Quel cas fera Laurent Fabius des lanceurs d'alertes ?

Laurent Fabius, en temps que président du conseil constitutionnel, pourrait soutenir lors d'une prochaine réforme les amendements nécessaires pour protéger les lanceurs d'alerte qui, comme Françoise Nicolas dont nous parlons dans ce billet, après avoir dénoncés de graves dysfonctionnements au sein de leur structure se retrouvent mis au placard, harcelés ou menacés, voire agressés.

Tout comme Stéphanie Gibaud et Alain Gautier, dont nous avons dernièrement relayé les questions sur whyboOk, Françoise Nicolas est une lanceuse d'alerte qui, pour avoir signalé de graves dysfonctionnement au sein de sa structure, s'est retrouvée mise au placard par sa hiérarchie.

Son histoire en 3 temps :
2009 : En poste à l’ambassade de France au Bénin en charge des bourses d’études, des missions et des invitations avec la gestion d’un budget associé, elle signale en interne de « graves dysfonctionnements comptables » laissant supposer un système de dépenses fictives. En effet, les dossiers étaient vides mais les dépenses bien réelles. La hiérarchie de l’ambassade se déchaîne alors contre elle, avec le soutien actif de l’administration du ministère des Affaires étrangères. Victime d'une violente agression à son bureau (qualifiée depuis pénalement de tentative de meurtre), elle est rapatriée disciplinaire, mais sans commission de discipline, mutée à Nantes et sanctionnée de maintes façons.

Mai 2012 : Elle informe de sa situation M. Fabius, alors nommé ministre des affaires étrangères, en lui demandant une audience. Celui-ci lui fait répondre que cela n’était pas nécessaire. En janvier 2013, elle l'en informe de vive voix, lors d'une visite du ministre sur le site de Nantes. Cela lui vaut de nouvelles sanctions administratives. 

Février 2016 : M. Fabius est élu président du Conseil Constitutionnel et à ce titre amené à se prononcer sur la constitutionnalité de la loi Sapin 2 censée renforcer la protection des lanceurs d’alerte. Il censure une disposition de la loi prévoyant la possibilité pour le défenseur des Droits d’accorder une aide financière aux lanceurs d’alerte soit pour leur permettre d’agir en justice, soit pour les aider à pourvoir à leurs besoins vitaux. M. Fabius aura probablement considéré que cette disposition était contraire à notre Constitution...

Aujourd'hui, Françoise Nicolas s'adresse une nouvelle fois à Laurent Fabius, au nom de tous les lanceurs d'alerte qui, pour avoir eu le courage de dénoncer de graves abus, se retrouvent mis à l'écart, sans aucun soutien de la part d'institutions prônant la justice et la liberté d'expression pour tous.

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