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Billet de blog 15 nov. 2020

Du nouveau chez LCM, la jeune maison d’édition à petits prix, trilingue et engagée

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Les livres édités par la jeune maison d’édition trilingue (Anglais-Arabe-Français) Les Centres du Monde  =  LCM Éditions [1] - qui a pris comme devise «Rendre lisibles les invisibles»,  qui propose de petits livres à petits prix pour rendre accessibles des auteurs oubliés, controversés, inédits ou encore non traduits et qui, pour faire entrer les plus jeunes en littérature, propose aussi des livres pour enfants, dont plusieurs sont en version bilingue – sont maintenant disponibles à la vente matérialisée ou en ligne  chez  LCM éditions - Librairie Mollat Bordeaux – Editeur  [2]; les établissements Mollat  sont la librairie indépendante la plus importante de France, entreprise aux «110 employés, dont 54 libraires, pour 190 000 références en stock, soit plus de 350 000 volumes » [3].

En outre, pour passer commande, pour inviter l’un des auteurs ou pour toute information complémentaire, on peut, aussi, contacter directement l’éditeur via le courriel suivant :

lcm.editeur@gmail.com

Le lien conduisant au Catalogue avec les prix est  LCM Éditions – vous présentent

Une bonne nouvelle pour le public tunisien : Les livres diffusés par  LCM éditions - Librairie Mollat Bordeaux – Editeur  seront bientôt disponibles en Tunisie avec un prix militant ne respectant pas la parité Euro/Dinar, mais, tenant compte du pouvoir d’achat très limité de ses citoyens, afin qu’ils soient abordables pour ce public, car, pour ceux qui l’ignorent, le salaire mensuel net d'un professeur des universités en Tunisie en fin de carrière est égal, environ, à la moitié du Smic mensuel net français qui, aujourd’hui, dépasse les 1.200 € .

Je termine cette présentation de LCM Éditions en reproduisant ci-dessous un extrait de la première partie, d’un roman bilingue (anglais-français) prévu en plusieurs volumes, paru récemment chez LCM Éditions dont l'auteure Inès Horchani, qui publie sous divers noms de plume - pour, probablement, honorer son devoir de réserve d’universitaire – est aussi ma fille [1], soit rappelé en passant, roman engagé d’une brûlante actualité, première partie intitulée   Époque 1 : autour du lycée = Age 1 : around the high school qui se passe dans un lycée à la périphérie de Paris, où un prof se demande ce qu'il fait là, où des élèves s'inventent des modèles et où chacun cherche sa place :

Kamilia rentre tôt du lycée.             
Personne dans l’appartement. Elle s’arrête devant le miroir de la salle de bain. Se regarde sans ciller. Parce que si tu hésites, il paraît que tu as forcément tort.
Ai-je tort ou raison ?
Aujourd’hui je ne sais pas.
Aujourd’hui, j’essaie et je vois…
J’ai le droit, n’est-ce pas, de ne pas savoir à dix-sept ans.
Elle défait son voile blanc, le replie.
Chaque pan du tissu est le pétale d’une rose imaginaire.
Une rose immaculée, comme Kamilia n’en a jamais vu pas même dans les génériques des films qui passent à la télé arabe pendant le mois de ramadan. Son voile, posé là est un large carré de pureté tombé du ciel.

Étant donné que, dans ce billet, il s’agit essentiellement de livres, je ne peux conclure sans exprimer auparavant mon opinion quant à la fermeture des librairies à partir du vendredi 30 octobre 2020, le temps du confinement, décidée par le gouvernement français, après avoir jugé que les librairies n’étaient pas des commerces de première nécessité, que le livre n’était pas un bien « essentiel », fermeture qui fragilise dangereusement le monde du livre, déjà affecté.

Tout d’abord, je pense que le livre, nourriture affective essentielle, outil privilégié de la pensée, produit de l’ADN de notre terroir intellectuel, culturel et historique alimenté par des acteurs nourris par la conviction et la passion, constitue l’une des rares thérapies nous permettant de prendre du recul, de nous évader, en nous réfugiant dans ses pages, de nous sentir moins seul, face aux terribles temps angoissants baignant dans la solitude et l’isolement non choisis que nous vivons aujourd’hui, où l’on ne peut plus voir telle ou telle personne, ni sortir quand bon nous semble. Je pense, aussi, que le livre est le maillon fort, à sécuriser absolument, dans la chaîne constituant la culture d’un pays, essentiel pour l'accès de tous à la formation, à l'information et à la maîtrise de l'expression écrite et orale, transmetteur du savoir et de la connaissance, pouvant, à lui tout seul, devenir un ascenseur intellectuel [4]qui plus est, il est la meilleure arme dans la lutte contre  l’obscurantisme et « les séparatismes », car il développe l’esprit d’analyse et l’esprit critique, et j’observe qu’il demeure, avec les fleurs, le cadeau populaire privilégié, surtout en période de fêtes, d’ailleurs, l’attachement des citoyens à leurs librairies a été flagrant par la ruée vers ces lieux de vie et de détente observée la veille du confinement et, en outre, il me semble contradictoire de décider leur fermeture à quelques jours de la rentrée scolaire de novembre où il a été décidé de mettre à l’honneur, partout dans les écoles du pays, la liberté d’expression, suite à la décapitation du professeur Samuel Paty [5].

Dans cette épreuve de confinement, contrairement au « pays des Lumières », l’Allemagne et la Belgique, ont considéré le livre comme bien essentiel [6].  « “Il nous semble essentiel de développer une attention à l’égard des plus fragiles mais aussi au niveau de la santé mentale de tous les Belges. La culture a un rôle énorme à jouer en la matière”, a expliqué le vice-Premier ministre Georges Gilkinet au quotidien belge [Le Soir]“Parce qu’il n’y a rien de mieux que d’ouvrir un livre pour s’évader de la situation terrible que nous vivons” », a-t-il ajouté [7]. Et, ils ont bien fait, d’autant plus qu’il a été prouvé scientifiquement que le risque de contamination dans les librairies est parmi les plus faibles, c’est le même que lorsqu'on va faire ses courses [8], acheter ses cigarettes, par exemple. Dans ce contexte, il est étrange de constater que le citoyen fut privé de livre et non de tabac !

Je clos cet interlude sur le livre par quelques citations sur la lecture corroborant sa fonction thérapeutique indiquée ci-dessus : “Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie”(Montesquieu), “Chaque lecture est un acte de résistance. Une lecture bien menée sauve de tout, y compris de soi-même” (Daniel Pennac), “Un soir consacré à la lecture des grands livres est pour l'esprit ce qu'un séjour en montagne est pour l'âme” (André Maurois), “ La lecture est à l'esprit ce que l'exercice est au corps” (J. Addison), “La lecture est une amitié” (Marcel Proust) et, pour terminer, la très jolie paronymie “Lire des livres, lire délivre”.

En conclusion, en ce temps suspendu, incertain et anxiogène, dans le lien LCM éditions - Librairie Mollat Bordeaux – Editeur [2], le lecteur peut trouver 10 petits livres à petits prix (8 livres à 5 € et 2 à 7 €) dont 7 sont bilingues, français/anglais ou français/arabe - auquel cas, ou bien, dans chaque double page, le texte en langue cible précède celui en langue source ou réciproquement, ou bien alors, le texte intégral en langue cible précède ou suit celui en langue source - je disais donc, le lecteur peut trouver 10 petits livres lui permettant de briser ce temps circulaire, statique, de s’évader, de se faire transporter ailleurs, de prendre le large pour découvrir des horizons qui lui sont jusqu’alors inconnus et d’explorer d’autres cultures, en se balançant entre « Quelques fleurs d'Orient », de la plume de Judith Gautier, fille de Théophile Gautier, et « Quelques fleurs de rêve » dédiées à Lamartine, de la plume de May Ziadah, mais signé du nom d'Isis Copia, May Ziadah femme libre libano – palestinienne, journaliste et poétesse, pionnière du féminisme dans le Monde arabe, en passant par « La zone d'autonomie temporaire » de Hakim Bey, essai devenu culte dans les milieux anarchistes et dans les milieux anti-économie de marché, et par bien d’autres escales poétiques, aporétique, militantes…

Salah HORCHANI

[1] https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/010520/journee-mondiale-de-la-liberte-de-la-presse-hommage-may-ziade-par-ines-horchani

[2] https://www.mollat.com/Recherche/Editeur/0-7117748/lcm-editions

[3] https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/11/06/denis-mollat-libraire-redoute-et-redoutable_6058679_4500055.html

[4] Dans ce contexte, et dans les vers qui suivent où « Baba » est l’équivalent de « Papa » en arabe, je prends comme exemple le cas de mon propre père :

Quant au niveau d’instruction de Baba, c’est un autodidacte accompli
Sa fréquentation de l’école, à deux années au primaire, s’est limitée
Mais, sa forte attirance pour la lecture et les livres, par la suite, a fait de lui
Un des co-fondateurs de « La Tunisie nouvelle », journal publié en français [5] o
L’année de la tenue à Carthage d’un congrès qui a fait énormément de bruit
Le Congrès eucharistique, par qui le désir d’indépendance fut vivifié
Cinq ans après que l’État français ait fait dresser la statue de Lavigerie [5] p
À l’entrée de la Médina de Tunis, oubliant ses principes de laïcité *

* Extrait de mon poème intitulé « Arrivé au crépuscule de ma vie, je dois avouer…», paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/060820/arrive-au-crepuscule-de-ma-vie-je-dois-avouer

[5] https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/181020/poeme-en-hommage-samuel-paty-professeur-decapite-par-les-islamistes 

[6] https://www.entreprendre.fr/ouvrez-les-librairies-on-etouffe/ 

[7] https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/confinement-en-belgique-les-librairies-classees-commerces-essentiels

[8] https://www.bfmtv.com/sante/quels-sont-les-endroits-ou-l-on-risque-le-plus-d-attraper-le-covid-19-selon-une-etude-publiee-dans-la-revue-nature_VN-202011120270.html

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