A vendre 460 hectares, 6 kilomètres de Paris... le point de vue de Christiane Barody-Weiss (3)

Aujourd'hui, dixième épisode, si vous avez manqué les épisodes précédents, lire dès le début du feuilleton.

Revenons à un peu d’Histoire.

Pas besoin de prendre un mètre, pour prendre la mesure, de ce qu’est un Domaine National, il suffit souvent, quand c’est possible, de suivre le mur qui clôturait la propriété...et d’avancer ses pions sur l’échiquier. Hier, j’ai appris que dans un autre Domaine National, un rigolo était parti avec un pion et qu’ils ne peuvent plus jouer aux dames...tout cela chez le frère de Monsieur !

Dans notre Domaine National de Saint-Cloud, nous jouons aux dames depuis toujours, nous !!!!! Et avec tous nos pions !

Et cela a commencé, très paradoxalement, avec Monsieur.

Portrait de Louis XIV et de son frère Monsieur, Duc d'Orleans. Portrait de Louis XIV et de son frère Monsieur, Duc d'Orleans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En réalité à ses premiers pas, il était appelé le « petit monsieur », par opposition au « grand monsieur ». Et pour simplifier l’Histoire, Monsieur était habillé en petite fille, pour ne pas faire ombrage à son frère ainé, qui lui est Roi....et a perdu son pion, depuis quelques temps, déjà.

C’est important encore de parler de l’Histoire, surtout en ces jours de devoir de mémoire. Cette mémoire qui est la base de toute notre vie moderne.

Al’ me dit que lorsque la mémoire flanche, c’est le début de la fin....

Donc, nous jouons aux Dames, et « toc, et toc... », puis au final, sur la bonne case en face, sur la dernière ligne, à l’opposé de l’échiquier..... un « et toc... et Dame » retentit de joie, mêlée de victoire!

Avec deux pions empilés, la Dame...est très rapide, file en diagonale et saute les pions isolés!

Voilà le sens de l’Histoire, un pion isolé et il est vite devenu une victime de la Dame.

Avez-vous compris les débutants ? Demandez à Môsieur ! Et pas la peine de prendre un Mètre !

Sur le Domaine National de Saint-Cloud, il y a une dame qui est experte en rapidité, en raccourcis, en écriture à l’unanimité de ses dix-huit amis, dix-neuf avec elle comprise, en lecture...en diagonale.

Prenons un cas d’école, un cas d’université car cette dame est un ancien professeur et ancienne directrice d’université.

Madame Christiane Barody Weiss va nous donner son point de vue.

Dans l’épisode précédent, je vous avais parlé de la parcelle orpheline qui a fait tant pleurer les enfants.

Depuis nous avons lancé un avis de recherche, avec une alerte « enlèvement » pour retrouver les parents enlevés. Une fois n’est pas coutume, cette fois-ci, c’est les parents qui ont été enlevés...c’est aussi possible, c’est une première en France, cela se passe près de chez nous !

Vous avez donc pu voir cette alerte sur tous les moteurs de recherches, Google, Yahoo, Bing. Les chaines de télévisions ont interrompus leurs programmes et diffusent en continu, le portrait des parents enlevés. L’alerte enlèvement a commencé le 1er novembre 2012. Cette date était importante car c’était la Toussaint, la fête de tous les Saints et nous savions qu’il était indispensable que les Saints se sentent tous concernés par cette parcelle orpheline.

Nous n’avons pas encore fini de voir passer le portrait de tous les propriétaires disparus de cette parcelle, et pour cause ils sont 64 304 500..vous imaginez à une seconde par personne, le passage jumelé télévision/internet, en simultané, nous allons finir dans 745 jours cette interruption des programmes... cela fait donc près de deux ans d’enquête publique pour toucher tous les propriétaires de cette parcelle qui l’ont lâchement abandonné, sans remplir leur obligation alimentaire.

La tâche est colossale, Jacques Pradel rempile, « Perdu de vue », même la « Une est à vous » reprend du service public, pour ces avis de recherches... sans compter ceux qui vont nous quitter et ceux qui vont arriver pendant près de deux années, nous n’avons pas fini... remarquez nous ne verrons plus les horreurs du monde, fini les mauvaise nouvelles,  l’alerte « enlèvement » est prioritaire...c’est machiavélique de lancer une telle interruption des programmes. Seul un esprit fécond pouvait imaginer un tel stratagème.

Un homme arrive vers nous, en courant, en hurlant :

 « Je sais qui c’est, je sais qui a fait ce coup »

Nous tous, bouche bée, écoutons notre nouvel ami Fandor s’écrier :

« C’est Fantomas ! »

Evidement c’est signé F-antomas, Fandor habite Marnes la Coquette et sait de quoi il parle...il a reconnu la patte experte de l’insaisissable Fantomas dans cette opération !

Fandor et le masque de Fantomas l'insaisissable Fandor et le masque de Fantomas l'insaisissable

 

 

 

 

 

 

 

 

Aidé d’un spécialiste, et champion des cascades en tous genres, accroché à un hélicoptère, une Alouette II au-dessus de Paris, nous reprenons notre enquête, au point de départ, à la parcelle AC87 qui est toujours orpheline pendant ces deux prochaines années.

Nous suivons maintenant Fandor, en voiture, en partant de la gare de Garches- Marnes la Coquette vers la parcelle. Nous enrageons, en nous engageant, dans l’avenue Pasteur. Remarquez c’était pareil sur le square Pasteur, nous enragions avec le prince impérial Napoléon de voir le panneau sur lequel était écrit NOTRE square, alors qu’il n’appartient pas à la commune de Marnes la Coquette mais au Domaine National de Saint-Cloud. De temps en temps, les locataires prennent des légèretés insoutenables, et tout cela, pour paraitre propriétaire.

La trace de goudron frais partant de la gare de Marnes jusqu'à La trace de goudron frais partant de la gare de Marnes jusqu'à

 

 

 

 

 

 

 

Donc nous découvrons une tranchée qui est restée ouverte moins longtemps qu’une autre à Verdun. Mes pensées se sont tournées un moment vers ces champs de bataille, en ce jour de 11 novembre 2012, en mémoire de mon grand-père mort en Belgique au champ d’honneur Français.

Revenons à notre sillon.

Il y a donc une trace toute fraiche de bitume qui part tout du long de l’avenue Pasteur pour arriver à la parcelle AC87...donc si les parents reviennent... une voie royale, c’est évident puisque l’avenue Pasteur est aussi comme le square intégralement dans le Domaine National, une voie royale est tracée au sol...suivez la trace en quittant la gare !

« Et là que découvrons nous ? » demande le commissaire Juve toujours à l’affut d’une bonne question.

La parcelle a été adoptée ? Comment est-ce possible, sans faire une si longue procédure adaptée qui finirait le 12 novembre 2012, dans ces cas? Quelle rapidité !

Parcelle AC87 Parcelle AC87

 

 

 

 

 

 

 

 

Les barrières et clôtures délabrées mentionnées dans l’enquête publique ont disparues. Le commissaire Juve reconnait ses barrières typiques qui portent le nom de sa maison.

Tranchées sur AC87 et video surveillance Garches Tranchées sur AC87 et video surveillance Garches

 

 

 

 

 

 

 

 

Au milieu, c’est effroyable, la parcelle s’est mutilée, s’est fait une incision, une automutilation de désespoir... Sa vie est en danger!

Nous pouvons remercier l’enquête publique en cours qui finit ce soir car au rythme de son désespoir, j’ai bien peur que la parcelle ne se tranche la gorge, si ses parents ne sont pas retrouvés rapidement. La scarification est bien la marque réelle du désespoir de cette parcelle orpheline.

"Une saignée, une saignée ! » criaient les médecins à l’époque de Jean-Baptiste Poquelin...

Je pense que Jean-Baptiste n’y était pour rien, mais Poclain n’est pas loin, car il est venu rouler des mécaniques à grand coup de pelles, et de godets. Des coups de godets, en toute sobriété et en toute discrétion !

Le pire de tout, sur la commune de Marnes la Coquette où se situe cette parcelle AC87, c’est que les images de cette mutilation sont à la disposition du public, majeur seulement, à la Mairie de Garches qui filme chez sa voisine Marnes la Coquette, certainement pour lui rendre service, pas par voyeurisme car elle est si coquette. Les droits aux images sont offerts par le Producteur, la Mairie de Garches, à sa douce amie. Marnes la Coquette avait invité le producteur à acheter une parcelle AC51 chez elle pour y planter en haut d’un mât, son équipe de tournage.

Le commissaire Juve précise que le classement est X, réservé aux seuls majeurs. Ce documentaire est définitivement  interdit aux mineurs. En effet, il s’agit d’un problème de fond, de tranchée, et pas de forme qui ne sera pas tranchée, affirme le commissaire Juve.

C’est le dernier bulletin de santé de la parcelle AC87...

« Poursuivons, poursuivons... » dit le Ministère de l’Intérieur et sa police, représentée par le commissaire Juve, précédé du journaliste Fandor.

L’enquête de voisinage commence, ce qui est la première chose à faire dans le cas d’une alerte enlèvement, du B a-ba de policiers.

Parcelle AC32 identifiée 32, UC87 avec sa maisonnette Parcelle AC32 identifiée 32, UC87 avec sa maisonnette

 

 

 

 

 

 

 

 

et un rappel des parcelles sur un plan de voisinage.

parcelles AC32,AC86,AC87 parcelles AC32,AC86,AC87

 

 

 

 

 

 

 

 

Allons donc frapper chez la voisine, en face la parcelle AC32. Elle a un lien avec AC87, il suffit de suivre le trait de goudron frais... qui part vers elle. Nous traversons sans prendre de risques, par les temps qui courent, la voie pasteurisée, vers AC32.

Cette voisine est plus bourgeoise, voir plus noble. Elle est classée monument historique depuis l’arrêté H.94-IMM166 du 9 novembre1994. Ce n’est pas le cas de AC87 qui a abrité un garde barrière et sa maisonnette, et avant cela, des chênes couverts de glands...comme sa voisine AC32.

« Tout se perd ! » c’est exclamé sa voisine AC32 devant sa déconfiture issue de l’expulsion des glands.

La fête battait encore son plein le 9 novembre dernier, les bougies d'anniversaire du classement historique venaient d'être soufflées!

« Et là que découvre-t-on ? » Le commissaire Juve radote un peu, c’est l’âge et c’est aussi obsessionnel et professionnel!

A la poursuite de la trace de goudron, sans arriver dans les plumes...en tout cas, vous suivez ma plume.

Trappes et regards sur AC32 Trappes et regards sur AC32

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des trappes d’égouts, des regards d’égouts, à l’abri des regards !!!!!! Derrière des barrières, C’est écœurant, faire cela à une parcelle monument historique, vous imaginez ? C’est dégoutant ! Je ne le ferai pas à mon meilleur ennemi !

« Tout se perd ! » lui a rétorqué sa voisine orpheline d’en face AC87...

« Bienvenue au club ! » en en rajoutant !

« Plus de respect ! »....

C’est très banlieusard cette expression...comme quoi, la mode arrive aussi à Marnes la Coquette.

Fandor me dit qu’il savait pour les trappes, car lui est journaliste et qu’il lit les journaux, comme moi. Fandor ne lit pas le journal intime de la très belle Hélène... il préfère les journaux municipaux et si possible celui de sa commune, qui est si chouette !

Dans la publication du 28 mars 2012, Fandor nous brandit la littérature, pendant que la parcelle AC87 est à l’article de la mort... un coup de Poclain est si vite arrivé, roulé dans le goudron après, ni vu ni connu.

4.2.     Autorisation de déposer une déclaration préalable en vue de poser une première clôture le long de la voie SNCF et une seconde en bordure de la parcelle AC 32 :

 Le Conseil Municipal, à l’unanimité, autorise Madame le Maire à déposer une déposer une déclaration préalable en vue de clôturer les parcelles AC 86 et AC 32.

 Nota bene (en italien, et avec la ponctuation, cela forge l’attention et le respect) : Pas de réclamation, c’est écrit comme cela, ma plume n’a pas fourché !

Tiens donc la parcelle AC32 a été embastillée ? Ces vieilles coutumes qui reviennent ?

Si on en croit l’arrêté du Maire du 14 mai 2012, pour des raisons de sécurité cette parcelle est interdite au public.

La parcelle a eu besoin d’un nettoyage, et surtout une bonne coupe bien dégagée autour des arbres. Un gros passage de bulldozer, mutant, en mutilant un ou deux arbres malencontreusement, comme les ciseaux sur les oreilles des clients des coiffeurs débutants.

La parcelle AC32 qui est une partie intégrante du Domaine National de Saint Cloud, est affectée au Ministère de la Culture et de la Communication, est classée monument historique, s’est retrouvée bénéficiaire du plus beau cadeau de sa vie de parcelle, une magnifique conduite d’eaux usées et fatiguées par la vie, avec des trappes de visite... du flambant neuf patrimoniale.

La nouvelle hauteur de terre face au petit mur de BIO RAD La nouvelle hauteur de terre face au petit mur de BIO RAD

 

 

 

 

 

 

 

 

Evidement l’envers de la médaille, du mérite agricole, est une élévation du niveau de sol, une coupe au carré, une surcharge de gravas et non pas de terre végétale, une modification du drainage en fonction de la nouvelle pente de la parcelle. Les arbres avaient les pieds sur terre, maintenant ils ont la terre jusqu’aux dessus des chevilles.

Tout cela étant contraire à toutes les règles écologiques concernant la nature des sols.

Ne parlons pas des nouvelles servitudes installées... c’est minant et usant.

Tout cela sans affichage de travaux et certainement sans autorisation sur une parcelle classée monument historique.

Mais que dit monsieur Philippe Belaval, ancien directeur des patrimoines au Ministère de la Culture et de la Communication, maintenant Président de l’EPIC, Centre des Monuments Nationaux, à qui cette parcelle a été mise à disposition ? Il ne peut pas prétexter ne pas être concerné... il l’est, de toute façon, au titre de ses deux casquettes successives sur cette période. Fandor va se précipiter jusqu’à son Hotel de Sully à Paris, la suite à un prochain numéro.

Ne demandez pas à l’administratrice du Domaine National de Saint-Cloud, Madame Sylvie Glaser Chuard, elle n’a pas la délégation de signature pour ce genre de demande de travaux. Tiens, Madame le Maire de Marnes la Coquette lui a posé la question...une question inutile...

Mais qui a posé la question au propriétaire de la parcelle, l'Etat, et son service gestionnaire France Domaine pour l'Etat? Personne, car on considère que l'affectataire jouit des prérogatives des propriétaires... comme d'habitude, ce n'est pas le cas, c'est l'erreur continuelle.

« Un coup dans l’eau ! » dit une enfant qui doit jouer à la bataille navale !

Toujours dans le procès-verbal du 28 mars 2012 ; Fandor nous montre ce qu’il a pu y trouver

3.5.     Convention de déversement des eaux usées de la résidence 3F de l’avenue Pasteur dans le réseau d’assainissement desservant la société BIO RAD dans le Domaine National de Saint-Cloud :

Le Conseil Municipal, à l’unanimité, autorise Madame le Maire à engager dans les meilleurs délais les négociations avec le Centre des Monuments Nationaux en vue d’établir un projet de convention de servitude d’écoulement des eaux usées provenant des 44 logements sociaux.

Ce texte vise la parcelle AC32, qui est la seule concernée, puisqu’il faut non seulement traverser AC32 qui est mise à disposition du CMN, mais aussi allez chercher le collecteur qui se trouve dans le terrain occupé par BIO RAD, qui se trouve aussi dans le Domaine National de Saint-Cloud, sur la commune de Marnes la Coquette.

« Un coup dans l’eau sale ! ».... répond un autre enfant.

 Remarquons que le conseil autorise seulement Madame Christiane Barody Weiss à trouver un projet, nous verrons bien la suite si le conseil municipal vote le projet à l’unanimité.

« Ah bon, mais les travaux sont finis ? »

Il faut le voir pour le croire, les travaux sont bien finis, entre la date de la pose de la clôture empêchant l’accès à la parcelle monument historique depuis le 14 mai 2012 suivant l'arreté du Maire n°2012-70, et la date de la visite à la parcelle orpheline aujourd’hui 12 novembre 2012, une tranchée a bien été creusée et rebouchée  sur la voie publique, l’avenue Pasteur, puis à travers la parcelle AC32 et la pose de trois regards d’eaux usées allant vers BIO RAD (ancien institut pasteur, c’est rageant, ils ont changé le nom) et utilisant le réseau d’eaux usées du Domaine National de Saint Cloud.

C’est très curieux car cela semble avoir été fait en toute illégalité...l'arrété 2012-70 évoque un problème de sécurité et un besoin de nettoyage. Aucuns travaux indiqués.

Fandor et Juve sont sur l’enquête... nous en reparlerons lors des premiers retours d’enquête.

Lecture diagonale de la Dame ?

Et toc, et toc, et Dame !

Les enfants éclatent de rires. Nous sommes rejoints par les témoins du passé, les arbres qui ont des racines, et surtout des âmes. Tout le monde le sait, même en Asie qui est une partie du monde.

Avec les enfants, les coccinelles, les Bêtes à Bon Dieu, les anges, et les âmes des arbres survivants de la parcelle AC32 nous continuons de rire!!!

En pleine saison de la chasse retentit un « Il ne faudrait pas prendre les Bêtes à Bon Dieu pour des canards sauvages »....

1, 2, 3 soleil ! Vu ! Madame Christiane Barody Weiss a bougé!

La suite, au prochain numéro, pour vous donner des nouvelles des parents de la parcelle AC87, des nouvelles d’une autre voisine,  la parcelle AC86...et peut être nous parlerons du plus drôle.... patience.

 

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