Briser le tabou du « privilège » pour lutter contre le racisme et le sexisme

Toute personne devrait se sentir concernée par la lutte contre le racisme et le sexisme non pas – ou pas seulement – parce qu’elle défendrait le principe de l’égalité, mais avant tout parce qu’elle est impliquée dans les rapports de domination que le racisme et le sexisme légitiment et font perdurer, y compris quand elle n'en est pas victime.

Comment comprendre le fonctionnement d’une domination en n’en regardant qu’un versant – la discrimination des personnes qui en font l’objet – et en refusant de voir ce qui en résulte mécaniquement : des avantages pour les autres. Dans la mesure où ces avantages se caractérisent par le fait que leurs bénéficiaires en sont la plupart du temps inconscient-e-s, il est essentiel de se rendre compte que vouloir en rester inconscient-e, c’est refuser de se montrer responsable. Et c’est aussi renforcer une domination qui tire sa force du fait d’être invisible, d’être partiellement ou mal analysée – et l’analyse est effectivement complexe[1].

Les hommes, les personnes blanches, hétérosexuelles, ne vivant pas de handicap, bref, celles qui sont du « bon » côté d’une ou de plusieurs discriminations, profitent de fait, qu’elles le veuillent ou non, et même qu’elles les combattent ou non, de ces discriminations, celles dont les femmes, les personnes homosexuelles, non blanches, vivant un handicap, etc., sont l’objet, parce qu’elles sont femmes, parce qu’elles sont non blanches (« biologiquement » parlant, pour le dire vite[2]), etc. Les personnes qui se trouvent du « bon » côté ne subissent pas d’injures et de violences pour la raison qu’elles seraient hommes ou blanches, etc., dans un système qui se servirait d’une idéologie destinée à les dévaloriser et à les désavantager en tant que telles (voir article précédent : « Domination masculine : elle crève les yeux jusqu’à en être invisible »).

Qu’est-ce qu’un privilège dans une société où se croisent des rapports de domination ?

Dans ce contexte, on nomme « privilège » le fait de ne pas subir une discrimination et d’en tirer profit. Pris dans ce sens, le privilège présente trois caractéristiques :

– il est « non discrétionnaire[3] » : on ne choisit pas d’exercer ce privilège, on en tire profit malgré soi de par sa situation (par exemple, en tant qu’homme on est avantagé quand on recherche un travail du fait que les femmes soient discriminées à l’embauche), situation qu’on ne peut a priori pas changer selon son bon vouloir – une certitude en ce qui concerne le sexe, la couleur de peau ou l’âge. Cependant, on a le choix d’en tirer consciemment bénéfice ou de combattre consciemment ce privilège, lié à la discrimination d’une catégorie de personnes à laquelle on n’appartient pas ;

– il s’exerce à l’échelle d’une société : celle-ci avantage globalement certaines catégories de personnes par l’image valorisante et omniprésente qu’elle en véhicule, par des modèles, des discours ou des pratiques qui leur donnent davantage de légitimité, et en particulier de la part de l'État, par le pouvoir qu’elle leur permet d’exercer ou de garder, par des lois qui discriminent d’autres personnes (les Rroms, les filles et les femmes voilées), par l’absence de mesures visant à amoindrir les discriminations existantes, par des comportements discriminatoires de la part des institutions (école, police, administrations...), etc. C’est en partie ce que les militants antiracistes afro-américains Stokely Carmichael et Charles Hamilton ont nommé le « racisme institutionnel » (racisme « dissimulé »), le distinguant ainsi du racisme « individuel » (racisme « manifeste »), dans les années 1960[4]. Ils le définissent comme « l'incapacité collective d'une organisation à procurer un service approprié et professionnel à des individus en raison de leur couleur de peau, de leur culture ou de leur origine ethnique ». C’est pourquoi, par exemple, l’expression « racisme anti-blanc » est un non-sens à l’échelle de la société française[5] : être blanc-he y procure des avantages très importants ;

– il est lié à l’absence d’une discrimination. C’est ce qui le rend le plus difficile à appréhender (en particulier si on cumule les privilèges liés à des discriminations qui ne nous concernent pas). Il est facile (et tentant, parce que plus confortable) de refuser de voir ces privilèges : en quoi le fait qu’une personne souffre de discrimination, de davantage de discrimination que moi, ou soit plus susceptible d’être agressée que moi, me rend la vie plus facile ?

Certaines discriminations rendent objectivement la vie plus facile aux personnes qui ne les subissent pas : un travail refusé à une personne vivant un handicap en raison de ce handicap, ou à une femme en raison de son sexe (une grossesse potentielle ou tout élément qu'on associera au fait d'être femme et justifiera la discrimination) sera donné à une personne à laquelle on n’attachera pas de handicap (ou à un homme) ; un logement refusé à une personne en raison de sa race[6] augmentera d’autant les chances d'une personne non racisée d'accéder à un logement, etc.

Certains privilèges consistent aussi à ne pas subir ce que d’autres subissent et donc à vivre mieux que ces personnes, relativement à la situation qui nous distingue. Si je suis un homme je ne subirai pas a priori le harcèlement de rue ; si je suis une femme riche, il y a de bonnes chances pour que je puisse accéder à l’IVG plus facilement qu’une femme pauvre, y compris dans des conditions adverses, qu’elles concernent la rareté des centres qui la pratiquent ou même la loi ; si je suis une femme blanche, les normes de beauté pèseront moins sur moi que sur une femme noire, puisqu’elles ajoutent aux injonctions sexistes un modèle de beauté blanche ; si je suis entendant-e, j’aurai accès au savoir, à l’information, à la culture, sans avoir à apprendre une langue qui suppose un sens que je n’ai pas, contrairement à beaucoup de sourd-e-s tenu-e-s de recevoir un enseignement qui leur échappe en grande partie, non en raison de leurs capacités intellectuelles, nullement amoindries par la surdité, mais de l’usage d’une langue inadaptée. Ici, le privilège consiste à ne pas avoir à se soucier des questions de sexe, de classe, de race, d’orientation sexuelle, de ce qui est considéré comme un handicap, etc., de n’avoir aucune raison d’en être même conscient-e, ni de s’en préoccuper en mesurant les discriminations que subissent les personnes qu'elles « concernent ». Ceux et celles qui sont touché-e-s n’ont, eux et elles, pas d’autres choix que d’y être rappelé-e-s en permanence et de souffrir des conséquences.

D’un côté de la discrimination on est lésé-e, de l’autre – celui qu’on préfère ignorer par confort ou par calcul –, on est privilégié-e. Cela concerne le travail, le logement, la représentation politique, la représentation dans les médias, les conditions matérielles d’accès à un service, la considération dont on fait l’objet, les agressions de tous les jours, des plus petites aux plus violentes…

Parler du privilège des « dominants », c’est montrer ce qui est impensé, c’est rendre l’évidence et la normalité étranges… et remettre l’ordre des choses en question. C’est politiquement incorrect – pour reprendre une expression dont l’inversion du sens se fait au profit du maintien des dominations.

Ces privilèges sont un véritable tabou, et leur révélation déclenche généralement des réactions épidermiques, caractéristiques de l’instinct de survie. L’expression est forte, et pourtant elle semble adaptée à la violence des réactions (sur ce qu’elles engagent, dans le fond, de négation, ou dans la forme, d’agression) devant ce miroir insupportable tendu aux personnes tirant les bénéfices d’une domination (encore une fois, indépendamment d’elles, du moins pour partie).

Ainsi certains hommes nient simplement la réalité de la domination masculine, ou se retranchent derrière la liste des « discriminations » dont ils souffrent (la valorisation de la force, du courage, de l’action, etc.) pour le faire. Or, si ces normes relèvent du sexisme au sens où elles relèvent de normes spécifiques associées au sexe féminin et au sexe masculin pour les distinguer, elles sont associées au sexe valorisé, car ces normes hiérarchisent également le féminin et le masculin. Ces normes masculines ne relèvent pas d’une domination des hommes par les femmes à l’échelle de la société, mais bien de celles des hommes sur les femmes. Si les hommes répondent à ces normes, elles deviennent des ressources qui leur permettent de profiter pleinement de leurs privilèges masculins. Et quand ils en souffrent, elles sont le prix à payer (ce que certains appellent les « coûts de la domination masculine ») en contrepartie d’une position globalement avantageuse pour les hommes [7] – encore une fois à l’échelle de la société (voir l’article « Pourquoi nous avons besoin du féminisme en France au XXIe siècle ». Les avantages sont plus importants que les inconvénients, ce qui explique que certains fassent preuve d’un féminisme à géométrie variable : fervent quand il s’agit de leur conférer des droits, inexistant quand il s’agit de leur ôter des privilèges, ou même simplement de les reconnaître.

Discrimination des dominé-e-s, avantages pour les dominant-e-s

Ce que proposent de nombreuses chercheuses féministes, antiracistes, etc., c’est de détourner le regard des personnes discriminées, renvoyées à leur sexe, à leur race[8], à leur classe, et de regarder les personnes dominantes, celles qui se cachent derrière une « normalité » non spécifiée : elles n’ont pas de nom, elles sont le « neutre ». Mais personne n’est neutre dans un rapport de domination. En l’occurrence le « neutre », si on le nomme, c’est le blanc, le masculin, la classe aisée, l’hétérosexualité… Mais ce neutre ne se nomme pas, ne se spécifie pas, ne se fait pas remarquer. Il s’impose comme une évidence.

Le fait d’appartenir à un ou plusieurs de ces groupes octroie des avantages illégitimes, puisque fondés sur des discriminations. Dans la mesure où ils ne sont même pas identifiés, ils vont de soi, ils ne se questionnent pas : comment questionner ce qu’on ne voit pas ? Montrer l’autre face de la discrimination, c’est montrer les privilèges des personnes qui ne sont pas victimes de cette discrimination, parce que les normes sont de leur côté. C’est rendre cette position de dominant-e tout aussi spécifique que celle de dominé-e. C’est sortir de la « posture d’extériorité[9] » si confortable, qui fait qu’on ne se sent pas concerné-e. C'est sortir de cet aveuglement à une réalité pourtant logique : s’il y a dominé, il y a dominant, s’il y a discrimination d’un côté, il y a avantage de l’autre. C’est quitter ce privilège de celui qui se bat contre une discrimination en en tirant un bénéfice moral, comme s’il était dépositaire de la générosité pure de celui qui ne serait pas concerné par le combat auquel il prend part. Tout le monde est partie prenante de ces relations de domination, et ne pas se battre en tant que dominant-e, c’est faire perdurer une situation, c’est consentir à conserver – voire défendre – son privilège.

On ne peut pas comprendre la structure des dominations si on refuse de voir ce versant, dont l’ignorance permet de perpétuer en toute inconscience le rapport de domination. L’enjeu, c’est de « passer du niveau de l’évidence non questionnée, à un niveau de réalité sociale explicite, pour arriver enfin au niveau du politique[10] ». Ce qu’on ne veut pas voir, c’est donc à la fois l’identité des bénéficiaires de la domination, et les privilèges liés à cette position.

Discrimination totale ou absence totale de discrimination ? Plutôt des croisements

Il faut apporter une précision de poids : rares sont les personnes cumulant toutes les discriminations, ou à l’inverse celles n’en subissant aucune. Alors l’ampleur du privilège peut varier fortement : on peut bénéficier du privilège blanc, mais être une femme, âgée et handicapée. Ou bénéficier du privilège masculin, mais être pauvre et racisé[11].

À l’inverse, on peut bénéficier des privilèges octroyés par le fait d’être du bon côté de la discrimination de sexe, de race, de classe, d’orientation sexuelle, d’âge, etc. Être un homme, hétérosexuel, blanc et bourgeois prédispose à ce titre à la fois à de nombreux privilèges et à un aveuglement d’autant plus fort à ceux-là qu’on aura très peu l’expérience de la discrimination. Et qu’on sera très peu incité à se regarder comme tel – pour ne pas dire qu’on est éduqué à ne pas voir ses privilèges.

Regarder ces privilèges ne relève donc pas de la morale, d’une accusation personnelle (personne n’est responsable du groupe auquel il appartient), mais de l’observation de cette autre moitié du phénomène de la domination – ce que les dominant-e-s n’ont même pas besoin de s’appliquer à ignorer : leur situation de dominant-e-s. C’est le premier pas vers une attitude responsable.

Cela requiert un effort d’autant plus important qu’on ne vivra jamais l’expérience de la personne qui se trouve de l’autre côté de la domination, sauf dans les cas de situations réversibles (l’âge, la classe, l’absence de « handicap », une transition vers l’autre sexe « efficace » du point de vue de la réception sociale, par exemple). Globalement, personne ne connaîtra d’autre expérience que la sienne en ce qui concerne le sexe et la race. Une part de l’identification du privilège échappera toujours à chaque partie. Il faudrait avoir vécu des deux côtés pour cerner réellement le privilège du dominant. Ainsi, cette prise de conscience de la discrimination comme du privilège est une expérience partielle, qui permet d’entrevoir, en miroir, sa propre position.

Prendre conscience de ces privilèges au travers d’exemples très concrets permet de mesurer la discrimination vécue par certain-e-s, et les avantages qui en découlent pour les autres, ne serait-ce que dans l’absence de discrimination. Il n’y a qu’en regardant cette réalité et cette mécanique en face qu’on pourra comprendre comment fonctionnent les discriminations, se sentir toutes et tous concerné-e-s, ne pas se réfugier dans une « neutralité » confortable voire valorisée à tort, et enfin élaborer des réponses adaptées à travers lesquelles personne n’échappe à sa responsabilité de dominant-e.

[À suivre : Le privilège blanc]

Articles précédents
Pourquoi nous avons besoin du féminisme en France au XXIe siècle
Domination masculine : elle crève les yeux jusqu'à en être invisible


[1] Je ne prétends d’ailleurs ni en avoir fait le tour ni même de ne pas passer à côté d’un aspect essentiel, ne serait-ce que parce que je cumule à peu près tous les privilèges en dehors de celui de sexe et qu’ils me rendent aveugle à bien des problématiques ; que la littérature sur le sujet est immense et la réflexion en cours ; que cette réflexion demande une adaptation permanente aux évolutions de nos sociétés et des dominations qui s’y exercent ; que les généralisations sont à cet égard périlleuses, même si elles sont nécessaires à la compréhension des mécanismes.

[2] Voir les distinctions fondamentales à faire entre l’appellation biologique (qui sert de support au racisme et au sexisme) et l’appellation sociale, qui prend acte de la réalité des rapports de domination qui s’ensuivent, dans l’article précédent : « Domination masculine : elle crève les yeux jusqu’à en être invisible », 13 décembre 2013. 

[3] Horia Kebabza (universitaire, groupe de recherche Race et Genre), « “L’universel lave-t-il plus blanc ?” : “Race”, racisme et système de privilèges », Les Cahiers du CEDREF (Centre d'enseignement, de documentation et de recherches pour les études féministes), n°14, 2006, « (Ré)articulation des rapports sociaux de sexe, classe et “race” », p. 145-172.

[4] Stokely Carmichael et Charles V. Hamilton, Le Black Power. Pour une politique de libération aux États-Unis, trad. Odile Pidoux, Paris : Payot Rivages, 2009. 

[5] Houria Bouteldja, militante du PIR (Parti des Indigènes de la République) : « Pour nous, le racisme est un système de domination et on ne l’entend qu’émanant de l’État, c’est-à-dire que les sentiments des uns ou des autres, des uns pour les autres, ne présentent aucun intérêt et de façon un peu abrupte, je dirais qu’on n’en a rien à faire.
Pour nous ce qui est important, ce sont les pratiques d’un État, ses discours, ses lois vis-à-vis d’un groupe particulier. Ce que nous dénonçons avant tout, c’est le racisme d’État, un système de domination qui divise et partage la société de part en part, un racisme qui n’est autre que le produit d’un processus historique et social.
De même que la classe, de même que le genre, rien n’est inscrit dans la nature. Il y a toujours un système qui précède la race, le genre et la classe. Toutes ces constructions sont le fruit d’un processus social, et à ce titre, la race n’est pas moins légitime que le genre ou la classe.
Par ailleurs, il n’est pas inutile d’ajouter que toutes ces catégories ont un point commun, toutes fonctionnent selon un système binaire qui divise la société : la classe entre bourgeois et prolétaires, le genre entre femmes et hommes. Faut-il rappeler que les femmes ont longtemps été accusées de diviser les hommes et de les considérer en tant que tels comme ennemis alors que leur lutte est dirigée exclusivement contre le patriarcat. Si les hommes sont mis en cause, ce n’est pas en tant qu’individus mais uniquement en tant que bénéficiaires du patriarcat.
En ce qui concerne la race, c’est ni plus ni moins la même chose et établir ce parallèle avec la lutte des femmes permet sans aucun doute de mieux comprendre, en se décentrant quelque peu, les mécaniques à l’œuvre. »,
dans « Bien définir le racisme pour mieux dénoncer l’ineptie du “racisme anti-Blancs” », colloque du 9 février 2013, 
Sous les masques du « racisme anti-Blancs ». Réflexions sur les enjeux du racisme et de l’antiracisme aujourd’hui, Repères antiracistes, 24 mars 2013.

[6] Une race qui n’aucune pertinence biologique mais est une identité effective. Ainsi utilise-t-on le terme « racisé » – auquel les intéressé-e-s ne souscrivent pas toujours – pour qualifier les personnes renvoyées à un trait infériorisé par rapport à une supposée supériorité blanche, occidentale ou judéo-chrétienne. S’il est toujours à l’origine de discriminations de personnes non blanches, le racisme quitte en effet de plus en plus le terrain du biologique pour entrer dans le culturel ou le religieux.

[7] Mélanie Gourarier, lecture critique de Dulong Delphine, Guionnet Christine, Neveu Érik (dir.), Boys don’t cry ! Les coûts de la domination masculine, Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2012.

[8] Voir le sens dans lequel est utilisé le mot « race » dans l’article précédent : il s’agit d’une réalité sociale découlant du racisme, et non d’une prétendue réalité biologique qui relèverait du racisme : « Domination masculine : elle crève les yeux jusqu’à en être invisible », 13 décembre 2013. 

[9] Horia Kebabza, « “L’universel lave-t-il plus blanc ?” : “Race”, racisme et système de privilèges », Les Cahiers du CEDREF (Centre d'enseignement, de documentation et de recherches pour les études féministes), n°14, 2006, « (Ré)articulation des rapports sociaux de sexe, classe et “race” », p. 145-172.

[10] Horia Kebabza, « “L’universel lave-t-il plus blanc ?” : “Race”, racisme et système de privilèges », ibid.

[11] « Racisé » signifiant « renvoyé à une race », quand bien même la race est sans fondement biologique. Voir article précédent : « Domination masculine : elle crève les yeux jusqu’à en être invisible », 13 décembre 2013. 

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