Complicité de malfaiteurs contre l'humanité...

« Plus tard, je veux être vivant » A quoi sert de demander aux jeunes d'aller à l'école, de s’appliquer à une insertion sociale la plus aboutie, si, par ma passivité, je contribue à laisser s'installer, très confortablement, le plus terrifiant des chaos?

« Je ferai mes devoirs quand vous ferez les vôtres » est une autre revendication tout aussi légitime annoncée par les marcheuses et marcheurs pour le Climat le 24 mai 2019.(Voir l'article du Monde) Ceci avant qu'une vague de canicule, sans précédent, ne vienne confirmer l'instance avec laquelle se présente la menace climatique. Cette actualité brulante n'a absolument pas été commentée, sur le fond, y compris dans les media, à la hauteur de son importance. (Voir cet article Mediapart)

Nous sommes sans voix face aux conséquences de nos inconséquences. (Voir cet article sur les catastrophes climatiques s'amplifiant en Haïti) On peut, bien sûr, fuir les sujets qui remettent en cause. C'est la plus basique des stratégies qui s'expose inévitablement à l'effet boomerang. Peut-être pensons-nous ne pas être encore logés "à l'enseigne de la catastrophe", comme nos amis haïtiens, par exemple. Mais pour combien de temps encore? Savons-nous que les agriculteurs le sont déjà? (Voir dans ce billet) (Voir également cette dépêche francetv.info)

Axel Lattuada précise judicieusement, dans cette vidéo, sur sa chaine intitulée : « Et tout le monde s’en fout ! », que l'argent est une convention sociale, et qu'on pourrait très bien décider collectivement, que plus personne ne soit pauvre. Alors pourquoi ne le fait-on pas? Pourquoi n'agissons nous pas pour des causes universellement justifiées? Plus précisément, qu'est-ce qui nous en empêche?

Il y a bien des sujets plus importants que d'autres. mais, ce ne sont, malheureusement, pas les plus commentés. Pour beaucoup, ils sont ignorés ou tabous. Pour ce qui est de l'urgence climatique, elle n'est plus guère ignorée complètement que par les décideurs. Ils constituent le seul verrou résiduel. De là à penser qu'il suffit de faire pression sur eux; il n'y a qu'un pas... de trop! Car il est bien clair, après quatre décennies d'inaction bien marquée, que la remise en cause ne se fera pas par les tenants du système. Ne pas regarder cet état de fait en face, consiste à confirmer notre impuissance. Complicité, implicite, de malfaiteurs contre l'humanité...

Maintenir l'actualité du sujet est un peu pesant, j'en conviens volontiers. Pourtant, cela a, au moins, le mérite d'entretenir la veille des consciences sur la menace climatique et l'effondrement des écosystèmes. Le sujet peu réjouissant a tout à fait sa place dans le flot des dépêches qui regorgent de nouvelles angoissantes. Le silence sur le sujet est résolument mortifère (précipitant encore plus sûrement la mort d'un bien plus grand nombre de personnes). De plus, personne n'est vraiment contraint au rabâchage. Quand bien même, car le sujet ne passera malheureusement pas de mode. Il attend obstinément notre prise de position.

Si on n'a rien à en dire, on passe inévitablement à d'autres sujets. Mais peut-on raisonnablement penser que le sujet s'effacera de l'actualité aussi rapidement que de notre esprit? Le prochain rendez-vous avec la canicule est ,certes, très probablement, pour l'été prochain... En attendant, quelque part en Navarre, "c'est plus de trois mois de pluies qui sont tombés en très peu de temps", tout récemment. Ce n'est pas si loin de chez nous... (Voir pour plus de précisions)

Les catastrophes climatiques constituent un spectacle de choix, lui hautement prisé par les media. Mais resterons nous des spectateurs, passifs, jusqu'au moment où la vague déferlera cette fois sur nous-mêmes; apothéose ironique d'une société humainement impotente?

Peut-être pourrions-nous aussi nous soumettre collectivement cette question des plus évidentes: que pouvons-nous faire? (Voir quelques pistes très concrètes dans mon précédent billet) Les jeunes ont décidé de pointer la tragique absurdité de leur situation actuelle: des ainés faisant comme si de rien était en leur intimant de s’insérer prestement dans un système qui va détruire tranquillement et surement leurs chances de prospérer, quand ce n'est pas tout bonnement de survivre.

On a bien, chacune, chacun une petite idée d'action pour faire face un peu dignement aux menaces climatiques et sociales actuelles…  Si ce n'est pas encore le cas; il est grand temps d'y songer sérieusement...

 

Document 1: Réchauffement : les 10 points marquants du rapport du GIEC  Source Le Monde

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