Ainsi notre Europe dite démocratique, celle que l’on croyait animée par les idéaux de progrès et d’humanisme, de liberté et de solidarité, est-elle en train de fabriquer, par les flagrantes injustices sociales que sa désastreuse et contreproductive politique économique engendre, un nouveau type de citoyens : les suicidés, plus encore que les pauvres !
Ce n’est plus de l’extérieur, avec ces totalitarismes idéologiques que sont le fascisme, le communisme ou le terrorisme, que proviennent aujourd’hui, pour la démocratie, les plus grands dangers. Mais de l’intérieur : ceux que la démocratie génère, sans le savoir, en son sein, jusqu’à menacer, paradoxalement, son existence. Telle est la thèse que développe l’historien Tzvetan Todorov dans son essai : « Les ennemis intimes de la démocratie »*.
Ainsi donc, ce 26 mars 2012, Dominique Strauss-Kahn s’est-il vu formellement mis en examen, dans l’affaire du « Carlton de Lille », pour un des délits les plus infamants qui soient au regard de ce que la morale sociale nomme communément les « mœurs » : « proxénétisme aggravé en bande organisée ».
Ils ne sont plus guère nombreux aujourd’hui, y compris parmi les esprits réputés libres, ceux qui osent encore défendre publiquement Dominique Strauss-Kahn. D’autant que, pas plus tard que ce lundi 26 mars 2012, il vient de se voir formellement mis en examen, en marge de la désormais célèbre affaire du « Carlton de Lille », pour un des délits les plus infamants qui soient au regard de ce que la morale sociale nomme les « mœurs » : « proxénétisme aggravé en bande organisée »… rien que cela !
Le 5 août 2011, Ioulia Timochenko, égérie pro-occidentale de l’historique « révolution orange » en Ukraine, se voyait arbitrairement mise en détention, sur ordre du juge présidant son procès pour un présumé « abus de pouvoir » lorsqu’elle était Première Ministre, par le tribunal de Kiev.
Voilà maintenant un an et demi très exactement que quelques-uns de mes ami intellectuels et moi lancions, le 19 août 2010, sur le site du journal « Le Monde », puis cinq jours après, sur le site de l’hebdomadaire « Le Nouvel Observateur », un appel solennel, sous forme de « lettre ouverte aux autorités iraniennes », à la libération de Sakineh,