessité
De maintenir en vigueur les pouvoirs exceptionnels décrétés
Et, c’est son absence qui a mené à votre dangereuse conduite
Pour que vous puissiez faire n’importe quoi, vous avez supprimé
« L’instance de contrôle de la constitutionnalité
des projets de loi »,
gênant garde-fou que vous avez ôté
Croyant ainsi préparer au mieux le champ à votre projet
En étant simultanément Parlement et Gouvernement
Comme je l’ai dit ci-dessus, c’est un parfait coup bonapartiste
Qui a été fomenté par un assoiffé de pouvoir, populiste
Né, politiquement, bien longtemps après la Révolution
Ne pouvant aboutir qu’à la guerre civile ou la dictature
Car vous nous proposez de corriger, de façon unilatérale
Seul, le régime politique, mais aussi la loi électorale
La Constitution, les réformes des étatiques structures
Et cela, par le biais d’un référendum, par simple vote
Pour ou contre un texte préétabli, bien ficelé, bien coloré
Préparé par une commission que vous auriez désignée
Démarche caractéristique de bien d’historiques despotes
Et, en tant que tels, les membres de cette commission seront probablement 
Parmi les quelques constitutionnalistes laudateurs de votre programme
Choisis par Ridha Lénine, Naoufel Saïed, votre frère, et la première dame
De votre cabinet, Nadia Akacha, la Femme de fer de Carthage, dit-on
Faire amender la Loi suprême par une décision présidentielle
Sans débat préalable dans les milieux non partisan et politique
Est contraire à l’abc élémentaire d’une société démocratique
Alors que des élections anticipées sont la solution naturelle
En interdisant catégoriquement tout parti ou toute organisation
Qui sont financés, même un tant soit peu, par des étrangères entités
Ou bien pour lesquels la religion est un élément de leur identité
Si vous faites cela, vous vous assurerez votre place au national Panthéon
En outre, votre aura gagnera en galons, Monsieur le Président
Si vous vous engagez dans l’élucidation des politiques assassinats
Qui verra probablement l’implication de dirigeants d’Ennahdha
Épargnés par la justice et ses juges d'instruction, jusqu’à maintenant
Justice qu’ils ont piégée, grâce à leur ministre Noureddine Bhiri
En noyautant aussi les services du ministère de l’Intérieur
Où ils ont placé, partout, à tous les postes stratégiques, les leurs
Et cela, pendant la funeste parenthèse du pouvoir nahdhaoui
Voilà bientôt dix ans que des orphelins, des compagnes et des pères et mères
Attendent que justice soit faite par un système qui les a perdus de vue
Pour pouvoir vivre leur souffrance en paix et faire leur deuil de leurs disparus
Au moins, Monsieur le Président, dites-nous que vous êtes décidé à le faire
Sous les pressions nationale et étrangère, vous avez coupé votre vin 
En proposant, toujours pas un débat, mais, une consultation, sur le net
Pour connaître les désidératas des citoyens, mais, c’est une entourloupette
Ce sera une plateforme qui, pour votre propagande, servira de levain [11]

Monsieur le Président
Vous avez confondu la notion de Dictature à la romaine [12]
Avec celle que vous projetez de nous imposer, à la Kadhafi
Et, l’on sait, aujourd’hui, la situation où se trouve la Lybie
Un pays martyrisé dont la pacification n’est pas certaine
Dans les temps modernes, une dictature émerge souvent dans un contexte de crise
Suite à l’incapacité des institutions à résoudre les problèmes latents
Débutant par le non-respect de l'État de droit et l’instrumentalisation
De la frustration et la colère des classes populaires chez qui on catalyse
L’adhésion à l’idée d’un homme providentiel qui va leur rendre leur pouvoir
Et ce qui s’en suit, spoliés par des élites corrompues et décadentes
Un homme providentiel qui va leur faire profiter de la richesse abondante
Que renferme le pays et qui leur fait scintiller plein d’autres miroirs
Le cabinet qui a déjà deux mois de retard pour que vous le nommiez
Après celui que vous avez limogé, par votre Acte I, fin juillet
N’y pourra rien, car, par votre volonté, ses pouvoirs sont très limités
Il sera votre caisse de résonnance, ainsi que celle de vos rapprochés
Monsieur le Président, le choix d’un premier ministre n’est pas affaire banale
Surtout pour vous qui ne semblez pas être attentif au volet économique
Aussi, soit dit en passant, il faut qu’il soit expert en ce volet spécifique
Crédible auprès des instances économiques et financières internationales
Monsieur le Président omnipotent, le talon d’Achille dans votre rhétorique
C’est qu’elle esquive ledit volet, vecteur de la principale crise que nous vivons
Jusqu’à se demander si, de la détresse de vos citoyens, vous êtes conscient
Exceptées les mesurettes que vous prenez pour orner vos sorties démagogiques
C’est ça votre feuille de route sur laquelle vous ne cessez de tergiverser
Vous contentant de nous répéter, matin, midi et soir, vos mantras
« Le peuple veut », « Au nom de la volonté du peuple » et cætera
Lisez à ce sujet la lettre que je vous ai déjà envoyée [13]
Ce terme de « peuple » qui est devenu votre fonds de commerce
Vous en usez et en abusez dans tous vos discours et interventions
Alors qu’il vous était bien étranger avant la Révolution
Aujourd’hui, même dans vos allocutions, c’est le terme employé à verse
Vous le manipulez, à tout moment, en faisant appel adroitement
À des propos diffamatoires contre vos politiques adversaires
Allant crescendo, ainsi qu’au ras-le-bol et à l’émotion populaires
L’unique dépositaire de ce que « le peuple veut », vous définissant
Le peuple lui-même, vous continuez à l’hypothéquer malgré lui
En prétendant qu’il vous soutient  dans tous vos projets et vos actions
Jusqu’à friser le ridicule, pour ne pas dire les choses autrement
Comme dans le nombre que vous avez avancé, concernant vos appuis
Vous avez déclaré, fièrement, qu’ils étaient 1.8 millions
Ce 3 octobre, venus  manifester leur soutien à votre égard
Alors qu’ils étaient au plus 5.000, comportement ridicule, ringard [14]
Caractéristique des régimes à la recherche d’une légitimation
Il faut dire qu’avec les chiffres, vous n’avez jamais fait bon ménage
Combien de fois, vous avez confondu les millions avec les milliards
Tout en étant appliqué, en confondant aussi euro et dollar
Ce qui pourrait provoquer chez les non-initiés de réels cafouillages
Quant à votre ignorance, aussi bien en économie qu’en finances
Votre façon de se moquer des notations souveraines en invitant
Les agences à changer les critères d’attribution de ces notations [15]
Reflète que, pour votre mise à niveau, il y a vraiment extrême urgence [16]
Tout cela ne présage rien de bon dans ce qui va nous arriver
Surtout que vous vous êtes toujours montré peu enclin aux compromis
Et à la négociation, et cela, même en pleine pandémie
Et ouvertement conservateur, ce que beaucoup ont  oublié
Ils ont oublié aussi de quel courant vous étiez candidat
Au deuxième tour des élections pour le palais de Carthage
Vous étiez le candidat de tous les islamistes ramassages
Depuis Ennahdha jusqu’aux excités du mouvement  Al Karama
Aussi, vous ne serez jamais un Président salvateur
Vous pourrez éradiquer tous les islamistes partisans
On ne sera pas plus tranquille avec vous, pour autant
Car, avec eux, vous partagez les mêmes non-valeurs

Monsieur le Président
Levez votre mainmise sur nos institutions et laissez-nous statuer
Par des élections anticipées, de ce que nous souhaitons modifier
Dans la Constitution, les députés actuels étant dépassés
Comme vous l’êtes également, par le séisme que vous avez provoqué
En, entre autres, empêchant le parlement de poursuive ses activités
Par la force, mais, sans savoir comment vous sortir de ce bourbier
Alors que la solution qui s’impose est simple : dissoudre l’ARP
De la Loi fondamentale, vous n’êtes plus à une violation près
Au moins celle-là, c’est pour la bonne cause et elle vous permet
De sauver votre aura et reprendre le chemin de la légalité
De passer à autre chose, plutôt que continuer à vilipender
Tous azimuts, ceux qui se sont permis, à un moment, de vous critiquer
Au diapason avec la campagne qui, par vos soutiens, est menée
En ayant aussi en tête des élections, mais, par votre projet, piégées
Qui porte en lui une dictature anarcho-populiste confirmée
Projet pensé par votre ami, le « gaucho, illuminé, fatigué » [17]
Qui, surtout, du constitutionnaliste d’Adolph Hitler, s’est inspiré [4]
C’est Ridha Chiheb El Mekki dit Ridha Lénine, pour ne pas le nommer
Idéologie qui, à celle des Jamahiriyas, est apparentée
Faits que peu de gens connaissent, c’est pour cela que je les ai rappelés
Pour ne pas choquer les citoyens, ce n’est qu’à demi-mots que vous en parlez
En leur faisant croire que c’est vous qui l’avez créée, qui l’avez enfantée 
Mais, sachez que les républicains libres ne vous laisseront pas passer
Ils se sont battus pour leurs valeurs, bien longtemps avant que vous soyez né
Nous sommes un peuple debout qui sait distinguer le bon grain de l’ivraie
Qui n’a pas besoin de guide providentiel, même intègre, auréolé
Surtout pas d’un guide qui, après la Révolution, s’est révélé
Grâce à ses apparitions répétées sur les plateaux de télé 

Monsieur le Président
Si, par malheur, vous finalisez votre coup d’État
Vu votre position sur les questions de société
Que, pendant la campagne, vous avez développée [5]
Mais qu’actuellement vous éludez dans les débats
Nous dirons alors adieu à l’Islam des lumières
À l’égalité des genres, par  Bourguiba initiée
Enrichie grâce au combat de militantes décidées
À notre gaîté de vivre, trois fois millénaire
À l’aura de la Tunisie par plein de pays convoitée
La Tunisie, oh combien petite, géographiquement
Mais, combien grande, mère de civilisations, historiquement
Nous dirons adieu à nos divers acquis et avancées
Quant aux associations, elles verront leur budget coupé
C’est pour vous un moyen de les faire disparaître
Jugeant que, pour la cité, elles perturbent le bien-être
Car, pour vous, par l’étranger, elles sont manipulées
Qui plus est, comme je l’ai souvent dit dans mes écrits
Vous et les islamistes, c’est bonnet blanc et blanc bonnet
Quant à vos relations avec les Textes sacrés
Dont vous avez une lecture obsolète vieillie
Vous gérez la Tunisie comme une entreprise
Sur laquelle vous avez initié une hostile OAP
Dont vous vous êtes auto-déclaré le PDG
Une fois garantie, sur toutes ses actions, votre mainmise
D’ailleurs, c’est pour cet inventaire que je vous ai combattu
Dans un poème que j’ai écrit un certain mois de mai
Dès que votre candidature s’était précisée
Et, c’est pour ces raisons, à vous combattre, je continue [5]

Salah HORCHANI

* Ce poème constitue la suite logique d’un poème dont le titre est « Tunisie - Lettre au Président Kaïs Saïed, sur un air de Boris Vian », paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/220221/tunisie-lettre-au-president-kais-saied-sur-un-air-de-boris-vian

[1] https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/07/27/la-tunisie-plongee-dans-l-incertitude-apres-le-coup-de-force-du-president-kais-saied_6089636_3212.html

où il est écrit : « Le président justifie cette mainmise provisoire sur le pouvoir par son interprétation de l’article 80 de la Constitution, l’autorisant à "prendre des mesures d’exception" en cas de "péril imminent pour le pays"».

[2] a. https://www.businessnews.com.tn/tunisie--les-limites-du-regime-presidentiel-vers-lequel-se-dirige-kais-saied,519,111991,3

https://www.courrierinternational.com/article/opinion-en-tunisie-il-sagit-bien-dun-coup-detat

[2] b. Il s’agit de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), membre du Quartet du dialogue national tunisien, lauréat du Prix Nobel de la Paix 2015.

[3] https://www.ilboursa.com/marches/les-ambassadeurs-du-g7-appellent-kais-saied-a-designer-rapidement-un-chef-de-gouvernement_30081

[4] https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/131019/elections-tunisiennes-voila-ou-nous-conduit-la-desunion-des-forces-modernistes

[5] Voir à ce sujet mon poème intitulé  « Tunisie - Mais, qui est Kaïs Saïed, favori de la course au Palais de Carthage ? », paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/220919/tunisie-mais-qui-est-kais-saied-favori-de-la-course-au-palais-de-carthage

Voir aussi mon autre poème intitulé  «Mais,qui est Naoufel Saïed, frère et matière grise du président tunisien Kaïs Saïed ?», paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/241019/maisqui-est-naoufel-saied-frere-et-matiere-grise-du-president-tunisien-kais-saied

Voir également le lien suivant et la référence [17] où il est question de  Ridha El Mekki dit Lénine, une autre tête pensante de Kaïs Saïed :

https://www.tunisiefocus.com/politique/aie-rassi-jai-mal-a-la-tete-aspirine-svp-220198/

Dans ce contexte, il est reproduit, dans la photo ci-dessous, un courriel-poème que j’ai diffusé, au printemps 2019, dans le milieu universitaire, entre autres, et cela, dès que la candidature de Kaïs Saïed avait commencé à circuler, l’Objet étant : « Présidentielles : Attention collègue dangereux ! ».

Aucune description de photo disponible.

[6] L’ARP = L'Assemblée des représentants du peuple, le Parlement tunisien.

[7] https://www.challenges.fr/monde/tunisie-kais-saied-envisage-un-referendum-constitutionnel_780065

[8] https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/09/15/en-tunisie-la-montee-des-impatiences-face-a-l-etat-d-exception-de-kais-saied_6094773_3212.html

[9] Voir, à ce sujet, mon poème intitulé « Prix Nobel de la Paix 2015 : une petite pensée pour le "Sit-in du Départ" ! », paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/091015/prix-nobel-de-la-paix-2015-une-petite-pensee-pour-le-sit-du-depart

[10] https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/09/25/tunisie-l-inquietante-derive-autocratique-du-president-kais-saied_6095991_3232.

[11] https://www.businessnews.com.tn/dialogue-referendum-plebiscite-miroir-aux-alouettes-et-mare-de-dupes,523,113338,3

[12] https://www.cairn.info/revue-civitas-europa-2016-2-page-339.htm

Où on lit, par exemple : « Toutefois, la dictature [romaine] n’est pas une suspension de l’État de droit ; même en cas de nomination d’un dictateur, les magistrats réguliers, au titre desquels les préteurs et les consuls, restent en fonction mais sont subordonnés au dictateur ».

[13] https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/220221/tunisie-lettre-au-president-kais-saied-sur-un-air-de-boris-vian

[14]https://www.businessnews.com.tn/la-risee-du-jour-sur-facebook--les-18-million-de-manifestants-pro-kais-saied,519,112729,3

https://www.youtube.com/watch?v=3UW5jpaMoy4

[15] https://jdd-tunisie.com/fr/la-notation-souveraine-un-outil-incontournable-quoiquen-pense-kais-saied/

https://www.facebook.com/Presidence.tn/videos/265792051962438 

[16] Vous pouvez, Monsieur le Président, trouver dans le lien ci-dessous une mise à niveau express :

https://www.cairn.info/revue-politique-etrangere-2012-1-page-53.htm

[17] http://kapitalis.com/tunisie/2020/12/27/ridha-lenine-un-clown-demagogue-et-utopiste/

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