Le privilège masculin

Parler du privilège masculin, c’est regarder quelle est la place attribuée aujourd’hui aux hommes en France. C’est mesurer les avantages qu’ils tirent de la domination masculine. C’est, dans le même temps, comprendre pourquoi l’adhésion masculine au féminisme se limite souvent à rendre plus confortable cette position de dominant, sans vouloir en finir avec la domination.

Parler du privilège masculin, c’est regarder quelle est la place attribuée aujourd’hui aux hommes en France. C’est mesurer les avantages qu’ils tirent de la domination masculine. C’est, dans le même temps, comprendre pourquoi l’adhésion masculine au féminisme – ou à la lutte contre les discriminations liées au système du genre –, quand elle existe, se limite souvent à l’aménagement (en la libérant par exemple de diktats de genre perçus comme inconfortables) d’une masculinité dont les privilèges associés ne sont pas remis en question. Or, vouloir rendre la position de dominant plus vivable, ce n’est pas vouloir en finir avec la domination.

C’est pourquoi le discours affirmant que le féminisme est aussi profitable aux garçons et aux hommes qu’il l’est aux filles et aux femmes ne reflète pas la réalité. Certes les individus perçus comme masculins ont à gagner à ne plus adhérer à des normes réductrices voire destructrices, mais ils ont aussi à perdre. À tel point que, à moins d’accorder plus de valeur à une égalité de fait qu’à des privilèges considérés comme la normalité et de ne pas vouloir bénéficier de la discrimination d’autres personnes, l’égalité paraît à certains une discrimination à leur encontre.

On est dominant·e dans de nombreux cas de par sa naissance, une situation qu’on n’a pas choisie. On n’en est pas responsable. En revanche, on est responsable de ce que l’on fait depuis sa place de dominant·e. Et la responsabilité suppose la conscience : elle commence par le fait de regarder en face cette situation de dominant·e qui est la nôtre.

Le mythe de l’« égalité-déjà-là »

Le rapport de domination sexiste fait l’objet d’un déni ou de dénégations étonnantes au vu du nombre d’études, de livres, de témoignages sur le sujet et de l'histoire des luttes féministes[1] [les liens des appels de notes n'étant malheureusement pas associés aux notes, pour les lires il faut aller en bas de l'article]. Le discours de « l’égalité-déjà-là », selon l’expression de la sociologue Christine Delphy, semble être apparu très peu de temps après le mouvement des années 1970, et il fait des dégâts : si nous nous contentons de l’égalité en droit, que fait-on de l’héritage bien présent d’un machisme millénaire ? Les violences psychologiques, physiques et sexuelles faites aux filles et aux femmes, aux personnes intersexes[2], trans (qui ne se reconnaissent pas dans le genre qui leur a été assigné à la naissance, ou dans la binarité du genre), bisexuelles, pansexuelles ou homosexuelles, les discriminations et inégalités professionnelles, les inégalités criantes en termes de répartition des places de pouvoir, la répartition toujours très inégale des tâches parentales et domestiques dans les couples hétérosexuels, les inégalités de droits entre couples hétérosexuels et couples homosexuels, l’invisibilité des personnes intersexes, la négation de la sexualité lesbienne, les violences et discriminations à l’égard des femmes portant le voile islamique, etc., sont des violences et des inégalités de genre, bien présentes dans notre société (voir Pourquoi nous avons besoin du féminisme en France au XXIe siècle).

Ce sont des violences (notamment sexuelles) et des inégalités de genre non seulement parce que les grandes perdantes sont des filles ou des femmes du fait d'être identifiées comme des individus féminins (les garçons aussi peuvent être concernés en tant que victimes de violence, mais ils le sont en raison de leur âge et non de leur genre), ainsi que toutes les personnes qui n’entrent pas dans les normes de genre, tandis que, sous réserve de la nuance précédente, les garçons et les hommes en tirent des bénéfices dans une société sexiste. Il est également pertinent de parler de rapport de domination de genre parce que la violence est en grande majorité, voire en quasi-totalité en ce qui concerne les violences sexuelles, exercée par des hommes, quel que soit le genre de leurs victimes[3].

La France a un sérieux problème de sexisme. Le déni des discriminations en fait partie, et son corollaire, le déni des privilèges, aussi.

 

Le genre : une identité sociale parmi d’autres

Bien sûr, y compris en s’en tenant aux seuls rapports de domination, personne ne peut être réduit à sa seule identité de genre. Notre société est organisée par de nombreux rapports de domination, qui concernent aussi la race (au sens de ce qui donne son contenu, mouvant, au racisme), la classe sociale, la sexualité, l’âge, le handicap… En ce sens les hommes et les femmes n’existent pas comme des identités sociales pures : on est (perçu comme) homme, femme, mais aussi en dehors de ces catégories (intersexe ou non binaire), et comme racisé·e (cible du racisme systémique[4]), blanc·he (bénéficiaire du racisme systémique[5]), en situation de handicap ou « valide », de classe « populaire » ou « favorisée », d’un âge déterminé, etc. Chacun·e, en fonction de sa position sociale propre, peut être dominé·e (au sens de cible d’une domination) ou dominant·e (au sens de bénéficiaire d’une domination) de manière spécifique, selon le contexte.

Quoi qu’il en soit, à situation égale selon ces critères, à de très nombreux points de vue, « mieux vaut » être un homme qu’une femme (tout comme il vaut mieux être perçu·e comme valide qu’en situation de handicap, dyadique qu’intersexe, hétérosexuel·le qu’homosexuel·le, blanc·he que racisé·e, cisgenre que transgenre, etc.).

Quelques remarques sur l'évidence du « sexe », et la nécessité de parler de « genre »

Le sexisme (terme créé semble-t-il par Simone de Beauvoir sur le modèle du mot « racisme »), est le fait de diviser l’humanité en hommes et femmes, d’attribuer à chacune des parties des caractères, aptitudes, comportements spécifiques, qu’on qualifiera de « masculins » et « féminins », et de les hiérarchiser au profit du masculin, et au détriment de toute personne n’entrant pas dans ses normes.

Cela suppose plusieurs choses :

– que le sexe en tant que résultat du processus de sexuation prendrait deux formes clairement définies, ce que contredit une observation scientifique des corps humains. Les caractéristiques de sexe sont d'ordre anatomique, hormonal, chromosomique et génétique. Les variations sont telles, tant au niveau de chacune de ces caractéristiques que dans leurs associations, qu'il est impossible de scinder les sexes en deux catégories comme on scinde les groupes sanguins en huit. Seules les gamètes peuvent être considérées comme femelles ou mâles. Ainsi les sexes tels que désignés par le sexisme sont des normes, dont pâtissent beaucoup de personnes, et de manière particulièrement violente les nouveau-né·es, enfants, adolescent·es et adultes considéré·es comme étant en situation d’intersexuation. Le traitement de cette situation « hors normes » révèle la construction sociale qui préside à la bicatégorisation des sexes, imposée à l'aide de chirurgies et traitement hormonaux qui portent atteinte aux droits humains pour préserver l'illusion de son caractère « naturel ». Précisons que quand bien même le sexe serait biologiquement binaire, cela n’invaliderait pas les remarques qui suivent.

– que le sexe ainsi défini – que nous appellerons « genre » pour bien le distinguer du sexe (biologique) qui ne rentre pas dans les cases encore en vigueur dans notre société – serait évident et immédiatement identifiable par autrui. Or, ce que nous avons tendance à considérer comme le genre d'une personne, c'est d'abord un genre que nous lui attribuons, selon ses caractères sexuels secondaires, le son de sa voix, ses vêtements ou son nom, selon les circonstances[6]. Personne ne va vérifier ce qui se trouve entre les jambes, dans l'ADN ou dans le sang d'une personne pour lui attribuer un genre (à part les médecins qui ne dérogent pas à l’assignation de sexe à la naissance dans les cas où l’apparence des organes sexuels externes gêne cette assignation, et les autorités de certaines compétitions sportives – traitement réservé aux athlètes concourant dans la catégorie féminine[7]). Ainsi, dans le contexte de cet article traitant du privilège masculin, j’utilise ici le terme d’« hommes » au sens de « personnes perçues comme des hommes » (puisque c’est l'une des conditions pour bénéficier des privilèges masculins).

– que l'identité de genre est considérée comme fondamentale, comme une identité déterminante d'un être humain, à tel point qu'elle est inscrite dans la langue. Il est pour le moins ardu de parler, et en conséquence de penser, en dehors d’elle : il suffit pour le mesurer d'essayer de parler d'une personne, de soi ou d'une autre, sans faire référence à son genre. D'autre part, toutes les cultures ont créé mythes, légendes, lois, codes donnant à la fois sens et contenu à cette division, division qui imprègne nos représentations et perdure, quand bien même le contenu qui lui est donné évolue. Cela implique un enfermement dans une catégorie de genre, excluant personnes intersexes, trans, non binaires ou agenres, forçant chacun·e à composer avec un genre et les stéréotypes qui lui sont associés.

– qu'en tant qu'identité fondamentale impliquant une visibilité dans la langue (avec toutes les précisions qui s'imposent, puisque le féminin est parfois rendu invisible selon des modalités bien spécifiques[8]), et pour être maintenue comme telle, elle doit être identifiable par tout le monde. Ce qui explique que le genre soit soumis à une exigence de visibilité et de répétition : accessoires (boucles d'oreilles chez les bébés dont on souhaite qu’ils soient perçus comme des filles), code couleur chez les enfants (les bleu et rose prennent leur essor au cours du XXe siècle en France[9]), vêtements genrés (jupe, robe, costard-cravate), démarche, coiffure, et plus ou moins subtilement, manière de parler, de se mouvoir, de jurer, de regarder, etc. Sans cette visibilité du genre, en effet, comment traiter les unes comme des femmes et les autres comme des hommes ?

– que le sexe (en réalité le genre, et d'autant plus que de nombreuses représentations lui sont associées) étant présenté comme une donnée naturelle, le rapport de domination qu'il sert à justifier est considéré comme découlant des lois de la nature. Le rapport de domination, mis en place et maintenu par des mesures sociales (symboliques, politiques, matérielles et par la violence), est rendu invisible : c'est à la nature qu'on fait porter la responsabilité de cette division sociale. Une division censée être pensée sur le mode de la complémentarité – comme si la complémentarité des gamètes était transposable à toutes les qualités des personnes – et non de la hiérarchie, en dépit de tous les signaux contraires.

Femmes et hommes : des groupes sociaux, et non biologiques

En conséquence, on peut considérer le sexe tel qu'il est couramment défini (distinguant hommes et femmes) comme du genre : une construction sociale visant à justifier un rapport de domination, le marqueur d’une division arbitraire et sociale, qu’on apprend, comme dans le cas de la « race » (de nouveau : entendue comme ce qui donne son contenu, mouvant, au racisme – et qui disparaîtrait si le racisme disparaissait), à voir comme tel.

C'est pourquoi nous sommes face à l'éternel problème de vocabulaire qui consiste à utiliser les termes créés dans le cadre d'un rapport de domination pour les remettre en question. Redéfinissons donc le contenu de ces termes : une fois les individus assignés filles ou garçons, perçus, considérés, traités comme hommes et femmes, nous sommes face non pas à deux groupes naturels, mais à deux groupes sociaux. Il s'agit de regarder les effets du sexisme sur ces groupes sociaux, et sur les personnes dont l’écart aux normes de genre est de fait considéré comme inacceptable. C’est depuis cette position que l’on cherche des solutions. C’est pourquoi il n’est pas question par exemple de considérer que les femmes doivent accéder à certains postes en entreprise ou en politique parce qu’elles y apporteraient des qualités spécifiquement féminines (et liées à leur biologie, ce qui serait une approche sexiste) mais parce que leur absence est le résultat d’une série d’inégalités sociales.

Le sexisme : un système

En tant que groupe social, les femmes sont discriminées de par leur genre. Ça ne veut pas dire que la discrimination s’exprime pour chacune de la même façon et avec la même intensité, mais qu’à un niveau sociologique, on constate des discriminations à l’égard des femmes dans notre société, par rapport aux hommes.

De même que les discriminations racistes entraînent des avantages objectifs pour les personnes qui ne sont pas victimes de racisme (les blanc·hes, qui sont également une catégorie sociale ; voir L’autre versant du racisme : le privilège blanc), les discriminations sexistes entraînent des avantages objectifs pour les hommes dans leur ensemble, et il est difficile, sinon impossible, de comprendre ce qu’est le sexisme ni comment il perdure, et a fortiori comment en sortir, sans en regarder les conséquences et les mécanismes.

En cela le sexisme est un « système » : une organisation sociale, un ensemble de représentations, de comportements, de pratiques, d’évidences partagées, qui ont pour effet qu'à l'échelle de la société (et non à celle des relations interpersonnelles – bien qu’on les y retrouve évidemment), le fait d'être perçu comme un garçon ou un homme apporte des privilèges, tandis que le fait d’être perçue comme une fille ou une femme entraîne des atteintes aux droits : le droit à la sécurité, à la liberté, à l’égalité de manière générale. Ce n’est pas un privilège en soi d’être biologiquement un garçon ou un homme (si c’était une catégorie justifiée scientifiquement), ça l’est dans une société sexiste, par rapport au fait d’être traité·e comme une fille, une femme, ou une personne hors norme de genre.

Des identités sociales imbriquées et des privilèges sous condition

Sauf qu’en termes de rapports de domination, comme nous l’avons vu, être un homme, ça n’existe pas : cette position sociale est imbriquée dans d’autres. Le privilège est donc plus ou moins marqué en fonction de la situation dans laquelle se trouve la personne qui en bénéficie (classe, race, orientation sexuelle connue ou supposée, degré d’adhésion aux normes masculines, situation de handicap, etc.). Ou pour le dire autrement, pour profiter à plein des privilèges masculins, mieux vaut être perçu comme blanc, valide, présumé hétérosexuel, dyadique (non intersexe), cisgenre et se conformer plus ou moins aux normes de son genre.

Ainsi, si les hommes trans (assignés filles à la naissance) peuvent accéder à certains privilèges, mieux vaut qu’ils soient blancs, grands, aient l’air d’avoir un certain âge, et surtout, soient perçus comme, passent pour des hommes cisgenres (c’est ce qu’on appelle le passing). On reconnaît alors davantage leur autorité et leurs compétences, ils sont davantage respectés dans le cadre de leur travail, leur intégrité corporelle est moins l’objet d’atteintes[10]. À condition toutefois que leur qualité de trans ne soit pas connue[11], ce qui est loin d’être facile, sans parler des obstacles administratifs qui se dressent devant eux (quand les papiers d’identité indiquent une identité féminine). D’autre part leur assignation de naissance, la sociabilisation genrée, éventuellement les violences de genre dont ils ont fait l’objet et les discriminations qui les touchent en tant qu’hommes trans les placent dans une situation bien particulière, qu’on ne saurait confondre avec celle des personnes cisgenres assignées garçons à la naissance, sociabilisées et traitées comme telles[12].

D’autre part, les personnes perçues comme sortant des normes de genre auxquelles s’adosse l’hétérosexisme (système à l’intérieur duquel l’hétérosexualité est la norme et suppose deux genres clairement identifiés), sont sujettes à des discriminations spécifiques et des violences légitimées par les stéréotypes genrés ou facilitées par les conséquences des stéréotypes sexistes et hétérosexistes. C’est particulièrement vrai pour les personnes dites intersexes, transidentitaires, homosexuel·les, bisexuel·les, etc., ou présumées telles.

Enfin, il est certain qu’en France actuellement, pour bénéficier pleinement de ses privilèges masculins, il est important d’être perçu comme blanc, sans quoi la représentation et l’accession au pouvoir ou aux classes sociales dominantes, par exemple, sera très limitée. Sans quoi la sécurité n’est pas non plus assurée, si l’on pense aux violences policières dirigées vers les hommes racisés[13], en particulier perçus comme « noirs » ou « arabes » (là encore il s’agit de catégories sociales résultant du racisme systémique).

Bénéficier des privilèges masculins ne va donc pas de soi (voir également plus bas : les coûts de la domination masculine). De la même manière, le niveau de discrimination varie : une femme aisée accédera à des privilèges propres à sa classe sociale qui la rendront moins (voire pas du tout) vulnérable à certaines discriminations sexistes (comme les difficultés d'accès à l'IVG), alors qu'une femme transgenre (assignée garçon à la naissance) sera bien plus pénalisée sur le plan de l'accès au travail[14] qu'une femme cisgenre. Les hommes racisés sont davantage discriminés dans le monde du travail que les femmes blanches. Etc.

Le genre, indissociable de la race

Le sujet est d’autant plus complexe[15] que, comme tous les rapports de domination, il n’est possible de définir le genre en tant que système de représentation et de hiérarchisation du masculin et du féminin (pour le dire vite) que dans un contexte particulier. Par exemple, si l’on parle de la France au XXIe siècle, nous parlons de catégories de genre imbriquées dans des catégories de race : la colonisation française, qui a conduit à la distinction entre citoyen·nes et sujet·tes de l’Empire, est à l’origine d’une nouvelle hiérarchie. Avant, en France, les hommes étaient, du point de vue du droit et des représentations, considérés comme supérieurs aux femmes (toutes choses égales par ailleurs, puisque le rapport de classe, par exemple, apporte une nuance de taille). Pour légitimer le fait que les femmes « blanches » accèdent à des droits refusés aux « sujets » de l’Empire, personnes racisées, après avoir créé des stéréotypes de masculinité forte et de féminité faible appuyées par des théories médicales, on a créé des stéréotypes de masculinité blanche et de féminité blanche valorisés par rapport à des stéréotypes de masculinité noire et de féminité noire non seulement dévalorisées mais déshumanisées, les femmes noires se retrouvant au bas de l’échelle sociale, du point de vue de la race et du genre, devenus indissociables[16].

On a tendance à reproduire toutes les dominations en ne prenant pas en compte les spécificités de chaque position sociale, et c’est pourquoi l’analyse du privilège masculin devrait être aussi complexe[17] qu’un féminisme réel (et non de femmes représentantes de la norme), qui prendrait en compte les questions de genre (intégrant la question de la transidentité, des genres non binaires, etc.), de classe, de race, de sexualité, de handicap, etc. Chaque combinaison d’identités sociales tient à une histoire spécifique et suppose des modalités spécifiques de discrimination, face auxquelles il est indispensable de mettre en place des stratégies spécifiques.

La notion de « privilège »

Les études portant sur les avantages qu'entraînent pour les hommes les discriminations envers les femmes parlent de « privilège » masculin. Ce terme a un sens bien particulier dans le contexte des rapports de domination (voir la définition détaillée de ce concept dans « Briser le tabou du privilège pour lutter contre le racisme et le sexisme »). Il s’agit d’avantages :

– systémiques (qui s’exercent au niveau d’une société, et pas obligatoirement des relations interpersonnelles : un cas particulier n’est donc pas forcément représentatif de l’ensemble),

– non discrétionnaires (c’est mécanique, on en tire parti qu’on le veuille ou non, y compris quand on est un militant féministe – ce qui n’empêche pas de les combattre dans sa vie professionnelle, sociale, de couple, etc.),

– liés à une absence de discrimination (ces avantages ne garantissent pas d’avoir la belle vie ni d’être épargné·e de toute discrimination, mais, à situation égale par ailleurs, ils garantissent d’être avantagé·e par rapport à une personne touchée par ces discriminations).

Privilège et inconscience

Le corollaire du sexisme, c’est donc le privilège masculin[18] : l’équivalent de ce « sac à dos » ou « havresac » offert à la naissance du fait d’être garçon, selon les termes de Peggy McIntosh, chercheuse états-unienne blanche[19]. La liste en est longue (celle-ci ne prétend pas à l’exhaustivité), du plus anodin au plus grave, du plus nié au plus reconnu, du plus intime au plus public, du plus évident au plus difficile à entrevoir, car le sexisme peut être particulièrement insidieux, et même prendre l'apparence de la bienveillance.

Le plus grand d’entre eux étant de ne jamais avoir à y penser, à les nommer, à les reconnaître comme des privilèges, de ne pas être dérangé par leur existence : d’où l’absence de poids et l’invisibilité du sac.

Peggy McIntosh s’est intéressée à son propre privilège de blanche en prenant conscience du déni dont le privilège masculin faisait l’objet chez ses collègues hommes. Elle écrit ceci :

« En travaillant à introduire des notions issues des études féminines dans le reste du programme, j’ai souvent remarqué la réticence des hommes à reconnaître qu’ils étaient surprivilégiés, même s’ils peuvent reconnaître que les femmes sont désavantagées. Il leur arrive de dire qu’ils veulent contribuer à améliorer le statut des femmes dans la société, à l’université ou dans les programmes, mais ils n’arrivent pas ou ne veulent pas encourager l’idée de diminuer celui des hommes. Un déni qui équivaut à un tabou entoure le sujet des avantages que les hommes tirent des désavantages que les femmes subissent. Ce déni protège les privilèges masculins d’une reconnaissance pleine et entière, de leur atténuation ou de leur suppression.

En me penchant sur le phénomène de la non-reconnaissance du privilège masculin, j’ai réalisé, puisque les hiérarchies dans notre société s’imbriquent les unes dans les autres, qu’il y avait très probablement un phénomène de privilège blanc pareillement nié et protégé.[20] »

Quant à Léo Thiers-Vidal, il écrit : « Si ces hommes [avec lesquels il s’est entretenu dans le cadre de sa thèse] perçoivent bien que ce sont des hommes qui mettent « des bâtons dans les roues » des femmes, ils n’en déduisent pas pour autant que c’est grâce à cette action de domination collective et individuelle que leurs propres vies se trouvent améliorées, privilégiées[21]. »

Le coût du privilège masculin

Généralement le déni de ce privilège s’exprime à travers l’idée que les hommes souffrent aussi de sexisme. Ils peuvent effectivement souffrir du sexisme, en ce qu'il fige les rôles et les normes, y compris masculins, dans lesquelles chacun ne se retrouve pas, et d’autant plus que ces normes impliquent trop souvent des prises de risque pour soi et pour autrui, et des violences. Ils sont également touchés par les effets négatifs des stéréotypes de genre[22].

Comme l’écrit Léo Thiers-Vidal, si le statut d’homme est dû à la place qu’on occupe dans la société, on la gagne en partie en remportant le soutien de ses pairs, c’est-à-dire des autres garçons et hommes. Quand les hommes redoutent la violence, c’est souvent la violence d’autres hommes. Quand homme est désavantagé dans certaines situations par le fait d’être un homme, c’est souvent lié à la violence qui accompagne les normes de masculinité : il faut prouver aux autres hommes qu’on mérite d’être reconnu comme un des leurs, démontrer sans cesse sa masculinité. Ce faisant, on en valide les normes. Et on en tire les privilèges associés. « Ce qui constitue la non-chance masculine [les désavantages à être un homme] est donc, aux yeux des hommes, une question principalement liée aux rapports entre hommes : les rapports aux membres du groupe social dominé selon l’axe du genre ne semblent aucunement prédominer[23]. »

Ce coût, c’est aussi celui de l’adaptation : pour s’aménager une position de dominant plus confortable, ou réagir face aux résistances sans perdre ses privilèges masculins, la domination masculine évolue (en général on appelle ça les « crises de la masculinité[24] », au pluriel parce que c'est un phénomène récurrent, qui survient après des actes féministes collectifs).

Mais n’oublions pas que le sexisme n’a jamais visé les hommes, en ce sens que sa fin est de leur assurer une position supérieure dans la hiérarchie qu’il crée entre les genres. Il vise les femmes, avec pour objectif de justifier et de maintenir une domination masculine qui s’exerce dans tous les domaines : politique, économique, culturel, religieux, etc. (voir Pourquoi nous avons besoin du féminisme au XXIe siècle). Il protège cette position de dominant.

Ainsi, ce dont souffrent les hommes, ce n’est pas tant du sexisme que de ce que certain·es chercheur·es appellent les « coûts de la domination masculine[25] », autrement dit les investissements qu’il leur faut faire pour bénéficier des privilèges masculins ou les effets négatifs du système du genre qu’il leur faut subir. C’est le prix à payer pour bénéficier de tous les avantages octroyés par ce statut d’homme[26].

Dans la mesure où malgré cela la domination masculine persiste (tout comme le déni parfois de son existence), on a une indication d’à quel point les intérêts à en bénéficier sont supérieurs aux coûts qu’elle suppose. Regarder ces avantages permet de mieux comprendre les résistances des hommes face au féminisme (qu’on qualifierait peut-être de manière plus claire de mouvement pour sortir de la domination masculine) : se libérer totalement de ces « coûts », ce serait aussi renoncer à ses privilèges, et même lutter contre ses privilèges[27].

Et c’est souvent le point où les hommes, comme la plupart des dominant·es en général, s’arrêtent dans la lutte contre la domination qui leur profite. Certains voudraient bénéficier des apports du féminisme sans renoncer à leurs privilèges. C’est un terrain commun entre beaucoup d’hommes « féministes » et les masculinistes – à cette différence que les derniers sont explicitement et uniquement focalisés sur leurs droits et leurs besoins, et font de la lutte pour leurs privilèges leur programme.

Défendre ou amoindrir le privilège masculin

Ces privilèges sont de natures diverses (voir liste plus bas) : des ressources matérielles (positions de pouvoir, meilleur salaire) ; davantage de libertés (la libre utilisation de l'espace public, davantage de temps personnel, davantage d’autonomie) ; une moindre responsabilité et implication émotionnelle dans la famille (dans les tâches ménagères et parentales, le soin de proches malades ou âgé·es) ; davantage de légitimité (accès à la parole, à la représentation, effets bénéfiques des stéréotypes sexistes dans tous les domaines, position de sujet) ; une plus grande sécurité (en termes de violences sexuelles, médicales et conjugales), etc.[28].

La première manière d’accéder à ces privilèges et de les maintenir, c’est de refuser d’en prendre conscience. S’ils n’existent pas, je n’ai aucune responsabilité là-dedans, ce qui m’assure un double confort. Les hommes mettent en place des stratégies plus ou moins conscientes de domination[29] pour accéder à ces privilèges ou pour les renforcer.

Un cran au-dessus, il s’agit d’en tirer tout le parti possible, pour justifier sa position sociale, pour obtenir ou justifier le fait d’occuper un poste supérieur dans la hiérarchie ou le terrain politique[30], pour exercer une domination sur une femme, leur femme en particulier. En se distinguant des filles et des femmes cis et trans, en les dévalorisant, en dénigrant leur parole. En s’organisant de manière à faire reconnaître leur souffrance d’hommes dans l’espace public (comme on voit les masculinistes le faire). En ne portant pas de jugement éthique sur le comportement d’autres hommes, en faisant preuve de plus d’empathie envers un homme qu’envers une femme en cas de comportement problématique, ou en les déresponsabilisant. En se déresponsabilisant. En parlant à la place des femmes, y compris dans les mouvements féministes[31]. En utilisant le féminisme comme un outil de séduction. En faisant appel à des stéréotypes sexistes ou aux mythes sur le viol pour échapper aux condamnations par la société comme par la justice dans des cas de harcèlement, de violence sexuelle ou de viol ; pour protéger des agresseurs et des violeurs ; pour protéger leur propre marge de manœuvre.

À l’inverse, on peut lutter contre ce privilège de diverses manières. D’abord en s’informant, en en parlant, en diffusant les études, réflexions et travaux sur le sujet, en faisant connaître et en soutenant les initiatives féministes. En prenant conscience du caractère systémique du sexisme (il est partout, chaque manifestation, y compris les plus « anodines », renforçant les autres). En refusant de souscrire aux blagues, raisonnements et remarques sexistes, LGBTI-phobes (à l’égard des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans et intersexes). En les condamnant clairement, à haute voix, au moment où elles se manifestent. En dénonçant les comportements et les violences sexistes et LGBTI-phobes, d’où qu’elles viennent, sans opter pour des formes de loyauté trompeuses. En s’observant soi-même, parce qu’aucun·e d’entre nous n’est exempt·e d’hétéro-cis-sexisme, de transphobie, et que personne ne peut faire ce travail à notre place de l’identifier et de le traquer en nous. En prenant conscience des formes multiples que prend la culture du viol. En s’informant sur les mécanismes de reproduction de la domination sexiste. En s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles dans une entreprise, une institution, une cursus scolaire ou universitaire, une association, etc., les hommes blancs sont surreprésentés, sur les manières de contrer les mécanismes de reproduction de la domination masculine. En ayant conscience de ces problématiques et de l’impact de nos propos et de nos gestes dans notre travail et notre vie quotidienne. En en tirant les conséquences sur nos pratiques professionnelles, sur l’organisation de la société dont nous sommes partie prenante. En prenant en compte les inégalités de genre, les contraintes parentales. En en tirant les conséquences sur l’éducation des enfants, les comportements, propos, réactions qu’on leur offre en exemple, notre manière de parler, d’aborder un sujet, d’envisager une campagne, de traiter un problème : suis-je susceptible, dans cette situation, de renforcer le sexisme et les LGBTI-phobies ou de les combattre ? Selon la manière dont je m’y prends, les personnes concernées seront-elles objets ou pleinement sujets ?

En adoptant si je suis un homme des pratiques égalitaires plutôt que « viriles », des pratiques souvent moins gratifiantes, moins valorisées, plus répétitives que celles auxquelles je suis habitué. En refusant d’être un homme au sens de dominant du point de vue du genre[32].

Le préalable étant bien entendu de se montrer responsable en prenant conscience du coût de la domination masculine pour les personnes perçues comme des femmes et celles et ceux qui n’entrent pas dans les normes de genre[33], à différents niveaux. Car chaque privilège pour l’un a pour corollaire une discrimination des autres.

Prendre conscience de son privilège

De ce système il découle que le fait d'être un homme dans une société sexiste qui divise l'humanité entre femmes et hommes offre une situation confortable, où les avantages de la domination sont plus importants que leurs conséquences négatives (sans quoi les hommes seraient en toute logique davantage égalitaristes du point de vue du genre).

Il est confortable de se sentir légitime, crédible, respectable, méritant·e en se prenant simplement pour un être humain qui aurait obtenu ce qui était dû à ses qualités propres, à ses efforts. Mais si l’on est un homme, si l’on est blanc·he, celle légitimité, cette crédibilité, cette respectabilité, ce « mérite » sont en partie dues au fait d’être un homme, au fait d’être blanc·he. Il est confortable de bénéficier de droits qui sont déniés à d’autres, simplement parce qu’on est hétérosexuel·les, qu’on ne vit pas de situation de handicap. Lutter contre tout ce qui entraîne et renforce ce confort peut paraître demander de l’abnégation, et une douloureuse lucidité, puisque cela suppose de reconnaître que tout ce que nous obtenons non seulement ne nous vient pas de notre seul mérite et de nos seuls efforts[34] – une idée attachée au fait que nous serions avant tout et uniquement des êtres humains –, mais vient du fait de discriminations qui touchent les « autres » – ce qui revient à comprendre que l’on est aussi beaucoup blanc·hes, hommes, hétéros, etc.

Les dominant·es étant en toute logique perçu·es comme « neutres », légitimes, comme des personnes à part entière avant que d'être hommes, blanch·es, hétérosexuel·les ou valides, protégé·es par tout un système de disparition/valorisation de cette identité, d'autolégitimation, de confirmation de validation de leur sentiment de supériorité, de « normalité » (par l'histoire officielle et la liste des figures scientifiques, culturelles et intellectuelles mises en avant, décennies après décennies, renvoyant sans cesse les Olympe de Gouges, les Paulette Nardal[35] et les Ada Lovelace aux oubliettes ; par la naturalisation de l’hétérosexualité ; par une grande absence des rapports de domination coloniaux dans les livres d’histoire à l’école[36] ; par les discours politiques…), il leur est particulièrement difficile d'accéder à cette conscience. Il existe cependant une solution : écouter celles et ceux qui de par leur expérience de la discrimination en ont une perception aiguë. Et prendre connaissance des résultats des études qui confirment – quand elles existent, et c’est de plus en plus le cas – la réalité de la discrimination à l'échelle de la société.

Il est facile, tellement plus valorisant et confortable de voir dans ces privilèges l'effet d'un mérite. Ou d’un droit (pour un·e privilégié·e, l’égalité ressemble à une atteinte à ses droits). Ou simplement le reflet d’une réalité non questionnée. Cela évite d'être dérangé par la prise de conscience du fait qu'être considéré comme un homme a des effets positifs indépendamment de ses qualités propres.

C’est très facile parce que toute une tradition intellectuelle et culturelle conforte les hommes dans leur position de dominants en les protégeant de la conscience de leur implication dans la domination masculine. C’est ce que Michelle le Doeuff nomme « l’acognition masculiniste[37] » : des raisonnements – philosophiques par exemple – trompeurs, visant à justifier la domination masculine et finissant toujours par la considérer comme naturelle. Les représentations, l’intérêt à conserver sa position, l’emportent sur la rigueur du raisonnement et sur la prise en compte des réalités.

Au sujet de la conscience de dominer, la sociologue Colette Guillaumin écrit des hommes qu’ils adoptent des « habitudes automatisées, à la limite de la conscience claire[38] », et qui pour n’être pas tout à fait conscientes, n’en sont pas moins efficaces. Cette conscience apparaît plus clairement quand la question leur est posée de la « chance » qu’il y a à être un homme, comparativement à être une femme. La conscience de la manière dont les hommes participent au maintien de la domination masculine est la plus aiguë quand ils décrivent et analysent le comportement d’autres hommes, comme le montre la thèse de sociologie de Léo Thiers-Vidal[39] : en se référant à d’autres que soi, on évite de se demander en quoi on participe concrètement, au jour le jour, par ses actes, ses propos, ses silences, son soutien aux normes de genre, sa non-réactivité, au maintien de la domination masculine.

Les hommes trans (assignés filles à la naissance) bénéficiant d’un passing cis (perçus comme des hommes cisgenres) sont particulièrement conscients de la différence de traitement : « C'est vertigineux de comprendre quand tu es perçu au masculin, à quel point le masculin est plus considéré, plus compétent, plus pro, plus fort (jusqu'à preuve du contraire), quand en tant que femme, tu es perçue par défaut comme faible et incompétente. Le faire percevoir au travers de personnes F to M [hommes trans, passés d’une identité de genre féminine à une identité de genre masculine] me semblait particulièrement puissant et incontestable, dans un monde occidental où les hommes n'ont généralement aucune conscience de leurs privilèges ou font mine de, pour de ne pas devoir accepter d'y renoncer et où de nombreuses femmes considèrent que les luttes féministes sont des luttes obsolètes[40]. »

 

Les privilèges masculins

Voilà des exemples de privilèges dont bénéficient les personnes perçues comme des garçons ou comme des hommes (et dont on trouve sur des blogs d’autres listes[41], elles aussi inspirées de celle de Peggy McIntosh), indissociablement liés aux discriminations qui touchent les personnes perçues comme des filles, des femmes, ou des personnes ne se conformant pas aux normes hétéro-cis-sexistes.

Représentation, pouvoir

– Les personnes de mon genre sont représentées de manière largement majoritaire, et dans des rôles plus valorisants que ceux de l’autre sexe, dans les livres d’histoire[42], les manuels scolaires[43], la littérature pour enfants[44], les jeux vidéo[45], au cinéma[46], et dans les médias[47]. Je peux m’identifier (ce sera plus facile si je suis blanc) à des héros culturels, des créateurs, des grands savants et penseurs de mon genre puisque ces modèles sont partout.

– Suite à un long effort pour masculiniser la langue[48] et ridiculiser le féminin, « le masculin l’emporte sur le féminin », et pas seulement dans les règles d’accord : mon genre est partout visible et représenté[49]. De nombreuses expressions utilisent des termes masculins pour désigner hommes et femmes (« droits de l’homme[50] », « hommes politiques », « hommes de lettres », « grands hommes »...), confondant, en jouant sur l’ambiguïté, mâle et humain.

– Les pouvoirs politique, économique, religieux, les postes de direction dans les institutions de la culture[51], des arts[52], du sport[53] et des sciences, sont en très grande majorité entre les mains de personnes de mon genre (blanches dans leur immense majorité).

– Les médias mettent systématiquement en avant les compétitions sportives disputées entre personnes de mon genre[54] – bien qu’elles ne soient pas dites « masculines ».

– Que ce soit dans le monde politique ou professionnel, je suis rarement la seule personne de mon genre – si c’est le cas, mon individualité n’est pas remplacée aux yeux d’autrui par la nécessité de représenter uniquement mon genre[55]. D’autre part j’y suis généralement très bien reçu.

– Les chefs des principales religions sont de mon genre. Dieu est nommé au masculin, et quand il est représenté, c’est sous les traits d’une personne de mon genre.

– Je suis bien représenté de par mon genre et les thématiques qui y sont traitées, dans les luttes antiracistes[56], anticapitalistes, contre les LGBTI-phobies[57], etc.

– L’histoire relate les actions et met en avant les activités des personnes de mon genre (puissantes et blanches)[58].

Du fait que mon genre soit systématiquement représenté dans la majorité des domaines, et systématiquement dans les domaines valorisés, je bénéficie d’une légitimité vis-à-vis d’autrui et d’un sentiment de légitimité lié à mon genre (éventuellement décuplé par ma situation de classe) dans mes actions et pour la prise en compte de mes besoins.

Légitimité, respect et liberté

– Mes compétences professionnelles ne sont pas naturalisées et donc sous-payées[59], en particulier si je suis blanc.

– Je peux être sûr que si l’on fait preuve d’infantilisation, de condescendance, de paternalisme ou de mépris à mon égard, ce n’est pas en raison de mon genre[60].

– C’est le plaisir lié au pénis qui définit la forme d’une « relation sexuelle » hétérosexuelle[61], et la présence d’un pénis qui valide un rapport sexuel[62].

– J’ai été éduqué à occuper et m’approprier l’espace public, sans avoir le sentiment de devoir modifier mon comportement pour y entrer ou y être accepté en raison de mon genre (si je suis perçu comme cis et hétéro)[63].

– Si je suis prof et perçu comme hétérosexuel et cisgenre, je fais moins l’objet de provocations de la part des garçons[64].

– L’espace de la cour de récréation est occupé majoritairement par des personnes de mon genre[65].

– Mon nom et mon état civil ne dépendent pas de ma relation avec une autre personne si elle est de l’autre genre[66]. Quand je reçois du courrier destiné à moi et à la personne avec qui je partage ma vie, il est très peu probable que mon nom disparaisse au profit de celui de l’autre personne si c’est une femme.

– En conversation mixte, il y a peu de chances que je sois interrompu, qu’on montre peu d’intérêt à mes propos ou qu’on ne me réponde pas, comparé à une personne de l’autre genre[67].

– Je n’ai pas de difficulté à faire accepter le terme masculin correspondant à ma profession, et d’autant moins qu’elle est prestigieuse : il existe déjà et est valorisé comme tel[68].

– Je ne fais pas l’objet de cyberharcèlement en raison de mon genre[69].

– Je ne suis pas insulté, dévalorisé, décrédibilisé sur la base de mon genre dans des lieux censés assurer mon éducation ou ma formation[70] sous la bannière « Liberté, égalité, fraternité » (sauf si je suis perçu comme un « garçon arabe[71] »).

– Je n’ai pas à justifier l’importance que mon genre soit représenté en politique : sa légitimité à l’être a toujours été une évidence[72].

– La culture européenne ne m’a pas appris à faire passer mes désirs au second plan[73].

– Mon éducation a sans doute contribué à ce que je fasse preuve de plus d’aisance et que je me sente plus légitime qu’une personne de l’autre genre à m’exprimer oralement[74].

– Ma parole est globalement davantage considérée, prise en compte et relayée que celle d’une personne de l’autre genre[75], y compris lorsque je parle de féminisme[76], y compris quand j’en parle de manière particulièrement biaisée[77].

– Il est très peu probable que je doive faire face à des comportements hostiles, dénigrants ou moqueurs, à du harcèlement sexuel, des violences sexuelles du fait de mon genre dans un environnement professionnel majoritairement constitué de personnes qui ne sont pas de mon genre[78]. Au contraire, ma situation sera globalement meilleure que la leur[79].

– Il est extrêmement rare que je sois défini par ma relation à une femme (qu’elle soit ma mère, ma conjointe, ma sœur, etc.).

– Les espaces de loisirs sont occupés en majeure partie par des représentants de mon genre, et conçus en fonction de leurs activités supposées[80].

– Mon impunité en cas de violences sexistes, notamment sexuelles, est pour ainsi dire garantie[81] par la culture du viol[82], plus encore si je suis célèbre[83].

– Il y a de bonnes chances pour que, de par mon genre, je me sente plus à l’aise, plus en sécurité, plus légitime dans l’espace public qu’une femme[84].

Valorisation

– La psychanalyse n’a pas construit des théories dévalorisant mon genre[85].

– Mon rôle dans la reproduction n’est pas sous-évalué et sous-étudié[86].

– Mon genre bénéficie globalement d’une présomption de valeur (qui entraîne la considération) et de compétence[87].

– L’étude du processus de différenciation des voies génitales associées à mon genre n’est pas sous-étudié[88].

– Le monde du sport organise la valorisation de compétences associées à mon genre[89].

– Mon genre est associé à la culture, quand les individus perçus comme des femmes sont associés à la nature[90].

– J’ai plus de chances d’être choisi pour réviser une publication universitaire de par mon genre[91].

– Y compris dans des domaines notoirement davantage investis par les femmes, comme la couture et la gastronomie, ce sont des personnes de mon genre qui occupent les positions les plus prestigieuses[92].

– L’organe lié à mon plaisir sexuel n’a pas fait l’objet d’une omerta, ni d’un désintéressement de la médecine[93], ni d’une disparition des manuels de biologie[94].

– Le système nerveux lié à mes organes sexuels est connu et pris en compte depuis longtemps pour le préserver lors d’opérations en urologie[95].

Double standard

Si les personnes perçues comme des hommes sont globalement davantage valorisées, considérées comme des êtres humains à part entière, perçues comme légitimes, davantage accompagnées, si les comportements encouragés ou réprimés leur confèrent en général plus de liberté, c’est parce que les personnes ne sont pas traitées de la même manière selon le genre qu’on leur attribue.

– Il y a de fortes chances qu’on considère comme « normal » que je sois physiquement plus actif que l’autre sexe à l’école, et qu’on  encourage chez moi cette activité[96].

– Je ne m’inquiète pas que ma tenue vestimentaire soit associée à des hypothèses sur ma « disponibilité sexuelle »[97].

– À résultats aussi bons à l’école, il y a de bonnes chances pour qu’on m’attribue un plus grand potentiel en raison de mon genre, et qu’on me pousse à aller plus loin, notamment dans les matières scientifiques[98].

– À l’école, en mathématiques, je fais l’objet de davantage d’attentes et d’accompagnement pédagogique de la part de mes professeur·es en raison de mon genre[99].

– À la crèche, je suis plus sollicité, encouragé dans les activités collectives, incité à porter des vêtements pratiques, à entreprendre des activités physiques, de manipulation et d’exploration par les professionnel·les qui se préoccupent moins de mon apparence et m’interrompent moins que les personnes de l’autre genre[100].

– Il y a peu de chances que ce que je fais de mes poils (en dehors de ceux de mon visage) soit l’objet de débats, de réactions outrées, moqueuses ou de compliments[101].

– Du seul fait de mon genre, et malgré la position de dominant qui me représente dans ce domaine, me montrer féministe donnera de moi une image très positive, quand ce qualificatif sera associé pour l’autre genre à des représentations négatives.

– Il y a moins de chance que je sois réduit à mon handicap au travail[102].

– Il y a de bonnes chances pour que je puisse parler d’une voix forte, m’affirmer ou exprimer de la colère sans être décrit comme étant agressif ou hystérique[103]. Au contraire, je serai sans doute considéré comme faisant preuve de caractère.

– Dans la fonction publique, si j'ai des enfants dans le cadre d'une relation hétérosexuelle, j'ai plus de chance d'accéder aux plus hautes fonctions en raison de mon genre[104].

– Les rassemblements non mixtes des personnes de mon genre ne sont pas perçus comme problématiques, y compris dans les lieux de pouvoir[105], même quand ils sont revendiqués[106].

– Si j’ai des relations sexuelles avec de nombreuses personnes, personne ne me traitera de « mec facile », ni d’un équivalent de « salope » ou de « pute » au masculin, qui n’existent pas.

– On ne recherche pas la trace fantasmatique et corporelle de ma « virginité », dont la « perte » n’est pas associée à une douleur perçue comme une fatalité[107].

– De par notre langue, outil de notre pensée, la confusion entre masculin et humain fait que je ne suis pas perçu par le prisme de mon genre, mais par celui de mon humanité.

– Si je tue ma conjointe ou ex-conjointe, cela ne sera pas attribué à ma violence, mais à ma « passion »[108].

– Tout au long de mon parcours scolaire, il est fort probable que mes professeurs attribuent, en raison de mon genre, ma réussite en mathématiques à mon talent, mes compétences et mon potentiel – et non à mon attention et à mes efforts[109].

– Si je suis père, il est très probable qu’on m’admire et me félicite pour mon implication auprès de mon ou mes enfants, quand bien même elle est largement inférieure au minimum requis pour être considérée comme une mère acceptable.

– Je subis une pression moindre de la part de mes pairs et de la société en matière de beauté que l’autre genre[110].

– Si je suis de mauvaise humeur ou qu’on doute de ma capacité à prendre une bonne décision, personne ne l’attribuera à mes hormones ou à une particularité associée à ma biologie supposée[111].

– Personne ne se demande si je suis opprimé, soumis ou libéré en fonction des vêtements ou de tout autre attribut que je porte[112].

– Je ne subis pas autant de pression pour avoir l’air jeune que les femmes, que ce soit dans les relations hétérosexuelles ou pour trouver du travail quand l’apparence physique y prend une part importante.

– À travail similaire, les personnes de mon genre sont mieux payées, et moins contraintes au temps partiel[113].

– Si je suis considéré comme en surpoids, je serai moins discriminé sur le marché du travail du fait de mon genre[114].

– On ne me demandera pas, si je nie l’existence d’un privilège masculin, de le prouver avec une rigueur sans faille et des références récentes, solides et spécifiques à mon pays. Il me suffira de rappeler des idées reçues et des raccourcis peu scrupuleux, reflets d’un androcentrisme dont on n’a aucune conscience, pour paraître crédible et cohérent, quand mes interlocuteurs (et a fortiori mes interlocutrices) féministes devront prouver encore et encore la pertinence et le sérieux de leurs propos.

– Mon âge est associé à une expérience valorisée et non à une idée de péremption de mon potentiel de séduction, à un état honteux qu’il faudrait cacher.

– Que mon genre soit représenté, et au moins de manière paritaire, est toujours une évidence, y compris dans des contextes féministes, c’est-à-dire qui mettent pourtant en avant ma place de dominant.

> Ce double standard, qui nourrit ma légitimité et ma valorisation, m'offre un certain confort, une certaine sécurité physique et psychologique

Sécurité psychique, psychologique et matérielle

– Mon intégrité corporelle et sexuelle sera davantage respectée, surtout si je suis blanc, supposé hétérosexuel, dyadique (non intersexe), cisgenre et valide[115].

– Les idéaux de beauté liés à mon genre ne me confinent pas au rôle d'objet sexuel, je reste sujet et acteur[116].

– Si je suis présumé hétérosexuel et cisgenre, il y a peu de chance que je sois victime de cyberharcèlement du fait de mon genre[117].

– À moins d’aller en prison ou d’être présumé homosexuel, il y a peu de chance que je sois victime de viol à l’âge adulte[118].

– Il arrive rarement que je sois traité de noms qui dénigrent mon genre. Il sera difficile d’en trouver en dehors de ceux qui renvoient en réalité à la dépréciation du féminin[119], auquel est associée l’homosexualité masculine.

– Il y a peu de chances que je sois tué en raison de mon genre[120].

– Au travail, il y a peu de chance que mes compétences professionnelles soient dénigrées, que je sois l’objet de moqueries, d’incivilités, ou qu’on m’ignore du seul fait de mon genre[121].

– Si je suis présumé hétérosexuel et cisgenre, quand je sors dans la rue ou que je prends les transports en commun, je n’ai pas peur qu’on commente ma tenue et mon physique, ni d’être interpellé, injurié ou agressé sexuellement en raison de mon genre [122]. Je n’éprouve pas le besoin de modifier mes heures de sortie ou mon itinéraire en fonction de ce risque, tout en faisant preuve d’hypervigilance dans l’espace public.

– Il est peu probable que je sois victime de harcèlement sexuel au travail[123].

– Les magazines, les publicités, la télévision, les films ne me renvoient pas à des rôles d’objet sexuel, de reproducteur, de victime ou de personne sans expérience et peu intéressante en raison de mon genre[124].

– J’ai plus de chance, en particulier si je suis blanc et « valide », d’occuper une situation de pouvoir et non de subordonné au travail, et donc d’éviter les risques d’abus de pouvoir que cela suppose[125].

– Il y a peu de chance que je sois frappé ou tué par une partenaire ou une ex-partenaire[126].

– Je ne suis pas en raison de mon genre la cible de discriminations qu’on nie, qu’on minimise[127], ou dont la dénonciation entraînerait le discrédit de ses auteur·es.

– Mon corps et ses particularités ne sont pas associés à une prise de pouvoir du corps médical dans la même mesure que ceux de l’autre genre[128].

– Si mon genre m’a été assigné à la naissance et que je n’en change pas, je ne serai pas soumis par le comité des Jeux olympiques (asiatiques seulement depuis 1999) à des tests visant à vérifier la correspondance de mon genre avec ma biologie, et ne risque donc pas qu’il me considère comme relevant du genre féminin alors que j’ai vécu toute ma vie comme un homme[129].

– On ne me demande pas de rire à des blagues très répandues qui m’offensent en raison de mon genre sous peine d'être considéré comme manquant d’humour[130].

– Je ne suis pas réifié (perçu comme un objet) par le regard de l’autre sexe, dans la rue, au cinéma, dans la publicité, etc., et ne souffre donc a priori pas de toutes les conséquences que cette objectivation implique pour la santé mentale et physique[131].

– Personne ne me demande de sourire dans la rue[132].

– On attend peu des personnes de mon genre qu’elles se mettent à la place d’autrui, et répondent à ses besoins affectifs[133].

– La décision de m’embaucher pour un travail ne sera a priori pas prise en fonction des hypothèses portées sur ma volonté de fonder une famille ou sur la présence d’enfants chez moi.

– Mes compétences et mon autorité seront davantage reconnues et je serai davantage respecté dans mon travail, surtout si je suis blanc.

– Le soin qu’on attend que je prête à mon apparence au travail ou en société est relativement bon marché et prend peu de temps. Il est peu influencé par l’industrie publicitaire[134].

– Sur Internet, le fait d’afficher une identité de genre masculine m’évite d’avoir affaire à des commentaires et comportements sexistes[135].

– À l’école, on ne me demande pas d’influer positivement sur le comportement de l’autre genre, par exemple pour le « calmer »[136].

Déresponsabilisation

– Il y a de bonnes chances que dans le cas où une personne de ma famille, y compris ma propre partenaire si je suis en couple hétérosexuel, a besoin d’être prise en charge parce que c’est un enfant, une personne malade, une personne âgée, ce soit une femme qui s’en occupe[137].

– Si je suis en couple hétérosexuel, il est probable que je délègue les relations sociales et familiales à ma partenaire[138].

– Les mythes sur le viol me déresponsabilisent en raison de mon genre[139]. La victime est souvent désignée comme étant la coupable par la société[140] (que ce soit par la police, la justice, les médecins, les médias, ou la famille).

– L’organisation du travail et les stéréotypes de genre me déresponsabilisent en tant que père[141].

– On m’attribue une immaturité ou de la maladresse dans les domaines qui me permettent de conserver mes privilèges masculins[142].

– Il est très probable que j’aie baigné dans un discours qui rend les femmes responsables de la perpétuation du sexisme du fait qu’elles aient davantage la charge de l’éducation des enfants, sans qu’on interroge aucunement la responsabilité du modèle masculin dans cette éducation[143].

– Si j’ai des relations hétérosexuelles, il est fort probable que je ne me sente pas concerné par les questions de contraception[144] (la médecine, les médecins, la société ne m'y encouragent pas), que je ne la finance pas, que je ne me préoccupe pas de ses effets sur ma santé, ni des risques de grossesse, ni de la gestion d’une grossesse non désirée.

 – Si je tue une femme dans le cadre d’une relation de couple, il est tout à fait possible que mon crime soit qualifié de « passionnel », forme d’atténuation sans équivalent quand une femme tue dans un cadre de légitime défense.

Droits liés à mon corps et à ma santé

– L’industrie pharmaceutique produit généralement des médicaments, qui, bien qu'ils ne soient pas présentés comme tels, sont adaptés spécifiquement au corps attribué à mon genre, puisque les études sur lesquelles repose leur élaboration sont souvent conduites uniquement sur des personnes de mon genre[145].

– La recherche médicale travaille en priorité à partir de corps semblables à ceux considérés comme étant de mon genre : les diagnostics sont donc plus sûrs si je suis un homme. Mes accidents cardio-vasculaires seront mieux diagnostiqués[146], mes pathologies plus étudiées[147], mieux traitées, les traitements plus adaptés, et les maladies qui touchent spécifiquement les corps semblables au mien sont davantage reconnues et considérées comme telles.

– Ma douleur est davantage prise au sérieux[148].

– Les effets secondaires de la contraception hormonale sont considérés comme inacceptables quand ils concernent mon genre[149].

– Il y a plus de chance que mon autisme soit diagnostiqué[150].

– L'anatomie spécifique associée à mon genre est parfaitement connue[151] et ses troubles étudiés[152].

– Si je suis dyadique (non intersexe), les personnes ayant du pouvoir (religion, médecine, politique…) ne prétendent pas contrôler mon corps[153].

L’inconscience du privilège

– Il est probable, parce que rien ne m’y encourage dans ma culture, que je ne me sente pas directement concerné par les violences sexistes, alors qu’elles sont avant tout un problème de valorisation d’une masculinité caractérisée par la violence et le pouvoir[154].

– Il est probable qu’alors même (voire parce que) je ne me sens pas directement concerné par le sexisme, je pense être mieux à même d’en parler qu’une femme, en utilisant mon privilège masculin. Et que je me présente comme féministe[155].

– Je peux ne pas ressentir le besoin de lutter contre toutes les formes de la domination masculine, puisque dans leur immense majorité elles ne me nuisent pas.

– Je suis éduqué à ne pas voir ces privilèges et même à les défendre, dans la mesure où ils sont considérés comme indissociables de mon identité masculine.

– Je peux être inconscient, la plupart du temps, de bénéficier de ces privilèges.

– Je ne suis pas face à une mise en avant de la domination masculine dans la langue, puisque l’écriture au masculin (en confondant général et spécifique, masculin et humanité) en la normalisant, la rend pour ainsi dire invisible[156].

– Je peux nier ces privilèges sans avoir aucunement l'impression d'agresser quiconque en niant du même coup le rapport de domination sexiste.

– Je me considère comme neutre alors que j’occupe une position de dominant[157].

Défense de mes privilèges

– De par mon genre, de puissants groupes défendent mes privilèges en tant qu’agresseur en créant des concepts comme le syndrome d’aliénation parentale, pour discréditer la parole des femmes et des enfants[158].

– Les crimes sexistes (le viol[159] comme le meurtre) sont relégués à la rubrique faits divers, sans que leur aspect systémique soit évoqué, ni le lien avec une domination masculine structurelle évoqué.

– Je peux compter sur la défense de mes privilèges quand ils sont attaqués par des propos ou des mesures égalitaristes par le discours de l’égalité-déjà-là »[160].

– Si je suis célèbre, le fait que je sois accusé de violences ou de violences sexuelles sexistes, même très graves, n’est pas un obstacle à ma carrière de par mon genre[161]. Je rencontre partout des soutiens[162].

– Si la féminisation d’un métier est corrélée à sa dévalorisation, on en déduira que sa dévalorisation est due à la surreprésentation des femmes, encourageant à une plus grande représentation des personnes de mon genre[163]

– La solidarité masculine est globalement considérée comme plus importante par les personnes de mon genre que les droits des victimes de violences[164].

– Il existe un système de discours et de représentations qui font passer le féminisme pour plus agressif que la domination masculine[165], notamment sur le sujet des violences sexuelles[166].

– Le discours de la « crise de la masculinité » connaît une nouvelle actualité chaque fois que, dans l’histoire, les privilèges dus à mon genre sont remis en cause[167].

– Chaque fois que les violences sexistes systémiques sont mises en avant, les violences à l’égard des hommes sont portées sur la place publique, invisibilisant le continuum de violences lié à la domination masculine[168], et laissant de côté la responsabilité de la construction de l’identité masculine dans les violences, quelles que soient les victimes[169].

– Les violences sexuelles commises par les personnes de mon genre ont beau être dénoncées en permanence, elles sont toujours aussi nombreuses, et leurs auteurs bénéficient toujours de la même impunité, du fait de la culture du viol[170] et des complicités existant dans les plus hauts lieux[171].

– Tous mes privilèges masculins sont autant d’outils précieux qui m’assurent que la domination masculine puisse perdurer, et avec elle, ces privilèges masculins. 

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Domination masculine : elle crève les yeux jusqu'à en être invisible
Briser le tabou du privilège pour lutter contre le racisme et le sexisme
L'autre versant du racisme : le privilège blanc

NOTES

[1] Les ouvrages sur les rapports de domination sont peu connus du fait même de ces rapports de domination. S’il y en a pléthore sur la question du sexisme, il s’agit bien souvent d’un sexisme vu à travers un regard de dominant·es :  blanc, cis, dyadique, valide, etc. En cela ils reconduisent les autres dominations à l’œuvre. Reste que même dans ces conditions, ils voisinent parfois sur les rayons des librairies avec des ouvrages foncièrement antiféministes, et que le sexisme systémique fait toujours l'objet de dénégation.

[2] Collectif intersexes et allié·e·s, brochure Intersexes ?

[3] Voir les rapport d’enquête et campagne 2015 de Stop au déni, à l’initiative de l’association Mémoire traumatique et victimologie. 

[4] Haroun Bouazzi, « Le racisme systémique en 9 questions-réponses », Huffington Post Québec, 20 mai 2017. 

[5] Voir le sketch de l’humoriste australien Aamer Rahman, « Reverse racism », émission Fear of a Brown Planet, en anglais sous-titré français, 2013. 

[6] Lire à ce sujet l'excellent livre de Julia Serano, Manifeste dune femme trans et autres textes (Lyon : Tahin Party, 2014), qui met très concrètement au jour les mécanismes de la domination à l'égard des personnes trans, leurs présupposés et les privilèges qu'elle entraîne pour les personnes dites « cisgenres » (non trans).

[7] Anaïs Bohuon, Catégorie « dames ». Le test de féminité dans les compétitions sportives, Paris : éditions iXe, 2012.

[8] Éliane Viennot, Comment le langage structure-t-il nos pensées ? L’exemple de l’invisibilisation des femmes, conférences Utopia, 9 juin 2015. 

[9] Laure Blachier, « Bleu pour les garçons, rose pour les filles. D’où viennent ces couleurs ? », Ça m’intéresse, 11 avril 2017. 

[10] Alexandre Baril, « Transsexualité et privilège masculin. Fiction ou réalité ? », dans Line Chamberland, Blye W. Frank, Janice Ristock (dir.), Diversité sexuelle et constructions de genre, Presse de l’Université du Québec, 2009, p. 13-14. 

[11] Sans quoi ils perdent et les privilèges masculins acquis dans le cadre du travail, et leurs privilèges cisgenres, voir Julia Serano, Manifeste dune femme trans et autres textes, Lyon : Tahin Party, 2014.
Antonin Le Mée, La binarité, c’est pas mon genre, conférence TEDx, 2016. 

[12] Ptitlou42, « Sortir du placard trans », 14 juin 2017. 

[13] Collectif Cases Rebelles, 100 portraits contre l’État policier, Paris : Syllepses, 2017. 

[14] Le défenseur des droits, « L’accompagnement des salariés et agents trans » (2013 ?).

[15] Je ne prétends aucunement en faire le tour ni avoir une approche pleinement intersectionnelle.

[16] João Gabriell, « Réflexion sur la déconstruction du genre en contexte afro », 12 octobre 2015

Elsa Dorlin, philosophe spécialiste de l’histoire de la médecine, conférence « Généalogie du sexisme et du racisme : la construction des inégalités », Les conférences Universciences, disponible sur France Culture Plus, enregistrement audio [réf. mise à jour], consulté le 4 mars 2016. J’en résume cet aspect dans « Domination masculine : elle crève les yeux jusqu’à en être invisible », blog Mediapart, 13 décembre 2013. 

[17] Je ne prétends pas disposer ni des connaissances ni d’une situation qui me permettent de le faire mais nombre de personnes concernées se consacrent à ce type d’études, de plus en plus accessibles.

[18] Dont des blogueuses ont dressé des listes, comme ici : Chloepeebs, « Profites-tu de privilèges masculins ? », Mon voyage féministe, 23 février 2013.

[19] On peut faire la même démonstration avec la classe. Voir par exemple Pierre Bourdieu, Les héritiers. Les étudiants et la culture, Paris : Les éditions de Minuit, 1964.

[20] Peggy McIntosh, « White Privilege and Male Privilege: A Personal Account of Coming to See Correspondences Through Work in Women's Studies » : « Through the work to bring materials from Women's Studies into the rest of the curriculum, I have often noticed men's unwillingness to grant that they are over-privileged, even though they may grant that women are disadvantaged. They may say they will work to improve women's status, in the society, the university, or the curriculum, but they can't or won't support the idea of lessening men's. Denials that amount to taboos surround the subject of advantages which men gain from women's disadvantages. These denials protect male privilege from being fully acknowledged, lessened or ended. »

Le « très probablement » en dit long sur l'invisibilité du privilège blanc pour les blanc·hes… Heureusement, nombre de chercheuses, comme Kimberlé Williams Crenshaw (« Cartographies des marges : intersectionnalité, politique de l’identité et violences contre les femmes de couleur », Cahiers du Genre, 2005/2, n° 39) ou bell hooks (Ne suis-je pas une femme ? Femmes noires et féminisme, Paris : Cambourakis, 2015), l'ont largement révélé, et l'on espère que leurs ouvrages qui ne le sont pas encore soient prochainement traduits en français.

[21] Léo Thiers-Vidal, De « L’Ennemi Principal » aux principaux ennemis. Position vécue, subjectivité et consciences masculine de domination, Paris : L’Harmattan, 2010, chapitre IX « Les comportements problématiques d’autres hommes vis-à-vis de femmes », p. 275. 

[22] Par exemple en termes de santé : l’ostéoporose et la dépression sont moins bien diagnostiquées chez les hommes.
Oihana Gabriel, « Comment les clichés sur les hommes et les femmes nuisent gravement à votre santé », 20 Minutes, 9 octobre 2017.
Muriel Salle et Catherine Vidal, Femmes et santé, encore une affaire d’hommes ?, Paris : Belin, 2017. 

[23] Léo Thiers-Vidal, De « L’Ennemi Principal » aux principaux ennemis. Position vécue, subjectivité et consciences masculine de domination, Paris : L’Harmattan, 2010, chapitre IX « Les comportements problématiques d’autres hommes vis-à-vis de femmes », p. 273. 

[24] Francis Dupuis-Déri, « Le discours de la « crise de la masculinité » comme refus de l’égalité entre les sexes : histoire d’une rhétorique antiféministe »Cahiers du genre 2012/1, n° 52, éd. L’Harmattan.

[25] Delphine Dulong, Christine Guionnet et Érik Neveu, Boys don’t cry ! Les coûts de la domination masculine, Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2012.

[26] Nathalie Brochard, interview de Christian Schiess, « Enseignant au département des études de genre de l’université de Genève, Christian Schiesse revient sur les rapports sociaux de sexes et la prétendue crise de la masculinité », Lemilie.org, 6 avril 2011. 

[27] Léo Thiers-Vidal, De « L’Ennemi Principal » aux principaux ennemis. Position vécue, subjectivité et consciences masculine de domination, Paris : L’Harmattan, 2010, chapitre IX « Les comportements problématiques d’autres hommes vis-à-vis de femmes ».

[28] Voir les témoignages de sexisme recensés sur les sites suivants :
> Harcèlement sexuel de rue
Paye ta shnek
Lesbeton (harcèlement sexuel de rue lesbophobe) 
Hollaback (harcèlement sexuel de rue - l'équivalent français n'est plus en ligne)

> Monde du travail
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[29] Léo Thiers-Vidal, De « L’Ennemi Principal » aux principaux ennemis. Position vécue, subjectivité et consciences masculine de domination, Paris : L’Harmattan, 2010, chapitre IX « Les comportements problématiques d’autres hommes vis-à-vis de femmes », p. 277. 

[30] Voir le Machoscope de Mediapart, vigilant sur le sexisme en politique en France depuis 2014, ou les témoignages recensés dans Chair collaboratrice.

[31] Christine Delphy, « Nos amis et nous », Les mots sont importants, 8 mars 2017 (texte écrit en 1974-1975 et initialement paru dans le premier numéro de la revue Questions féministes). 

[32] John Stoltenberg, Refuser d’être un homme, Paris : Syllepses, 2013. 

[33] Julia Serano, Manifeste dune femme trans et autres textes, Lyon : Tahin Party, 2014.

[34] Pierre Tevanian, « La question blanche, 3e partie : le privilège blanc », Les mots sont importants, 2 janvier 2008 : « J’ai dû faire deux fois moins d’efforts pour réussir ce que j’entreprenais, mais auparavant j’avais déjà dû faire dix fois moins d’efforts pour seulement penser à l’entreprendre, pour m’autoriser à avoir ces aspirations. Pour s’autoriser la même chose, un non-blanc, comme une femme, un homo, un prolo, doit développer une personnalité particulière, avec des qualités ou des défauts particuliers. Il doit être tout ce que je n’ai pas eu à être : exceptionnellement intelligent, courageux, persévérant, confiant, inébranlable, ou bien prétentieux, ambitieux, arriviste, ou encore téméraire ou enfin complètement fou. Être un bourgeois blanc hétérosexuel me met à l’abri de cette folie. »

[35] Christine Dualé, « L’émergence de la pensée féminine et féministe antillaise : des sœurs Nardal à Suzanne Roussi Césaire », Africultures, 25 novembre 2014. 

[36] Laurence De Cock (dir.), La Fabrique scolaire de l’histoire, Agone, 2017. 

[37] Michèle Le Doeuff, Le sexe du savoir [1998], Paris : Flammarion, coll. « Champs », 2000.

[38] Colette Guillaumin, « Pratique du pouvoir et idée de nature. 2. Le discours de la nature », Nouvelles Questions Féministes, n° 3, mai 1978, p. 26 : « […] dans le rapport social déterminé, le sexage, [les femmes] sont des choses. […] Les hommes […] le savent parfaitement et cela constitue chez eux un ensemble d’habitudes automatisées, à la limite de la conscience claire, dont ils tirent quotidiennement […] des attitudes pratiques pour obtenir des femmes des services physiques à un rythme ininterrompu […] à l’exercice éventuel de droits de fait contre notre intégrité physique et notre vie. »

[39] Léo Thiers-Vidal, De « L’Ennemi Principal » aux principaux ennemis. Position vécue, subjectivité et consciences masculine de domination, Paris : L’Harmattan, 2010. 

[40] Agnès Giard, « C’est une fille ou un garçon ? », blog Les 400 culs, 31 octobre 2011.

[41] « Profites-tu de privilèges masculins ? »« The Male Privilege Checklist » ou « Privilèges dont bénéficient les hommes et garçons en milieu scolaire »

[42] L’histoire étant empreinte d’androcentrisme : seuls les faits relevant d’un domaine dit « public » et défini par les activités réservées aux hommes (des classes supérieures notamment, et des dominants en général) sont considérés comme dignes d’y entrer (faits de guerre, exercice du pouvoir...), mais cette histoire se prétend globale, elle est présentée comme étant l’histoire de l’humanité. cf. Amparo Moreno Sardá, De qué hablamos cuando hablamos del hombre. Treinta años de crítica y alternativas al pensamiento androcéntrico, Barcelone : Icaria editorial, 2007 : « La vision androcentrique a permis jusqu’à maintenant que l’analyse de la réalité historique ait été réalisée du point de vue restreint et intéressé des hommes, perspective qui conditionne le fait que soient considérés comme historiquement significatifs des faits ou des phénomènes déterminés : ceux auxquels – pour des raisons historiques qu’il faudrait éclaircir – ont majoritairement participé les hommes, en tant que protagonistes principaux ou exclusifs, fondamentalement tout ce qui est relié au “domaine public”. » (p. 34, ma traduction)

[43] Centre Hubertine-Auclert, études sur les manuels scolaires d’histoire, de mathématiques et de français, 2011, 2012 et 2013

[44] Étude et enquête d’Adela Turin et de Sylvie Cromer, de l’association Du côté des filles, réalisée sur les albums de fiction illustrés parus en français en 1994. 

Anne Dafflon-Novelle, « Sexisme dans la littérature enfantine : quels effets pour le développement des enfants ? » (2003 ?).

Cécile Dehesdin, « Raconte-moi une histoire non-sexiste », Slate, 9 février 2012.

[45] Anita Sarkeesian, série d’études Tropes vs Women sur feministfrequency (en anglais sous-titré français). Les femmes représentent 4 % des personnages principaux.

[46] Mirion Malle, « Représentation pour tous », 21 juillet 2014 (voir les sources après la BD)
Les Brutes, Le principe de la Schtroumpfette
 (vidéo de 2 mn).
On peut passer les films au crible du Bechdel test pour mesurer le manque criant de personnages féminins un minimum actifs : Anita Saarkesian, The Bechdel Test for women in movies, 7 décembre 2009 et The Oscars and The Bechdel Test, 15 février 2012.

[47] Michèle Reiser et Brigitte Grésy, Rapport sur l’image des femmes dans les médias, 25 septembre 2008. Une synthèse en a été faite par l’Association des femmes journalistes et par le Haut-Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

[48] Éliane Viennot, Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin. Petite histoire des résistances de la langue française, Paris : éditions iXe, 2014. 

[49] Éliane Viennot, Comment le langage structure-t-il nos pensées ? L’exemple de l’invisibilisation des femmes, conférences Utopia, 9 juin 2015. 

[50] Agnès Callamard, « “Droits de l’homme“ ou “droits humains“ ? Le sexisme à fleur de mots », Le Monde diplomatique, mars 1998, p. 28.

[51] Ministère de la Culture et de la Communication, Observatoire de l’égalité entre femmes et hommes dans la culture et la communication, 2016. 

[52] SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques), Où sont les femmes ? Toujours pas là !, Bilan 2012-2017. 

[53] Cyrille Rougier (coord.), « Où sont les femmes ? », Jurisport 171, janvier 2017. 

[54] Le cas du football : Marine Le Breton, « Cette étude sur le traitement médiatique du foot féminin montre qu’il reste du chemin à parcourir », Huffington Post, 19 octobre 2017. 

[55] Marie Donzel, « Mais c’est quoi, au fait… le “syndrome de la Schtroumpfette” ? », Ève le blog, 7 janvier 2014. 

[56] Kimberley Crenshaw (juriste états-unienne inventrice du concept d’intersectionnalité), « L’urgence de l’intersectionnalité », conférence TEDWomen 2016, octobre 2016. Il est sans doute symptomatique du privilège masculin qu’on trouve plus d’articles sur le caractère excluant du féminisme du point de vue de la race que du caractère excluant de l’antiracisme du point de vue du genre.

[57] Association des journalistes lesbiennes, gais, bi·e·s et trans, « En finir avec l’invisibilité des lesbiennes »

[58] Weronika Zarachowicz, « Et si les sorcières renaissaient de leurs cendres ? », Télérama, 12 avril 2015.
Association Mnémosyne, La place des femmes dans l’histoire. Une histoire mixte ?, Paris : Belin, 2010. « L'ouvrage propose une lecture mixte des programmes scolaires, en y intégrant l'histoire des femmes et du genre. » 

[59] Rachida El Azzouzi, entretien avec Marie Pezé, « Les violences sexuelles et sexistes sont le socle de notre société », Mediapart, 12 mai 2016 : « […] dans l’attribution des métiers suivant les sexes, on […] destine [aux femmes] les métiers de prise en charge de la saleté, du “care”, du soin, des enfants, des vieillards, des malades, de la mort. Ce sont des métiers où on leur attribue des compétences féminines naturalisées, où la femme de par ses “gènes” saurait s’occuper de la maison, des enfants, des gens qui vont mourir. Car cela serait sa nature. Et comme c’est sa nature, on n’attend pas d’elle des qualifications et on ne la paie pas très cher. »
Fatima Ouassak, Discriminations classe/genre/race. Repères pour comprendre et agir contre les discriminations que subissent les femmes issues de l'immigration post-coloniale, IFAR (Intervention formation action recherche), juin 2015, p. 15. 

[60] Brigitte Grésy, Petit traité contre le sexisme ordinaire, Paris : Albin Michel, 2009.

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[61] Claire Garnier, « Recherche médicale : tout pour le pénis, rien pour le clitoris », Slate, 24 novembre 2013. 

[62] Julie Guillot, planche publiée dans Well, Well, Well n° 2, Tout va mieux, 7 décembre 2016 et « God save the Gouine », 14 avril 2016.

[63] Antisexisme, « Les attributs du pouvoir et leur confiscation aux femmes. Partie 1 : l’occupation de l’espace », 9 avril 2012.

[64] Sylvie Ayral, La fabrique des garçons. Sanctions et genre au collège, p. 322, thèse de 2009 (également coauteure du livre du même nom, Paris : PUF, 2011.

[65] « La cour de récréation » avec Édith Maruéjouls et Sarah Rosner, Matilda (vidéo 6 mn). 

[66] Charlotte G., « Sexisme : mariée, j’ai bataillé à la banque pour conserver mon nom », Rue 89, 26 septembre 2014. 
Émission Un jour en France, « La ville est-elle faite par et pour les mecs ? », France Inter, 9 novembre 2015 (52 mn). 

[67] Corinne Monnet, « La répartition des tâches entre les femmes et les hommes dans le travail de la conversation », Les mots sont importants, 15 janvier 2008 (initialement paru dans Nouvelles Questions féministes, vol. 19, 1998).
Antisexisme, « Les attributs du pouvoir et leur confiscation aux femmes. Partie 2 : le temps de parole et le choix des sujets de conversation », 8 juillet 2012. 

[68] Quand pour faire reconnaître le terme féminin, il faut un guide et une bonne dose de persévérance : CNRS et Institut national de la langue française, sous la direction de Bernard Cerquiglini, Femme, j’écris ton nom Guide daide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions, 1999.

[69] Féministes contre le cyberharcèlement, « Cyberviolences : état des lieux et recommandations », lancé suite à l’absence de réaction de la plateforme Twitter face aux sollicitations des victimes de cyberharcèlement. 

[70] Paye ton bahutPaye ta fac et Paye ta race.

[71] Sylvie Tissot, compte-rendu du livre de Nacira Guénif-Souilamas et Éric Macé, Les féministes et le garçon arabe (éd. de L’Aube, 2004), Les mots sont importants, 24 mars 2005. 

[72] Chair collaboratrice, témoignages de sexisme dans le milieu politique. 

[73] Noémie Renard, « Les femmes, leurs désirs, leur plaisir et leur orgasme », Antisexisme, 18 décembre 2015. 

[74] Noémie Renard, Antisexisme, « Les attributs du pouvoir et leur confiscation aux femmes. Partie 2 : le temps de parole et le choix des sujets de conversation », partie « La socialisation à l’origine du genre dans la conversation », 8 juillet 2012. 

[75] Ce qui a des effets très concrets, notamment dans le cas de la dénonciation des violences sexistes masculines : « Harvey Weinstein et les hommes qui savent », Crêpe Georgette, 13 octobre 2017. 
Corinne Monnet, « La répartition des tâches entre les femmes et les hommes dans le travail de la conversation », Nouvelles Questions Féministes, vol. 19, 1998. 
Marie Donzel, « Au fait, c’est quoi, l’effet Matilda ? », blog Ève, 5 février 2014. 

[76] Julie Guillot, « Bandes à part », Tout va mieux, 30 janvier 2017. 

[77] Un exemple parmi d’autres mis en avant par Marie-Victoire Louis : bien que Pierre Bourdieu ait écrit un seul livre sur la domination masculine, qu’il s’appuie sur quantités d’autres travaux pas toujours cités, fasse preuve de biais androcentriques et mette de côté des éléments essentiels de la domination masculine, comme la violence envers les femmes et le quasi-monopole des hommes sur les moyens de production, symétrisant les deux positions, on connaît souvent le titre de ce livre, tout en ignorant les travaux de Colette Guillaumin ou de Nicole-Claude Mathieu, par exemple. 

[78] Recueils de témoignages sur le sexisme dans divers milieux professionnels :
Au travail en général : Paye ton taf
En astrophysique : Hélène Musca, « Le cauchemar du harcèlement sexuel chez les femmes astronomes », Terra Femina, 16 avril 2016. 
Nelly Lesage, « Astronomes, femmes et racisées : une étude monde leur sentiment d’insécurité au travail », Numerama, 11 juillet 2017. 
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Not surprised (monde de l’art, lancé en octobre 2017)

En France, 1 femme sur 5 est victime de harcèlement sexuel au travail au cours de sa carrière. IFOP pour le Défenseur des droits, Enquête sur le harcèlement sexuel au travail, janvier 2014. 95 % d'entre elles perdent leur travail après l'avoir dénoncé. Or une seule association française est spécialisée dans ce domaine, l’AFVT, et les victimes sont trop nombreuses pour qu’elle puisse en assurer l’accompagnement juridique : Sophie Péchaud, « Les violences faites aux femmes ou le tonneau des Danaïdes. L'AVFT n'ouvrira plus de nouveaux dossiers jusqu'à ce qu'elle le puisse à nouveau », 24 mars 2014. 

[79] Centre d’études et de recherches sur les qualifications, « L’insertion des hommes et des femmes à l’issue des formations très féminisées », d’après des études publiées en 2015 et 2016. 

[80] Fanny Arlandis, « La rue, fief des mâles », Le Monde, 4 octobre 2012. 
Émilie Brouze, « Égalité filles/garçons : et si on effaçait les terrains de foot des cours de récré ? », L’Obs-Rue89, 19 février 2017.  

[81] Mémoire traumatique et victimologie, campagne 2014 Stop au déni, dossier de presse, mars 2014 ; campagne 2016 Stop au déni, Enquête « Les Français-e-s et les représentations sur le viol et des violences sexuelles », 2016 ; Manifeste contre l’impunité des violences sexuelles, 20 octobre 2017.

[82] Noémie Renard, « Les cultures enclines au viol et les cultures sans viol. Le cas de la culture occidentale », Antisexisme, 17 février 2013. 

[83] Mirion Malle, « L’impunité des hommes célèbres », septembre 2016. 

[84] Antisexisme, « Les attributs du pouvoir et leur confiscation aux femmes. Partie 1 : l’occupation de l’espace », 9 avril 2012.

Renée Greusard, « Peur dans la ville : eh bien oui, messieurs, si vous pouviez changer de trottoir », Rue89, 10 février 2014. 
Charline Zeitoun, « Les filles, grandes oubliées des loisirs publics », CNRS le journal, 21 mars 2014.
Jack Parker, « Le harcèlement de rue, cette épuisante banalité », Madmoizelle, 3 août 2013. 

Et tous les témoignages de harcèlement sexuel de rue :
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Paye ta race contient
également des témoignages de ce type dagressions

SOS Homophobie, Rapport sur lhomophobie 2016 sur les LGBTI-phobies 

[85] Sophie Robert, Le Phallus et le Pas Tout, interviews de psychanalystes contemporain-e-s sur la théorie sexuelle des psychanalystes freudo-lacaniens. Voir cette présentation avec extraits disponible en ligne.

[86] Alexandre Magot, « La fécondation : deux gamètes et beaucoup de stéréotypes », SVT Égalité, 2015.

[87] Horia Kebabza, « “L’universel lave-t-il plus blanc ?” : “Race”, racisme et système de privilèges ».

[88] Alexandre Magot, « Déconstruire la notion de sexe par défaut », SVT Égalité, 2 février 2014. 

[89] Nicolas Delorme, « Les casseroles et le sport dans les médias », Le Monde, 28 mars 2013. 

[90] Quand elles sont associées à la culture c’est à « leur » culture, en tant que femmes racisées : Fatima Ouassak, Discriminations classe/genre/race. Repères pour comprendre et agir contre les discriminations que subissent les femmes issues de l'immigration post-coloniale, IFAR (Intervention formation action recherche), juin 2015, p. 15 : « Concentration des femmes non blanches dans les emplois les plus précaires ». 

[91] Communiqué de presse du CNRS, « La discrimination de genre existe aussi en science », 21 mars 2017. 

[92] La Barbe, « L’invisibilité en chiffres : la gastronomie », 9 novembre 2013.  

[93] Odile Buisson, conférence L’organe clitoridien et l’orgasme féminin (15 mn), Universcience, 4 mars 2015.

[94] Alexandre Magot, « Le clitoris et son traitement en SVT », SVT Égalité, 30 juin 2017.

[95] C’est dans le souci de faire preuve du même respect du corps que l’urologue australienne Helen O’Connell a décrit en 1998, de manière aussi complète que possible le clitoris, en utilisant les outils d’imagerie médicale à sa disposition, chose qui n’avait pas été faite auparavant. « La fabuleuse histoire du clitoris. Revue Genre, sexualité et société, France Culture », 15 novembre 2013. 

[96] Brigitte Grésy et Philippe Georges, Rapport sur l’égalité entre les filles et les petits garçons dans les modes daccueil de la petite enfance, et notamment la synthèse p. 3-8, inspection générale des Affaires sociales, décembre 2012.

[97] Antisexisme, « Les mythes autour du viol et leurs conséquences. Partie 1 : Quels sont ces mythes ? Qui y adhère ? », 4 décembre 2011. Ce mythe sert à déresponsabiliser les agresseurs et les violeurs.

[98] Annette Jarlégan, « L'école : garçon, filles à égalité ? », Universcience TV, vidéo de 22 mn, produite en 2008.
Noémie Renard, « Le sexisme inconscient des enseignants détournent les filles des filières scientifiques », Antisexisme, 7 avril 2011.

[99] Annette Jarlégan, « L'école : garçon, filles à égalité ? », Universcience TV, vidéo de 22 mn, produite en 2008.

[100] Brigitte Grésy et Philippe Georges, Rapport sur l’égalité entre les filles et les petits garçons dans les modes daccueil de la petite enfance, et notamment la synthèse p. 3-8, inspection générale des Affaires sociales, décembre 2012.

[101] L’elfe, « Injonctions, poil au… », Les Questions composent, 30 janvier 2013.

[102] Elsa Maudet, « On réduit davantage les femmes à leur handicap que les hommes », interview de Maudy Piot, présidente de l’association Femmes pour le dire, femmes pour agir (FDFA), Libération, 15 novembre 2016.

[103] Antisexisme, « Les attributs du pouvoir et leur confiscation aux femmes. Partie 3 : l’expression de la colère »,  30 septembre 2012.

[104] Alban Jacquemart, « J'ai une femme exceptionnelle. Carrière des hommes hauts fonctionnaires et arrangements conjugaux », Connaissance de l'emploi n° 114, novembre 2014.

[105] Voir les actions de l’association La Barbe

[106] Juliette Deborde, « Happy Men, ou la complainte des hommes blancs cravatés », Libération, 2 juin 2017. 

[107] Luna et Charly, « Le mythe dangereux de la “virginité” », Simonae, 21 septembre 2016. En réalité il s’agirait davantage de replis, que certain·es nomment « couronne vaginale ».

[108] Prenons la une, « Le crime passionnel n’existe pas », tribune également publiée dans Libération le 24 novembre 2014. 

[109] Annette Jarlégan, « L'école : garçon, filles à égalité ? », Universcience TV, vidéo de 22 mn produite en 2008. 

[110] Mona Chollet, Beauté fatale, Paris : Zones/La Découverte, 2012.
Rokhaya Diallo, « Sois blanche et tais-toi ! », Les mots sont importants, 31 janvier 2012. 

[111] Robyn Stein Deluca, « La bonne nouvelle sur le SPM », conférence TEDx (15 min). 

[112] Hawa N’dongo, Zhor Firar, Hanane Karimi, Ismahane Chouder, Jehan Lazrak-Toub, « Pour en finir avec le contrôle politique du corps des femmes », Mediapart, 6 avril 2016. 

Christine Bard, Ce que soulève la jupe. Identités, transgressions, résistances, Paris : Autrement, 2010. 

[113] Les hommes gagnent en moyenne 34 % plus que femmes, tous temps de travail confondus, « Les inégalités entre les femmes et les hommes en France », 17 janvier 2017. À métier, temps de travail, contrat de travail, secteur d’activité équivalent, les femmes gagnent 10 % de moins (une part expliquée uniquement par les discriminations) : « Les inégalités de salaires entre les femmes et les hommes : état des lieux », Inégalités, 27 mai 2016. 

[114] Audrey Vaugrente, « Discrimination à l’embauche : les femmes obèses plus touchées », rapport du Défenseur des droits, 16 février 2016. 

[115] Christelle Hamel et al., « Viols et agressions sexuelles en France : premiers résultats de l’enquête Virage » [auprès des 20-69 ans en France métropolitaine], Population et sociétés, n° 538, novembre 2016.
À qui appartiennent nos corps ? Féminisme et luttes intersexes, Nouvelles Questions Féministes, 2008/1 (vol. 27), Lausanne : Antipodes, 2008. 
Paye ton gynéco, témoignages de violences gynécologiques et obstétricales.
Licia Meysenq, « Césariennes à vif, épisiotomies imposées… Le grand tabou des violences durant l’accouchement », France TV Info, 25 octobre 2016.
Juliette Pousson, « Les actes homophobes et transphobes ont augmenté de presque 20 % en 2016 », L’Express, 10 mai 2017. 

[116] Noémie Renard, « L'impuissance comme idéal de beauté des femmes », Antisexisme, 2 janvier 2016. 

[117] Féministes contre le cyberharcèlement
Esther Ortiz, « La violence sexiste sur Internet : Un cyberharcèlement machiste qui vise à museler les femmes », Equal Times, 3 octobre 2016. 

[118] Contre le viol, « Viol en France. Les chiffres », 30 juillet 2015.

[119] Marina Yaguello, Les mots et les femmes [1978], Paris : Payot, 2002. Synthèse rédigée par Mathieu, disponible sur le site de l’association Les Chiennes de garde, 2002.

[120] Titiou Lecocq, « En France, on meurt parce qu’on est une femme », Slate, 23 juin 2017. 

[121] Brigitte Grésy, Petit traité contre le sexisme ordinaire.

[122] Jack Parker, « Le harcèlement de rue, cette épuisante banalité », Madmoizelle, 3 août 2013. 
Sites de témoignages de harcèlement de rue :
Paye ta shnek
Lesbeton (harcèlement sexuel de rue lesbophobe) 
Hollaback (harcèlement sexuel de rue - l'équivalent français n'est plus en ligne)
Paye ta race contient
également des témoignages de ce type dagressions

SOS Homophobie, Rapport sur lhomophobie 2016 sur les LGBTI-phobies.

[123] Recueils de témoignages sur le sexisme dans divers milieux professionnels :
Au travail en général : Paye ton taf
En astrophysique : Hélène Musca, « Le cauchemar du harcèlement sexuel chez les femmes astronomes », Terra Femina, 16 avril 2016. 
Nelly Lesage, « Astronomes, femmes et racisées : une étude monde leur sentiment d’insécurité au travail », Numerama, 11 juillet 2017. 
Paye ta bulle (BD) 
L’envers du décor (monde du spectacle)
Paye ta blouse (milieu hospitalier) 
Paye ton taf 
Paye ton journal (médias) 
Paye ta robe d’avocate 
Chair collaboratrice (politique)
Paye ton treillis (Armée)
Paye ta truelle (archéologie)
Not surprised (monde de l’art, lancé en octobre 2017)

En France, 1 femme sur 5 est victime de harcèlement sexuel au travail au cours de sa carrière. IFOP pour le Défenseur des droits, Enquête sur le harcèlement sexuel au travail, janvier 2014. 95 % d'entre elles perdent leur travail après l'avoir dénoncé. Or une seule association française est spécialisée dans ce domaine, l’AFVT, et les victimes sont trop nombreuses pour qu’elle puisse en assurer l’accompagnement juridique : Sophie Péchaud, « Les violences faites aux femmes ou le tonneau des Danaïdes. L'AVFT n'ouvrira plus de nouveaux dossiers jusqu'à ce qu'elle le puisse à nouveau », 24 mars 2014. 

[124] Michèle Reiser et Brigitte Grésy, Rapport sur l’image des femmes dans les médias, 25 septembre 2008. Une synthèse en a été faite par l’Association des femmes journalistes et par le Haut-Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.
Geneviève Sellier, « Sexisme et cinéma : des normes sexuées dans le 7e art ? », colloque organisé par Question d’égalité, 26 avril 2012. Conférence audio d’1h40 sur les représentations des normes masculines et féminines dans les films français populaire de 2011. 
Julia Serano, Manifeste dune femme trans et autres textes, Lyon : Tahin Party, 2014.

[125] Rachida El Azzouzi, entretien avec Marie Pezé, « Les violences sexuelles et sexistes sont le socle de notre société », Mediapart, 12 mai 2016 : « Les femmes occupent, dans la division sexuelle du travail, en majorité des postes de subordination ; elles sont donc, dans le contrat de subordination, soumises par essence à l’abus de pouvoir. Ce peut être le harcèlement moral, où l’on martyrise quelqu’un; mais dès que c’est une femme, cela peut aller sur le terrain du harcèlement sexiste et/ou sexuel. Ajoutons à cela le fait que beaucoup de femmes sont en situation de monoparentalité, ce que l’on appelle en sociologie un levier de soumission. »

[126] Sénat, « Violence au sein des couples », 24 mai 2016.

[127] Anne-Cécile Mailfert, « Les blagues sexistes, ça tue », TEDx École Polytechnique, 20 juillet 2015. 

[128] Licia Meysenq, « Césariennes à vif, épisiotomies imposées… Le grand tabou des violences durant l’accouchement », France TV Info, 25 octobre 2016. 
Marie-Hélène Lahaye, « Qu’est-ce que la violence obstétricale ? », Marie accouche là, 9 mars 2016. 

[129] Interview d’Anaïs Bohuon (vidéo en 3 parties), « Tests de féminité et J.O. », Sciences et avenir.
Anaïs Bohuon, Catégorie « dames ». Le test de féminité dans les compétitions sportives : une histoire classée X ?, Paris : éditions iXe, 2012. 

[130] Myroie, « L'humour est une arme », 21 avril 2013 ; « L’humour pour les nuls », Égalitariste, 7 mars 2014.

La transposition concernant mon genre serait d’ailleurs beaucoup moins « drôle » puisqu’elle ne correspondrait pas à une domination réelle dont je serais victime et aux stéréotypes sur lesquels elle s’appuie. Voir C'est un homme hétéro cis blanc : « Prenez une blague ordinaire, remplacez « belges », « arabe », « noir », « portugais », « femme », « blonde », « pédé », « gouine » etc. par « homme hétéro cis blanc ». Si cela vous paraît moins drôle que l'original, c'est sans doute que la blague est raciste, sexiste ou homophobe. »

[131] Antisexisme, « L’objectivation sexuelle des femmes : un puissant outil du patriarcat. Partie 1 : définition et concept-clés ; Partie 2 : le regard masculin ou male gaze », 13 août 2013 et 12 janvier 2014.
Caroline Heldman, professeure de sciences politiques, The Sexy Lie, en anglais (sous-titrage en anglais, arabe, hébreu ou russe), conférence TEDx de 13 mn, janvier 2013.
Julia Serano, Manifeste dune femme trans et autres textes, Lyon : Tahin Party, 2014.

[132] Nadia Daam, « Pourquoi les femmes sont-elles toujours obligées de sourire ? », Slate, 24 avril 2016.

Noémie Renard, « L’impuissance comme idéal de beauté des femmes. Le sourire », sous partie « Le soin : un travail de femme », Antisexisme, 21 février 2016. 

[133] Noémie Renard, « L’impuissance comme idéal de beauté des femmes. Le sourire », sous partie « Le soin : un travail de femme », Antisexisme, 21 février 2016. 

[134] Denis Perais, « Les "féminins" et les cosmétiques dangereux pour la santé : silence dans les rangs ? », Acrimed, 31 juillet 2017. 

[135] Féministes contre le cyberharcèlement.

[136] « École. Les stéréotypes sur les filles et les garçons ont la vie dure », Ouest France, 22 février 2017.

[137] Noémie Renard, « L’impuissance comme idéal de beauté des femmes. Le sourire », sous partie « Le soin : un travail de femme », Antisexisme, 21 février 2016. 

[138] Noémie Renard, « L’impuissance comme idéal de beauté des femmes. Le sourire », sous partie « Le soin : un travail de femme », Antisexisme, 21 février 2016. 

[139] Antisexisme, « Les mythes sur le viol et leurs conséquences. Partie 4 : les mythes sur le viol augmentent la propension au viol », 12 février 2012. 

[140] Muriel Salmona, psychiatre et présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie, « “La victime c’est la coupable !”… Complicités institutionnelles dans les crimes de viol », blog Mediapart 5 septembre 2011. 

[141] « Pour en finir avec le papa con », Marc on the road, 31 octobre 2017. 

[142] Pomme, « L'immaturité des hommes : mythe ou réalité ? », Paie ton reloud, 9 janvier 2017. 
Denis Colombi, « La stratégie du mauvais élève », Une heure de peine, 19 avril 2014.

[143] Cécile Dehesdin, « Les mères sont-elles vraiment la solution au harcèlement des femmes ? », Slate, 27 janvier 2015. 

[144] Campagne « Faut-il que les garçons soient enceintes pour que la contraception nous concerne tous ? », Choisir sa contraception : La main dans le sacL’annonceLe scoopL’accouchement.
Collectif Stop masculinisme, « Sois père et tais-toi ! Les hommes ne seront-ils jamais responsables ? », 29 juin 2015.

[145] Sciences et vie, n° 1163, « Médicaments. Ils soignent mieux les hommes que les femmes ». Une page du site donne les liens vers des études scientifiques (en anglais) qui en témoignent. 

[146] Fédération française de cardiologie, « La santé du cœur des femmes : une urgence ! », dossier de presse, 2015. 

[147] Mod.imaginaire, « Endométriose, maladie de femmes, maladie invisible », 21 février 2016. 
Claire Garnier, « Recherche médicale : tout pour le pénis, rien pour le clitoris », Slate, 24 novembre 2013. 

[148] Ariane Hermelin, « Pourquoi les médecins ne prennent pas la douleur des femmes au sérieux », Terra Femina, 23 octobre 2015. 

[149] Oihana Gabriel, « Pilule : “Ce n'est pas une solution de long terme à cause des effets secondaires et des risques sur la santé” », 20 Minutes, 2 février 2017. 
Lise Lourmé, « Contraception masculine : un essai clinique stoppé à cause d'effets secondaires trop lourds », Sciences et Avenir, 3 novembre 2016. 

[150] Matthew Rozsa, « Les stéréotypes de genre nous ont rendus inaptes à diagnostiquer l’autisme chez les femmes [et les filles] » (« Gender stereotypes have made us horrible at recognizing autisme in women and girls », Quartz, octobre 2016, traduit par N. Dupont), Association francophone de femmes autistes, 22 février 2017. L’article original contient des liens qui n’apparaissent pas dans la traduction. 

[151] Emma, « Check ta chatte », (BD), 3 juillet 2016.
Liv Strömquist, L’origine du monde, Paris : Rackham, 2016.

[152] Juliette Deborde, « Un clitoris en 3D pour expliquer le plaisir aux élèves », Libération, 31 août 2016. Notons qu’une définition plus juste de l’intersexuation (et plus large que celle indiquée dans l’article) serait « le fait de posséder des marqueurs de sexe (anatomiques, hormonaux, chromosomiques et génétiques) qui ne suivent pas les schémas typiques ».
Odile Fillod, Clit’info, site lancé en 2017.
Mod.imaginaire, « Endométriose, maladie de femmes, maladie invisible », 21 février 2016.

[153] À qui appartiennent nos corps ? Féminisme et luttes intersexes, Nouvelles Questions Féministes, 2008/1 (vol. 27), Lausanne : Antipodes, 2008. 
Sonya Faure et Catherine Calvet, interview de Françoise Vergès, « Les féministes blanches n’ont pas intégré dans leur histoire les avortements forcés de La Réunion », Libération, 14 avril 2017.
Collectif intersexes et allié·e·s, « Des chiffres »
Angéla Kóczé, « La stérilisation forcée des femmes roms dans l’Europe d’aujourd’hui », dans Maria Eleonora Sanna et Eleni Varikas, Genre, modernité et « colonialité du pouvoir », Cahiers du genre, 2011/1 (n° 50), Paris : L’Harmattan, 2011. 
La Revue du Projet, « Droit à l’IVG : l’histoire d’une lutte féministe, toujours d’actualité », entretien avec Maya Surdust, blog Mediapart, 26 mars 2015. 

[154] Jackson Katz, « Violence against women is a men’s issue » [La violence contre les femmes est un problème d’hommes], conférence TEDx, novembre 2012, en anglais sous-titré français. 

[155] Christine Delphy, « Nos amis et nous », Les mots sont importants, 8 mars 2017 (texte écrit en 1974-1975 et initialement paru dans le premier numéro de la revue Questions féministes).
Voir également la « neutralité » et l’« objectivité » que s’attribue le sociologue Pierre Bourdieu en tant qu’homme dans son livre La domination masculine.

[156] Ségolène Roy, « La langue et le sexisme », sous-partie « Le masculin faisant office de neutre : outil de la domination masculine », SVT égalité, 30 décembre 2016.

[157] Voir les propos de Pierre Bourdieu dans La domination masculine, qui se présente comme plus « neutre » que les féministes pour traiter de la domination masculine. Comme s’il n’était pas aussi impliqué qu’elles en tant qu’homme dans les rapports de genre, comme s’il n’avait pas des bénéfices à tirer.
Pour comprendre comment on peut paraître étudier (voire dénoncer ?) la domination masculine sans la remettre en question : Marie-Victoire Louis, « Bourdieu : défense et illustration de la domination masculine », Les Temps Modernes, mai-juin-juillet 1999. 

[158] Collectif Stop Masculinisme, « Le “syndrome d’aliénation parentale” enfin remis en cause par la justice ? », 14 février 2017.

[159] Audrey Guiller et Nolwenn Weiler, « Le viol dans les médias : un fait divers », Acrimed, 21 novembre 2011. 

[160] Christine Delphy, « Retrouver l’élan du féminisme », Le Monde diplomatique, mai 2004. 

[161] Mirion Malle, « L’impunité des hommes célèbres » (BD), septembre 2016. 

[162] Interview de Laure Salmona, secrétaire générale adjointe du collectif Féministes contre le cyberharcèlement, « Rétrospective Polanski à la Cinémathèque : “Arrêtons de lui dérouler le tapis rouge” », France Info, 30 octobre 2017. 

[163] Denis Colombi et Anne-Charlotte Husson, « Compagnon persiste et signe. Ça tombe bien, nous aussi », Ça fait genre, 14 janvier 2014. 

[164] « Harvey Weinstein et les hommes qui savent », Crêpe Georgette, 13 octobre 2017. 

[165] Emma, « La violence des opprimé·es », 25 mai 2016. 

[166] « L’insupportable violence du féminisme », Crêpe Georgette, 9 août 2017. 

[167] Francis Dupuis-Déri, « Le discours de la « crise de la masculinité » comme refus de l’égalité entre les sexes : histoire d’une rhétorique antiféministe »,  Cahiers du genre 2012/1, n° 52, éd. L’Harmattan.
Christine Bard, Un siècle dantiféminisme, Paris : Fayard, 1999.
Colloque « Antiféminismes et masculinismes d’hier et d’aujourd’hui », université d’Angers, 3-4 mars 2017. 

[168] Collectif Stop Masculinisme, « Hommes battus et idées fausses », 7 octobre 2016. 

[169] John Stoltenberg, Refuser d’être un homme, Paris : Syllepse, 2013. 

[170] Mémoire traumatique et victimologie, campagne 2014 Stop au déni, dossier de presse, mars 2014  ; campagne 2016 Stop au déni, Enquête « Les Français·e·s et les représentations sur le viol et des violences sexuelles », 2016. 

[171] Manifeste contre l’impunité des violences sexuelles, 20 octobre 2017. 
Muriel Salmona, psychiatre et présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie, « “La victime c’est la coupable !”… Complicités institutionnelles dans les crimes de viol », blog Mediapart 5 septembre 2011. 

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