La République à l'épreuve de la Solidarité

C'est le titre d'un colloque qui s'est tenu récemment à Marseille à l'initiative d'associations actives sur le terrain. Plusieurs intervenants étaient invités à dire ce qu'ils entendaient par Solidarité. Je rends compte ici de quelques interventions.

Colloque sur la Solidarité, le 1er février, au sein de l'Ecole de Management de Marseille [Photo YF] Colloque sur la Solidarité, le 1er février, au sein de l'Ecole de Management de Marseille [Photo YF]
Le colloque La République à l'épreuve de la Solidarité s'est tenu le 1er février à Marseille, à l'initiative de HAS (Habitat Alternatif Social) et de l'Union régionale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uriopss).

La préfète à l'égalité des chances

Marie-Emmanuelle Assidon, préfète déléguée à l'égalité des chances dans les Bouches-du-Rhône, livre quelques réflexions, plus ou moins convenues, sur la notion de solidarité. A raison, elle dit qu'elle "cimente un destin commun", tout en considérant qu'elle est utilisée "à tort et à travers" et qu'elle est "trop apparentée à l'exclusion". Sa fonction la conduisant à traiter de la politique de la ville, elle tient à s'exprimer sur le sujet : "on critique beaucoup la politique de la ville, le discours dominant affirmant qu'on aurait beaucoup fait pour les quartiers prioritaires. Trop. Or il n'en est rien : on n'a pas assez fait". "On est loin d'avoir déversé des milliards, on n'a pas mis dans les quartiers les mêmes moyens que dans les quartiers privilégiés". Par ailleurs, on ne parle que d'échecs : or "la politique de la ville a connu des succès, des territoires se sont transformés".

La représentante de l'État en appelle à de nouvelles modalités d'action et au décloisonnement des dispositifs et des acteurs. Le maître-mot aujourd'hui c'est "logique de parcours", alors elle invite à privilégier des logiques de parcours, "en partant de la personne, plutôt qu'en déclinant des dispositifs segmentés". Pour faire bonne mesure, elle précise qu'il importe cependant de tenir compte des compétences de chacun, mais on pourrait lui objecter que l'approche individuelle enferme par trop les personnes dans la singularité de leurs problèmes, au lieu de les aider à prendre conscience que le plus souvent ils s'inscrivent dans un contexte social, plus global. Sans vouloir caricaturer ce type de propos (car l'accompagnement individuel a de la valeur), il n'empêche qu'une approche mettant l'accent sur le parcours de chacun peut être une manière de responsabiliser l'individu tout en disculpant l'environnement socio-politico-économique. Tout un discours est apparu concomitamment à la crise financière pour dire que les exclus étaient coupables de leur situation. Et on a alors insisté sur droits… et devoirs.

Dans le cadre des 40 ans de la politique de la ville, la préfète rappelle que le gouvernement a lancé un plan de mobilisation nationale, avec des ateliers territoriaux [ces ateliers regroupent des acteurs associatifs, des élus, les services de l'État et abordent, à propos des quartiers prioritaires, des questions relatives à l'éducation, l'emploi, les loisirs, le développement économique].

Enfin, elle évoque l'autre campagne lancée par le gouvernement, à savoir celle contre la pauvreté et plus précisément la pauvreté des jeunes [cette campagne a été peu relayée, à se demander si le but n'est pas juste de pouvoir dire qu'on a fait quelque chose, sachant que l'axe a été mis sur la pauvreté des enfants, des jeunes, comme si leur pauvreté n'était pas d'abord celle de leurs parents] (1).

[Photo YF] [Photo YF]

L'ancienne ministre socialiste

Marie-Arlette Carlotti, ancienne ministre de François Hollande (aux personnes âgées et à la lutte contre les exclusions), présidente du Haut Comité pour le Logement des Personnes Défavorisées, estime qu'il ne faut pas attendre, et qu'il importe de répondre à l'urgence. Elle considère qu'une partie de la population est laissée pour compte : "Ceux qui galèrent sont invisibles, ils ne comptent pas. Les politiques publiques protègent peu les plus fragiles. Tout ce que le public ne fait pas, l'État le laisse aux associations." Sans compter ceux qui sont hors des radars : "ceux qui ne poussent plus la porte des guichets, car c'est trop dur, trop humiliant".

Si elle dit sa fierté, en tant que ministre chargée de lutter contre la pauvreté, d'avoir eu la responsabilité de ce dossier (augmentation du RSA [de 10 %] sur la durée du quinquennat, prime d'activité, places d'hébergement), elle reconnaît qu'"on n'a pas porté ce secteur". Il aurait fallu se battre davantage contre les clichés sur les assistés, la fraude sociale, alors même que le non-accès aux droits est un fléau : "on n'a pas mené ce combat" et ajoute cette justification terrible : "pour ne pas perdre notre électorat" !

[Ph. YF] [Ph. YF]
Pour faire reculer la misère, il faut que ce soit "au cœur de tout projet de société, car cette misère casse le pacte républicain, c'est tout la République qui se perd". Elle relève que le Président de la République, lors de la journée de la misère, le 17 octobre, a mis l'accent sur les enfants pauvres, alors même que ce sont leurs familles qui sont pauvres, leurs parents (façon de répondre aux propos de Mme Assidon).

Si le plan gouvernemental sur le Plan Logement d'abord trouve grâce à ses yeux, par contre elle pourfend la suppression des emplois aidés, la baisse des APL, le budget 2018 qui n'est pas à la hauteur. La théorie du premier de cordée ne fonctionne pas, car au bout de la cordée "les gens ne peuvent pas attendre". Quant à la circulaire sur le contrôle de l'État au sein des centres d'hébergement, elle doit être retirée car elle contraint les travailleurs sociaux à être délateurs et rompt le lien de confiance. Elle fait l'éloge des travailleurs sociaux, dont la fonction de terrain, au front office, devrait faire l'objet de plus de compréhension et être revalorisée.

L'ancien député ancien-RMIste

Michel Pouzol [Ph. YF] Michel Pouzol [Ph. YF]
Vient ensuite Michel Pouzol, ancien député PS de la 3ème circonscription de l'Essonne (2012-2017), battu en 2017 par un candidat LREM. Avant d'être député, il avait galéré et vécu avec sa famille dans un cabanon, ne percevant que le RMI. En 2013, il a publié un livre sur son histoire, au Cherche Midi : Député, pour que ça change, avec pour sous-titre : Du RMI à l'Assemblée nationale. Vincent Maillard a retenu ce sous-titre pour le documentaire qu'il a réalisé sur Michel Pouzol en 2016 pour France 2 (suivi d'un débat auquel il participait). Enfin, Planète Plus a diffusé en décembre dernier un documentaire intitulé Pourquoi nous détestent-ils, nous les pauvres ?, réalisé par Michel Pouzol et Sarah Carpentier.

A la tribune, Michel Pouzol décrit le parcours du combattant de l'allocataire RSA, devant toujours fournir un papier qui manque. Il se souvient du temps où "la fin du mois c'est le 5 du mois ; le 20, on n'a plus que les pièces jaunes pour le pain". Il a raconté l'étonnement des élus quand ils ont vu arriver dans leurs instances un "ancien" du RSA : "si les pauvres arrivent jusqu'à la table où l'on prend les décisions, la tranquillité n'est plus de mise". Il a déploré qu'"aujourd'hui, la société soit en marche arrière sur la solidarité". Alors même qu'il serait de première importance de mesurer ce que coûte réellement la pauvreté, quant à l'emploi, la sécurité sociale, la santé (à cause de soins tardifs) : tout ce qui constitue une perte pour la richesse du pays. Au lieu de prendre en compte jusqu'au trafic de drogue dans le calcul du PIB, on devrait intégrer le bien-être, la manière de vivre, la solidarité, le vivre-ensemble.

Il faudrait mobiliser largement pour que les droits sociaux soient respectés mais les freins sont immenses : quand, député, il a déposé un amendement pour que chaque bénéficiaire potentiel de la prime d'activité soit personnellement informé, l'amendement a été repoussé. Résultat : Bercy n'a budgété que 5 milliards alors que, dit-il, il aurait fallu prévoir le double.

Pour avoir connu "la douleur que l'on ressent quand on est plongé dans la grande pauvreté", il dit comprendre ceux qui y sont toujours et ceux qui viennent de l'autre côté de la Méditerranée et espèrent être accueillis dignement.

A propos de la campagne lancée par le gouvernement sur la pauvreté, il souhaite que ceux qui se battent réellement contre l'extension de la pauvreté, y participent de manière radicale : "Dire que c'est intolérable, que dans la 5ème puissance mondiale, on ne peut vivre comme ça. Ce n'est pas en supprimant l'ISF ou en contrôlant la fraude sociale, qu'on  y parviendra." Et s'adressant au gouvernement : "vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas".

Le collectif Alerte

François Soulage [Ph. YF] François Soulage [Ph. YF]
François Soulage, président du collectif Alerte, ancien  président du Secours Catholique, rappelle le travail mené avec Jean-Marc Ayrault, tout en faisant une allusion perfide au premier ministre qui lui a succédé (qui n'avait aucun intérêt pour les questions liés à la pauvreté). Il dit que c'est le collectif Alerte (38 associations) qui a "obtenu" de François Hollande le Plan de lutte contre la pauvreté, lancé en janvier 2013, qui a prévu la prime d'activité, la PUMA remplaçant la CMU, la garantie universelle des loyers, la garantie jeunes, une amélioration des minima sociaux, le tiers-payant généralisé. Il reconnaît qu'il y a eu sur plusieurs points des reculs par la suite et que tout cela n'a pas été porté politiquement. Il dénonce le cloisonnement entre associations en donnant cet exemple : sans les nommer, "par charité", il évoque quatre grandes associations nationales qui avaient rencontré les autorités du pays, mais n'avaient rien dit à propos de la pauvreté. Le ministre croyait pouvoir s'appuyer sur ce silence pour ne rien faire.

Emmanuel Macron n'a rien dit sur la pauvreté pendant sa campagne ni durant les premiers mois du quinquennat, jusqu'à ses propos du 17 octobre, journée internationale de lutte contre la pauvreté, où il a évoqué une stratégie sur le sujet, sur pression du collectif Alerte ("c'est-à-dire de moi-même", déclare François Soulage) qui l'a prévenu : "on va râler très fort si vous ne faites rien".

Cet ancien professeur d'économie, rappelant qu'il a été pendant 25 ans chef d'entreprise, prend acte qu'on est dans une société libérale (pas néo-libérale, dit-il), où l'État s'efface : on substitue à l'État intervenant un État protecteur et régulateur. Il souhaite que l'on mette l'accent sur l'accompagnement (comment accompagner les demandeurs d'emploi). Il considère que c'est un enjeu pour les travailleurs sociaux : les réformes des diplômes d'État insistent sur l'accompagnement. Il évoque les "référents de parcours" ("une seule personne de confiance"), l'"engagement" (la personne aidée ou la famille s'engage par écrit, avec signature), la "participation".

Concernant ce dernier point, il cite l'exemple de cette femme qui, lors d'un atelier qu'il animait sur l'inclusion bancaire, déclarait aux autres : "je perçois 500 € par mois et je n'ai pas de découvert : vous ne savez pas faire" ! Ses avis furent pris en compte : il pense que cela démontre qu'il faut écouter les gens concernés.

Lorsque je serai à la tribune, je lui opposerai que la question de l'accompagnement est très présente, depuis longtemps, dans la formation des travailleurs sociaux, que justement on a certainement une approche du travail social trop individualisée (au lieu d'envisager de réelles actions collectives) et que l'État social n'est pas seulement un État protecteur et régulateur : c'est la protection sociale, la régulation des rapports de travail, mais aussi les services publics et les politiques économiques [voir les 4 piliers décrits par Christophe Ramaux, dans L'État social]. Quant à montrer en exemple une personne qui aurait le savoir-faire pour s'en sortir sans découvert avec 500 € par mois, no comment.

Autres intervenants

Marie-Arlette Carlotti, Michel Pouzol, François-Michel Lambert [Photo YF] Marie-Arlette Carlotti, Michel Pouzol, François-Michel Lambert [Photo YF]
Éric Kérimel de Kerveno, dont les fonctions de Directeur Général d'HAS se termine se jour-même, ironise sur les travailleurs sociaux qui prétendraient être "des gens qui vont bien s'occupant de gens qui vont mal", alors que, selon lui, il y a parmi eux, autant qu'ailleurs, des schizophrènes, des alcooliques et des clients de prostituées. Après ce petit effet assuré, il constate qu'il s'agit de donner "une existence sociale" à des migrants, des exilés, des gens de la rue, qui n'ont aucune "existence légale".

Le colloque donne également la parole à Patrick Doutrelingue, président national de l'Uniopss, contestant cette "idée absurde", chère à M. Macron, des chefs de cordée. Tout aussi "absurde" est, pour les migrants, la notion d'appel d'air. Il dénonce les conditions dans lesquelles se trouvent les Ehpad, où, par manque de moyens, "en peu de temps, on rend la personne âgée dépendante". Vincent Delahaye, conseiller municipal Front de gauche à Avignon, préfère parler de coopération que de solidarité. François-Michel Lambert, député LREM, conteste le fait que le ministre de l'intérieur traite des questions d'intégration, car cela implique des réponses sécuritaires qui flattent une partie de la population. La progression de la population migrante en France est inférieure à celle de sa démographie. Il prône l'économie circulaire et en appelle à des États Généraux de la solidarité.

Un film tourné avec les hébergés de HAS leur donne la parole : ils disent la nécessité de "garder foi en soi, foi en l'humanité". A la tribune, Isabelle, qui a vécu à la rue, décrit ce qu'a été sa descente aux enfers (alcool, viols) : "il suffit d'une fissure dans la vie pour que ce soit la chute". Elle s'en est sortie parce que HAS lui a proposé un "chez-soi" : des "murs blancs" et "un nom sur une boite aux lettres". Marthe Pommié, directrice de la modernisation à la Préfecture de Région, s'exprime de façon brillante sur une expérimentation "Lab Zéro SDF", où l'État fournit un bâtiment pour l'hébergement. Elle précise qu'elle s'est engagée dans le service public "pour que désormais plus personne ne dorme dans la rue". Mais ajoute : "l'innovation publique c'est bien, mais c'est la proue du bateau, et s'il y a des trous dans la coque, le bateau va couler".

Jean-Baptiste de Foucauld

Jean-Baptiste de Foucauld [Ph. YF] Jean-Baptiste de Foucauld [Ph. YF]
La synthèse du colloque sera assurée par Jean-Baptiste de Foucauld, ancien commissaire au Plan, fondateur d'une association importante Solidarités nouvelles contre le chômage et coordonnateur du Pacte civique. Il voit trois grands problèmes sociaux : la précarité, le vieillissement et aujourd'hui les migrants (il ne cite pas la protection de l'enfance). Il considère que "la solidarité a besoin d'une base économique". C'était plus facile à l'époque des Trente Glorieuses : "aujourd'hui, dans notre monde plus compétitif, il y a moins à répartir". Le social doit s'intéresser à l'économie, et l'entreprise à l'emploi. Par ailleurs, les entrepreneurs et les salariés n'ont plus le poids qu'ils ont eu antérieurement face aux actionnaires… et face aux consommateurs. La financiarisation du capitalisme pousse à des rendements plus élevés : la solution serait une fiscalité qui pénalise les trop forts rendements. Alors que le chômage est "la mère de toutes les exclusions", aucun gouvernement ne s'est vraiment mobilisé contre le chômage. Et les mouvements de chômeurs sont faibles. Le RSA est un scandale : le RMI était prévu pour 500 000 foyers, aujourd'hui c'est 1,8 million. Tout devrait être fait pour réduire ce chiffre. Par ailleurs, de Foucauld n'est pas favorable au Revenu Universel.

Par contre, il défend l'idée que la Fraternité soit mise avant la Liberté et l'Égalité, car elle les relie et combat l'individualisme. Il redoute que le Big Data, favorisant le chacun pour soi, porte atteinte à l'esprit de solidarité. On ne doit pas être rabroué au guichet mais être bien reçu et par une "voix" humaine. Il rend hommage aux travailleurs sociaux qui savent maîtriser leurs émotions tout en étant compréhensifs et à l'écoute. "La Fraternité c'est ce qui nous permet de bien vivre avec des personnes qu'on n'a pas choisies". Et de défendre le projet du Pacte Civique, qu'il résume dans les valeurs suivantes : créativité, sobriété (il faut globalement consommer moins), justice, fraternité. Il faut créer du Commun, en commun.

Carmelo Franchina, président de HAS, fait une synthèse à sa manière, concluant en rappelant les propos de "Yves Foucauld" : "il faut en finir avec le discours sur les assistés".

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. J'étais invité à ce colloque, repéré par mes écrits sur ce blog Social en question, pour m'exprimer sur la question de la solidarité, et sur les discours méprisants et anti-républicains de certains à l'encontre de ceux qui sont condamnés à faire appel à l'assistance pour survivre. Ce que j'ai fait au cours d'une table ronde. Je ne reprends pas ici les propos que j'ai tenus, notions que j'ai déjà développées justement sur ce blog et que je serai amené à reprendre à d'autres occasions. Le monde est petit car j'avais rencontré Jean-Baptiste de Foucauld, avec Jean-Louis Sanchez, directeur du Journal des Acteurs Sociaux au siège de l'Observatoire de l'action sociale décentralisée (ODAS), à Paris, quelques jours plus tôt.

. Le colloque avait lieu au sein de l'École de Management (EMD) de Marseille. Une ancienne élève est venue exposer les missions de cette école et préciser à l'assistance que l'EMD était porteuse de "valeurs de solidarité et de justice".

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(1) Voir mon article Pauvreté : le calme de la campagne du 10 mars dernier.

 Voir également le texte que j'ai publié en 2012, abordant l'étymologie, la philosophie, l'histoire de la Solidarité, la question sociale, les attaques du discours sur l'assistanat, et l'appel à un sursaut solidaire : La Solidarité, simple valeur morale ou exigence de la République ?

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Billet n° 388

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