Edwy reviens ! Ils sont devenus fous...

Mediapart a dépublié un article basé sur des faits tous vérifiables au nom d'opinions subjectives invérifiables. Qui a pris cette décision, contraire à l'essence même du journal ? Difficile de le savoir. Il est temps de revenir aux fondamentaux : Tout ce qui est d’intérêt public doit être rendu public

Vidéo à regarder à partir de la 15ème minute

A regarder à partir de la 15ème minute © C l'hebdo
 

« La publicité est la sauvegarde du peuple »

Tout ce qui est d’intérêt public doit être rendu public.  Autrement dit, si le peuple est souverain, les actes de ses élus, de ses représentants, de ses mandants, de ses gouvernants, de ses fonctionnaires, de tous ceux qui agissent en son nom mais aussi de toutes les organisations et de tous les individus qui interviennent dans l’espace public lui appartiennent. L’exercice de sa souveraineté, sa sauvegarde, sa protection, son bonheur exigent, en conséquence, la recherche active de la publicité sur tous ces agissements, afin qu’il puisse lui-même en tirer enseignement et profit, les apprécier, les discuter, les corriger et, si besoin, les dénoncer.

Voilà ce qu'écrivait Edwy Plenel pour présenter son dernier livre « La sauvegarde du peuple »

Et pourtant, Mediapart, le journal dont il est président, décidait de dépublier un article basé sur des faits tous vérifiables... au nom d'opinions subjectives invérifiables.

Qui a pris cette décision, contraire à l'essence même du journal ? Difficile de le savoir. 

Il est aujourd'hui impossible de lire cet article. Il n'en existait pas de sauvegarde. Et Mediapart l'a effacé du blog de son auteur

L'article fut pourtant un moment l'un des plus lus du Club. Etrangement, il ne suscitait pourtant aucun commentaire. Il semble donc que l'article ait surtout été lu par des lecteurs, non abonnés au journal. Ce sont les seuls qui ne peuvent pas faire de commentaires.  Logique mercantile peu démocratique.

Des internautes avertis eurent cependant l'idée de faire une copie d'écran de l'article tant décrié. On peut le voir en partie dans la vidéo ci-dessous :

Coronavirus Un secret français bien gardé © Fédération Multi-Game

Nous avons décidé de changer le titre

Le 18 mars 2020, Mediapart décidait de dépublier  l'article intitulé "Coronavirus : Un secret français bien gardé".

Dans un premier temps, ils s'étaient contentés d'en changer le titre. Et l'article s'intitulait alors "Coronavirus : Wuhan et la France". Fort heureusement, seul le titre était changé et non son contenu. Et pour seule explication, Mediapart envoyait ce  texte lapidaire : 

"Suite à de nombreuses alertes pointant des malentendus engendrés par votre billet, nous avons décidé de changer son titre pour qu'il soit plus informationnel."

Mais ce changement fut de court répit. Et le jour suivant, cet article était dépublié.

Nous avons été conduits à dé-publier votre billet de blog

Cette fois, l'explication fut plus explicite :

"Au vu du nombre extrêmement élevé d'alertes sur votre billet et dans un souci de ne pas ajouter de la confusion sur la base d'insinuation, nous avons été conduits à dé-publier votre billet de blog."

Qu'y avait-il de si sulfureux dans l'article ?

 Rien.

Ou si peu.

La révélation d'un secret de Polichinelle : la France est à l'origine de la construction du laboratoire P4 de Wuhan.

C'est Bernard Cazeneuve, alors Premier ministre, qui en parle le mieux :

"La France est fière et heureuse d’avoir contribué à la construction du premier laboratoire de haute sécurité biologique P4 en Chine. Conçu par des experts français, puis mis en chantier à WUHAN en 2011, cet outil de pointe constitue un élément central de la réalisation de l’accord intergouvernemental de 2004 sur la coopération franco-chinoise en matière de prévention et de lutte contre les maladies infectieuses émergentes."

Nous sommes à Wuhan en Chine ce 23 février 2017... trois ans exactement avant l'émergence d'un nouveau coronavirus en France, originaire d'un marché de fruits de mer situé à une demi-heure de ce fameux laboratoire de Wuhan.

seuls-nos-lecteurs-peuvent-nous-acheter

De quoi Mediapart est-il le nom ?

Unique au sein du paysage médiatique français, Mediapart accorde le même respect à ses lecteurs qu'à ses propres journalistes. 

Mediapart se compose de deux parties

  • Le Journal dont les articles sont écrits par des journalistes professionnels salariés
  • Le Club dont les articles sont écrits par ses lecteurs, libres et seuls responsables de leurs propos.

Les articles du Club bénéficient de la même mise en page que celle du Journal. C'est d'abord une marque de respect, unique dans la profession et qui honore Mediapart. Plus qu'une concurrence, c'est un enrichissement perpétuel entre les premiers qui s'intéressent au temps qui passe et les seconds qui nous révèlent le temps qui dure.

Preuve de qualité, cette constante émulation entre les journalistes et leurs lecteurs dérange. En face, les concurrents de Mediapart s'enferment dans un entre-soi corporatiste. 
Pour avoir un aperçu de l’abîme qui sépare Mediapart de ses concurrents, il suffit d'avoir assisté à ce malheureux moment de télévision que fut la joute oratoire entre Edwy Plenel et Franz-Olivier Giesbert le 7 mars dernier lors de l'émission "On n'est pas couché" Ce fut pénible à regarder. 

"La vérité appartient à ceux qui la cherchent et non point à ceux qui prétendent la détenir".

Edwy Plenel aime à rappeler cette citation de Condorcet. En fait, c'est de cela dont il s'agit. 

Et cette collaboration exceptionelle des journalistes de Mediapart avec leurs lecteurs en est la meilleure garantie.

Sans elle, Mediapart ressemblerait aux journaux de bien tristes Franz-Olivier Giesbert. 

"Seuls nos lecteurs peuvent nous acheter" proclament avec raison la devise du journal. La démocratie n'est pas un acquis. elle est un état en devenir. Nous ne sommes pas démocrates. Nous cherchons perpétuellement à le devenir. 

Il est certes loin le temps où Mediapart demandait l'aide de ses lecteurs pour assurer sa survie. Avec près de 170 000 lecteurs, Mediapart a réussi son pari commercial. Il doit rester vigilant pour réussir son pari citoyen, celui d'un média participatif.

Aujourd'hui, en France, la dictature s'installe. Elle menace le journalisme aussi. Sournoisement mais sûrement. Mediapart se doit de rester vigilant. Les lecteurs, qui ont fait le succès du journal, doivent l'aider à ne pas sombrer.  

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