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Dérootées

Etudiante en geographie
À propos du blog
Nous sommes Sarah et Sophie, deux étudiantes en géographie à l’ENS de Lyon. Nous avons décidé de prendre une année de césure après notre licence afin de voyager et de questionner un sujet qui nous tenait à coeur. Notre projet est de prendre « à l’envers » une des routes les plus empruntées par les migrants. L’idée est de partir de nous, de notre expérience avec les migrants en France, pour essayer de remonter au plus près de ce qui les amène à se risquer dans un voyage si périlleux : une démarche à la fois thématique et spatiale. Car notre voyage n’est pas tant « à l’envers« , qu’ « allant vers » les autres, les citoyens européens comme les exilés dont nous suivons la route. Notre périple de trois mois débutera donc à Calais, début octobre 2016. Nous prévoyons d’emprunter ensuite la route des Balkans (Italie, Slovénie, Croatie, Hongrie, Serbie, Macédoine), puis de passer un mois en Grèce où nous serons volontaires dans un camp de réfugiés. Puis irons en Turquie en passant par Lesvos, et finirons notre voyage en Géorgie et en Arménie. Nous voyagerons principalement en stop, et logerons chez l’habitant, afin de faire le maximum de rencontres, en bonnes roots que nous sommes. Ce blog est pour nous l’occasion de reporter sur notre voyage, de publier nos écrits, nos photographies, nos rencontres et nos découvertes, afin qu’il devienne un lien avec tous ceux qui nous liront, et qu’il puisse donner un témoignage de terrain, un certain regard, à ceux qui s’intéressent à la question très complexe de l’accueil des migrants en Europe. Le nom de notre blog revêt de nombreux sens, car il se trouve au carrefour de plusieurs idées importantes pour nous : nous ne sommes pas tant en déroute que nous empruntons des routes ; et, plus intéressant, il s’agit à la fois de sortir des sentiers battus, d’emprunter un chemin à contre-courant, et de vivre ces routes que nous empruntons régulièrement sans réfléchir, comme citoyens européens, de manière différente : tout cela, nous le regroupons sous le concept de dé-route, comme pour changer notre regard, « faire un pas de côté« , comme le propose l’An 01. Ce qui nous poussera sans doute, à de nombreuses reprises, à être déroutées (et dé-routées) par ce et ceux que nous recontrerons au cours de notre voyage. Par ailleurs, le jeu de mot autour de « root » était important, car les migrants sont, entre bien d’autres choses, des déracinés (uprooted), qui ont dû abandonner derrière eux leur pays d’origine, tous leurs repères, leurs familles et amis, pour se plonger dans un univers radicalement différent, où tout est bouleversé ; mais nous aussi, en faisant l’expérience de l’itinérance, nous cherchons à nous déraciner de notre quotidien, à nous arracher à notre routine (rootine ?) pour connaître ce bouleversement humain qui provoque la rencontre avec l’autre. Finalement, donner d’autres sens au mot déroute, c’est aussi repoétiser le langage quotidien, et cela nous incite à changer notre regard sur les choses, sur les paysages, et sur les personnes que nous rencontrons.
  • La Caravane : 450km à vélo pour promouvoir une France terre d’accueil

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    La Caravane de Terre d'Ancrages, c'est 450 km de vélo pour sillonner la France entre Lyon et Paris et aller à la découverte des initiatives locales en faveur de l'accueil des exilé.e.s.
  • Live together, fight together - Penser et organiser l’accueil en-dehors des camps

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    Article écrit à troix voix sur notre expérience de solidaires internationales au City Plaza à Athènes. La parution de notre article correspond, ironie du sort, à l'évacution de plusieurs squats athéniens qui se sont vus vidés de leurs résident.es emmené.es au poste de police. Une occasion pour nous de ne jamais cesser de désapprendre et réapprendre, requestionner et repenser.
  • La Bulgarie au front de l’Europe meurtrière

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    Quand nous étions face à nos amis Pakistanais et Afghans à la White House de Belgrade, dans le froid et la saleté, il nous était difficile d’imaginer une expérience qui rende leur vie actuelle meilleure en comparaison de ce qu'ils ont pu vivre en Bulgarie. Que se passe-t-il donc de si terrible en Bulgarie que la simple évocation de ce nom éveille unanimement la terreur chez nos amis ?
  • Traversées macédoniennes : du trou noir gouvernemental aux étincelles humaines

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    C'est à Skopje que nous avons rendez-vous avec Milica devant l’immense statue d’Alexandre le Grand qui trône sur la place principale, fierté nationale dont l’origine fait encore débat : était-il plus grec ou plus macédonien? Cette question, dont on s’amuse par la dimension presque anecdotique et dont on ne soupçonne pas les conséquences, dit déjà beaucoup des tensions entre les deux pays...
  • Calais, ville de mondes

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    La jungle (à prononcer en anglais, c’est ainsi que tout le monde ici se réfère au bidonville) est un endroit absolument extraordinaire qui change ma représentation du visage de la France : savoir qu’il existe, et plus étonnant encore, au point le plus au Nord la France, un tel endroit, a quelque chose d’incroyable
  • La frontière qui définit les indésirables - Vintimille

    Par | 3 commentaires | 5 recommandés
    Nous sommes nées en 1994 et 1995, après Maastricht, dans une Europe dont la construction politique était déjà avancée ; nous avons grandi avec Shenghen ; pour nous, comme pour la plupart des français de notre génération, l’Europe n’a jamais été une question - à la rigueur, quelle Europe, ou l’Europe comment - . Comment une frontière peut-elle être fermée ?
  • De l'espace-lieu à l'espace-lien

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    « Habiter ? C’est s’installer, rencontrer l’autre, se mouvoir et s’émouvoir dans les espaces et les temps de nos vies »
  • Le règlement Dublin : une machine à déporter les exilés

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    Nous avons recueilli beaucoup de témoignages au cours de notre voyage, discussions à la volée, longs récits, quelques mots en passant, autour d’une clope ou d’un thé, ou d’un sac de légumes. Ce sont ainsi des dizaines et des dizaines de personnes qui ont accepté de partager avec nous un peu de leur histoire, nous rendant ainsi concrète, incarnée, la terrible expérience de la migration et de l’exil
  • La Serbie, cul-de-sac avant l’Europe

    Par | 4 commentaires | 14 recommandés
    Un peu partout sur la route des Balkans, nous sommes passées par les lieux de transit qui étaient utilisés lors du corridor migratoire, fin 2015, quand les frontières étaient ouvertes et que des dizaines de milliers de personnes défilaient tous les jours dans ces endroits. Ces lieux sont aujourd’hui vides, les camps ont été démantelés. Les migrants auraient-ils arrêté de venir?