Cham! Cham! Cham!  Damas! Damas! Damas....

J'y étais beaucoup avant de m'installer dans le désert, puisque je n'ai pas toujours été bédouine, comme vous l'aurez compris...

Là-bas, il fallait retrouver l'autre monde, le monde urbain, avec le bruit des voitures, l'énervement et puis ma peau d'occidentale qui ne transpirait pas, tant que je gardais ma galabiyyé et un foulard sur la tête, mais qui s'imposait d'elle même dés que je retrouvais mes amis d'avant-noce. En particulier mes amis du quartier chrétien.

 J'avoue que notre arrivée ne laissait jamais indifférente la population de cette petite rue longeant le remparts, du côté de la Porte de l'Est (Bab Charki). Nous étions toujours cinq ou six, c'est à dire cinq hommes en grande tenue bédouine et moi. Keffiehs rouge au vent, gallabiyés immaculées, le groupe avait fière allure et savourait de se promener ensemble: eux parce qu'il était avec une occidentale en plein quartier chrétien et moi parce que j'étais avec eux, au même endroit... Mes amis, trouvant notre histoire magnifique, se faisaient toujours un devoir de recevoir ma belle famille au mieux. Par contre ces tenues traditionnelles n'étaient que moyennement les bienvenues dans les cafés branchés. Parfois on nous faisait une remarque, parfois pas.

 Pourtant, les syriens aiment beaucoup monde bédouin. Certains parce que cela représente leur origine, d'autres parce que ce patrimoine, relativement intouché et plein de panache, portent les rêves d'une vie près de la nature, de la liberté et de la grandeur divine. "Rêves" est d'ailleurs bien le mot, car la méconnaissance des damascènes sur les régions traditionnelles me laissait toujours sans voix. 

Je me souviens que nous apportions régulièrement des photos que je prenais de notre vie "bil bari" (dans la nature) et que les enfants de mes amis, ouvraient des yeux écartelés en regardant les photos. Comme une touriste revenant de Chine, j'expliquais les traditions locales. C'est moi qui leur ai appris ce que sont des goubas, comment se passaient les mariages ("Oui. oui! les danses sont mixtes..."), comment s'organisait notre vie quotidienne.

 

"Il faudrait que tu viennes passer une semaine chez nous en immersion" disait mon mari, à moitié sérieux au fils de mes amis qui s'interrogeait beaucoup et trouvait notre vie beaucoup trop exotique pour être dans son pays et à peine à 4 heures de voiture de chez lui.

"Je ne vais pas être à l'aise, moi j'aime trop de confort" répondait celui-là

Et j'avais envie de rire pensant à mon beau père qui m'expliquait qu'en ville "ils n'ont aucune idée du confort: il n'y a pas d'air et ils passent leur vie serrer les uns contre les autres"

 

Ce qui est le plus compliqué à transcrire en fait, ce sont les différentes peaux que passaient ma belle famille en arrivant à Damas. Si nous allions boire un verre au bar d'un hôtel internationale, on leur parlait comme à des koweitis en goguette et ils étaient les rois. Leur tenue devenait un atout, quasiment un compte en banque  inclus au keffieh. Nous nous entretenions avec beaucoup de facilité avec un tas d'hommes d'affaires vêtus à l'occidental  et jouions ensemble au tric trac jusqu'à point d'heure mais à l'instant où nous sortions de ce lieu protégé, je pouvais lire dans le regard des gens que nous croisions, ou avec qui nous faisions affaire, quelque chose du genre: "Est-ce un pauvre de chez nous ou un riche d'ailleurs?"

 

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La première partie de mes écrits sur la Syrie, se trouve dans l'édition sur les révolutions dans le monde arabe sous les liens suivants:

(cliquez ici pour avoir accès au huitième article de cette série sur le monde bédouin du centre de la Syrie) C'est dans cet article que j'explique mon désaccord avec l'édition spéciale de  Médiapart et à la suite duquel, je suis revenue sur mon blog....

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