À Marseille, les « super nanas » vous incitent à voter aux élections européennes 2019

Les élections du Parlement européen et l'avenir de l'Europe suscitent de l’intérêt, comme le prouvent deux événements récents. Une rencontre au Centre d'Information Europe Direct pour inciter nos concitoyens à voter en 2019. À la mairie du 2e secteur, on a débattu du passé, présent et futur de l’Union européenne, dans le cadre d’une consultation citoyenne souhaitée par le président Macron*.

Des jeunes femmes enthousiastes et créatives © Philippe Léger Des jeunes femmes enthousiastes et créatives © Philippe Léger
L’événement « Welcome Meeting Marseille » était organisé par le Bureau du Parlement européen à Marseille en partenariat avec Eurocircle / Centre d'Information Europe Direct (CIED) - 47 rue du Coq dans le 1er arr. Le mardi 25 octobre, une trentaine de personnes ont échangé idées et bonnes pratiques, afin de mobiliser les citoyens sur le thème « comment inciter nos concitoyens, en particulier les jeunes, à voter en mai 2019 pour élire un nouveau Parlement européen ? » Les Français seront appelés à voter le dimanche 26 mai pour choisir leurs 79 député(e)s, élu(e)s pour un mandat de 5 ans.

Précise et convaincante, Muriel Mouret, cheffe du bureau du Parlement Européen à Marseille. © Philippe Léger Précise et convaincante, Muriel Mouret, cheffe du bureau du Parlement Européen à Marseille. © Philippe Léger
Des programmes européens, comme Erasmus ou le Service Volontaire Européen, ont visiblement transmis le virus de l’Europe à des jeunes gens, qui représentaient près de la moitié des participants à cette réunion, militants associatifs pour la plupart, notamment ceux d’Eurocircle, une ONG marseillaise très active en termes de projets et d’offres de mobilités.
Mme Muriel Mouret,  cheffe du Bureau de Marseille du Parlement européen, a rappelé que « la législation européenne touche notre quotidien et nous concerne tous. Le Parlement européen, co-législateur avec le Conseil, adopte de nombreuses résolutions ayant un impact direct sur notre vie, notre santé, notre portefeuille…  L’Europe, c'est du concret !»
Elle
donné comme exemple la disparition des frais d'itinérance, autrefois appelés « roaming ». Ils étaient facturés aux utilisateurs de téléphones mobiles quand ils voyageaient à l'étranger dans l'Union européenne ; ils n'existent plus depuis le 15 juin 2017. « Désormais, un Français en déplacement dans un autre pays membre de l’Espace Économique Européens (UE+Norvège, Islande et Liechtenstein) qui appelle avec son téléphone mobile profite du tarif de son opérateur français.»

aider

C’est justement ce genre d’infos que les participants, jeunes et moins jeunes, veulent mettre en valeur. Ils viennent de tous les horizons comme l’a montré le tour de table qui a précédé la constitution de trois ateliers, montés librement en fonction des affinités de chacun. Les motivations sont très diverses.
Colette, une citoyenne de la cité Airbel, la plus grande cité de Marseille (6 000 habitants), veut mobiliser les femmes qu’elles côtoient au quotidien ; Gérard, d’Aix-en-Provence,  « recherche des idées de conférence, voire des orateurs » pour son parti, la République en Marche. Michel organise depuis des années des visites au Parlement Européen de Strasbourg, tout public, « y compris celui des SDF, ; ils découvrent à cette occasion qu’ils ont des droits ; qu’ils sont des électeurs comme les autres. » Il les aide à s’inscrire sur les listes électorales. « Les  frais du voyage à Strasbourg sont pris en charge à hauteur de 50%, l’autre moitié reste à trouver… Autrefois, avec mon asso, on se tournait vers les députés européens, mais tous ces représentants sont maintenant très sollicités. Cela devient difficile » Michel  regrette le temps où une élue européenne, native du quartier populaire de la Belle de Mai, la députée Sylvie Goulard, siégeait au Parlement Européen :« elle savait se montrer généreuse envers les défavorisés. »
Les « super nanas », comme se présente un groupe de jeunes femmes enthousiastes, envisagent des flashmobs, et de communiquer sur les réseaux sociaux, notamment « WhatsApp ».
Elles tiennent  en réserve des idées géniales et leur créativité va en étonner plus d’un aux prochaines européennes...

Tour de table © Philippe Léger Tour de table © Philippe Léger
Les participants ont du pain sur la planche, car l’Europe est très présente dans les départements du Sud-Est, notamment dans les Bouches-du-Rhône…
À Marseille, elle s’investit depuis des lustres dans beaucoup des secteurs, et des plus divers, comme celui de la formation, un secteur crucial. La clé de la nouvelle économie.
Pour rendre les filières professionnelles plus attractives et lutter contre le décrochage scolaire, Marseille a accueilli la première école de la 2Chance (E2C). 
Implanté dans notre ville, le projet a germé, puis a été essaimé dans toute la France (124 sites)... on trouve aujourd'hui des E2C dans toute l’Union Européenne !
Dans le 13e arr.,  on réhabilite actuellement un couvent. Il est dédié à la formation et à la culture. Pas moins de 6000 m² pour la formation et à l’entrepreneuriat. Le lieu regroupera un restaurant, une école du numérique, une conciergerie solidaire pour les entreprises du Cloître et de l’extérieur ; une ferme urbaine ou encore une épicerie « locavore » pour les habitants du quartier. Le locavorisme est un mouvement qui prône la consommation de nourriture produite dans un rayon restreint autour de son quartier.
On y formera 230 jeunes par an dans des secteurs en tension (restauration, numérique) et on créera 10 emplois sur le site . On accueillera 8 événements culturels par mois et 1 hectare de terrain sera consacré à l’agriculture urbaine. Qui dit mieux ?

FEDER © Philippe Léger FEDER © Philippe Léger
À Marseille, l’Europe est sur tous les fronts. La Banque européenne d’investissement soutient 6 projets dans les transports pour un montant de 135 millions d’euros. Au programme, la prolongation de la ligne 2 du métro au nord de l’agglomération et l’acquisition de 6 rames supplémentaires de tramway. Hier, l’UE a participé au financement du tunnel Saint-Charles et, pour moitié, à l’extension de la gare TGV. On n’en finirait pas d’énumérer toutes les places, édifices, centres d’accueil, de formation… édifiés avec les aides de l’Union Européenne.
Dans le département, l’UE soutient la richesse écologique et ornithologique du Massif des Alpilles, en contribuant financièrement à l’amélioration et à la restauration des habitats de différentes espèces d’oiseaux, à la promotion de l’éco-tourisme, d’une agriculture éco-responsable, mais aussi respect de la biodiversité.
Dans Marseille La Cité (2007) © Philippe Léger Dans Marseille La Cité (2007) © Philippe Léger

À l’issue de ce « Welcome meeting », nous avons profité de la présence d’Andrew, un papa britannique venu chercher sa fille, pour lui demander son avis sur le Brexit.
Les participants ont promis de se retrouver le jeudi 22 novembre à partir de 18h30. Le CIED (Centre d'Information Europe Direct - 47 rue du Coq dans le 1er arr.) accueillera pour un débat publicFrançoise Grossetête, députée européenne. Philippe Léger

*La veille, à l'invitation du Maire , Mme Lisette Narducci et des élus du 2e Secteur, pas moins de 118 participants venus d’Aix, Marseille et de localités environnantes, ont donné leur avis sur « le passé, le présent et l'avenir de l'Union Européenne », à l'occasion d'une consultation citoyenne sur l'Europe, organisée par la Mairie du 2eme secteur, en partenariat avec le Comité Européen Marseille sur proposition de la Maison de l’Europe de Provence. 

Comité Européen Marseille
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Billet sur le site Carnets d'Europe du Club Mediapart

Consultation Citoyenne sur l'Europe à la mairie du 2e secteur de Marseille

Billet sur l'édition Notre Europe du Club Mediapart :
"Consultation Citoyenne sur l'Europe : le traité de l'Europe est imbuvable... soif de l’Europe-Unie !"

Site recommandé : cettefoisjevote.eu
Pour vous engager et encourager d’autres citoyens à voter aux élections européennes 2019. Comment ? Le site vous dit tout.

Brexit : le témoignage d'Andrew. © Philippe Léger

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