C’était le 21 mai 1993, il y a donc dix-neuf ans presque jour pour jour, en pleine guerre de l’ex-Yougoslavie (200.000 morts et 1.000.000 de réfugiés).
L’Ukraine de l’actuel président Viktor Ianoukovitch, ancien apparatchik de l’ère soviétique, a eu tort de ne pas prendre plus au sérieux l’appel à la libération de Ioulia Timochenko, égérie de la démocratique « révolution orange » condamnée à sept ans de prison suite à une procédure judiciaire aux allures de lynchage politique, que mes amis intellectuels et moi-même avons lancé, il y a quelques mois déjà (dès le 8 août 2011, trois jours après son incarcération) et à plusieurs reprises, dans quelques-uns des plus grands médias de la presse européenne.
Ce premier tour des élections présidentielles françaises vient de nous révéler - et c’est en réalité là la première leçon, bien qu’étrangement passée sous silence par les différents analystes, de ce scrutin - un incroyable et saisissant paradoxe, unique au sein du panorama politique international : c’est que la France aura probablement, au second tour, un président de gauche, François Hollande en l’occurrence, alors que, sous la Vème République du moins, elle n’aura jamais été, lorsque l’on additionne les résultats obtenus par les dix candidats, autant à droite !
Ainsi donc Günter Grass, prix Nobel de littérature (1999), homme résolument de gauche et militant pacifiste de longue date, vient-il de provoquer le scandale, d’autant plus retentissant qu’il est le fait de l’une des grandes consciences morales et politiques de l’intelligentsia allemande et même internationale, en ayant oser affirmer, dans un texte qu’il a publié, le 4 avril dernier, dans le quotidien « Die Süddeutsche Zeitung », que « la puissance nucléaire d’Israël menace la paix mondiale ».