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Billet de blog 25 mars 2021

Ni ici, ni ailleurs, le 27 mars à Orléans contre les CRA

Le Collectif contre les expulsions et la rétention (COLERE) s’est créé fin 2019. Rassemblant plus de vingt organisations, il refuse la construction d’un nouveau Centre de rétention administrative (CRA) près d’Orléans en 2023. Les CRA sont des prisons pour étranger·es, nous voulons leur abolition. Nous manifesterons le 27 mars à Orléans.

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Nous devions marcher déjà contre les CRA le 4 avril 2020 à Orléans.

L’épidémie et la crise sanitaire nous avaient alors obligé à annuler. Mais le Collectif contre les expulsions et la rétention (COLERE) n’en avait pas pour autant arrêté de se mobiliser et appelle aujourd’hui à manifester ce samedi 27 mars.

Constitué il y a maintenant plus d’un an, COLERE rassemble plus de vingt organisations syndicales et politiques, des associations et des collectifs, du Loiret et de la région*.

Posés d’emblée les mots d’ordre sont sans ambiguïtés : nous ne voulons pas de CRA, pas de prison pour étranger·es, pas d’enfermement ni d’expulsion. Ni ici, ni ailleurs.

L’année qui s’est écoulée, COLERE a organisé et relayé localement les différents actes de la Marche des solidarités, le 30 mai, le 20 juin, le 17 octobre, le 18 décembre… Ensuite en continuant à tracter et diffuser l’information sur la réalité des CRA.

La conférence de presse tenue hier, mercredi 24 mars, dans le Théâtre occupé d’Orléans a permis de rappeler cette réalité : dans les CRA on enferme plus et plus longtemps avec une durée d’enfermement légale doublée de 45 à 90 jours en 2019. Parmi les 54000 personnes enfermées dans des CRA en France en 2019 on comptait de plus en plus d’enfants. Les conditions de détention restent indignes provoquant des auto-mutilations, des suicides et tentatives de suicide.

À ces hommes, ces femmes, ces enfants qui ont eu un parcours bien souvent jonché d’horreurs, l’État français réserve donc ce traitement là. Une « terre d’asile », vraiment ?

Le confinement de 2020 a été le comble de l’absurdité criminelle de ce système d’enfermement des étranger·es : les enfermé·es étaient soumis·es à l’épidémie alors même qu’ils et elles n’étaient pas expulsables. Les grèves de la faim, les révoltes ont jalonné la période. Des révoltes qui continuent d’éclater.

Aujourd’hui, l’État français veut construire 4 nouveaux CRA, en agglomération d’Orléans donc, mais aussi à Bordeaux, à Lyon, au Mesnil-Amelot. Ils viendraient s’ajouter aux 24 déjà existants. Le nombre de place pour enfermer les étranger·es aura alors plus que doublé depuis 2017. C’est grave.

Et c’est une preuve de plus qu’il y a bien un racisme d’État en France. Qui s’acharne sur les corps et les vies de personnes qu’il a retranché, brutalement, de ce qu’il veut construire comme « corps national ».

Des corps et des vies d’étranger·es en France qui vivent, qui travaillent, qui étudient ici. Et qui doivent pouvoir vivre ici.

On trouvera ci-dessous des expressions syndicales dans l’éducation visant à mobiliser, ainsi que le communiqué de l’Observatoire de l’enfermement des étrangers.

À Orléans nous marcherons le 27 mars.

À Lyon ce sera le 10 avril.

Mur par mur, pierre par pierre, nous détruirons les Centres de rétention.

* Abraysie ouverte, Asti, Attac, BDS, Cercle de silence, CGT, Cimade, COJIE, FI, FSU, LDH, MAN, NPA, Offensive féministe, PCF, RESF, Solidaires, SUD éducation, UCL, UJFP, Unef...


Nous ne voulons pas de prison pour étranger·es, ni à Orléans, ni ailleurs !

SUD éducation Loiret est partie prenante du Collectif contre les expulsions et la rétention (COLERE) créé à Orléans fin 2019. COLERE s’est donné pour but d’empêcher l’ouverture d’un nouveau Centre de rétention administrative (CRA) près d’Orléans en 2023. Les CRA sont des prisons pour étranger·es, nous voulons leur abolition et la liberté de circuler et de s’installer pour toutes et tous.

Personne n’est illégal

« Un CRA, c’est un endroit où l’on enferme des femmes, des hommes, des enfants au seul titre qu’elles et ils sont “sans-papiers”.
Il existe aujourd’hui 24 Centres de rétention administrative et 26 Locaux de rétention administrative en France et dans l’Outre-mer.
La décision de l’État d’ouvrir un vingt-cinquième CRA dans le Loiret, l’a été “en toute discrétion” comme l’avait révélé La République du Centre.
La France a été condamnée à de nombreuses reprises par la Cour européenne des droits de l’homme pour les conditions de détention en leur sein.
Les CRA sont des espaces extrêmement sécuritaires et déshumanisés, où la surveillance est incessante et interdit toute intimité.
Les femmes, les hommes et les enfants qui ont traversé des milliers de kilomètres pour arriver jusqu’ici ne l’ont pas fait de gaîté de cœur. Les récits de leurs parcours sont jonchés d’horreur. Elles et ils subissent ici une “politique de l’immigration” qui en fait des dossiers à traiter, des corps à caser un jour, à expulser plus tard.
L’instrumentalisation de la prétendue “question” de l’immigration par le pouvoir est un témoin de la pénétration des thèmes et idées de l’extrême droite dans la vie politique hexagonale.
Nous défendons à l’inverse des valeurs d’égalité et de solidarité. » (d’après la tribune parue sur Mediapart le 26 novembre 2019)

Absurde et criminel

Lors du confinement, l’enfermement des étranger·es a continué.  Absurde car toute expulsion était impossible, il était criminel livrant les enfermé·es dans les CRA à la maladie. Des grèves de la faim, des actions collectives ont eu lieu.
Face à la violence et au racisme de l’institution, des révoltes ont éclaté… et éclatent encore.

Nos élèves et leurs familles menacées

Dans nos écoles, nos collèges, nos lycées et lycées professionnels, des élèves sont « sans-papiers ». En famille ou isolé·es, mineur·es ou majeur·es, ils et elles sont victimes du racisme et de l’injustice et sont les cibles des politiques discriminatoires. La menace du CRA est une réalité : Sylvain, lycéen à Paris a été enfermé au CRA de Vincennes fin février avant d’en être libéré grâce à la mobilisation. Madama, lycéen agricole, a été enfermé trois jours au CRA de Lyon avant d’être libéré !


Communiqué des organisations syndicales de l’éducation du Loiret

Nous refusons l’ouverture du Centre de rétention administrative (CRA) et appelons à manifester le samedi 27 mars

Nos organisations syndicales refusent la construction du Centre de rétention administrative (CRA) en agglomération d’Orléans dont l’ouverture est prévue pour 2023.

Il existe aujourd’hui 24 Centres de rétention administrative et 26 Locaux de rétention administrative en France et dans l’Outre-mer.

À plusieurs reprise, la France a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour les conditions de détention en leur sein.

Parce que dans ces CRA on y enferme des hommes, des femmes et des enfants au seul titre qu’ils sont étrangers en France et qu’on leur refuse l’asile, il s’agit d’une profonde rupture d’égalité.

C’est à ce titre, une profonde remise en cause de la convention internationale des droits de l’enfant de 1989, ratifiée par la France en 1990.

Nos élèves « sans-papier » et leurs familles sont potentiellement menacés d’être enfermés dans ces lieux.

Nous demandons instamment à madame la Préfète du Loiret, représentante de l’État, de renoncer à ce projet et de faire respecter les droits fondamentaux en vigueur.

Nous appelons à participer à la manifestation du samedi 27 mars, 14h Place de Loire, appelée par le Collectif contre les expulsions et la rétention.

CGT éduc’action, FSU, SN-FO-LC, SUD éducation, le 24 mars 2021


Non à la construction de 4 centres de rétention administrative !

[Communiqué de l’Observatoire de l’enfermement des étrangers (OEE) sur le site de la Cimade]

Selon les informations recueillies par les organisations membres de l’OEE auprès des autorités, le ministère de l’intérieur a décidé et budgété la construction de 4 centres de rétention administrative (CRA) supplémentaires en France.

Les murs du premier ont déjà émergé de terre à Lyon et permettront d’enfermer jusqu’à 140 personnes à partir de 2022. La construction du second, de 90 places, est programmée à Olivet, commune jouxtant Orléans, et son ouverture est prévue en 2023. Deux autres CRA sont en projet pour 2025 au Mesnil-Amelot (64 places) et à Bordeaux (140 places).

La France se distingue déjà avec une politique très développée et répressive d’enfermement des personnes étrangères visées par une expulsion. Chaque année, près de 50 000 personnes subissent cette privation de liberté traumatisante et marquée par de nombreuses violations de leurs droits.

Avec 434 places supplémentaires, la construction de ces 4 nouveaux CRA conduirait à une augmentation sans précédent de la taille de la machine à expulser. S’ajoutant à celles déjà créées ces deux dernières années, le nombre de places en rétention dans l’hexagone en serait ainsi doublé, passant de 1069 en 2017 à 2157.

Les CRA sont la face la plus explicite et brutale de la politique de mise à l’écart des personnes étrangères en France. L’OEE, qui dénonce depuis sa création la banalisation de l’enfermement administratif et de la pénalisation du séjour irrégulier comme mode de gestion des personnes étrangères, appelle le gouvernement à renoncer à la construction de ces 4 CRA ainsi qu’à fermer l’ensemble de ceux déjà en fonction dans l’hexagone comme outre-mer. Et invite à se mobiliser en réponse à l’appel à manifester d’organisations orléanaises le 27 mars, et lyonnaises le 10 avril.

Organisations signataires :

ACAT-France, Avocats pour la défense des droits des étrangers, Anafé, Comede, Droit d’urgence, Fasti, Genepi, Gisti, La Cimade, Le Paria, Ligue des droits de l’homme, MRAP, Observatoire Citoyen du CRA de Palaiseau, réseau de visiteurs et l’observatoire citoyen du CRA de Oissel, Syndicat des avocats de France, Syndicat de la magistrature.

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