Le véritable fiasco du vaccin anti-nicotine

Jusqu’en 1978, la nicotine présente dans la fumée de tabac était considérée comme une molécule toxique à une certaine dose mais pas comme une molécule sensibilisante, un haptène capable d’induire des réactions allergiques au même titre que la pénicilline par exemple.

Jusqu’en 1978, la nicotine présente dans la fumée de tabac était considérée comme une molécule toxique à une certaine dose mais pas comme une molécule sensibilisante, un haptène capable d’induire des réactions allergiques au même titre que la pénicilline par exemple.

Alors que dans les années cinquante, la pénicilline présente dans le lait ainsi que dans le vaccin anti-poliomyélite commençait par provoquer des réactions allergiques (urticaire, œdème de Quincke, choc anaphylactique), la recherche se focalisa sur la meilleure façon de déterminer les sources de contamination afin d’éviter des réactions secondaires majeures :

https://blogs.mediapart.fr/bernard-sudan/blog/170319/quand-la-penicilline-se-retrouvait-dans-le-lait-et-les-vaccins

ce qui n’empêcha pas dans les décennies suivantes l’apparition de réactions allergiques soudaines chez certains patients hypersensibles.

Alain de Weck, professeur d’immunologie clinique à Berne (Suisse) fut alors l’un des pionniers dans l’étude des propriétés sensibilisantes de la pénicilline et c’est certainement pour cette raison qu’il eut un intérêt particulier pour m’aider dans ma recherche sur l’haptène nicotine présent dans la fumée de tabac passive :

https://blogs.mediapart.fr/bernard-sudan/blog/170818/de-1887-2019-l-effondrement-du-dogme-de-la-dermite-seborrheique

Nous n’étions cependant pas dans la même situation avec la nicotine car des intérêts économiques majeurs étaient en jeu et qu’il importait à l’industrie du tabac de vendre toujours plus sans que les conséquences sanitaires n’aient un impact important sur cette même industrie.

Je publiais dès 1978 l’évidence d’une allergie à la nicotine à l’origine de ma dermatite allergique familiale d’étiologie inconnue depuis 1887 à une époque où la fumée de tabac commença par envahir les lieux publics et les premières lois pour imposer des lieux publics sans fumée de tabac commencèrent à être promulguées quelques années plus tard, notamment avec la loi Evin de 1991 :

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9gislation_sur_le_tabac_en_France#La_loi_%C3%89vin_(1991)

alors que Simone Veil avait initié les premières timides mesures dès 1976 notamment contre la publicité pour le tabac.

Dans les années quatre-vingt précisément, l’industrie pharmaceutique tenta alors de mettre sur le marché différentes formulations à base de nicotine (chewing-gum, spray nasal, patch) sans réussir à prouver une réelle efficacité malgré des études en aveugle et même pas en double aveugle :

https://blogs.mediapart.fr/bernard-sudan/blog/060219/prescrire-liste-noire-annuelle-des-medicaments-nicotine-et-sevrage-tabagique

L’industrie pharmaceutique tenta au début des années 2000 de développer un vaccin anti-nicotine qui s’avéra être un fiasco après plus d’une décennie de recherches intenses négligeant toujours la réalité de la capacité hautement sensibilisante de l’haptène nicotine comme je le démontrais dès 1978 :

https://books.google.fr/books?id=5ePEDE1-r5YC&pg=PA113&dq=nicotine+and+immunology++bernard+sudan&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjmiu7NsafgAhXVBGMBHV25DggQ6AEILjAB#v=onepage&q=nicotine%20and%20immunology%20%20bernard%20sudan&f=false

On peut retrouver dans la littérature scientifique récente l’étrange similitude entre les allergies à la pénicilline et à la nicotine car un patient allergique à la pénicilline développait une réaction anaphylactique 70 minutes après l’injection du vaccin anti-nicotine :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4106715/

« This subject, who had a history of urticaria to penicillin and seasonal allergies, experienced difficulty breathing, throat tightness, facial erythema and urticaria 70 minutes after the initial vaccination. The subject was treated with a single injection of subcutaneous epinephrine and diphenhydramine, which resolved the symptoms »

«Ce sujet, qui avait des antécédents d'urticaire à la pénicilline et des allergies saisonnières, a éprouvé des difficultés à respirer, une oppression de la gorge, un érythème facial et de l'urticaire 70 minutes après la vaccination initiale. Le sujet a été traité avec une seule injection d'épinéphrine sous-cutanée et de diphenhydramine, ce qui a résolu les symptômes »

Nous constatons aussi une grande similitude malgré une sélection drastique pour exclure les patients présentant des réactions allergiques avant d’être testés avec le vaccin anti-nicotine…

On notera également l’apparition d’un « érythème facial » comme on peut le voir dans les « dermites soi-disant séborrhéiques » …

On comprend aussi mieux pourquoi Alain de Weck n’a pas montré un grand empressement pour publier la confirmation de mes travaux avec les sera des membres de ma famille …en 1978 !

https://blogs.mediapart.fr/bernard-sudan/blog/070419/la-tres-lente-evidence-de-l-allergie-la-nicotine-du-tabac

 

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