Les mensonges volontaires à l’intérieur de l’Education nationale

Je m’intéresse à décrypter les mécanismes humains qui conduisent à la sclérose de l’Education nationale, depuis 2000. Entre 2000 et 2010, j’ai pu l’observer de l’intérieur en participant en tant que représentante d’une association de parents d’élèves à de nombreux conseils d’administration, commissions permanentes, commissions d’appel, conseils de discipline et divers projets où les parents étaient impliqués.

 J’étais frappée par l’existence d’éléments de langage évidemment faux, que les membres de l’Education nationale étaient sommés de répéter, sous l’œil complaisant des syndicats qui trouvaient des prétextes de ne pas dénoncer la manœuvre ou la soutenir.

 Par exemple, le professeur d’anglais de 6ème devait dire « Ce n’est pas grave si votre enfant a fait une autre langue que l’anglais en primaire, nous reprenons tout à zéro ». Cependant, l’enseignant faisait le programme de 3 ans de primaire en un trimestre. L’enfant qui a fait zéro initiation à cette langue a de grandes chances de ne pas arriver à assimiler toutes les notions et se retrouver largué au bout de 6 mois ; celui qui a eu un cours structuré pendant 3 ans aussi, car il prend l’habitude de ne pas écouter et il y a un moment où cela ne marche plus.

 Par exemple, l’explication de l’orientation vers S qui a longtemps prévalue était : les jeunes allaient en S à cause du prestige de la filière. Les faits montrent que la principale raison du choix d’orientation vers S est de se garder toutes les portes ouvertes pour la suite des études supérieures. Cet élément de langage était déjà là dans les années 2000. C’est ce qui a servi comme prétexte pour rendre la filière S toujours plus généraliste, toujours plus éloignée de ce qui faudrait faire pour préparer aux études scientifiques, et toujours plus attirante pour ceux qui voulaient se garder toutes les portes ouvertes et qui n’avaient rien contre la physique. Récemment, j’ai entendu des inspecteurs généraux transmettre cet élément de langage : ils s’agissaient de justifier la réforme du lycée de Chatel dont on sait aujourd’hui qu’elle est basée sur une analyse fausse.

 Par exemple, jusqu’à mi-2013, il ne fallait pas parler des violences entre élèves. Le prétexte est que cela stigmatisait certaines populations. Ce qui était idiot car les violences entre élèves existent dans toutes les populations.

 Il s’agissait d’une véritable langue de bois, des éléments de langage politiquement corrects qu’il convenait de répéter pour ne pas avoir de difficultés avec l’administration. C’est ce qu’on appelle un tabou en sociologie des organisations. Les collègues, sauf s’il y avait un enjeu crucial, ne souhaitaient pas que les tabous soient transgressés car ils subissaient aussi les conséquences des retours de bâton. Ceux qui les répétaient avaient la capacité intellectuelle de voir qu’ils étaient faux. Ces éléments de langage portaient sur des dizaines de points, petits ou grands, sur lesquels il était impossible d’avoir une discussion.

 Parfois, le mensonge volontaire provenait d’une analyse erronée ou d’un positionnement formulé par un ou plusieurs partenaires de l’Education nationale.

Un chercheur de bonne foi, ou un partenaire reconnu pour sa sincérité, peut faire une analyse fausse parce qu’il n’a pas la vision d’ensemble du système d’éducatif, parce qu’il n’a pas la compréhension de mécanismes humains subtiles.  A cause de cela, il ne voit pas certains effets pervers rédhibitoires. Dans un système éducatif bien gouverné, les correspondants de la personne sincère lui feront part de leur compréhension  du système et de ce qui leur fait penser que l’analyse est incomplète. De ce dialogue constructif entre personnes sincères, ils dégageront soit  une compréhension commune, soit un accord sur ce qui convient de vérifier pour affiner sa compréhension du système.  En France, les gardiens de la langue de bois qui se trouvent la haute hiérarchie de l’Education nationale ne vont pas se demander si l’analyse est juste ou fausse.  Ils vont se demander «  Est-ce que l’analyse sert un des intérêts du collectif des cadres supérieurs de l’Education nationale ? » Si oui la personne sera valorisée pour montrer que l’Education nationale sait écouter. Si non, ce qui a été proposé ne sera pas pris en compte. C’est le même mécanisme de tri qui a fait que les études pertinentes n’ont, en général, pas été prises en compte. D’autant plus que les journalistes spécialisés ont tendance à relayer que ce qui correspond à la thèse qu’ils défendent.

Ces intérêts ont évolué au fil du temps :

- avant 2007, c’était se valoriser en faisant de l’innovation pédagogique et infantiliser les enseignants pour le plaisir de dominer et la certitude qu’ils ne vont pas me contredire

- entre 2008 et 2012, c’était diminuer le personnel nécessaire pour faire fonctionner le système (quelles que soient les conséquences pour les élèves et la capacité de la nation à affronter le futur) ; faire des actions en nombre limité(et dont il est inutile de vérifier leur capacité à être généralisées)  pour fournir des sujets au 20heures qui servent les narrations voulues par l’Elysée ; et développer une maîtrise par l'encadrement intermédiaire des affectations des élèves et des actions sur le terrain par le développement de systèmes d’informations basées sur des données détaillées.

- après 2012, c’était couvrir les erreurs passées de ceux qui sont encore là (par exemple, la réforme du lycée basée sur une analyse fausse) ; continuer les positionnements mis en place pour diminuer les coûts y compris les positionnements contreproductifs, développer les mécanismes de décision par l’informatique (utilisant des données, présumées justes et représentatives, qui permettent de donner le pouvoir aux bureaucrates qui ont la possibilité de triturer les paramètres utilisés par le système), continuer à dénigrer les enseignants en utilisant la nouvelle doctrine de la « bienveillance version intégriste » qui a remplacé la pédagogie innovante( forcément efficace car moderne)comme outil pour mettre les enseignants en situation d’injonctions contradictoires.  

 Les partenaires sociaux (associations et syndicats) communiquent par des messages à leurs bases qui doivent être simples. Pour se différencier, ils utilisent une technique qui a fait ses preuves pour «faire de la com pour son clan » tout en dénigrant les adversaires. Cette technique consiste à déclencher une polémique "en prenant position contraire à l’intérêt général sur un sujet complexe tout en faisant une propagande qui permet de faire croire qu'on défend l'intérêt général». Ce qui avait été affirmé pour se différencier du syndicat ou de l’association de parents d’élèves adverses devient une vérité.  Quand cela les arrange, l’Education nationale reprend ces éléments de langage provenant de positionnement des partenaires sociaux. Je donne comme exemple l’incapacité de prendre en compte l’ambiance de la classe dans un précédent billet. Quand le mensonge est établi en partenariat avec un ou plusieurs des partenaires de l’Education nationale (Syndicat, association, et autres communicants) je parle de Mensonge Volontaire des Paléomodernistes consensuels. Paléomodernistes car ils ont la croyance naïve que ce qui est moderne est forcément mieux. Cette croyance fausse est totalement passée de mode depuis plus de 30 ans sauf dans l’Education nationale française. Consensuels car ils agissent souvent par recherche d’un positionnement qui fait consensus entre plusieurs groupes, de manière à lui donner plus de force.

 Le mécanisme des « Mensonges Volontaires » existe  toujours. Certains ont disparu à cause de l’évolution naturelle du système social qu’est l’Education nationale. Les ministres successifs ont agi depuis mai 2012 pour en faire disparaître certains.  Il s’agit, à mon avis, un des principaux blocages du bon déroulement de la refondation de l’école. Je vais tenter décrire quelques-uns de ses mensonges qui existaient encore il y a peu et les moteurs qui les ont installés.

 Je ne sais pas où en est la stratégie de l’Education nationale pour les prendre en compte. J’ai l’impression d’un retard sur la sensibilisation au sujet des contraintes du lycée et de la validation des acquis au lycée. Même si le sujet n’est pas encore à l’ordre du jour de la refondation, il est nécessaire de prendre les devants pour éviter que les paléomodernistes consensuels s’accordent sur un modèle inadapté, comme ils l’ont fait déjà dans le passé à plusieurs reprises.

 Par ailleurs, les éléments de langage qui attribuent à l’élitisme les difficultés de l’école me semblent inadéquats et déplacés. 

Les mécanismes de constructions de ces « mensonges volontaires»

 J’ai déjà écrit deux billets sur ces mécanismes d’auto-finalisation de systèmes sociaux et leurs dérives en cas d’absence de régulation adéquate, bien connus en sociologie d’organisation. L’ouvrage de référence est « L’acteur et le système » de Michel Crozier et Erhard Friedberg (1977).

- le premier est sur l’incapacité de trouver des solutions depuis 30 ans pour les élèves en grandes difficultés au collège (janvier 2013),

- le deuxième est sur la fausse accusation rendant responsable les élites des dysfonctionnements du système éducatif (juin 2014),

Le premier billet met en évidence l’existence d’accords consensuels de « valorisation réciproque de fonds de commerce respectifs » entre différents acteurs de l’Education nationale dont les pontes de la rue de Grenelle, les syndicats et les communicants de la recherche pédagogique. Ces accords portaient sur des explications fausses des dysfonctionnements qui permettaient à chacun de continuer ses petites activités et ses petits jeux de pouvoirs. L’intérêt de l’enfant et le bien-être du personnel n’étaient pas dans les préoccupations.

 Le deuxième billet attribuait la responsabilité à trois groupes de personnes :

- les dirigeants de l’Education nationale,

- les lobbyistes ayant accès aux dirigeants de l’Education nationale,

- les activistes à l’intérieur des établissements scolaires.

 Pour les dirigeants de l’Education nationale, l’analyse dans ce billet était très soft. Je dénonçais une vision tayloriste de la gouvernance du système faisant partie de la culture organisationnelle qui consistait «  à tout décider en haut lieu et voir les enseignants comme des opérateurs dont la mission est d’appliquer avec diligence, les décisions prises à mille lieues des réalités du terrain. », mode de gouvernance qui conviendrait de changer. Je proposais de voir l’enseignant comme "un expert de haut niveau qui met en place des stratégies d’action pour faire progresser toute la classe en générale, et chaque enfant en particulier"."  Je concluais par ces phrase : « Il ne s’agit pas de mauvaise volonté, mais de l’application d’une manière de faire inadaptée pour le pilotage du système Education nationale. ».

 En réalité, il s’agissait d’un choix stratégique de communication. Je ne voulais pas polluer le message sur la gouvernance, la nécessité de changer la manière de voir le rôle de l’enseignant. Cependant, ma constatation était tout autre. Il y avait des personnes au plus haut niveau de l’Education nationale qui n’hésitaient pas à réinterpréter des résultats d’études, de faire pression sur les partenaires de l’Education nationale pour qu’ils ne les contredisent pas et utiliser des moyens de pressions en interne pour que personne n’ose dire autre chose que l’élément de langage souhaité.

Les personnels ont des missions impossibles à tenir, ce qui permet d’obtenir un accord tacite « Tu fais le mieux possible en ne disant rien en opposition à la langue de bois que je souhaite, je ne t’accuse pas de mal faire ton travail ». Le personnel s’arrange avec cet "accord tacite" ou démissionne.

 En avril 2014, les services de la direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) ont préparé un dossier pour le nouveau ministre de l’Education nationale, Benoît Hamon. Ce dossier a fuité dans la presse. Il contenait des « mensonges volontaires de l’institution », c’est-à-dire des analyses évidemment fausses qui étaient présentées comme des vérités. Voici un billet sur les « mensonges volontaires » concernant le lycée. Ce qui me fait dire que ces attitudes existent toujours.

 Je vais développer successivement trois moteurs qui ont contribué à mettre en place ces mensonges volontaires avec une contribution active de personnel de direction de la rue de Grenelle. Ces actes sont contraires à l’esprit de la refondation de l’école qu’ils entravent

- l’encouragement à une vision paléomoderniste de l’innovation pédagogique

- la recherche diminution des coûts pour former des jeunes étiquetés « bacheliers »

- le transfert du rôle d’arbitrage opéré par des humains responsables à des systèmes informatiques

- le soutien paradoxal au renforcement du délit d’initiés.

Je vais détailler les processus humains complexes d’échange d’intérêts particuliers qui se cachent derrière ces intitulés, et les mensonges volontaires qui y sont reliés.  

Moteur 1 : l’encouragement à une vision paléomoderniste de l’innovation pédagogique

Le monde a changé et l’enseignement doit s’adapter aux enfants d’aujourd’hui, aux familles d’aujourd’hui, à l’accès aux contenus culturels d’aujourd’hui et aux possibilités que leur apportent les nouvelles technologies. Cependant, les fondamentaux des étapes de l’apprentissage de la lecture, de l’expression écrite et de la capacité de vérifier les ordres de grandeur grâce à la maîtrise des quatre opérations  qui étaient valables dans les années 1960, le sont globalement toujours. Par ailleurs, les enseignants s’adaptent naturellement à leur public. Le cours magistral type année 1960 n’existe plus.

Parallèlement il y a un courant qui a commencé dans les années 70, basé sur l’idée fausse que « Ce qui est moderne est forcément mieux », qui  a imposé des changements avec des approches totalement innovantes dans la pédagogie. En pédagogie, à cause de l’effet « hawthorne » , des compétences particulières de l’expérimentateur et du soutien qu’il a, les expériences sont pratiquement toujours positives  quelle que soit la stupidité de la doctrine pédagogique testée. Par ailleurs, le phénomène a été mondial, tous les pays de premier plan, ont peu ou prou participé au concours autour « j’arrive à avoir des résultats grâce à de l’innovation pédagogique ». Cependant la plupart des pays arrêtaient les expérimentations  quand l’inefficacité de celles-ci était patente, alors que la France continuait en refusant de tout bilan sérieux et en imposant par des méthodes coercitives une langue de bois aux enseignants et chefs d’établissement. Les deux plus connus sont les « maths modernes » qui a été abandonné  au bout d’une dizaine d’année et « la méthode globale » en lecture qui est en passe d’être abandonnée pour un enseignement explicite de la lecture.  La méthode d’apprentissage de la division utilisée dans les années 2000 était moins efficace que celle utilisée dans les années 1960. (Je ne sais pas ce qu’il en est aujourd’hui.).

Cette vision a été encouragée voire portée, au plus haut niveau de l’Education nationale jusqu’à une période récente. L’intérêt principal est de pouvoir se mettre en valeur car il est possible de communiquer « comment on a amélioré la pédagogie grâce à l’innovation qu’on a portée ».

Ceux qui veulent imposer leurs innovations sont souvent très agressifs vers leurs collègues, et n'ont pas peur d’écrire sur les réseaux sociaux que ceux-ci sont malveillants vis-à-vis des enfants ou passéistes. Voici un tweet réel qui résume tout à fait la situation. « Je reste digne, lorsque je me rends compte que mes enfants subissent l'enseignement que j'avais eu, élève, il y a 35 ans. Fin. » Or, il se trouve que la base de l’enseignement est resté en général partout le même : explication du concept ou de la notion puis exercices d’application. Il y a des astuces pour obtenir l’attention lors de l’explication des concepts ou rendre les exercices intéressant, mais globalement les enseignants le font naturellement. L’enseignement structuré est complété par des visites de lieu avec des expositions pédagogiques et des projets qui permettent l’ouverture d’esprit, l’apprentissage de l’innovation, etc. Il faut trouver le bon équilibre entre les deux types d’activité.

A ceux qui dénigrent leurs collègues en les traitant à tort de « passéistes », je les traite de « paléomodernistes  car ils ont une conception du moderniste obsolète depuis 30 ans ». La pertinence d’une façon de faire pour atteindre un but, n’a rien à voir avec la modernité des outils utilisés. Cela calme, mais je me fais des inimitiés.

Mensonge Volontaire n°1 : « L’esprit de « la main à la pâte » soutenu par l’académie des sciences  peut être généralisé comme méthode d’apprentissage universelle y compris pour les Terminales scientifiques ».  La main à la pâte est une fondation qui vise  « vise à aider les enseignants à mettre en œuvre une pédagogie d’investigation permettant de stimuler chez les élèves esprit scientifique, compréhension du monde et capacités d’expression. »    Cette fondation créée à l’origine par un académicien a beaucoup fait pour remettre un enseignement scientifique en primaire. Elle a mis à la mode les ateliers scientifiques dans les collèges pour des élèves volontaires. Participer à un projet scientifique est une expérience enrichissante. Cependant l’interprétation a dérivé vers «  Le môme qui en faisant des projets scientifiques allaient par lui-même retrouver les concepts que les esprits les plus structurés ont mis plus de 20 siècles à stabiliser ». Pour ceux qui ont voulu imposer l’esprit « la main à la pâte » à tout l’enseignement scientifique français, il y a un truc magique. En manipulant, en tâtonnant à partir de rien, en analysant des données (ayant en réalité bien peu de sens pour la majorité d’entre elles) forcément le môme allait avoir des illuminations et la capacité de faire des sciences allaient venir naturellement. J’ai développé ceci dans plusieurs billets dont celui-ci.

Ce Mensonge Volontaire a été porté par des inspecteurs généraux de l’Education nationale car il s’agissait d’une action innovante cautionnée par l’académie de Sciences qui répondaient à une injonction de l’Union Européenne de former plus de scientifiques.  L’Education nationale semble s’en dégager mais les éléments de langages sont encore flottants sur ce thème.

Mensonge Volontaire n°2 : « Les notes sont la raison du mal-être des élèves français et elles peuvent être supprimées pendant toute la scolarité de l’élève. »  Les deux affirmations sont fausses. Le principal problème n’est pas les notes. On donne à des élèves des contrôles qu’ils sont incapables de réussir quels que soient leurs efforts à cause de très fortes lacunes. La principale cause de mal-être des élèves sont les violences de leurs camarades, sujet qui a été nié par la direction de l’Education nationale pendant près de 20 ans. Par ailleurs, tous les pays ont une diversité des parcours après 15 ans. Les notes sont utiles pour aider les enfants à se situer pour choisir son parcours. L’Allemagne qui avait supprimé les notes au collège les a remises. La Finlande a des notes entre 4 et 10, au collège. L’admission en lycée générale en Finlande est brutalement sélective et se fait sur les notes de 3ème. Par ailleurs, supprimer les notes n’est pas une finalité en soi. L’enfant a besoin de retour sur ce qu'il sait faire. L'enfant et sa famille ont besoin de repères sur ce qui est acquis. C’est le rôle de la concertation actuelle sur l’évaluation. Je suis parfaitement d’accord avec les finalités affichées.

Ce Mensonge Volontaire a été à l’origine porté par le courant pédagogo. Il a été repris par la direction de l’Education nationale de l’époque Sarkozy car il pouvait aider à supprimer le redoublement (et les coûts qui y sont liés). Les messages de l’Education nationale pour la concertation sur ce sujet me fait penser que ce sujet a été pris en compte par la direction de l’Education nationale.

Moteur 2 : la  diminution des coûts pour former des jeunes étiquetés « bacheliers »

L’Union Européenne a donné à  comme objectif aux pays membres : d'assurer que 80 % d'une classe d'âge accèdent au niveau du baccalauréat et de conduire 50 % de l'ensemble d'une classe d'âge à un diplôme de l'enseignement supérieur. Ces objectifs ont été maintenus en 2005 et en juillet 2013 dans la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République.

En parallèle, il a été demandé aux cadres de l’Education nationale de rechercher de diminuer ses coûts de fonctionnement. Entre 2007 et le 2012, le gouvernement tenait à pouvoir communiquer sur ses résultats en diminution du personnel et ne s’intéressait en aucun cas à l’augmentation des inégalités, la diminution des niveaux acquis liés aux diplômes ou  la génération de tensions dans la société dues à la rancœur des exclus.

Les  positionnements qui faisaient consensus entre plusieurs « fonds de commerce » qui gravitaient autour de l'Education nationale ont été repris et renforcés sans que personne ne s’intéresse le moins des conséquences pour les enfants. J’appelle « fonds de commerce » sont les syndicats, association, chercheur communicant qui utilisent l’Education nationale comme terrain pour se mettre en valeur. Ils ont généralement une compréhension systémique très faible du fonctionnement de l’Education nationale et s’appuient sur des messages simplistes comme tout communicant.

Entre 2007 et 2012, la période noire où l’Education nationale avait comme rôle, d’illustrer la capacité du  « cher leader français » de diminuer les effectifs, il a été nié qu’il y avait besoin d’un minimum de personnes sur le terrain. Alors que la France avait le plus taux d’enseignants par élève en primaire le plus faible de toute l’OCDE, le nombre d’enseignants en primaire a été diminué. Etaient mises en place quelques classes  alibi (classes à projet ou internats d’excellence) de coût démesuré, et cadrées pour faire des infos pour le 20heures, pendant que les établissements prioritaires devaient se débrouiller avec toujours moins de soutien et toujours moins de moyens. 

Une des manières de diminuer les coûts a été de diminuer le nombre de redoublement de Terminale et donc d’augmenter le taux de réussite au bac. Aussi des consignes ont été données aux correcteurs pour avoir une notation très positive. Dans plusieurs matières, les sujets ont été visiblement bâclés, comme si plus personne ne s’était demandé si le sujet donné au bac était apte à vérifier un niveau. Comme si la finalité du processus du bac était devenue d’arriver à la bonne statistique (quitte à triturer un peu les résultats), non plus de vérifier un acquis.

Le refus de reconnaître le manque de moyen dans l’éducation  prioritaire se retrouve dans le livre de Jean-Michel Blanquer, DGESCO à l’époque de Sarkozy (L’école de la vie – Pour que chacun puisse réussir).  Il avait raison qu’il fallait revoir les approches pédagogiques. Cependant, dans un environnement difficile, il faut un minimum d’adultes pour tenir les classes et s’occuper des élèves les plus en difficulté. Il suffit de comparer les établissements français et ceux des autres pays à situation analogue, pour voir que le compte n’y est pas.

Mensonge Volontaire n°3 « Il existe des méthodes pédagogiques qui permettent de faire de l’enseignement différencié quel que soit le niveau d’hétérogénéité des acquis, quels que soient le nombre d’élèves, quels le nombre de perturbateurs »

Le caractère inexacte de cette affirmation est une évidence pour les lecteurs qui sont arrivés jusqu’à là. Il y a un moment où la classe bascule dans l’ingérabilité et le temps et l’énergie que l’enseignant prend pour gérer les perturbateurs, il ne les a pas pour faire son cours. Par ailleurs, je ne crois pas qu’il soit possible de rattraper des lacunes importantes en lecture dans un cours de français en classe ordinaire. Je vois le pauvre élève, obligé à chaque cours d’ânonner un texte devant ses camarades hilares. Dans les faits, les enseignants se sentent obliger d’abandonner les plus en difficultés par pragmatisme. Il utilise leur énergie au mieux pour faire avancer le plus grand nombre.

Le type de contrôle exigé par le système a son influence. Par exemple, un élève, qui comprend les concepts de la matière mais qui a de fortes lacunes en lecture et en expression, ne pourra réussir aucun contrôle à partir de la 4ème car il n’a pas les capacités de rédaction nécessaire. Vous pouvez voir à ce sujet un précédent billet « Pourquoi un collégien ayant de fortes lacunes en expression écrit est condamné à l’échec ? »

Ce Mensonge Volontaire permettait de faire l’autruche sur les difficultés que rencontrait l’enseignement prioritaire, et donc d’être dispensé de mettre de l’énergie et des moyens pour les régler. Dans ces établissements, les enfants de notables étaient absents car les quelques-uns qui auraient dû être dans l’établissement, étaient partis dans le privé.  Il me semble que l’existence de ce Mensonge Volontaire est prise en compte par ceux qui font avancer la refondation. Il faudra un peu de temps avant que les cadres intermédiaires arrêtent définitivement de l’utiliser.

Mensonge Volontaire n°4 : « Pour l’intérêt général, l’enseignant doit garder les perturbateurs dans sa classe » Encore récemment un inspecteur général de l’EN a fait un article des « Administration & Education » dont le café pédagogique a fait un résumé titré le "scandale des exclusions de cours ».  La raison invoquée est que  cela fait perdre des heures de cours à l’élève. Par contre, il n’a pris en compte le fait qu’un élève qui s’amuse à provoquer l’enseignant n’écoute que très rarement. Par contre, le temps que le perturbateur fait perdre à la classe n’est pas compté et n’a visiblement aucune importance. Le fait que l’enseignant risque de perdre la face devant les élèves et donc perdre une partie de son autorité n’a pas été pris en compte. Cela n’est jamais venu à l’idée de ces braves inspecteurs dans un coin de leur  bureau cossu de la rue de Grenelle que le temps que l’enseignant prenait pour faire de la discipline, il ne l’avait pas pour faire son cours. Pour comprendre les difficultés que rencontrent les profs dans un collège de banlieue, je vous recommande l’excellent journal d’un prof  débutant en 33 épisodes sur le point.fr. En réalité, soit le chef d’établissement et/ou CPEs se sentent investis pour mettre en place un bon climat scolaire, soit c’est la guéguerre entre les enseignants et les CPEs sur ce thème, jusqu’à ce que l’enseignant cède et c’est les autres élèves de la classe qui sont pénalisés.

Pourtant PISA classe la France 58ème sur 64 en « climat de discipline » (info reprise sur le site du SNALC et non vérifiée).

L’article est basé sur un paramètre qui n’a pas de sens. Ce n’est pas parce qu’un élève est dans un cours, qu’il écoute. La bonne méthode est de créer la prise de conscience pour que l’élève arrête de provoquer le prof et se mette à écouter. Si on fait le bilan du temps pris aux autres élèves à cause de la perte d’autorité due à cette injonction stupide : le bilan est franchement négatif.

L’exclusion de la classe est un outil parmi d’autres parmi ceux qui permettent d’obtenir un bon climat scolaire. Ce n’est pas une solution en soi : un très petit nombre d’enseignants l’utilisent pour des raisons de facilité. Cependant stigmatiser les enseignants qui l’utilisent est délétère. La solution doit être trouvée dans chaque établissement. Les compétences d’animation du chef d’établissement doivent permettre le bon dialogue entre le CPE et les enseignants et d’agir par la discussion avec chacune des parties. Le chef d'établissement doit faciliter un "tutorat non infantilisant" par des enseignants senior pour ceux qui ont du mal avec leur classe. 

 Ce Mensonge Volontaire provient à la fois d’une prise de conscience qu’il faut éviter que les jeunes trainent dans la rue (pas d’exclusion des établissements), à la fois de l’habitude en haut lieu de faire porter la responsabilité aux enseignants et à la fois de l’opportunité d’un prétexte facile pour éviter d’avoir à fournir des moyens pour la surveillance dans les établissements.  Dans la même veine, il y a eu jusqu’à fin 2011, le refus de voir les conséquences des violences entre jeunes.

Mensonge Volontaire n°5 : « La classe hétérogène, sans aucune dérogation, doit être l’unique modèle pour le collège » Il s’agit d’un mensonge volontaire basé sur un consensus entre plusieurs syndicats, une association de parents d’élèves, et il y a encore quelques semaines de la direction de l’Education nationale.  Dans une note, Terra Nova, un Thinktank proche du PS, revisitait une analyse de la thèse de doctorat de Nathalie Mons pour pouvoir le prétendre. Les études internationales montrent que le collège unique est la meilleure solution. Mais cela ne veut pas dire que tous les cours sont communs, et cela ne veut pas dire que ceux qui ont un handicap cognitif important ne sont pas regroupés dans une classe à besoin spécifique (avec quelques activités avec les classes ordinaires pour la socialisation). Le collège finlandais  est décrit page 78 du livre de Paul Robert "La Finlande : un modèle éducatif pour la France". Sur la totalité de la scolarité obligatoire, les élèves ont eu au moins une fois l'accompagnement spécificique suivant: 2% d'un classe d'âge dans des écoles spécialisées, 6% dans des classes spéciales ou petits groupes dans des écoles ordinaires, 22% éducation spéciale à temps partiel. Il est  indiqué sur la même page, qu'il est possible de faire des dérogations sur le programme pour les enfants en grande difficulté. » Le collège unique avec toutes les classes hétérogènes sans aucune dérogation n’existe nulle part.

Personnellement, je ne crois pas qu’il soit possible de rattraper de fortes lacunes en lecture et en grammaire, s’il  n’y a pas de cours de Français différents que le reste de la classe.  J’avais écrit un billet sur ce thème en Août 2013 : Jetons nos enfants au milieu de la piscine sans bouée pour leur apprendre à nager.

 Ce Mensonge Volontaire provient du goût pour les théories simplistes des syndicats revendicatifs, que les cadres de l’Education nationale ont renforcé car cela permet d’accuser les enseignants du manque de progrès des élèves et d’éviter de dégager des moyens pour les plus en difficultés.

Aujourd’hui, les élèves qui ont de fortes lacunes en lecture et en expression sont en situation d’échec dans toutes les matières à partir de la 4ème à cause de la forme des contrôles imposés dans toutes les matières.

- Mensonge Volontaire n°6 : « Il n’existe pas de rupture dans le positionnement des élèves vis-à-vis des apprentissages vers 15 ans »

Tous les pays du monde ont une diversité de parcours après 15 ans. Cela s’explique par la maturité humaine. Dans l’antiquité, la plupart des civilisations ont leur rite de passage vers l’âge l’adulte à 13 ans. Ce n’est nullement un hasard. Cela veut dire qu’après 15 ans, il faut envisager une diversité des parcours et donc un système d’affectation à la diversité des parcours qui peut être caricaturé en « une machine à trier ».

Nous avons tous, dans nos relations, une ou un ado, qui en avait marre d’être assis dans une salle de classe à résoudre des défis intellectuels et qui ne s’est épanouie que quand on lui a donné le droit d’apprendre concrètement un métier.

Les études internationales montrent que jusqu’à la fin du collège, le redoublement n’est en général pas efficace. La meilleure solution est de le supprimer et utiliser les heures libérées pour du soutien pour les fondamentaux. Il commence à y avoir un consensus à ce sujet. Cependant cela demande aux enseignants de changer leurs habitudes de gestion de classe.

Il y a un groupe de pression très agressif pour étendre cette affirmation jusqu’à la fin des études. Alors qu’au moment de l’affectation dans la diversité des parcours en fin de 3ème en fin de 2nde , il y a des contraintes à prendre en compte et que la suppression du redoublement n’a pas de sens. L’important est que chaque élève soit dans un parcours qui lui convient et qu’il a une chance raisonnable de réussir, vu ses acquis et les moyens qu’il est raisonnable de débloquer pour l’aider. Il faut réfléchir à la problématique globale en prenant en compte tous les mécanismes humains : ceux qui permettent la motivation et ceux qui entraînent en général une perception de dévalorisation.

Au collège, il faut faire évoluer les contrôles de manière à ceux qui ont des fortes lacunes en Français puissent les réussir. Mais est-ce raisonnable de faire la même chose au lycée ? Ma réponse est non. Le lycée prépare à l’accès à l’université, et il faut donc s’entraîner à faire des exercices qu’une partie des élèves de fin de 3ème sont incapables de réussir à cause de ses lacunes en expression, et leur manque de méthodes de travail.

En 2008, Darcos nous avait vanté un lycée finlandais sans sélection et avec un bac unique. C’était du pipeau absolu. Ledit lycée n’avait aucune des caractéristiques vantées. Le lycée finlandais prépare un bac à option avec plusieurs niveaux. Il est possible d’avoir un bac sans maths, avec maths normal ou avec maths renforcé. Ce qui correspond à la même hiérarchie que les bacs généraux français. La grande différence est que le niveau en maths choisi ne détermine pas la Majeure.

Cela n’a pas de sens de vouloir étendre le modèle de l’école du socle avant 15 ans à la période lycée (15 ans à 18 ans). C’est un refus de voir les étapes de la nature humaine. C’est un refus de prendre en compte que les tentatives de  « lycée unique » à l’internationale ont échoué.

Ce Mensonge Volontaire provient des cadres de l’éducation qui veulent faire des économies et donc pousse à supprimer le redoublement y compris là où il donne une flexibilité indispensable. La plupart des syndicats d’enseignants et la fédération de parents d’élèves qui aiment les positionnements simplistes ont suivi, vraisemblable parce que leurs adhérents souhaitent que leur « petite chérie » ou "petit chéri" ne soit orienté. Les enseignants sont aussi parents. La majorité des adhérents de toutes les fédérations de parents d’élèves le sont pour être parents délégués de la classe de « petite chérie » ou de "petit chéri".

- Mensonge Volontaire n°7 : « Il est souhaitable de supprimer le baccalauréat  ».

Au départ, il s’agissait  d’un accord entre les journalistes spécialisés et les cadres de l’Education nationale. J’ai entendu Louise Tourret de France Culture l’affirmé, alors que Louise a généralement une bonne compréhension de l’Education nationale. Maryline Baumard avait fait un article en juin 2014 « Bac : un examen qui ne sert plus ni à évalue, ni à orienter », s’appuyant principalement sur un rapport d’inspecteurs généraux de mars 2012 et une communication du SNPDEN (syndicat national des personnels de direction de l’Education nationale) de juin 2013. Le SNPDEN qui avait calculé un coût complet du bac qui comprenait les cours perdus à cause de l’immobilisation des locaux plaide pour un examen centré sur la dominante et privilégiant le contrôle continu.

Un grand nombre d’arguments étaient exactes : en particulier que les compétences évaluées n’étaient pas claires, ou qu’il est possible d’avoir son bac avec des notes médiocres dans sa dominante en se rattrapant sur les autres matières.

D’autres sont plus contestables. Contrairement à ce qui est écrit, le bachotage est formateur car il permet d’ancrer des connaissances dans la durée. Le rattrapage permet de vérifier les connaissances et compétences. Il est possible de rater une épreuve, à cause du stress ou d’une impasse sur une partie du cours et avoir des compétences qui mériteraient une bonne note. L’épreuve de rattrapage a une logique.

La suppression du bac a de plus en plus d’adeptes parmi ceux que j’appelle les paléomodernistes consensuels, c’est-à-dire les personnes qui apprécient les prises de position innovantes et qui les propagent dès que des éléments de langages sont à disposition. Le Mensonge Volontaire à la mode est : « le bac ne vérifie rien. Supprimons-le et laissons l’université organiser une sélection des élèves sur leurs propres critères ».

Je ne nie pas qu’il y ait eu des dérives dans l’organisation du bac, surtout dans la triste période 2007 à 2012 où on était prié de ne pas se poser de questions sur les fondamentaux de l’enseignement, mais de trouver des moyens de faire des économies ou des « classes-modèles » (non généralisables) destinés à la propagande de l’Elysée.

Cependant un  bac qui vérifie de manière nationale les connaissances et des compétences structurantes pour avoir une chance raisonnable de réussir les formations universitaires, est fonctionnellement indispensable.

En effet, avec le diplôme de caractère national, il est possible de comparer un 16 d’un lycée de banlieue et un 16 d’un lycée de centre-ville. La moyenne au bac de l’établissement donne un repère à ceux qui acceptent les élèves dans les formations sélectives.

Il est indispensable de mettre en place des haies à franchir qui obligent les élèves à faire des efforts d’apprentissage. Paul Robert, l’auteur du livre sur le système éducatif finlandais, est retourné en Finlande, trois ans après son premier voyage et a publié un texte toujours disponible sur Internet.  Il indique que la liberté d’organisation donnée au lycée a eu comme conséquence que les élèves prenaient le temps et qu’il y avait plus d’élèves avec un an de retard ou plus. Dans la note 11, il indique « Il n’était pas rare dans les années 70 de trouver au lycée des élèves ayant 4 voire 5 ans de retard ! »

Par ailleurs, il est possible de voir ce qui se passe aux Etats-Unis où l’équivalent du bac est sans valeurs. Les universités sélectionnent sur les scores obtenus dans des tests organisés par des officines privés. Des lycées privés organisent le bachotage nécessaire à l’atteinte d’un haut score à ces tests. Il est évident quand il y a des concours sélectifs, il y a forcément une préparation au concours et quand, comme en médecine, l’état ne propose pas la préparation, c’est le privé qui s’en charge.

Le Mensonge Volontaire de la suppression du bac a semble-t-il été une marotte de quelques personnes dans l’Education nationale  et n’est plus d’actualité à l’intérieur des structures. Cependant, cela a déclenché un courant pour cette suppression parmi ceux qui écrivent ou prennent des positions sur l’école, en particulier les journalistes et quelques universitaires, Le sujet devrait être mis sur la table pour une meilleure prise de conscience de l’utilité du bac et de ses enjeux.  

Moteur 3 : le transfert du rôle d’arbitrage opéré par des humains responsables à des systèmes informatiques

Tout naturellement, l’Education nationale a utilisé les systèmes d’information pour aider à la gestion des affectations des élèves, et à la gestion des résultats des élèves aux examens. Il s’agit d’un premier temps de bases de données où sont gérées des informations.

Ensuite, depuis environ une dizaine d’années, l’outil informatique est utilisé pour affecter les élèves en fonction de leur demande et divers critères : en lycée à Paris, en filière d’enseignement professionnel dans toute la France, dans l’établissement du secondaire.

Or ces processus d’affectations ne prennent pas en compte les facteurs liés à la motivation, à l’implication dans sa filière future, voire au sentiment de dévalorisation quand l’ordinateur refuse. Il existe des lycées peu demandés à Paris où la majorité des élèves sont affectés en deuxième choix, voire troisième choix. Il est extrêmement difficile de créer une dynamique d’établissement. Ma conviction est que dans la majorité des cas c’est globalement négatif.

Depuis 2008, il y a eu une volonté, au plus haut niveau du système, de pilotage à l’aide de données détaillées issues d’estimation faites par des opérationnelles. Il y a les évaluations systématiques qui ont été fort heureusement abandonnées.

 La solution de pilotage qui consiste à demander aux enseignants de prendre un temps monstre pour remplir des critères sujets à interprétation, qui permettent à des bureaucrates qui ont globalement une vision fausse de la réalité des conditions de travail des enseignants de donner des instructions infantilisantes aux enseignants, est évidemment totalement inadéquate. Il est infiniment plus efficace de donner à l’enseignant la compréhension de ce qui permet de faire progresser chaque enfant, l’aider à mettre des pratiques efficaces,  et de lui faire confiance sans passer par une usine à gaz bureaucratique de données.  L’état des lieux global peut être fait par sondage.

Si j’ai bien compris un des éléments de diagnostic des propositions du SNALC pour le lycée, cette approche inadéquate, avec une grille d’évaluation détaillée remplie par l’enseignant et utilisée par quelqu’un d’autres est aussi utilisé pour le bac STMG. Ce qui semble montrer que cette approche n’est pas abandonnée partout.

- Mensonge  Volontaire n°8 « L’affectation dans une filière du lycée professionnel par AFFELSET donne satisfaction » C’était la thèse soutenue par la cour des comptes dans son rapport sur « l’orientation en fin de collège » de septembre 2012.  La justification est que « l’outil permet de mettre réellement en place les priorités académique ». Il y a aucune analyse réelle dans le document, juste la synthèse des positions de l’encadrement intermédiaire de trois académies, ce qui explique le faible niveau des propositions du rapport. Les données chiffrées et certaines réactions contraires aux éléments de langage qui ont été servi dans la conclusion, sont intéressantes.

En réalité, si on se place du point de l’enfant qui souhaite aller vers une filière professionnelle, le processus d’affectation peut être jugé comme totalement inefficient. L’enfant ne peut pas se projeter dans le métier futur à cause du système informatique qui fait écran. La motivation n’est pas prise en compte dans le processus de prioritisation. Environ un tiers des élèves se retrouvait dans une filière qu’il n’avait pas vraiment choisi, c’est parmi ces élèves-là qu’il y a le plus de décrochage en lycée professionnel.

J’ai écrit un billet à ce sujet en Août 2013, où je propose des solutions. L’orientation en fin de 3ème par une boîte noire informatique, est-ce une bonne chose ?

Ce Mensonge Volontaire venait que les bureaucrates appréciaient le jeu d’atteinte des objectifs chiffrés en optimisant les paramètres, et ne voulaient surtout pas perdre ce petit pouvoir. La position de l’administration rejoignait celles d’un élément de langage des paléomodernistes consensuels. « Pour éviter l’arbitraire, il ne fallait pas que les jeunes rencontrent les futurs enseignants de lycée professionnel. » Sous prétexte 0,5% de cas d’arbitraire avérés, on s’est enferré dans une solution qui empêchait les jeunes de se projeter dans l’avenir. Les enfants des adhérents des associations de parents d’élèves ou d’enseignants, quand malgré les nombreux délits d’initiés dont ils ont profité ne sont pas admis en lycée général, vont en lycée professionnel privé ou en apprentissage. Aussi, les enfants les plus éloignés de l’école, comme d’habitude, n’avaient pas d’avocats.

Moteur 4 : le soutien paradoxal au renforcement du délit d’initiés

Comme je l’ai expliqué dans l’introduction, les partenaires sociaux (associations et syndicats) communiquent par des messages simplistes vers leurs bases. Pour se différencier, ils utilisent une technique qui a fait ses preuves pour «faire de la com pour son clan » tout en dénigrant les adversaires. Cette technique consiste à déclencher une polémique "en prenant position contraire à l’intérêt général sur un sujet complexe tout en faisant une propagande qui permet de faire croire qu'on défend l'intérêt général». Les enseignants et les parents des associations de parents d’élèves ont des enfants dont généralement ils suivent la scolarité et ils connaissent les règles non-dites pour atteindre et réussir les formations qui permettent une bonne employabilité.

En absence de communication ciblée pour détruire les idées fausses, alors que ces entités prétendent lutter pour l’égalité des chances, les positions ont des conséquences totalement opposées à celle-ci sur deux points :

-          la fourniture effective d’un enseignement adapté pour leur permettre de progresser à ceux qui sont les plus en difficultés scolaires,

-          la fourniture d’une information pertinente aux parents qui ne connaissent pas les implicits de l’école et les codes de comportement de la société.

L’absence totale de sélection prônée par ces gens-là n’est pas dans l’intérêt des plus éloignés de l’école. Car ceux qui ne savent comme le système marche, par absence de points de repère, ont plus tendance à s’auto-censurer quand ils ont les capacités de réussir, ou à aller dans des formations pour lesquels ils n’ont pas les acquis suffisant pour avoir une chance raisonnable de réussir. Par ailleurs, c’est plus difficile de rebondir pour eux après l’échec. Le gouvernement a dû batailler ferme pour imposer un développement de l’information dans les métiers avec une plus grande implication des régions et des entreprises. Il a été longtemps  tabou de parler des aspects économiques, tant au niveau du coût des études (y compris logement), de l’employabilité et du salaire possible. Les associations de parents d’élèves ne voyaient pas l’intérêt que l’école fasse des efforts considérables pour améliorer le dialogue avec tous les parents, sans passer par leur intermédiaire. Elles ne voyaient pas l’intérêt de rendre obligatoire, une formation sur comment communiquer avec les parents aux enseignants.

 Je ne crois pas que ce soit une démarche volontaire. Ce qui tire les positionnements est la possibilité d’avoir des éléments de langage simplistes et clivants par rapport aux adversaires. Dans le cas où il y a un inconvénient visible pour les enfants des adhérents, des contestations montent et les éléments de langage sont amendés. Ce n’est pas le cas quand l’inconvénient visible concerne les plus éloignés de l’école.

 Ces gens ont en partie au moins porté les mensonges volontaires suivants que certains cadres de l’Education nationale avaient fait siens : le n°2  « Les notes sont la raison du mal-être des élèves français et elles peuvent être supprimées pendant toute la scolarité de l’élève », le n°3 « Il existe des méthodes pédagogiques qui permettent de faire de l’enseignement différencié quel que soit le niveau d’hétérogénéité des acquis, quels que soient le nombre d’élèves, quels le nombre de perturbateurs »,le  n°5 : « La classe hétérogène, sans aucune dérogation, doit être l’unique modèle pour le collège » et le n°6 : « Il n’existe pas de rupture dans le positionnement des élèves vis-à-vis des apprentissages vers 15 ans »

Mensonge volontaire n°9 : « La fable du miracle de l’absence de sélection »

Le dernier congrès de la FCPE, première association de parents d’élèves avait pour thème « construire une école sans sélection », comme si l’absence de sélection était une finalité.

Le collège unique et inclusif est bien le modèle qui donne les meilleurs résultats à l’étranger. Il faut éviter avant 15 ans le tri sur le niveau d’acquis. J’en suis d’autant plus convaincue que s’il y avait eu un concours d’entrée en 6ème, mon deuxième fils aujourd’hui, double diplômé Bac+5 de bon niveau, n’aurait jamais été admis parce qu’il faisait un joli blocage devant les apprentissages.

En réalité, tous les cours ont des prérequis, en maîtrise de fondamentaux (lecture, expression suivant certains codes, outillages mathématiques, capacité d’apprentissage en autonomie).  Il est possible de faire évoluer les exigences du cours pour que tous ceux qui ont une intelligence normale, y compris ceux ont des difficultés avec l’expression, puissent en tirer parti. Il est possible de donner des exercices différents aux élèves de manière à ce que tous puissent progresser. Mais, ceci a des limites. Aussi, après l’école du socle, il doit  y avoir une différenciation des parcours, et certains demandent un minimum d’acquis. Dans l'école du socle, en cas de grandes lacunes ou d’handicap cognitif important, une partie des cours différents de ceux des camarades peut être la seule solution qui permette à l’élève de progresser suffisamment.

Il ne s’agit pas d’une situation binaire. Lors des commissions d’appel, la question qui se pose est « Est-ce que l’enfant a une chance raisonnable de réussir ? » Très vite les professionnels convergent vers une conviction : Non ses lacunes sont trop fortes (un gros tiers), Oui c’était une erreur de lui refuser son choix (un quart), il faut que l’on en discute pour se faire une intime conviction.

Aujourd’hui, au collège, on fait passer à l’ancienneté les élèves qui ont de fortes lacunes, car le redoublement ne sert à rien. Ce qui est anormal est qu’on ne leur donne pas le soutien pour progresser, ils sont abandonnés devant des devoirs qu'ils ne peuvent pas réussir. La meilleure solution est bien de supprimer le redoublement et de changer le « curriculum » des programmes du collège pour que tous les élèves, sans aucune exception, aient des défis intellectuels accessibles qui les aident à progresser.

Pour le lycée, il est nécessaire d’avoir une diversité de parcours. Les plus exigeants ne sont pas accessibles à tout le monde. Les grosses lacunes en expression et en autonomie ne se rattrapent pas en une heure d’enseignement personnalisé par semaine en groupe de 17 élèves. L’acquisition des bases pour réussir les parcours littéraires à l’université nécessite au lycée des classes où tout le monde a un minimum d’acquis en expression. Bien sûr, ce n'est pas une science exacte. Le doute doit être en faveur de l'élève. Cependant, aujourd'hui c'est le cas.

Ce Mensonge Volontaire est parti du mécontentement des parents qui ne voulaient pas que leur enfant soit orienté (y compris quand il va dans le mur), et récupéré par l’Education nationale dans les années 2000 pour limiter le redoublement et donc le coût pour amener un enfant à un niveau bac. 

Mensonge volontaire n°10 : « La matière sur laquelle s’appuie la discrimination sont les maths ».

C’est faux, la matière qui discrimine en France est l’expression écrite.

Ceux qui ont des lacunes en lecture et en expression en arrivant en 4ème ne peuvent  réussir aucun contrôle, à cause d'une doctrine pédagogique (par ailleurs inefficace) qui impose de vérifier dans toutes les matières la capacité de rédaction plutôt que les connaissances. Aussi, ces élèves se retrouvent inéluctablement dans la spirale de l’échec pour aboutir en fin de 3ème avec des savoirs extrêmement faibles et une estime de soi détruite. La décision d’autoriser la 2nde générale se fait sur la capacité d’expression et non pas sur le niveau en maths. Plusieurs filières du lycée général et technologique sont accessibles avec un faible niveau en maths. A la fin de la 2nde générale et technologique,  ce sont les capacités d’expression qui ouvrent l’accès à une filière générale, et la non-relégation dans une filière technologique. Ensuite, il y a un tri sur la capacité d’assimiler des concepts de Maths entre la filière L, la filière ES et la filière S. Les expérimentations indiscutables à l'étranger montrent qu'il faut au moins deux parcours avec des niveaux d’exigences différents en maths au lycée. Par contre, il n’y a aucune raison de relier le parcours en maths avec la « dominante » comme le fait le lycée français. Si on autorise, le niveau renforcé de Maths avec la dominante « Sciences économiques et sociales » ou « approfondissement littéraire », le problème de la hiérarchisation des filières est résolu. Si la dominante « Sciences Physique » est accessible à ceux qui ont pris le niveau normal de « maths », il n’y a aura plus de prestige des sciences physiques car celui-ci sera moins sélectif que le niveau « approfondissement littéraire » qui sera forcément lié au niveau avancé « du parcours d’expression littéraire ».

Pour aller plus loin dans l’analyse, je vous conseille la lecture de ce billet : La fable du caractère élitiste des sciences et ses conséquences.

Ce Mensonge Volontaire existe depuis très longtemps, au moins 20 ans, je suis donc incapable d’avoir un avis sur ses origines. Il s’agissait d’un tabou dur qui entraînait un dénigrement fort et automatique de celui qui le transgressait. Je pense que s’il a perduré c’est que des générations de cadres supérieurs successifs ont trouvé leur intérêt à couvrir les erreurs de la précédente réforme du lycée. Depuis 1995, toutes les réformes du lycée sont basées sur cette même erreur d’analyse. Les syndicats d’enseignant ont couvert car ils trouvaient leur intérêt dans le malaise crée par la mise en rivalité des matières. Par ailleurs, les journalistes qui écrivent sur l’Education nationale sont des littéraires qui ont eu la frustration de ne pas avoir toutes les portes ouvertes à causes de leur niveau en maths et qui n’ont pas la capacité d’analyse pour remettre en cause la langue de bois en vigueur.

Mensonge volontaire n°11 : « L’incapacité de l’école de s’occuper des élèves en plus en difficulté provient de la trop grande attention aux filières sélectives »

Il s’agit du seul sujet, où je pense que les déclarations de la ministre ne sont pas pertinentes.

L’école de la République doit :

-          faire progresser tous les enfants dans leurs apprentissages utiles pour reprendre leurs études quand ils le voudront et pour s’insérer dans le monde des adultes,

-          faire que tous les enfants sachent lire, écrire, compter et connaissent les règles de la société pour trouver un travail et le garder, sans exception,

-          agir pour diminuer les biais sociaux dans les destins scolaires.

Il faut utiliser les moyens de manière équilibrée pour tous ces enjeux, aussi importants les uns que les autres.

La France est un des pays où les inégalités sont les plus fortes pour les apprentissages des fondamentaux. Je suis d’accord avec cela. Mais la difficulté ne provient pas d’une trop grande attention aux élites, mais d’une gouvernance calamiteuse du système par des gens qui se désintéressaient des élèves. L’Education nationale était devenu un terrain pour se mettre en valeur pour un petit nombre de gens qui se cooptaient entre eux : cadres supérieurs de l'Education nationale, chercheurs communicant en pédagogie, syndicats, etc.. J’écris déjà expliqué le mécanisme plusieurs fois dans ce billet.

Le soutien des enfants à potentiel qui ne connaissent pas les règles implicites de la société est aussi important. Je pense que cela a été une erreur de supprimer la « bourse au mérite ». En effet, c’est un moteur pour encourager les jeunes à travailler. Cela permet remet une égalité à ces jeunes qui pourront tenter les filières les plus sélectives de l’université, celles qu’on ne peut pas réussir en ayant un petit boulot à côté. Les internats d’excellence avaient tout d’une fausse bonne idée.

La rivalité université-classes prépas s’appuie sur une analyse fausse et qui ne fait pas avancer le sujet.  

Les filières supérieures très sélectives existent dans tous les pays : footballeur, premier ouvrier de France, apprentissage des métiers du cinéma, médecine, droit, école d’ingénieurs de rang un. La Chine avait tenté de les supprimer avec la révolution culturelle : ce ne fut pas une réussite. A partir du moment où il y a un concours pour accéder à une formation, il y a une forcément une préparation. Quand le public ne s’en charge pas, le privé le fait, comme pour les études de médecine en France où pour avoir une chance raisonnable d’être accepté en deuxième année, il faut prendre des cours privés.

Les Etats-Unis autrefois vantés pour posséder le modèle à imiter, ont des universités très sélectives basées sur une sélection via des tests réalisés par des officines privées, préparés dans des lycées privés, le tout étant payant, bien sûr.  La grande différence entre Harvard aux Etats-Unis et Polytechnique en France est que l’une a sa prépa payante qui se déroule entre 15 ans et 18 ans, l’autre a une prépa gratuite qui se déroule entre 18 ans et 20 ans.

Cependant, il convient de se demande l’intérêt de multiplier les prépas scientifiques très coûteuses dont aucun élève ne peut accéder aux écoles normales supérieures ou écoles d’ingénieurs prestigieuses, vu le faible niveau des élèves recrutés. Cela a été une erreur d’autoriser les professeurs à prendre en charge les « colles » en étant payés à un prix fort, car cela a introduit des différences très importantes sur les salaires qui sont considérées maintenant comme des avantages acquis.

Le problème est bien l’absence de sélection à l’université, qui fait que les élèves ont des stratégies de contournement pour retourner en licence sans passer par L1. La demande de place dans les filières scientifiques sélectives a créé l’offre.

Je n’ai pas la solution. Personnellement, je suggérais d’autoriser de mettre en place des formations sélectives dès la L1 dans certaines conditions, laissant à chaque université de déterminer quand cela est opportun et de gérer les oppositions qui pourraient en découler.

Ce Mensonge Volontaire a été construit pour permettre l’opposition symbolique droite-gauche. Des chercheurs avaient mis en évidence que le système éducatif français faisait partie de ceux qui discriminaient le plus sans explication cohérente. Faute de mieux, ils ont fini par retenir celle-ci. Aujourd’hui, on a beaucoup progressé dans les explications sur les dysfonctionnements de l’école. Cependant c’est parfois un peu difficile de se déjuger, surtout quand il y a une forte symbolique en jeu et qu’elle renforce opportunément la guéguerre entre universités et grandes écoles. La nécessité de rééquilibrer les moyens vers l’enseignement prioritaire et vers l’apprentissage des fondamentaux n'est pas liée à l’abandon du soutien des jeunes issus de milieu défavorisé pour la réussite des formations les plus sélectives. Un équilibre doit être trouvé entre les deux missions, toutes deux fondamentales pour le pays. La première doit avoir plus de moyens.

Mensonge volontaire n°12 : « L’orientation progressive par un tronc commun pouvait résoudre la hiérarchie des filières du lycée générale »

Le mécanisme de la hiérarchisation des filières est le suivant. Les filières L, ES et S s’appuient sur les mêmes fondamentaux d’expression littéraire. Elles demandent les mêmes capacités de rédaction, celles nécessaires pour faire des études supérieures littéraires. Les concepts en maths qu’il est indispensable d’avoir acquis pour suivre le cours, sont plus nombreux en S qu’en ES, en ES qu’en L. Les écarts entre les exigences en maths de deux filières sont trop importants pour qu’il soit possible de les rattraper pendant les vacances ou pire, comme c’était imaginé sur le papier, en cours d’année. D’où, la réalité qu’il est possible de passer d’une filière vers une autre filière qui a moins d’exigences en maths et pas le contraire. Aucune solution d’organisation ne permet de faire autrement.

Les très bons élèves vont généralement en S, car c’est une filière généraliste qui laisse toutes les portes ouvertes après le bac. Elle exige le même niveau que la filière L, pour l’expression littéraire : 25% des élèves d’hypokhâgne, la plus sélective des filières littéraires ont un bac S. La filière S est celle qui a le plus haut niveau d’exigence en maths. Elles ouvrent la porte des filières où pour y réussir, il faut avoir une bonne capacité logique et une maîtrise d’outils mathématiques.

Pourtant, il existe une solution simple qui permet de changer de « dominante » sans redoublement. En plus, cette solution permet de casser la frontière avec les filières technologiques. L’élève choisi  son « parcours en expression littéraire », son « parcours en mathématiques » et sa « dominante », séparément. L’élève pourra choisir la dominante « approfondissement littéraire » avec n’importe quel parcours mathématiques. La faisabilité des emplois du temps doit être vérifiée : il me semble que les contraintes sont gérables.

Pour le détail des explications, tout est expliqué dans ce billet.  25/08/2013 – Une proposition pour le futur lycée général

Ce Mensonge Volontaire est lié à une erreur d’analyse de la réforme de Lycée de Chatel. Des cadres supérieurs de l’Education nationale ont imposé des éléments de langages faux pour ne pas avoir à assumer leurs erreurs.

En conclusion

J’ai mis en évidence 12 mensonges d’appareil liés à des enjeux de pouvoir. Il s’agit bien de la face visible de l’iceberg. On peut dire que c’est énorme. Pourtant, je suis optimiste. La refondation est sur une voie. Le CSP a défini un socle de connaissances, de compétences et de culture, pertinent pour définir à quoi sert l’école du socle et ce que doivent savoir les jeunes en fin de 3ème.

Les personnes chargées de la refondation de l’école agissent de telle manière qu’il semble qu’ils aient conscience de l’existence de la plupart de ses représentations fausses et des jeux de pouvoirs qui leurs sont associés.

Honnêtement, je crois que la refondation est bien partie.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.