Portfolio

Oh les beaux livres

Réaffirmer le pouvoir des livres dans notre époque hyper-connectée à travers une sélection de douze livres d'art : des catalogues qui accompagnent une exposition récente ou une autre en cours, aux formidables cahiers à colorier imaginés par Semiose, à l'histoire du FRAC MECA racontée à la manière d'un roman graphique, des coups de coeur, sans hiérarchie aucune. Mon labyrinthe de papier.
  1. Mystérieuses, inconnues, primitives ou bien urbaines, quotidiennes, estivales ou migratoires, les îles s'envisagent enfin dans leur complexité et leur ambivalence. Le temps d’aller au-delà de l’exotisme qu’elles incarnent, et d’atteindre leurs « effets » — ces effets-îles qui opèrent de la biologie à l’art contemporain, de la géopolitique à l’immensité mythologique, philosophique ou poétique. De l’Odyssée à Robinson Crusoé, de Venise à Koh-Lanta, de Lampedusa à L’Île mystérieuseCar l’île nourrit les sciences, s'envisage comme une prise territoriale stratégique, un enjeu à la fois économique et politique ; elle invente les utopies, fabrique les mythologies, enflamme la création artistique, se fait laboratoire écologique. Tordant le coup aux idées reçues,  Le Temps de l’île convoque à dessein des territoires réels et imaginaires pour établir un atlas insulaire de notre temps.

    Sous la direction de : Jean-Marc Besse et Guillaume Monsaingeon

    Textes de : Jean-Luc Arnaud, Fathi Bejaoui, Nathalie Bernardie-Tahir, Jean-Marc Besse, Marie-Noëlle Bourguet, Louis Brigand, Catherine Delacour, Nicolas Garnier, Frank Lestringant, Camille Louis, Evangeline Masson-Diez, Guillaume Monsaingeon, Diego Muñoz, Élise Olmedo, Philippe Pelletier, Claire Pignol, Sophie Rabau, Marie Redon, Gilles A. Tiberghien.  

    Collection : Arts
    220 × 270 mm, 256 p., 160 illustrations, bibliographie, 2019. Coédition Mucem / Parenthèses
    ISBN 978-2-86364-349-5 Prix : 36 €

  2. Disparu en 2013 à l'âge de quarante-sept ans, Cristof Yvoré a construit une œuvre sensible et personnelle,  affranchie des codes et tendances de la peinture, hors du temps. L'ouvrage accompagne et prolonge l'exposition rétrospective qui, à Marseille et Clermont-Ferrand, réunissait un corpus d'une soixantaine de pièces permettant d'en appréhender l'essence. Celle d'une traversée intérieure, à l'abri du monde, qui interroge ce que peindre veut dire aujourd’hui.

    Publication du livre Cristof Yvoré en co-édition avec le FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur et le soutien du Kunstforum – Technische Universität Darmstadt

    Essai d’Éric Suchère, conception Jean-Charles Vergne
    Français/anglais
    192 pages, 30 x 24 cm, reproductions couleur
    ISBN 978-2-907672-28-3 Prix : 19 €

  3. Publié à l'occasion de l'exposition personnelle d'Alexandre Leger au Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole, du 30 novembre 2019 au 17 mai 2020.

    Le travail d'Alexandre Leger (né en 1977 à Paris, où il vit et travaille) entremêle texte et dessin dans une exacte parité, le second répondant au premier tout à la fois dessiné et imprimé, comme chez William Blake, Théophile Bra ou Antonin Artaud, ses artistes de prédilection. Son oeuvre s'invente dans la pratique quotidienne du dessin et de la poésie, nourrie de cahiers d'écritures et d'objets collectés dans son environnement immédiat. Déclinées en séries, les pièces, au format modeste, chuchotent de drôles de formules, tour à tour incongrues, troublantes, énigmatiques, truculentes, grinçantes souvent, l'artiste étant en proie à un excès de lucidité. C'est pourtant une certaine douceur qui émane de l'ensemble, comme si au-delà de l'assourdissant chaos du monde, s'élevait à peine audible une petite musique, une voix encore capable de raconter des histoires. En parcourant les dix dernières années de création d'Alexandre Leger, le livre donne à voir l'évolution d'une oeuvre dans laquelle le rituel protocolaire des débuts s'efface peu à peu, en augmentant sa force, sa noirceur aussi, tout en préservant la fragilité contenue dans cet art subtil d'accrocher le regard avec le sentiment de ne jamais s'imposer, de livrer des fragments de soi, des petits riens ordinaires qui, au contact de la fureur du monde, font basculer le journal intime dans le politique. Ainsi, si l'oeuvre d'Alexandre Leger raconte intrinsèquement son histoire, elle dit aussi la notre.  Sur la quatrième de couverture est inscrit cette formule: "Ephémère le plus longtemps possible", oxymore idéal d'une époque en lutte avec ses propres paradoxes.

    Textes de Aurélie Voltz, Vincent Gille, Johana Carrier, Marine Pagès.

    Editions Roven; Conception graphique : Arnaud Roussel; paru en octobre 2019; édition française

    17,5 x 25 cm (relié, couv. toilée), 176 pages (110 ill. coul.)

     23.00 € ISBN : 978-2-91845-035-1 EAN : 9782918450351

  4. "Jamais je ne t’oublierai est un travail sur la mémoire familiale, heureuse et fantasmée, confrontée à des souvenirs négatifs. C’est un album en creux de mon précédent travail Photos Souvenirs dans lequel je brode sur les photographies de famille où je suis représentée. J’ai réalisé qu’il existait très peu d’images de mes parents avant leur mariage, un désert iconographique expliqué par le fait que mes parents sont nés au Maroc dans les années 1930, une époque dépourvue de confort moderne. Ma grand-mère a gardé les quelques photographies existantes sous clé, afin de ne pas évoquer la tragédie de la perte accidentelle d'un de ses fils. Un angle mort pour cette vie de douleur. Mais le manque de photos m'a fait me sentir orpheline et sans racines. Alors, finalement, j'ai commencé à acheter des photographies anonymes sur les marchés aux puces et je les collectionne depuis. Je suis attiré par le bonheur affiché sur ces photographies, par des personnes que je ne connaissais pas, des personnes qui ont aimé et qui ont disparu. Ce sont des fantômes qui me suivent en silence et je les utilise pour créer un album de famille imaginaire qui répare l’oubli. Je reconstruis la mémoire manquante de ma famille en inventant et en adaptant à partir des images trouvées ce qui a disparu, des gens comme des lieux. J'ai choisi des aspects positifs et idéalisés d'une identité afin d'illustrer toutes ces fables qui ont tendance à être racontées à propos d'ancêtres. Ces souvenirs que j’acquiers pour quelques euros changent de statut par un geste: j’applique une feuille d’or sur la photo. En couvrant certaines parties de l'image, et plus particulièrement les visages de ces «fantômes», je les ouvre aux projections. L'or, ce matériau de fantaisie et d'avidité, est un métal inoxydable. Contrairement à un trou noir qui absorbe toute la matière, la surface dorée et plate est un univers onirique qui rejette la matière. L'or fonctionne à la fois comme un trou de mémoire et une surface brillante sur laquelle nos visages se reflètent. “ Carolle Bénitah

    Photographies de Carolle Bénitah.

    Design: Teresa Piardi; Commissariat de  Laura Serani, 2019; Français / Anglais.

    56 pages – 20,7 x 22,5 cm; Impression deux tons + dorure à chaud. Reliure japonaise à spirale.

    Editions L'Artière, Bentlivoglio, Italie.

    Première édition: 1000 exemplaires; ISBN 978-88-87569-84-1 Prix: 65,00 Euro 

  5. Lorsque Gérard Ifert arrive à Paris en 1949, il débute à peine une carrière qui va peu à peu s'articuler autour du graphisme, du design et de la scénographie. Le Paris des années 1950 fascine le jeune Bâlois qui est particulièrement sensible aux façades géométriques et bariolées des marchands de couleurs. Son intérêt pour la photographie qu'il pratique en amateur, sera bientôt expérimental. Ses recherches, qui le poussent toujours plus loin dans l'abstraction photographique, conduiront à l'invention du photgraphisme. Pour l'instant, il enregistre sur la pellicule les compositions chromatiques de ces commerces parisiens qu'il rapproche des oeuvres de l'art concret suisse, composant une étonnante collection d'images, témoins d'un art urbain décoratif, anonyme et amateur, qui animait les façades de ces commerces spécifiques, une archive de l'esthétique d'un quotidien aujourd'hui disparu.

    L'exposition "Photographisme: William Klein, Gérard Ifert, Wojciech Zamechcznik" proposée par la galerie de photographies du Centre pompidou au début de l'année 2018, avait permis de (re)découvrir l'étonnante et prolifique production du Suisse Gérard Ifert.

    PARIS COULEURS, GÉRARD IFERT, EKTACHROMES 1953-1954 - Texte de Catherine de Smet.

    Editions B42
    novembre 2019, français, anglais; Designer: deValence, 210 x 210mm, 104 p., ISBN 9782490077236 Prix : 25 €

    Ce livre est publié avec le soutien de Pro Helvetia, fondation suisse pour la culture.

  6. A l'occasion de son installation dans ses nouveaux locaux au mois de juin dernier, le FRAC Nouvelle Aquitaine aurait pu (du?) 'éditer un nouveau catalogue exhaustif de ses collections. L'institution a choisi de revenir sur son histoire dans un ouvrage à la croisée du catalogue, du livre d’artiste et du documentaire, illustré par l’artiste Géraldine Kosiak, co-édité avec les éditions Cairn. L'ouvrage rend compte de l'évolution de l'institution depuis sa création en 1982 jusqu’à son emménagement au sein de la MÉCA en 2019. 

    "Le FRAC, toute une histoire. Quarante ans ou presque d'art contemporain en Nouvelle-Aquitaine", raconté par Géraldine Kosiak.

    Conception graphique : Fanette Mellier

    Coédition : Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA et les éditions Cairn

    Prix : 29€
    88 pages
    ISBN : 978-2-35068-673-8

     

  7. Depuis qu'ils ont commencé à collaborer en duo en 2000, Ida Tursic et Wilfried Mille interrogent le trop plein d'images qui sature notre environnement quotidien et leur relation avec la représentation picturale, questionnant leur reproduction, leur circulation et leur disparition. La source illimitée de documents anonymes en provenance de films, magazines, médias et surtout de l'énorme répertoire de données disponibles sur Internet, leur sert de matière première qu'ils transforment en peintures. Les thèmes qu'ils abordent, qu'il s'agisse de payqages, de nus, de portraits ou de compositions abstraites, s'inscrivent tous dans des représentations classiques, voire des clichés, de l'histoire de la peinture, qu'ils subvertissent néanmoins dans leur refus de se plier à la hiérarchie qui régit les images. Héritiers de Courbet, ils interrogent ce que signifie l'acte de peindre aujourd'hui, en repoussant un peu plus ses limites. 

    Textes de Noëllie Roussel et Bernard Marcadé
    Entretien d'Alison M. Gingeras

    29 x 24 cm - 11 3/8 x 9 1/2 in
    236 pages
    English / French
    Holzwarth Publications

    ISBN: 978-3-947127-20-7

    Publiée par Holzwarth Publications, cette nouvelle monographie témoigne de la pratique picturale d'Ida Tursic & Wilfried Mille's depuis 2011 jusqu'à aujourd'hui, dont le clou reste leur récente présentation au Centre Pompidou pour le Prix Marcel Duchamp 2019 auquel ils étaient nommés.

  8. L'ouvrage monographique offre une traversée du travail artistique de Béatrice Cussol qui pose ici un regard rétrospectif sur sa pratique. Ce voyage immersif dans son univers artistique construit autour de l'écriture, du dessin, du collage et du volume cousu, révèle un espace de représentation qui se joue des stéréotypes, empli de douceur et de violence, d'insolence aussi, qui donne accès aux langues singulières de l’artiste, “archi-pelles, non représentatives, figurales”, autant d’assemblages et facettes d’un regard.

    Textes de Elisabeth Lebovici, Nathalie Quintane, Julie Crenn, Béatrice Cussol.

    Conception graphique : Marc Touitou. Publié par les éditions amac, Nantes / Paris. 

    Paru en octobre 2019. Edition bilingue (français / anglais). 16,5 x 23 cm (broché). 208 pages (ill.)

    25.00 €, ISBN : 978-2-9535809-4-5, EAN : 9782953580945

    Publié à l'occasion de l'exposition Attends à la Chapelle du Genêteil - Le Carré Scène nationale Centre d'art contemporain d'intérêt national du Pays de Château-Gontier, de septembre à novembre 2018.

  9. Première monographie consacrée au travail artistique de Giulia Andreani, peintre formée à l'Academia di Venezia, qui compose ses toiles à partir d'archives photographiques publiques ou privées, souvent vernaculaires, intimes, pour mieux confronter la petite histoire à la grande et déconstruire une image mythifiée, particulièrement lorsqu'il s'agit de la représentation des femmes, conditionnée par le regard des hommes, son sujet de prédilection. Elle considère la peinture comme "un outil de représentation d’images marquantes de l’Histoire ensevelie car considérée comme inconfortable, problématique." En réinterprétant par la peinture des photographies anciennes, elle corrige la mémoire collective. (...) Munie d'un projecteur d'images qui lui permet d'en agrandir le format, elle sort les modèles de l'anonymat des archives en les transposant sur la toile, proposant une seconde vie à des êtres dont les visages ont, depuis longtemps, sombré dans l'oubli.  Dans ses peintures, elle transcende le réalisme photographique à la faveur des jeux de matières propres au médium laissant apparaitre coulures, dilutions, ombres... autant "d'accidents" autorisant une autre lecture de l'image. Celle-ci est renforcée par l'utilisation spécifique du gris de Payne qui transforme ses œuvres en monochromes dont l'aspect gris-bleu joue avec le temps, renvoyant à la fois vers un passé nostalgique puisque révolu, et le présent perpétuel d'un moment suspendu, en dehors de toute notion temporelle. 

    Catalogue publié à l’occasion des expositions à Labanque, Béthune, au musée des Beaux-Arts de Dole et à la galerie Max Hetzler.

    96 p., 20,5 x 24,5 cm, Français/ Anglais

    Parution 2019; Graphisme: Léna Araguas & Alaric Garnie.

    ISBN 9782373721027 - Prix: 25 euros.

  10. Déçu par la qualité souvent médiocre des dessins proposés dans les cahiers de coloriages, Semiose éditions a eu l'envie de faire appel à des artistes confirmés pour dessiner spécialement des motifs à colorier pour les enfants – et les grands enfants, évidemment ! Chaque dessin est une création originale et véhicule une histoire, un trait d'esprit, dans un goût partagé pour l'humour, l'absurde et l'imaginaire. La valeur pédagogique du coloriage n'est plus à démontrer : en exprimant leur libre talent pour la couleur, les enfants observent et se familiarisent avec la manière dont un dessin est construit. Ces albums "Color me" s'inscrivent dans la plus pure tradition du cahier de coloriage : petit format (A5), pelliculage brillant de la couverture sur papier cartonné, dessin en ligne claire. La série a débuté en octobre 2016 et s'enrichit régulièrement de nouveaux albums. Lorsque le petit prodige londonien Oli Epp, né en 1994, signe un album Color Me, il y a fort à parier que cela va créer le buzz, lui qui est déjà suivi par une communauté de fans très actifs. Dans cet album, on retrouve pour notre plus grand plaisir ses personnages-avatars, furieusement contemporains avec leurs accessoires siglés et leurs habitudes très modernes, inscrites de plain pied dans le nouveau millénaire.

    COLOR ME - SÉRIE N°7, 2019, Semiose éditions 

    4 albums, 24 pages, noir et blanc; 21 x 14,7 cm (chaque),

    ISBN : CM19M003 - 24,00 €

  11.  « Boris Lurie est la quintessence de l’artiste engagé; Il nous fait ressentir la honte. » disait de lui le grand artiste militant Leon Golub.

    Artiste et écrivain américain, Boris Lurie (1924 - 2008) a cofondé le mouvement NO! art qui revendique un art socialement et politiquement engagé, résistant et même luttant contre le marché. Son travail controversé, très souvent lié à l'Holocauste, a fréquemment irrité les critiques et les conservateurs. Son oeuvre est aujourd'hui gérée par la Boris Lurie Foudantion. En 2015, la galerie Odile Ouizeman à Paris accueillit la première exposition rétrospective des oeuvres de l'artiste en France.

    Boris Lurie, NO!art

    Catalogue publié à la suite de l'exposition personnelle de l'artiste à la Galerie Odile Ouizeman, Paris.

    Textes de JJ Lebel, Saul Ostrow, David Rosenberg et Lorand Heygi.

    Coproduction Galerie Odile Ouizeman / Boris Lurie Art Foundation;

    119 pp., 28 x 22 cm, Français/ Anglais, Parution 2018, conception graphique: Brice Tourneux;

    ISBN 97806929304580692930450  Prix: 40 euros.

  12. En 1898, Félix Vallotton publie sa célèbre série Intimités, dix gravures rassemblées dans un portfolio par les éditions de La Revue blanche. Il ne sera tiré que 30 exemplaires de cette série, ce que Vallotton regrettera ensuite, lui qui détruisit les matrices en bois pour garantir ce tirage limité. Cet ouvrage présente ces dix images, désormais mythiques, accompagnées de la série Les Instruments de musique et de nombreuses autres gravures aussi célèbres que La Paresse, Le Bain ou encore La Nuit et L’Émotion. Un livre magnifique où le regard de Jean-Philippe Toussaint nous accompagne dans l’œuvre intimiste de Vallotton et où l’érudition de Katia Poletti nous permet d’atteindre les mystères profonds de ces images qui sont parmi les plus importantes de la gravure moderne.

    FÉLIX VALLOTTON, INTIMITÉ(S) …ET LE REGARD DE JEAN-PHILIPPE TOUSSAINT

    Gravures de Félix Vallotton Barbe noire, récit introductif de Jean-Philippe Toussaint Présentation de Katia Poletti 80 pages – 190 x 265 mm. Reliure cousue, cartonnée. Couverture sur papier texturé Efalin avec un marquage à chaud rouge, tranchefil. Imprimé sur Munken Print White 115 g Prix TTC France : 24 € ISBN : 978-2-490393-05-3

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